The China Mail - Avec "Femme vie liberté", l'Iran a changé, "ses prisons aussi", raconte l'ex-détenue Fariba Adelkhah

USD -
AED 3.67315
AFN 64.000325
ALL 81.862802
AMD 375.190373
ANG 1.789884
AOA 917.000024
ARS 1354.576903
AUD 1.410397
AWG 1.80125
AZN 1.685961
BAM 1.670831
BBD 2.012132
BDT 122.856252
BGN 1.668102
BHD 0.377333
BIF 2970
BMD 1
BND 1.274264
BOB 6.902679
BRL 4.993698
BSD 0.999056
BTN 93.181721
BWP 13.466952
BYN 2.850395
BYR 19600
BZD 2.009218
CAD 1.379585
CDF 2310.000116
CHF 0.78492
CLF 0.022751
CLP 895.506991
CNY 6.830398
CNH 6.82078
COP 3597.9
CRC 461.601551
CUC 1
CUP 26.5
CVE 94.498401
CZK 20.763021
DJF 177.72015
DKK 6.36703
DOP 59.650255
DZD 132.144835
EGP 53.147898
ERN 15
ETB 156.764432
EUR 0.85209
FJD 2.2071
FKP 0.743222
GBP 0.741315
GEL 2.689932
GGP 0.743222
GHS 11.020565
GIP 0.743222
GMD 72.999823
GNF 8775.000069
GTQ 7.642496
GYD 209.002529
HKD 7.83138
HNL 26.53709
HRK 6.420902
HTG 130.826669
HUF 309.09028
IDR 17126.3
ILS 3.045405
IMP 0.743222
INR 94.03175
IQD 1308.723399
IRR 1316125.000247
ISK 122.190206
JEP 0.743222
JMD 157.711054
JOD 0.709023
JPY 159.362024
KES 129.370177
KGS 87.449859
KHR 4000.922698
KMF 420.000244
KPW 899.999618
KRW 1480.449965
KWD 0.30877
KYD 0.83254
KZT 474.791011
LAK 22030.951659
LBP 89443.860773
LKR 315.250357
LRD 183.81417
LSL 16.508477
LTL 2.952739
LVL 0.60489
LYD 6.346833
MAD 9.280515
MDL 17.0694
MGA 4146.963464
MKD 52.522369
MMK 2100.298181
MNT 3573.374694
MOP 8.058179
MRU 39.86638
MUR 46.559495
MVR 15.460471
MWK 1732.344008
MXN 17.30505
MYR 3.974986
MZN 63.950474
NAD 16.511792
NGN 1359.289824
NIO 36.762696
NOK 9.45552
NPR 149.095678
NZD 1.705408
OMR 0.384499
PAB 0.999009
PEN 3.387198
PGK 4.390563
PHP 60.092497
PKR 278.655099
PLN 3.61535
PYG 6404.927788
QAR 3.641847
RON 4.336799
RSD 99.997005
RUB 76.173074
RWF 1463.056228
SAR 3.752845
SBD 8.058149
SCR 13.918222
SDG 601.000107
SEK 9.197005
SGD 1.273175
SHP 0.746601
SLE 24.624998
SLL 20969.496166
SOS 570.955023
SRD 37.431999
STD 20697.981008
STN 20.931494
SVC 8.741339
SYP 110.528533
SZL 16.499857
THB 32.069832
TJS 9.470582
TMT 3.505
TND 2.915271
TOP 2.40776
TRY 44.709901
TTD 6.784193
TWD 31.678984
TZS 2602.222011
UAH 43.402492
UGX 3731.547294
UYU 40.314038
UZS 12117.535998
VES 475.837803
VND 26343
VUV 119.309373
WST 2.73449
XAF 560.409912
XAG 0.013306
XAU 0.000211
XCD 2.70255
XCG 1.800466
XDR 0.69697
XOF 560.405124
XPF 101.885035
YER 237.14958
ZAR 16.413496
ZMK 9001.202269
ZMW 19.006408
ZWL 321.999592
  • AEX

    1.9200

    1012.18

    +0.19%

  • BEL20

    -28.9200

    5426.85

    -0.53%

  • PX1

    -23.1300

    8235.98

    -0.28%

  • ISEQ

    -122.4800

    12635.47

    -0.96%

  • OSEBX

    5.3100

    2048.99

    +0.26%

  • PSI20

    -98.3600

    9359.51

    -1.04%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -34.0800

    3975.39

    -0.85%

  • N150

    -24.4400

    4048.47

    -0.6%

Avec "Femme vie liberté", l'Iran a changé, "ses prisons aussi", raconte l'ex-détenue Fariba Adelkhah
Avec "Femme vie liberté", l'Iran a changé, "ses prisons aussi", raconte l'ex-détenue Fariba Adelkhah / Photo: © AFP

Avec "Femme vie liberté", l'Iran a changé, "ses prisons aussi", raconte l'ex-détenue Fariba Adelkhah

Dans la prison téhéranaise d'Evin, où est enfermée la lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi, la plupart des détenues politiques entonnent souvent, ensemble, des chants révolutionnaires depuis le début du mouvement "Femme vie liberté", raconte l'ancienne "otage d'Etat" Fariba Adelkhah.

Taille du texte:

La contestation née en septembre 2022 de la mort de Mahsa Amini, jeune kurde de 22 ans trois jours après son arrestation pour non-respect du strict code vestimentaire de la République islamique, "a changé la société iranienne, mais aussi ses prisons", estime la chercheuse franco-iranienne, interrogée par l'AFP.

Des manifestations de grande ampleur, réprimées dans le sang, se sont tenues des mois durant contre les dirigeants politiques et religieux iraniens. Des centaines de protestataires ont été tués, des milliers d'autres arrêtés, selon les ONG.

Dans le quartier des femmes d'Evin sont enfermées des militantes des droits humains, des écologistes, des syndicalistes, des opposantes politiques, des représentantes de minorités religieuses... aux positions souvent divergentes. Mais "nous sommes devenues unies par cette cause", raconte Fariba Adelkhah, 64 ans, une anthropologue spécialiste de l'Iran.

Elle-même a été arrêtée le 5 juin 2019, à l'aéroport de Téhéran, où elle attendait son compagnon Roland Marchal, venu la retrouver. Des agents joliment vêtus, "endimanchés", l'invitent alors "très respectueusement" à les suivre, raconte-t-elle. Quelques heures plus tard démarre son premier interrogatoire, la tête "face à un mur".

De nombreux autres suivront, durant lesquels aucun coup ne lui sera jamais porté, assure-t-elle. "Que des interrogateurs vous frappent pour obtenir des réponses, ça arrive très souvent chez les hommes, mais je ne l'ai jamais entendu dire à propos des femmes durant ma détention."

La Nobel de la paix Narges Mohammadi a pour sa part énoncé les violences sexuelles contre les femmes en prison.

- "Humiliations psychologiques" -

"L'absence de violences physiques n'empêche pourtant pas des humiliations psychologiques constantes", s'empresse d'ajouter Fariba Adelkhah.

Elle est finalement condamnée à six ans de prison, cinq pour "collusion avec l'étranger" et un pour "propagande contre la République islamique".

Mme Adelkhah sera graciée en février dernier après plus de trois ans et demi d'enfermement ou d'assignation à résidence avec bracelet électronique. Huit mois après cette décision, Téhéran lui rendra son passeport, permettant son retour en France.

Roland Marchal, chercheur spécialiste de l'Afrique, arrêté le même jour qu'elle, a été libéré en mars 2020 dans le cadre d'un échange de détenus entre Téhéran et Paris.

"Je ne peux toujours pas comprendre ce qui m'était reproché", soupire la Franco-iranienne dans un sourire chaleureux que des années "passées derrière un mur" n'ont pas réussi à éroder, malgré une grève de la faim de 50 jours dont elle est ressortie exsangue.

Paris a plusieurs fois utilisé le terme d'"otages d'Etat" pour désigner son cas et celui des autres Français détenus par Téhéran.

Dans son travail en Iran, la chercheuse dit s'être astreinte à respecter "trois lignes rouges" : "la révolution", "l'Islam" et "le statut du guide suprême", trois questions extrêmement sensibles, qui ont pu lui valoir des accusations de complaisance envers Téhéran, qu'elle réfute.

Mais "le régime criminalise des actions qui ne sont pas criminelles", observe la sexagénaire. A la fin, on devient à ses yeux toutes des opposantes."

- "Comme tu es belle" -

"Femme vie liberté", qui a mis Téhéran en grande difficulté, a transcendé ses codétenues, dit-elle. A Evin, les prisonnières sont têtes nues quand elles sont entre elles, mais sont tenues de se couvrir si un homme rentre dans leurs quartiers, ou si elles doivent aller à l'hôpital. Après le démarrage du mouvement, presque "plus personne ne portait le voile" lors d'une irruption masculine, se souvient-elle.

Mercredi soir, la famille de la Nobel de la paix 2023 Narges Mohammadi a assuré que celle-ci était privée de soins urgents, malgré des troubles cardiaques et pulmonaires, en raison de son refus de se couvrir la tête.

Dans un message publié sur le site officiel du Nobel mardi, Mme Mohammadi avait notamment décrit le hijab obligatoire comme "la source principale de contrôle et de répression dans la société, visant à maintenir et à perpétuer un gouvernement religieux autoritaire".

Arrêtée à 13 reprises, condamnée cinq fois à un total de 31 ans de prison et 154 coups de fouet, et à nouveau incarcérée depuis 2021, Narges Mohammadi a fait de la prison "un espace de combat, de contestation par excellence", dans lequel elle est "plus entendue que quand elle est à l'extérieur", observe Fariba Adelkhah.

La chercheuse était encore en Iran début octobre quand son ex-codétenue s'est vue décerner le prix Nobel de la paix. Elle se souvient de "sourires" dans la rue, d'une certaine "légèreté" sur les visages.

"Maintenant, quand des femmes qui ne portent pas le voile se rencontrent dans la rue, ce qui était impensable avant, elles se disent: +Mais comme tu es belle!+", se réjouit-elle.

Au quotidien, les manifestations massives de "Femme vie liberté" sont devenues très rares, mais "la République islamique est obligée de céder sur bien des choses", dit-elle. Dans les rues d'Iran, comme dans ses prisons.

A.Kwok--ThChM