The China Mail - Nigeria: une décennie de souffrances depuis l'enlèvement des filles de Chibok

USD -
AED 3.672496
AFN 63.477673
ALL 81.580486
AMD 372.379997
ANG 1.789884
AOA 918.000222
ARS 1378.523534
AUD 1.397556
AWG 1.8
AZN 1.721425
BAM 1.665113
BBD 2.01512
BDT 122.759818
BGN 1.668102
BHD 0.377085
BIF 2975.105995
BMD 1
BND 1.273476
BOB 6.913109
BRL 4.98765
BSD 1.000451
BTN 93.790972
BWP 13.451617
BYN 2.814964
BYR 19600
BZD 2.012209
CAD 1.36715
CDF 2310.999977
CHF 0.78499
CLF 0.022619
CLP 890.229868
CNY 6.824797
CNH 6.83009
COP 3574.73
CRC 455.822507
CUC 1
CUP 26.5
CVE 94.417591
CZK 20.801202
DJF 177.720086
DKK 6.38468
DOP 59.649604
DZD 132.50904
EGP 52.017199
ERN 15
ETB 157.249929
EUR 0.854399
FJD 2.217899
FKP 0.740159
GBP 0.740835
GEL 2.689926
GGP 0.740159
GHS 11.08012
GIP 0.740159
GMD 73.000092
GNF 8777.497004
GTQ 7.646989
GYD 209.3344
HKD 7.831988
HNL 26.629656
HRK 6.434797
HTG 130.965962
HUF 311.692501
IDR 17220.25
ILS 2.99945
IMP 0.740159
INR 93.80085
IQD 1310
IRR 1319499.999883
ISK 122.840287
JEP 0.740159
JMD 158.492044
JOD 0.70898
JPY 159.530499
KES 129.110329
KGS 87.427399
KHR 4012.502706
KMF 421.000034
KPW 899.990254
KRW 1479.149739
KWD 0.30832
KYD 0.833745
KZT 463.595498
LAK 21925.00016
LBP 89550.000236
LKR 317.917894
LRD 184.249738
LSL 16.469945
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.340004
MAD 9.238104
MDL 17.138041
MGA 4136.999549
MKD 52.654281
MMK 2099.66818
MNT 3578.517246
MOP 8.0708
MRU 40.02024
MUR 46.520038
MVR 15.45029
MWK 1735.999918
MXN 17.351501
MYR 3.958997
MZN 63.909724
NAD 16.470141
NGN 1347.759964
NIO 36.729997
NOK 9.305103
NPR 150.065555
NZD 1.693785
OMR 0.384454
PAB 1.000528
PEN 3.43875
PGK 4.352502
PHP 60.165027
PKR 278.92503
PLN 3.62639
PYG 6293.366934
QAR 3.645012
RON 4.349096
RSD 100.261023
RUB 75.114468
RWF 1460
SAR 3.750566
SBD 8.048395
SCR 13.72111
SDG 600.499537
SEK 9.212535
SGD 1.275885
SHP 0.746601
SLE 24.65059
SLL 20969.496166
SOS 571.501063
SRD 37.457941
STD 20697.981008
STN 21.15
SVC 8.754693
SYP 110.631499
SZL 16.470393
THB 32.269385
TJS 9.419537
TMT 3.505
TND 2.874503
TOP 2.40776
TRY 44.925801
TTD 6.78285
TWD 31.481798
TZS 2605.000117
UAH 43.897001
UGX 3706.888478
UYU 39.776259
UZS 12069.99973
VES 482.15515
VND 26322.5
VUV 117.946979
WST 2.711482
XAF 558.460897
XAG 0.01297
XAU 0.000212
XCD 2.70255
XCG 1.803113
XDR 0.694162
XOF 556.503637
XPF 102.05017
YER 238.649662
ZAR 16.48781
ZMK 9001.200237
ZMW 19.034038
ZWL 321.999592
  • AEX

    2.2400

    1021.26

    +0.22%

  • BEL20

    -44.5400

    5386.79

    -0.82%

  • PX1

    -79.0600

    8156.43

    -0.96%

  • ISEQ

    -124.5500

    12584.72

    -0.98%

  • OSEBX

    4.3900

    1997.57

    +0.22%

  • PSI20

    49.3400

    9185.6

    +0.54%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -30.6900

    3955.3

    -0.77%

  • N150

    3.2900

    4110.99

    +0.08%

Nigeria: une décennie de souffrances depuis l'enlèvement des filles de Chibok
Nigeria: une décennie de souffrances depuis l'enlèvement des filles de Chibok / Photo: © AFP/Archives

Nigeria: une décennie de souffrances depuis l'enlèvement des filles de Chibok

A chaque fois qu'elle entend quelqu'un arriver sur le pas de sa porte, Mary Shettima ne peut s'empêcher de penser que sa fille Margaret est de retour, dix ans après avoir été enlevée par des combattants de Boko Haram.

Taille du texte:

Margaret, qui fêtera ses 29 ans cette année, fait partie des 276 étudiantes enlevées le 14 avril 2014 par des membres de Boko Haram dans la petite ville rurale de Chibok, dans l'Etat du Borno (nord-est du Nigeria), et compte parmi la petite centaine toujours disparue.

Cet enlèvement avait provoqué une vive émotion dans le monde entier et déclenché la campagne internationale baptisée "Bring back our girls" ("Ramenez-nous nos filles").

Mais une décennie plus tard, les rapts de masse demeurent une réalité dans cette partie du Nigeria où le conflit avec Boko Haram reste l'une des pires crises humanitaires du monde avec plus de 40.000 morts et plus de deux millions de déplacés, malgré les promesses répétées des autorités nigérianes de restaurer la sécurité.

Mary Shettima ne pense pas qu'à sa fille, mais aussi à tous les autres enfants qui sont enlevés dans le pays.

"Je pense à leurs parents et je m'effondre en larmes", témoigne-t-elle à l'ombre d'un baobab.

- Menaces continues –

La région de Chibok vit toujours sous la menace des attaques et des enlèvements. L'AFP a pu s'y rendre sous escorte militaire après six heures de trajet sur les routes poussiéreuses qui la relient à la ville de Yola.

L'armée y a renforcé sa présence et l'école où les 276 filles ont été enlevées en 2014, qui a rouvert en 2021, est maintenant protégée par un mur de béton et de barbelés.

Depuis leurs nouvelles salles de classe, les élèves peuvent observer les tourbillons de poussière s'engouffrer dans les ruines carbonisées des anciens dortoirs incendiés par les combattants de Boko Haram lorsqu'ils ont enlevé les filles de Chibok.

Hauwa, qui avait 16 ans lors de l'attaque et a passé trois ans en captivité, se souvient de la nuit où ont surgi de la savane ses ravisseurs à motos.

"Ils criaient et tiraient des coups de feu en l'air, j'étais terrifiée, je n'arrêtais pas de me dire qu'ils allaient nous tuer, je pensais faire mes dernières prières", raconte-t-elle.

Au milieu des décombres, le directeur adjoint de l'école, Bature Sule, explique que de nombreux parents de cette petite ville à majorité chrétienne sont heureux que "l'on continue à éduquer les enfants ici".

Les militants de Boko Haram, qui ciblent les écoles dont ils jugent l'enseignement trop occidental, ont mené les premiers enlèvements de masse d'écoliers au Nigeria contre rançon, une pratique qui s'est désormais répandue dans tout le pays car lucrative pour les ravisseurs.

Plus de 1.680 élèves ont été kidnappés dans des écoles nigérianes entre 2014 et 2022, selon l'ONG Save the Children.

Les habitants de Chibok entendent toujours des coups de feu venant des villages voisins où les islamistes mènent des raids.

Depuis le début du conflit, l'armée a repris le contrôle de vastes zones autrefois tenues par Boko Haram, mais elle doit aussi combattre l'organisation rivale, l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest.

Il y a quelques semaines, le Nigeria a connu deux enlèvements de masse: l'un dans le même Etat du Borno, où une centaine de personnes, principalement des femmes et des enfants, ont été enlevées, et l'autre dans l'Etat de Kaduna, dans le nord-ouest du pays, où plus de 130 enfants ont été enlevés au sein de leur école.

- Seconde chance –

Peu après l'enlèvement de Chibok il y a dix ans, 57 filles ont réussi à s'échapper et depuis, plus d'une centaine ont été soit secourues soit relâchées après que les islamistes ont conclu des accords avec les autorités.

Nombre d'entre elles tentent de rattraper les années perdues et ont repris leurs études.

Dans la ville de Yola, à une demi-journée de route au sud de Chibok, l'AFP a pu s'entretenir avec plusieurs anciennes captives qui étudient à l'Université américaine de la ville.

Grace, qui avait 17 ans lorsqu'elle a été enlevée, espère devenir infirmière.

"Ils ont détruit ma vie. Sans eux, j'aurais déjà terminé mes études", soupire-t-elle.

Comme ses compagnes d'infortune, elle a été conduite de force dans la forêt de Sambisa, repaire des islamistes, où la nourriture était insuffisante et où elles devaient courir pour se cacher lors des survols aériens de l'armée.

Beaucoup de ses camarades ont été mariées à leurs ravisseurs tandis que d'autres, comme elle, devaient travailler comme des esclaves.

Lorsqu'elle a été relâchée après trois ans de captivité, elle "ne pouvait pas s'arrêter de pleurer".

Hauwa, 26 ans, étudiante en communication, est en colère en pensant à celles qui n'ont pas eu de seconde chance.

"Je pense à elles tous les jours, j'ai l'impression que le gouvernement se fiche de tous ces gens", bouillonne-t-elle.

Le porte-parole du président nigérian Bola Ahmed Tinubu n'a pas répondu aux nombreuses sollicitations de l'AFP sur le sujet.

"Le gouvernement nigérian n'a rien appris, il est complètement passé à autre chose", déplore Jeff Okoroafor, membre de l'équipe du mouvement Bring Back Our Girls. "C'est pour cela que les kidnappeurs osent encore enlever des enfants."

Les mères des filles de Chibok, elles, se refusent à tourner la page. Beaucoup de parents sont morts, et ceux qui restent vivent dans un état d'angoisse permanente qui s'ajoute aux difficultés de vivre dans l'une des régions les plus pauvres du monde.

Beaucoup trouvent un peu de réconfort dans leur conviction que leurs filles vont revenir.

"Ma fille sera bientôt de retour", rêve Mary Shettima en croisant ses mains sur ses genoux. "C'est l'espoir qui me fait vivre".

S.Davis--ThChM