The China Mail - Nigeria: une décennie de souffrances depuis l'enlèvement des filles de Chibok

USD -
AED 3.672498
AFN 65.999685
ALL 81.950366
AMD 364.615903
ANG 1.790258
AOA 917.507104
ARS 1470.500697
AUD 1.431158
AWG 1.8
AZN 1.704788
BAM 1.710565
BBD 2.006691
BDT 122.821671
BGN 1.717508
BHD 0.375738
BIF 2985.511936
BMD 1
BND 1.288576
BOB 6.923833
BRL 5.0725
BSD 0.99637
BTN 95.801664
BWP 13.577348
BYN 2.862378
BYR 19600
BZD 2.00384
CAD 1.40556
CDF 2259.999578
CHF 0.808765
CLF 0.023517
CLP 925.54968
CNY 6.77075
CNH 6.767435
COP 3261.35
CRC 453.831857
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.43649
CZK 21.17955
DJF 177.422106
DKK 6.53358
DOP 58.344813
DZD 133.089012
EGP 50.715901
ERN 15
ETB 160.815936
EUR 0.87404
FJD 2.22525
FKP 0.747301
GBP 0.745445
GEL 2.619964
GGP 0.747301
GHS 11.458283
GIP 0.747301
GMD 73.500769
GNF 8738.280157
GTQ 7.601048
GYD 208.419883
HKD 7.837385
HNL 26.682118
HRK 6.583398
HTG 130.218605
HUF 313.000189
IDR 18070
ILS 2.99415
IMP 0.747301
INR 96.167498
IQD 1305.18251
IRR 1375125.000223
ISK 125.350063
JEP 0.747301
JMD 158.026851
JOD 0.709016
JPY 162.182496
KES 129.349846
KGS 87.449801
KHR 4043.25752
KMF 430.999951
KPW 900.000068
KRW 1487.664998
KWD 0.30962
KYD 0.830269
KZT 467.33108
LAK 22489.756115
LBP 89220.253895
LKR 334.89023
LRD 180.843341
LSL 16.427475
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.397726
MAD 9.305515
MDL 17.570067
MGA 4268.940636
MKD 53.874893
MMK 2099.937768
MNT 3585.974961
MOP 8.043188
MRU 39.804084
MUR 47.120209
MVR 15.449962
MWK 1727.604679
MXN 17.409101
MYR 4.070982
MZN 63.901438
NAD 16.427475
NGN 1379.330541
NIO 36.664028
NOK 9.688702
NPR 153.274298
NZD 1.71817
OMR 0.384508
PAB 0.996357
PEN 3.411247
PGK 4.385282
PHP 61.6425
PKR 276.904078
PLN 3.778911
PYG 6042.63693
QAR 3.642398
RON 4.581801
RSD 102.614966
RUB 77.500361
RWF 1473.127214
SAR 3.762666
SBD 8.065041
SCR 13.202765
SDG 600.502491
SEK 9.64506
SGD 1.289955
SHP 0.746601
SLE 24.380041
SLL 20969.507346
SOS 569.379455
SRD 37.6245
STD 20697.981008
STN 21.427135
SVC 8.718126
SYP 110.532098
SZL 16.424183
THB 33.5255
TJS 9.196631
TMT 3.5
TND 2.953048
TOP 2.40776
TRY 47.029602
TTD 6.765993
TWD 32.179501
TZS 2637.513
UAH 44.779797
UGX 3692.609097
UYU 40.08186
UZS 12025.905988
VES 723.09425
VND 26259.5
VUV 119.718663
WST 2.760172
XAF 573.71496
XAG 0.01714
XAU 0.000248
XCD 2.70255
XCG 1.795665
XDR 0.713502
XOF 573.702416
XPF 104.306149
YER 237.150284
ZAR 16.341565
ZMK 9001.205703
ZMW 18.058817
ZWL 321.999592
  • AEX

    7.6300

    1097.45

    +0.7%

  • BEL20

    -22.4700

    5596.03

    -0.4%

  • PX1

    0.8400

    8368.06

    +0.01%

  • ISEQ

    -16.5100

    13740.55

    -0.12%

  • OSEBX

    4.1200

    1968.31

    +0.21%

  • PSI20

    -17.3400

    9109.75

    -0.19%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    0.4400

    4421.87

    +0.01%

  • N150

    -1.2700

    4220.67

    -0.03%

Nigeria: une décennie de souffrances depuis l'enlèvement des filles de Chibok
Nigeria: une décennie de souffrances depuis l'enlèvement des filles de Chibok / Photo: © AFP/Archives

Nigeria: une décennie de souffrances depuis l'enlèvement des filles de Chibok

A chaque fois qu'elle entend quelqu'un arriver sur le pas de sa porte, Mary Shettima ne peut s'empêcher de penser que sa fille Margaret est de retour, dix ans après avoir été enlevée par des combattants de Boko Haram.

Taille du texte:

Margaret, qui fêtera ses 29 ans cette année, fait partie des 276 étudiantes enlevées le 14 avril 2014 par des membres de Boko Haram dans la petite ville rurale de Chibok, dans l'Etat du Borno (nord-est du Nigeria), et compte parmi la petite centaine toujours disparue.

Cet enlèvement avait provoqué une vive émotion dans le monde entier et déclenché la campagne internationale baptisée "Bring back our girls" ("Ramenez-nous nos filles").

Mais une décennie plus tard, les rapts de masse demeurent une réalité dans cette partie du Nigeria où le conflit avec Boko Haram reste l'une des pires crises humanitaires du monde avec plus de 40.000 morts et plus de deux millions de déplacés, malgré les promesses répétées des autorités nigérianes de restaurer la sécurité.

Mary Shettima ne pense pas qu'à sa fille, mais aussi à tous les autres enfants qui sont enlevés dans le pays.

"Je pense à leurs parents et je m'effondre en larmes", témoigne-t-elle à l'ombre d'un baobab.

- Menaces continues –

La région de Chibok vit toujours sous la menace des attaques et des enlèvements. L'AFP a pu s'y rendre sous escorte militaire après six heures de trajet sur les routes poussiéreuses qui la relient à la ville de Yola.

L'armée y a renforcé sa présence et l'école où les 276 filles ont été enlevées en 2014, qui a rouvert en 2021, est maintenant protégée par un mur de béton et de barbelés.

Depuis leurs nouvelles salles de classe, les élèves peuvent observer les tourbillons de poussière s'engouffrer dans les ruines carbonisées des anciens dortoirs incendiés par les combattants de Boko Haram lorsqu'ils ont enlevé les filles de Chibok.

Hauwa, qui avait 16 ans lors de l'attaque et a passé trois ans en captivité, se souvient de la nuit où ont surgi de la savane ses ravisseurs à motos.

"Ils criaient et tiraient des coups de feu en l'air, j'étais terrifiée, je n'arrêtais pas de me dire qu'ils allaient nous tuer, je pensais faire mes dernières prières", raconte-t-elle.

Au milieu des décombres, le directeur adjoint de l'école, Bature Sule, explique que de nombreux parents de cette petite ville à majorité chrétienne sont heureux que "l'on continue à éduquer les enfants ici".

Les militants de Boko Haram, qui ciblent les écoles dont ils jugent l'enseignement trop occidental, ont mené les premiers enlèvements de masse d'écoliers au Nigeria contre rançon, une pratique qui s'est désormais répandue dans tout le pays car lucrative pour les ravisseurs.

Plus de 1.680 élèves ont été kidnappés dans des écoles nigérianes entre 2014 et 2022, selon l'ONG Save the Children.

Les habitants de Chibok entendent toujours des coups de feu venant des villages voisins où les islamistes mènent des raids.

Depuis le début du conflit, l'armée a repris le contrôle de vastes zones autrefois tenues par Boko Haram, mais elle doit aussi combattre l'organisation rivale, l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest.

Il y a quelques semaines, le Nigeria a connu deux enlèvements de masse: l'un dans le même Etat du Borno, où une centaine de personnes, principalement des femmes et des enfants, ont été enlevées, et l'autre dans l'Etat de Kaduna, dans le nord-ouest du pays, où plus de 130 enfants ont été enlevés au sein de leur école.

- Seconde chance –

Peu après l'enlèvement de Chibok il y a dix ans, 57 filles ont réussi à s'échapper et depuis, plus d'une centaine ont été soit secourues soit relâchées après que les islamistes ont conclu des accords avec les autorités.

Nombre d'entre elles tentent de rattraper les années perdues et ont repris leurs études.

Dans la ville de Yola, à une demi-journée de route au sud de Chibok, l'AFP a pu s'entretenir avec plusieurs anciennes captives qui étudient à l'Université américaine de la ville.

Grace, qui avait 17 ans lorsqu'elle a été enlevée, espère devenir infirmière.

"Ils ont détruit ma vie. Sans eux, j'aurais déjà terminé mes études", soupire-t-elle.

Comme ses compagnes d'infortune, elle a été conduite de force dans la forêt de Sambisa, repaire des islamistes, où la nourriture était insuffisante et où elles devaient courir pour se cacher lors des survols aériens de l'armée.

Beaucoup de ses camarades ont été mariées à leurs ravisseurs tandis que d'autres, comme elle, devaient travailler comme des esclaves.

Lorsqu'elle a été relâchée après trois ans de captivité, elle "ne pouvait pas s'arrêter de pleurer".

Hauwa, 26 ans, étudiante en communication, est en colère en pensant à celles qui n'ont pas eu de seconde chance.

"Je pense à elles tous les jours, j'ai l'impression que le gouvernement se fiche de tous ces gens", bouillonne-t-elle.

Le porte-parole du président nigérian Bola Ahmed Tinubu n'a pas répondu aux nombreuses sollicitations de l'AFP sur le sujet.

"Le gouvernement nigérian n'a rien appris, il est complètement passé à autre chose", déplore Jeff Okoroafor, membre de l'équipe du mouvement Bring Back Our Girls. "C'est pour cela que les kidnappeurs osent encore enlever des enfants."

Les mères des filles de Chibok, elles, se refusent à tourner la page. Beaucoup de parents sont morts, et ceux qui restent vivent dans un état d'angoisse permanente qui s'ajoute aux difficultés de vivre dans l'une des régions les plus pauvres du monde.

Beaucoup trouvent un peu de réconfort dans leur conviction que leurs filles vont revenir.

"Ma fille sera bientôt de retour", rêve Mary Shettima en croisant ses mains sur ses genoux. "C'est l'espoir qui me fait vivre".

S.Davis--ThChM