The China Mail - Entre Serbie et Kosovo, une pièce antique pour évoquer la douleur des femmes et les rêves de paix

USD -
AED 3.672503
AFN 63.999691
ALL 81.919836
AMD 376.060435
AOA 916.999904
ARS 1382.017798
AUD 1.414887
AWG 1.80125
AZN 1.703027
BAM 1.673634
BBD 2.011587
BDT 122.694347
BHD 0.377236
BIF 2970
BMD 1
BND 1.273934
BOB 6.90148
BRL 5.097502
BSD 0.998734
BTN 92.490362
BWP 13.45308
BYN 2.900908
BYR 19600
BZD 2.008703
CAD 1.38278
CDF 2300.000212
CHF 0.790535
CLF 0.02264
CLP 891.060057
CNY 6.83185
CNH 6.830495
COP 3654.86
CRC 464.322236
CUC 1
CUP 26.5
CVE 94.506616
CZK 20.85475
DJF 177.720354
DKK 6.39318
DOP 60.374971
DZD 132.344475
EGP 53.090899
ERN 15
ETB 156.550025
EUR 0.85555
FJD 2.210503
FKP 0.744078
GBP 0.745205
GEL 2.689782
GGP 0.744078
GHS 11.01502
GIP 0.744078
GMD 73.999933
GNF 8775.00019
GTQ 7.640832
GYD 208.952669
HKD 7.834775
HNL 26.629981
HRK 6.4451
HTG 130.987476
HUF 322.710215
IDR 17107.75
ILS 3.058032
IMP 0.744078
INR 92.635496
IQD 1310
IRR 1316000.000117
ISK 122.690226
JEP 0.744078
JMD 157.9096
JOD 0.709007
JPY 159.289024
KES 129.150258
KGS 87.448501
KHR 4012.496236
KMF 421.000498
KPW 899.95413
KRW 1480.865023
KWD 0.30891
KYD 0.832292
KZT 476.261788
LAK 21965.000383
LBP 89501.817404
LKR 315.134608
LRD 184.249849
LSL 16.3302
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.35503
MAD 9.297853
MDL 17.248506
MGA 4149.999771
MKD 52.723198
MMK 2099.780124
MNT 3575.250437
MOP 8.059525
MRU 40.009712
MUR 46.519756
MVR 15.450137
MWK 1736.99957
MXN 17.383902
MYR 3.963504
MZN 63.949716
NAD 16.329729
NGN 1361.74998
NIO 36.719975
NOK 9.509202
NPR 147.983022
NZD 1.70939
OMR 0.384498
PAB 0.998725
PEN 3.372503
PGK 4.31125
PHP 59.866017
PKR 279.025017
PLN 3.636115
PYG 6452.275411
QAR 3.646095
RON 4.356004
RSD 100.411036
RUB 77.626012
RWF 1461.5
SAR 3.752462
SBD 8.048583
SCR 14.457254
SDG 600.99995
SEK 9.303035
SGD 1.274545
SLE 24.609182
SOS 571.492727
SRD 37.575497
STD 20697.981008
STN 21.31
SVC 8.738811
SYP 110.553826
SZL 16.329957
THB 32.170959
TJS 9.503158
TMT 3.505
TND 2.88375
TRY 44.685016
TTD 6.774889
TWD 31.762497
TZS 2605.000206
UAH 43.381882
UGX 3680.503855
UYU 40.536031
UZS 12219.999604
VES 475.06335
VND 26332.5
VUV 119.534712
WST 2.769292
XAF 561.328279
XAG 0.013199
XAU 0.00021
XCD 2.70255
XCG 1.800048
XDR 0.698112
XOF 561.521651
XPF 102.350459
YER 238.550269
ZAR 16.42184
ZMK 9001.164141
ZMW 19.051327
ZWL 321.999592
  • AEX

    1.9100

    1005.12

    +0.19%

  • BEL20

    24.8100

    5417.26

    +0.46%

  • PX1

    -18.1800

    8245.8

    -0.22%

  • ISEQ

    -190.1000

    12654.31

    -1.48%

  • OSEBX

    37.6300

    2060.64

    +1.86%

  • PSI20

    34.9600

    9484.93

    +0.37%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    43.9800

    3970.39

    +1.12%

  • N150

    18.2200

    4067.32

    +0.45%

Entre Serbie et Kosovo, une pièce antique pour évoquer la douleur des femmes et les rêves de paix
Entre Serbie et Kosovo, une pièce antique pour évoquer la douleur des femmes et les rêves de paix / Photo: © AFP

Entre Serbie et Kosovo, une pièce antique pour évoquer la douleur des femmes et les rêves de paix

Maja Mitic est serbe, Zana Hoxha kosovare. Ensemble, ces deux femmes de théâtre utilisent Les Troyennes d'Euripide pour monter une ode à la paix sur les ravages que la guerre impose aux femmes, depuis Troie jusqu'à Kiev, Gaza ou Khartoum.

Taille du texte:

"Dans notre version des Troyennes, les personnages avancent parce qu'ils prennent soin les uns des autres, parce qu'ils trouvent des façons de sauver les enfants. De montrer qu'au milieu des conflits, des guerres, au milieu de la haine, les femmes sont celles qui trouvent des moyens de résister", explique Zana Hoxha, qui met en scène la pièce jouée à Belgrade vendredi et samedi après des représentations au Kosovo.

"Je suis une metteuse en scène kosovare, une metteuse en scène féministe qui se souvient de la guerre, et qui se souvient aussi de la Yougoslavie. C'était important pour moi de monter cette pièce, parce qu'elle est malheureusement totalement d'actualité", ajoute cette femme de 43 ans, dont un seul geste fait taire le plateau.

Les Troyennes, écrit en -415 par Euripide, raconte le sort des femmes après la chute de Troie. Mariées de force à l'ennemi, tuées, sacrifiées sur les tombes des hommes tombés au combat, elles sont les victimes de la guerre après la guerre.

Pour raconter ça, il fallait deux femmes, insiste Maja Mitic, figure du théâtre serbe depuis les années 1990, qui co-dirige et joue Hécube, ancienne reine de Troie, femme du défunt Priam, mère dont les enfants sont un à un sacrifiés aux folies de la guerre. Il le fallait "parce que les hommes font les guerres, mais les conséquences, c'est le lot des femmes. Et des enfants de ces femmes".

Comme un écho au dialogue sans fin entre les hommes politiques serbes et kosovars qui, un quart de siècle après les combats, n'ont pas signé la paix, les femmes, ici, pactisent sur scène, dans un décor épuré où résonnent les langues des uns et des autres.

Maja Mitic déclame les vers millénaires d'Euripide en serbe. Thaltybios, celui qui vient annoncer aux femmes le sort qui leur est réservé, lui répond en albanais. Au mur la traduction anglaise défile.

En quelques minutes, on ne différencie plus les langues, la douleur est universelle. "Grâce aux relations, aux émotions que ces acteurs sont capables d'offrir, qui sont bien plus importantes que la barrière de la langue", salue Zana Hoxha.

- 'Pourquoi les Cassandre?' -

Peu importe a langue, cette version des Troyennes "fait réfléchir. Et ça met en colère. Nos personnages sont en colère. Ils disent vous savez quoi ? Allez vous faire foutre, on ne veut plus de ça. Pourquoi souffrons nous ? Pourquoi les Cassandre ? Pourquoi Andromaque doit perdre son enfant ?"

Au milieu des vers antiques, les Andromaque, Hécube, Cassandre de 2024 finissent par faire le procès d'Euripide.

"Vous savez, à un moment de la pièce", poursuit la metteuse en scène, "Andromaque dit +je veux marcher librement avec mon mari et mon enfant. Je ne veux pas me sentir menacée dans la rue+".

"Et c'est encore ça non ? Il n'y a que quelques endroits sur la planète où je me sens totalement libre d'être moi [...] Et nous, on veut changer ça. Je ne pense pas qu'une pièce de théâtre suffise. Mais l'art à le pouvoir de vous apporter quelque chose dont vous ignoriez jusqu'à l'existence".

Une volonté d'universel qui va jusque dans les costumes - des vestes de cuir et des bottillons qui pourraient être ceux de n'importe quelle armée du monde. Comme Hécube pourrait être toutes les mères endeuillées par la guerre.

"C'est une pièce sur les femmes après la guerre", résume Maja Mitic. "Sur ce qui se passe pour toutes les femmes, partout dans le monde, à n'importe quelle époque, dans n'importe quelle culture, n'importe quelle religion. C'est une pièce qu'Euripide a écrite il y a des siècles, mais on voit encore tout ça, guerre après guerre. Des viols, des crimes. Ce qu'on voit dans cette pièce on le voit aujourd'hui en Ukraine, à Gaza, on l'a vu au Kosovo, en Bosnie, ça se passe en Somalie, au Soudan...".

Mais une heure après, devant une salle remplie, alors que les voix se mêlent pour espérer un autre avenir, résonnent ces mots : "parfois, vivre, c'est résister".

J.Thompson--ThChM