The China Mail - "Petits face à l'immensité": des îles québécoises aux premières loges du changement climatique

USD -
AED 3.672497
AFN 65.000248
ALL 81.997308
AMD 365.731069
ANG 1.790403
AOA 917.999716
ARS 1487.474042
AUD 1.438363
AWG 1.8025
AZN 1.70015
BAM 1.709713
BBD 2.011294
BDT 123.075175
BGN 1.69088
BHD 0.376755
BIF 2975.356884
BMD 1
BND 1.291955
BOB 6.923833
BRL 5.116098
BSD 0.998654
BTN 95.200217
BWP 13.561026
BYN 2.854158
BYR 19600
BZD 2.008322
CAD 1.41611
CDF 2255.999638
CHF 0.804555
CLF 0.023561
CLP 927.290183
CNY 6.79285
CNH 6.78191
COP 3302.61
CRC 454.291159
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.384647
CZK 21.1966
DJF 177.824012
DKK 6.53335
DOP 58.716061
DZD 133.112209
EGP 49.609304
ERN 15
ETB 161.173535
EUR 0.874033
FJD 2.23175
FKP 0.748461
GBP 0.744495
GEL 2.639733
GGP 0.748461
GHS 11.408117
GIP 0.748461
GMD 72.999769
GNF 8758.326486
GTQ 7.618815
GYD 208.886985
HKD 7.83835
HNL 26.733859
HRK 6.587403
HTG 130.690386
HUF 311.349846
IDR 18068.65
ILS 3.00315
IMP 0.748461
INR 95.29385
IQD 1308.2037
IRR 1374999.999664
ISK 125.330281
JEP 0.748461
JMD 158.831448
JOD 0.709002
JPY 161.481499
KES 129.289895
KGS 87.448006
KHR 4031.73285
KMF 430.999547
KPW 900.00035
KRW 1503.395018
KWD 0.30953
KYD 0.832204
KZT 466.838586
LAK 22529.929324
LBP 89424.141895
LKR 334.901001
LRD 181.230933
LSL 16.384966
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.388447
MAD 9.337978
MDL 17.540179
MGA 4270.328863
MKD 53.889494
MMK 2099.680263
MNT 3586.661257
MOP 8.060336
MRU 39.862585
MUR 47.080276
MVR 15.46002
MWK 1731.498802
MXN 17.513135
MYR 4.067603
MZN 63.910302
NAD 16.384894
NGN 1375.860011
NIO 36.750661
NOK 9.71845
NPR 152.324341
NZD 1.731825
OMR 0.384502
PAB 0.998584
PEN 3.39697
PGK 4.391685
PHP 61.520503
PKR 277.585625
PLN 3.78625
PYG 6074.619298
QAR 3.640178
RON 4.575397
RSD 102.556015
RUB 75.999668
RWF 1468.382314
SAR 3.75568
SBD 8.065041
SCR 12.147418
SDG 600.520298
SEK 9.644303
SGD 1.290725
SHP 0.746601
SLE 24.349829
SLL 20969.503664
SOS 570.639347
SRD 37.601033
STD 20697.981008
STN 21.417301
SVC 8.737308
SYP 110.532098
SZL 16.379356
THB 33.315501
TJS 9.231475
TMT 3.51
TND 2.95146
TOP 2.40776
TRY 46.984801
TTD 6.77652
TWD 32.094039
TZS 2627.997966
UAH 44.450321
UGX 3680.327296
UYU 40.14825
UZS 11992.814277
VES 699.349596
VND 26285.5
VUV 119.753426
WST 2.775484
XAF 573.39901
XAG 0.016582
XAU 0.000243
XCD 2.70255
XCG 1.799737
XDR 0.713149
XOF 573.41906
XPF 104.249163
YER 237.102996
ZAR 16.29118
ZMK 9001.200217
ZMW 17.999283
ZWL 321.999592
  • AEX

    -5.7400

    1077.53

    -0.53%

  • BEL20

    -3.3900

    5644.59

    -0.06%

  • PX1

    -4.1600

    8322.76

    -0.05%

  • ISEQ

    73.2200

    13888.9

    +0.53%

  • OSEBX

    -9.3100

    1931.25

    -0.48%

  • PSI20

    -34.6700

    9089.01

    -0.38%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -10.1200

    4590.43

    -0.22%

  • N150

    -2.0900

    4178.09

    -0.05%

"Petits face à l'immensité": des îles québécoises aux premières loges du changement climatique
"Petits face à l'immensité": des îles québécoises aux premières loges du changement climatique / Photo: © AFP

"Petits face à l'immensité": des îles québécoises aux premières loges du changement climatique

Une course contre la montre et surtout contre les éléments: dans le golfe du Saint-Laurent, sur les petites îles québécoises de la Madeleine, les falaises reculent, les dunes disparaissent, et des sentiers s'effondrent, laissant des maisons vulnérables face à l'océan.

Taille du texte:

Le changement climatique est devenu ici une réalité palpable au quotidien, et d'une saison à l'autre, le décor naturel change.

"Les îles de la Madeleine sont aux premières loges des changements en cours, nous sommes tout petits face à l'immensité", reconnait Mayka Thibodeau du Cermim, le Centre de recherches sur les milieux insulaires et maritimes établi sur ces îles québécoises.

Et la vitesse de ces bouleversements donne le vertige aux 13.000 habitants qui réalisent que leur environnement est appelé à se transformer radicalement.

Les berges des îles reculent déjà en moyenne d'un demi-mètre par an, selon une étude de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR). Et pour Diane Saint-Jean et sa compagne, derrière ce chiffre: l'angoisse.

"On était plutôt naïves, on était certaines qu'on avait une solution. Mais la nature nous a prouvé le contraire", raconte-t-elle à l'AFP, la voix tremblante et les yeux rivés sur les falaises qui s'effritent à quelques mètres de sa maison.

Les deux femmes habitent La Martinique, une étroite bande de terre qui relie les deux principales îles.

Elles ont dépensé des milliers de dollars pour renforcer la falaise avec de gros rochers, mais la tempête Fiona en septembre 2022 a tout avalé en quelques heures.

"On se lève le matin et on comprend qu'on a mis notre argent à l'eau. Mais que faire?", demande l'ex-infirmière à la retraite, fataliste.

- "Fardeau" pour l'avenir -

Evoquer l'érosion est un sujet sensible sur ces îles peuplées depuis le 18e siècle et situées au sud-ouest de Saint-Pierre et Miquelon, à plus de cinq heures de bateau de la côte. Tous ont des souvenirs d'endroits aujourd'hui disparus, de maisons qui ont dû être déplacées car elles risquaient d'être emportées à tout moment.

La situation est un casse-tête pour les autorités qui doivent investir des millions de dollars canadiens pour des travaux d'urgence.

Sur l'île principale, Cap-aux-Meules, quand en 2018 une partie de la falaise est tombée, elle a emporté la piste cyclable et laissé le cimetière, l'hôpital et la maison de retraite en première ligne face aux vagues.

En 2022, la municipalité a donc dû créer une plage de gravier: 143.000 tonnes de roches de diverses tailles, transportées par bateau, ont été déposées sur un tronçon de plus de 800 mètres pour rehausser la rive.

Et ce n'est pas le premier endroit à devoir être protégé ainsi. "Des solutions existent mais elles sont extrêmement coûteuses et il faut entretenir ces ouvrages donc à chaque fois, c'est un fardeau fiscal pour l'avenir", reconnaît Jasmine Solomon, chargée des questions d'érosion pour la municipalité.

"On ne pourra peut-être pas tout protéger, il y aura des coins qui vont être appelés à changer", ajoute cette dernière.

Car les épisodes de météo extrême sont plus nombreux, plus dévastateurs et plus fréquents, en raison du changement climatique.

- "Ne plus faire l'autruche" -

L'île est par ailleurs en train de perdre l'un de ses remparts pendant les longs mois d'hiver: la glace. Celle-ci a toujours servi de bouclier, son absence laisse aujourd'hui les côtes totalement exposées aux tempêtes hivernales.

Et le grès rouge des falaises est rendu plus friable par les épisodes de gel et de dégel, plus fréquents dorénavant.

"Une tempête peut faire disparaître complètement une dune, une falaise, créer une brèche", avance Marie-Eve Giroux, directrice d'Attention FragÎles.

Outre de la sensibilisation, notamment dans les écoles, son organisme travaille dans les dunes sur des solutions douces pour les revégétaliser et ainsi retenir le sable.

Car les îles sont aussi aujourd'hui menacées par la submersion, à la fois en raison de l'élévation du niveau de la mer comme partout autour du globe, mais aussi car elles continuent de s'enfoncer.

"Il faut prendre en compte des scénarios réalistes et ne plus faire l'autruche", estime Mayka Thibodeau.

"On ne veut pas juste subir. On veut faire partie de la solution", ajoute-t-elle énumérant les nombreuses recherches en cours dans son centre (nouvelle technique de recharge de plage, béton "vert" qui utilise des coquilles de mollusques...)

L'idée: faire de leur archipel un laboratoire à taille humaine contre un danger qui menace des millions de personnes dans le monde.

Il faut agir "rapidement" renchérit Marianne Papillon. Cette dernière occupe un poste tout récemment créé: elle est médecin-conseil pour la santé publique - spécialité changements climatiques. Avec pour but de sensibiliser la population.

"C'est collectivement qu'il faut agir, le geste individuel n'a pas de sens si le collectif ne s'y met pas", explique Marianne Papillon.

"Face aux tempêtes, les gens doivent faire le lien avec les changements climatiques", dit-elle.

"Il faut aussi qu'ils se sentent concernés sans qu'ils ne développent pour autant de l'écoanxiété".

O.Tse--ThChM