The China Mail - "Assez!": tempête en Croatie après un déni d'avortement

USD -
AED 3.672504
AFN 63.99996
ALL 82.507456
AMD 367.703735
ANG 1.790403
AOA 917.499047
ARS 1481.242498
AUD 1.455668
AWG 1.8
AZN 1.69913
BAM 1.713097
BBD 2.011903
BDT 123.11735
BGN 1.69088
BHD 0.37663
BIF 2971.783429
BMD 1
BND 1.292103
BOB 6.917906
BRL 5.1889
BSD 0.998945
BTN 94.390722
BWP 13.575192
BYN 2.897008
BYR 19600
BZD 2.009013
CAD 1.423025
CDF 2275.000217
CHF 0.80885
CLF 0.023427
CLP 922.03989
CNY 6.79395
CNH 6.795595
COP 3444.75
CRC 453.094276
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.581777
CZK 21.26135
DJF 177.883078
DKK 6.55513
DOP 59.402385
DZD 133.298012
EGP 49.203099
ERN 15
ETB 161.045542
EUR 0.876898
FJD 2.250303
FKP 0.757857
GBP 0.755505
GEL 2.640111
GGP 0.757857
GHS 11.298312
GIP 0.757857
GMD 73.501137
GNF 8757.385047
GTQ 7.621225
GYD 208.956139
HKD 7.843245
HNL 26.733762
HRK 6.606203
HTG 130.560263
HUF 310.942501
IDR 17898
ILS 2.98755
IMP 0.757857
INR 94.658301
IQD 1308.597856
IRR 1375999.999497
ISK 126.290289
JEP 0.757857
JMD 157.289691
JOD 0.708954
JPY 162.170954
KES 129.480292
KGS 87.450318
KHR 4016.834619
KMF 431.999766
KPW 900.00035
KRW 1547.969875
KWD 0.30966
KYD 0.832454
KZT 485.019949
LAK 22404.211245
LBP 89452.529331
LKR 335.883613
LRD 181.802256
LSL 16.412646
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.417595
MAD 9.36107
MDL 17.65605
MGA 4250.809125
MKD 54.044219
MMK 2099.649649
MNT 3579.92745
MOP 8.069687
MRU 39.866691
MUR 47.239994
MVR 15.460049
MWK 1732.206908
MXN 17.49654
MYR 4.064598
MZN 63.849794
NAD 16.412646
NGN 1380.330009
NIO 36.762097
NOK 9.951135
NPR 151.021499
NZD 1.770925
OMR 0.384495
PAB 0.998971
PEN 3.411304
PGK 4.385719
PHP 61.311015
PKR 277.769934
PLN 3.76135
PYG 6083.007432
QAR 3.641301
RON 4.597099
RSD 102.928999
RUB 76.996988
RWF 1466.390474
SAR 3.752458
SBD 8.065041
SCR 13.42013
SDG 600.497576
SEK 9.727315
SGD 1.293675
SHP 0.746601
SLE 24.808345
SLL 20969.503664
SOS 570.895539
SRD 37.494498
STD 20697.981008
STN 21.459979
SVC 8.74059
SYP 110.532098
SZL 16.408648
THB 33.249828
TJS 9.260125
TMT 3.51
TND 2.958885
TOP 2.40776
TRY 46.65798
TTD 6.790721
TWD 31.881798
TZS 2625.002993
UAH 44.832941
UGX 3661.287144
UYU 40.195503
UZS 12039.275454
VES 622.24352
VND 26308
VUV 119.179282
WST 2.780883
XAF 574.561715
XAG 0.017388
XAU 0.000252
XCD 2.70255
XCG 1.800321
XDR 0.71457
XOF 574.541585
XPF 104.460551
YER 238.595571
ZAR 16.457098
ZMK 9001.210014
ZMW 18.085232
ZWL 321.999592
  • AEX

    4.5600

    1065.34

    +0.43%

  • BEL20

    -20.6600

    5719.28

    -0.36%

  • PX1

    -17.6100

    8367.33

    -0.21%

  • ISEQ

    -131.0200

    13807.63

    -0.94%

  • OSEBX

    5.8900

    1906.43

    +0.31%

  • PSI20

    23.7500

    9159.49

    +0.26%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    1.7100

    4288.95

    +0.04%

  • N150

    -21.5800

    4127.8

    -0.52%

"Assez!": tempête en Croatie après un déni d'avortement
"Assez!": tempête en Croatie après un déni d'avortement / Photo: © Cropix/AFP

"Assez!": tempête en Croatie après un déni d'avortement

Le calvaire d'une femme empêchée d'avorter en Croatie malgré la tumeur agressive qui attaque son fœtus provoque l'émoi dans le pays à majorité catholique, où de nombreuses voix réclament la protection des droits des femmes.

Taille du texte:

Mirela Cavajda a légalement droit à une interruption volontaire de grossesse (IVG) dans son pays mais sera quand même contrainte de se rendre en Slovénie voisine, autre membre de l'Union européenne, pour mettre fin à l'épreuve.

Le scandale a éclaté au moment où les Etats-Unis sont secoués par une tempête politique dans l'attente d'un arrêt de la Cour suprême qui pourrait menacer le droit à l'avortement.

L'IVG est également contestée dans le petit pays des Balkans, où des groupes soutenus par l'Eglise ont tenté en vain en 2017 d'obtenir son abolition et où une majorité de médecins refusent de la pratiquer.

Fin avril, durant son sixième mois de grossesse, Mirela Cavajda a appris que son enfant à naître était atteint d'une tumeur au cerveau agressive qui risquait de le tuer et en cas de survie, provoquerait de très lourdes malformations.

"S'il naît, il sera comme un +légume+", a-t-elle dit en pleurs aux médias locaux. "Je suis rentrée chez moi et j'ai regardé le mur fixement", a poursuivi cette femme mariée de 39 ans déjà mère d'un fils. "J'ai pris la décision en une seconde."

En Croatie, l'IVG est légale jusqu'à la 10ème semaine de grossesse. Au-delà, elle est possible si la santé du foetus ou de la mère est gravement menacé et en cas de viol et d'inceste.

Mirela remplissait les conditions, ce qui n'a pas empêché quatre hôpitaux de Zagreb de lui claquer la porte au nez.

Elle a raconté qu'un médecin lui avait demandé si elle "tuerait un enfant de deux ans porteur d'une tumeur" et qu'un autre avait parlé "d'euthanasie".

La profession médicale lui a conseillé de se faire aider en Slovénie comme le font chaque année une dizaine de femmes dans des situations similaires, selon les défenseurs des droits.

- "Retour en arrière" -

Mais alors qu'un IRM montrait la détérioration de l'état de santé du fœtus, une commission médicale a fini par donner son feu vert à l'IVG.

L'avortement est encadré par une loi de 1978 adoptée alors que la Croatie faisait encore partie de la Yougoslavie communiste.

Mais depuis l'indépendance en 1991, le poids de l'Eglise catholique s'est accru et de nombreux médecins refusent de pratiquer les avortements au nom de "l'objection de conscience" instituée par une loi de 2003.

Plus de 80% des 3,9 millions de Croates sont catholiques.

Dans une lettre ouverte poignante, elle évoque son fœtus malade, un garçon qu'elle a appelé Grga et accuse la société comme les médecins de l'avoir abandonnée.

"Attendre que Grga meurt dans mon utérus, (ou) lui donner naissance pour le regarder mourir, (...) serait du sadisme pur", écrit-elle.

La semaine dernière, des milliers de manifestants se sont rassemblés pour dire "Ca suffit!" et dénoncer les atteintes à la santé des femmes.

"Les femmes doivent bénéficier de droits acquis il y a bien longtemps", a dit Sonja Kraljevic à l'AFP, dénonçant un "retour en arrière".

D'après Branka Mrzic Jagatic, de l'ONG RODA, l'un des organisateurs, "ce cas a dévoilé que notre système de santé publique s'est complètement effondré en ce qui concerne la santé des femmes".

En 2019, une vague de témoignages sur les violences gynécologiques a déferlé sur les pays patriarcaux des Balkans dans le cadre du mouvement #MeToo.

- Humiliations -

Le déclencheur fut le témoignage d'une députée croate sur son curetage sans anesthésie subi après une fausse couche.

RODA avait recueilli des centaines de récits d'expériences douloureuses et humiliantes d'accouchements, de fausses couches et d'IVG.

"J'avais pensé que j'accoucherais sur une table de gynécologie" mais une "infirmière m'a dit d'aller dans la salle de bain" pour attendre l'expulsion, écrit une femme dans une lettre lue à la manifestation, évoquant son IVG médicamenteuse décidée à cause de malformations. "L'infirmière m'a dit que si je voulais une autopsie, je devais recueillir le fœtus dans mes mains. Et je l'ai fait".

Les groupes anti-IVG sont vent debout.

La "Marche pour la vie" annuelle pour exiger une nouvelle législation non "fondée sur l'idéologie ou la culture de la mort" a réuni récemment des milliers de personnes.

Près de 60% des gynécologues des hôpitaux publics refusent de pratiquer l'avortement, selon les chiffres officiels.

Parmi eux, Boris Ujevic, médecin à Zagreb. "La vie doit être respectée et la vie c'est la loi."

Les défenseurs des droits exigent que les femmes aient un accès garanti aux soins médicaux y compris l'IVG.

Les conservateurs au pouvoir ne se pressent pas pour se saisir du sujet tandis que les partis de gauche évoquent un référendum pour inscrire le droit à l'avortement dans la Constitution.

En attendant, Mirela a refusé le protocole proposé en Croatie, à savoir l'accouchement induit d'un bébé menacé d'une mort rapide. En Slovénie, le cœur du fœtus est arrêté avant la procédure.

J.Liv--ThChM