The China Mail - Kenya: avant la visite de Charles III, les vétérans Mau Mau espèrent justice et reconnaissance

USD -
AED 3.6725
AFN 64.498133
ALL 81.906187
AMD 374.313495
ANG 1.789761
AOA 916.99974
ARS 1370.732402
AUD 1.421535
AWG 1.8
AZN 1.701965
BAM 1.67181
BBD 2.013215
BDT 122.927663
BGN 1.673517
BHD 0.377423
BIF 2972.71076
BMD 1
BND 1.274923
BOB 6.906721
BRL 5.028498
BSD 0.999598
BTN 93.233893
BWP 13.474089
BYN 2.852527
BYR 19600
BZD 2.0103
CAD 1.384525
CDF 2299.999634
CHF 0.791005
CLF 0.022832
CLP 898.599436
CNY 6.827991
CNH 6.832625
COP 3647.36
CRC 461.844214
CUC 1
CUP 26.5
CVE 94.25366
CZK 20.86425
DJF 177.993375
DKK 6.39568
DOP 60.100695
DZD 132.357984
EGP 53.134404
ERN 15
ETB 156.846843
EUR 0.85585
FJD 2.215904
FKP 0.743222
GBP 0.745075
GEL 2.69029
GGP 0.743222
GHS 11.019934
GIP 0.743222
GMD 73.484664
GNF 8771.022545
GTQ 7.647004
GYD 209.124907
HKD 7.831896
HNL 26.550813
HRK 6.446976
HTG 130.894326
HUF 314.012978
IDR 17188
ILS 3.06281
IMP 0.743222
INR 93.33055
IQD 1309.461735
IRR 1316125.000089
ISK 122.559635
JEP 0.743222
JMD 157.795311
JOD 0.708973
JPY 159.830495
KES 129.502631
KGS 87.45022
KHR 4002.991773
KMF 419.999886
KPW 899.999618
KRW 1490.449993
KWD 0.30906
KYD 0.832995
KZT 475.050753
LAK 22043.380703
LBP 89510.759697
LKR 315.426862
LRD 183.917085
LSL 16.520895
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.350251
MAD 9.285949
MDL 17.082167
MGA 4149.161235
MKD 52.699069
MMK 2100.298181
MNT 3573.374694
MOP 8.062656
MRU 39.887167
MUR 46.529738
MVR 15.460115
MWK 1733.262101
MXN 17.391402
MYR 3.974979
MZN 63.960044
NAD 16.520895
NGN 1360.060206
NIO 36.781865
NOK 9.499495
NPR 149.174057
NZD 1.71864
OMR 0.384503
PAB 0.999594
PEN 3.389095
PGK 4.392796
PHP 60.245981
PKR 278.802778
PLN 3.641099
PYG 6408.404353
QAR 3.643995
RON 4.357898
RSD 100.467022
RUB 76.176004
RWF 1463.831606
SAR 3.75278
SBD 8.058149
SCR 13.932132
SDG 600.999759
SEK 9.322095
SGD 1.27625
SHP 0.746601
SLE 24.625032
SLL 20969.499962
SOS 571.257613
SRD 37.449051
STD 20697.981008
STN 20.942498
SVC 8.746234
SYP 110.528533
SZL 16.508601
THB 32.289497
TJS 9.475884
TMT 3.505
TND 2.916991
TOP 2.40776
TRY 44.72233
TTD 6.787905
TWD 31.80303
TZS 2594.05402
UAH 43.42568
UGX 3733.748194
UYU 40.337815
UZS 12124.372262
VES 475.837802
VND 26343
VUV 119.309373
WST 2.73449
XAF 560.706913
XAG 0.013479
XAU 0.000212
XCD 2.70255
XCG 1.801475
XDR 0.697817
XOF 560.706913
XPF 101.942515
YER 237.150205
ZAR 16.59331
ZMK 9001.205244
ZMW 19.016562
ZWL 321.999592
  • AEX

    2.3200

    1012.56

    +0.23%

  • BEL20

    -21.8200

    5433.52

    -0.4%

  • PX1

    -31.3800

    8227.81

    -0.38%

  • ISEQ

    -104.6100

    12652.68

    -0.82%

  • OSEBX

    5.3100

    2048.99

    +0.26%

  • PSI20

    -110.6600

    9347.29

    -1.17%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    39.3100

    4009.64

    +0.99%

  • N150

    -25.6600

    4047.46

    -0.63%

Kenya: avant la visite de Charles III, les vétérans Mau Mau espèrent justice et reconnaissance
Kenya: avant la visite de Charles III, les vétérans Mau Mau espèrent justice et reconnaissance / Photo: © AFP

Kenya: avant la visite de Charles III, les vétérans Mau Mau espèrent justice et reconnaissance

Détenu durant sept ans dans un camp de travail, privé de nourriture, torturé: Gitu Wa Kahengeri a vécu dans sa chair son combat pour libérer le Kenya de la puissance coloniale britannique. Soixante ans plus tard, il attend toujours justice.

Taille du texte:

Ce nonagénaire, qui dirige la principale association d'anciens combattants de la rébellion Mau Mau, redouble d'efforts dans sa quête d'excuses et compensations du gouvernement britannique avant la visite du roi Charles III au Kenya (31 octobre-3 novembre).

"Nous nous sommes battus pour être libres parce que les colons s'étaient emparés de toutes les terres fertiles", explique-t-il dans un entretien à l'AFP.

"Les traitements cruels infligés aux Africains par l'administration coloniale, je fais partie de ceux qui les ont subis", ajoute-t-il.

Gitu Wa Kahengeri a rejoint en 1946 les rangs des Mau Mau, mouvement qui s'est lancé dans la lutte armée en 1952.

Pendant près de huit ans, la guerilla menée par ces "combattants de la liberté" – souvent coiffés de dreadlocks et vêtus de peaux d'animaux – a terrorisé les colons, attaquant fermes, maisons et autres installations britanniques.

L'implantation massive de colons dans la région du Mont Kenya avait suscité un vif ressentiment de l'ethnie locale des Kikuyu - dont fait partie Gitu Wa Kahengeri - chassée de ses terres.

- Torture et mutilations -

Quelques mois après le début de la révolte, le Premier ministre britannique Winston Churchill a déclaré l'état d'urgence, ouvrant la voie à une répression brutale.

Des dizaines de milliers de personnes ont été raflées et détenues dans des camps où, selon de nombreux témoignages, exécutions, tortures et passages à tabac étaient fréquents.

En 1953, Gitu Wa Kahengeri a été arrêté avec son père et envoyé sur l'île de Manda à des centaines de kilomètres de sa région natale.

"Nous avons laissé nos enfants à la maison, dans la souffrance, sans nourriture, sans soins médicaux et sans éducation", explique-t-il, évoquant avec précision ses sept années de détention.

Plus de 10.000 personnes sont mortes lors de la révolte Mau Mau, un chiffre sous-estimé selon certains historiens.

Des dizaines de milliers de Kényans – dont beaucoup n'avaient aucun lien avec les rebelles – ont subi des traitements atroces (torture, mutilations sexuelles...) de la part des forces britanniques.

Buckingham a déclaré que, lors de leur visite, le roi Charles III et la reine Camilla "reconnaîtront les aspects les plus douloureux" de l'histoire coloniale. "Sa Majesté prendra le temps (...) d'approfondir sa compréhension des torts subis pendant cette période par le peuple kényan", a indiqué le palais.

- "Silence" -

"Si on me donnait une chance de parler au roi, (...) la première question que je lui poserais serait: pourquoi avez-vous gardé le silence ?", confie Gitu Wa Kahengeri.

Cet ancien député appelle Charles III à aller au-delà d'une simple déclaration de regrets pour les abus commis et à restituer "sincèrement et volontairement" les objets spoliés au Kenya.

En 2013, la Grande-Bretagne a indemnisé plus de 5.000 Kényans victimes d'abus pendant la révolte Mau Mau, dans le cadre d'un règlement à l'amiable de près de 20 millions de livres (environ 23 millions d'euros de l'époque).

La Grande-Bretagne a également financé un mémorial, inauguré en 2015, en hommage à l'ensemble des victimes de cette révolte, geste rare de la part d'une ancienne puissance coloniale.

Pour Gitu Wa Kahengeri, ces compensations sont insuffisantes, comparé à la pauvreté dans laquelle vivent la plupart des anciens Mau Mau, et il exhorte le gouvernement britannique à "faire davantage pour cultiver la réconciliation que nous recherchons".

- "Nous ne faisons pas la manche" -

Sa quête de reconnaissance se fait aussi du côté des autorités du Kenya, où la révolte Mau Mau a longtemps été un tabou.

"Aucun des gouvernements ne s'est occupé des combattants de la liberté comme ils le méritaient", estime le vieil homme, dont l'association d'anciens combattants revendique plusieurs dizaines de milliers de membres: "Nous ne faisons pas la manche, nous réclamons nos droits."

Le premier président du Kenya, Jomo Kenyatta, disait désapprouver l'usage de la violence par les Mau Mau. Cette révolte a également divisé le pays, où une partie de la population a collaboré avec la puissance coloniale.

Les Mau Mau sont demeurés une organisation illégale jusqu'en 2003.

Une forme de reconnaissance est venue en 2007 avec l'installation dans la capitale Nairobi d'une statue du leader Mau Mau, Dedan Kimathi, un demi-siècle après son exécution par les autorités coloniales.

Mais pour Gitu Wa Kahengeri, "c'est une grande perte d'avoir sacrifié l'éducation de nos enfants, la bonne santé de nos enfants, pour au final n'obtenir aucune reconnaissance."

B.Chan--ThChM