The China Mail - Evguéni Prigojine, l'imprévisible patron du groupe Wagner devenu l'ennemi de Poutine

USD -
AED 3.672499
AFN 64.000003
ALL 81.70841
AMD 375.901353
AOA 917.000188
ARS 1382.041398
AUD 1.414127
AWG 1.80125
AZN 1.72571
BAM 1.669184
BBD 2.013382
BDT 122.811959
BHD 0.37718
BIF 2971.028715
BMD 1
BND 1.273779
BOB 6.907027
BRL 5.108402
BSD 0.99965
BTN 92.724325
BWP 13.418953
BYN 2.86914
BYR 19600
BZD 2.01024
CAD 1.38222
CDF 2299.999917
CHF 0.789025
CLF 0.022634
CLP 890.798524
CNY 6.83185
CNH 6.82599
COP 3654.84
CRC 462.657142
CUC 1
CUP 26.5
CVE 94.10605
CZK 20.8043
DJF 177.992064
DKK 6.38067
DOP 60.194075
DZD 132.230065
EGP 53.091404
ERN 15
ETB 156.840295
EUR 0.853802
FJD 2.210386
FKP 0.743942
GBP 0.743735
GEL 2.690297
GGP 0.743942
GHS 10.999701
GIP 0.743942
GMD 74.000087
GNF 8770.941615
GTQ 7.646943
GYD 209.113794
HKD 7.83278
HNL 26.549231
HRK 6.431503
HTG 131.073388
HUF 322.0935
IDR 17095.4
ILS 3.04892
IMP 0.743942
INR 92.87845
IQD 1309.53905
IRR 1315999.999655
ISK 122.349877
JEP 0.743942
JMD 158.051054
JOD 0.708984
JPY 159.185497
KES 129.269603
KGS 87.449737
KHR 4001.365362
KMF 421.000012
KPW 900.013392
KRW 1482.889776
KWD 0.30881
KYD 0.832956
KZT 472.33861
LAK 22042.070231
LBP 89511.285574
LKR 315.479086
LRD 183.914324
LSL 16.401072
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.354815
MAD 9.291463
MDL 17.221487
MGA 4148.141827
MKD 52.604402
MMK 2100.499472
MNT 3595.336475
MOP 8.063319
MRU 39.956132
MUR 46.519921
MVR 15.450141
MWK 1733.156974
MXN 17.34965
MYR 3.965003
MZN 63.949787
NAD 16.401072
NGN 1359.769898
NIO 36.783846
NOK 9.491701
NPR 148.358578
NZD 1.71076
OMR 0.384494
PAB 0.999531
PEN 3.373787
PGK 4.327009
PHP 59.857502
PKR 278.824453
PLN 3.623532
PYG 6464.910259
QAR 3.644417
RON 4.346101
RSD 100.197014
RUB 76.503929
RWF 1459.657806
SAR 3.752763
SBD 8.048583
SCR 13.440645
SDG 601.000239
SEK 9.25274
SGD 1.27395
SLE 24.615562
SOS 571.23352
SRD 37.5755
STD 20697.981008
STN 20.909611
SVC 8.747045
SYP 110.548127
SZL 16.403123
THB 32.089732
TJS 9.500448
TMT 3.505
TND 2.92103
TRY 44.671899
TTD 6.784102
TWD 31.771497
TZS 2595.000072
UAH 43.431822
UGX 3698.867467
UYU 40.334212
UZS 12155.738195
VES 475.063349
VND 26335
VUV 119.210481
WST 2.744958
XAF 559.761915
XAG 0.013228
XAU 0.00021
XCD 2.70255
XCG 1.80164
XDR 0.698112
XOF 559.828797
XPF 101.782864
YER 238.549928
ZAR 16.42723
ZMK 9001.200783
ZMW 19.016086
ZWL 321.999592
  • AEX

    5.1300

    1010.25

    +0.51%

  • BEL20

    38.4600

    5455.59

    +0.71%

  • PX1

    14.0200

    8259.6

    +0.17%

  • ISEQ

    103.7600

    12757.71

    +0.82%

  • OSEBX

    -17.1000

    2043.61

    -0.83%

  • PSI20

    -26.5600

    9458.2

    -0.28%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    43.9800

    3970.39

    +1.12%

  • N150

    6.1000

    4072.94

    +0.15%

Evguéni Prigojine, l'imprévisible patron du groupe Wagner devenu l'ennemi de Poutine

Evguéni Prigojine, l'imprévisible patron du groupe Wagner devenu l'ennemi de Poutine

En orchestrant un soulèvement de son groupe paramilitaire Wagner en juin en Russie, Evguéni Prigojine est passé de figure de premier plan du conflit en Ukraine, au statut d'ennemi juré de Vladimir Poutine.

Taille du texte:

La mort de Prigojine, dont l'avion s'est écrasé mercredi en Russie, a été confirmée par l'expertise génétique, a annoncé dimanche le Comité d'enquête russe. L'homme était sur la liste des passagers d'un avion qui s'est écrasé en Russie le 23 août, tuant les 10 personnes à bord.

Mais les raisons de cet accident restent mystérieuses pour l'heure, les enquêteurs russes n'évoquant ni la thèse de l'accident ni celle d'une bombe, d'un missile sol-air ou d'une erreur de pilotage.

Le 24 juin, au lendemain du début de la révolte de Wagner, le président russe Vladimir Poutine avait dénoncé la "trahison" d'Evguéni Prigojine, "provoquée par les ambitions démesurées et les intérêts personnels".

Puis ses hommes, "prêts à mourir", ont roulé vers Moscou, abattant des avions de l'armée russe. Le monde retenait son souffle.

Mais finalement, le chef mercenaire de 62 ans a renoncé au coup de force au bout de 24 heures, négociant un exil pour lui et ses fidèles au Bélarus. Il a échappé à la prison, à la justice.

- Basses oeuvres du Kremlin -

Signe de l'opacité de l'accord, M. Prigojine revient cependant en Russie, il est même reçu au Kremlin dans les jours suivant sa révolte. S'il n'apparaît plus en public, les blogs spécialisés le traquent, lui et ses avions.

Au final, c'est semblait-il d'Afrique qu'il publie une vidéo le 22 août, dans laquelle il assure agir pour la grandeur de la Russie sur ce continent, où ses hommes font depuis des années les basses oeuvres du Kremlin.

Centrafrique, Mali, Libye, Syrie... Wagner, dont le Kremlin ne reconnaissait même pas l'existence jusqu'à fin 2022, s'est fait un nom en 10 ans comme le complice des régimes voulant se défaire de parrains occidentaux ou en quête de combattants discrets et impitoyables.

Le conflit en Ukraine offre une occasion en or à l'homme d'affaires de sortir de l'ombre.

Il recrute des dizaines de milliers de prisonniers pour aller combattre sur le front, là où l'armée russe est en difficulté.

Contrairement aux plus hauts responsables russes, le chef mercenaire se montre sur le champ de bataille, et filme les cadavres de ses hommes pour réclamer toujours plus de munitions.

En mai 2023, après près d'un an de combats sanglants, M. Prigojine atteint son but, en revendiquant la prise par Wagner de Bakhmout (est de l'Ukraine), célébrant une rare victoire russe, malgré son coût humain. Et malgré les affrontements qui continuent, aujourd'hui encore, en lisière de la ville ravagée.

- Maître de la provocation -

Mais c'est aussi à l'occasion de cette bataille que les tensions s'aggravent avec l'état-major du général, Valéri Guérassimov, et le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou: M. Prigojine les accuse de priver Wagner de munitions et multiplie les vidéos dans lesquelles il insulte les commandants russes.

Impensable pour n'importe qui d'autre en Russie, dans un contexte de répression totale.

Son passage de l'ombre à la lumière a débuté en septembre 2022, au moment où l'armée russe subissait revers sur revers en Ukraine, une humiliation pour les va-t-en-guerre dont il fait partie.

Il sort alors du bois en admettant, pour la première fois, qu'il est bien le fondateur en 2014 du groupe paramilitaire Wagner. Et s'impose comme un meneur et un communiquant hors pair sur Telegram, avec ses vidéos et ses messages audios où il n'hésite pas à être vulgaire.

"Ces gars, des héros, ont défendu le peuple syrien, d'autres peuples de pays arabes, les démunis africains et latino-américains, ils sont devenus un pilier de notre patrie", revendique-t-il au sujet de ses hommes.

En octobre, il pousse sa logique de réclame plus loin encore, installant en grande pompe dans un immeuble de verre de Saint-Pétersbourg (nord-ouest) le siège de la "compagnie militaire privée Wagner".

Maître de la provocation, il publie en février une vidéo le montrant à bord d'un avion de guerre où il propose au président ukrainien Volodymyr Zelensky de décider le sort de Bakhmout au cours d'un duel aérien.

- Milliardaire -

Pour se doter d'une armée à la hauteur de ses ambitions, M. Prigojine, natif comme M. Poutine de Saint-Pétersbourg, recrute des détenus pour combattre en Ukraine, en échange d'une amnistie.

L'univers de la prison, Evguéni Prigojine le connaît bien, ayant lui-même passé neuf ans en détention à l'époque soviétique pour des délits de droit commun.

Il sort en 1990, alors que l'URSS est en train de s'effondrer, et monte une affaire à succès de vente de hot-dogs.

Il monte ensuite en gamme, jusqu'à ouvrir un restaurant de luxe qui devient l'un des plus courus de Saint-Pétersbourg, où Vladimir Poutine connaît en parallèle sa propre ascension politique.

Après l'accession en 2000 de Vladimir Poutine à la présidence, son groupe de restauration officie au Kremlin, ce qui lui vaut le surnom de "cuisinier de Poutine" et la réputation d'être devenu milliardaire grâce aux contrats publics.

C'est cet argent qu'il aurait donc utilisé pour fonder Wagner, armée privée d'abord composée de vétérans endurcis de l'armée et des services spéciaux russes.

En 2018, alors que ce groupe, déjà remarqué en Ukraine, Syrie et Libye, est soupçonné de prendre pied en Afrique, trois journalistes russes enquêtant sur les affaires de la société paramilitaire sont tués en Centrafrique.

C.Smith--ThChM