The China Mail - "Ils jetaient les morts dans des bennes": un Turc dans l'horreur des prisons syriennes

USD -
AED 3.672499
AFN 63.99981
ALL 82.022626
AMD 376.060295
AOA 916.99976
ARS 1381.970509
AUD 1.411702
AWG 1.80125
AZN 1.694813
BAM 1.673634
BBD 2.011587
BDT 122.694347
BHD 0.37727
BIF 2970
BMD 1
BND 1.273934
BOB 6.90148
BRL 5.098399
BSD 0.998734
BTN 92.490362
BWP 13.45308
BYN 2.900908
BYR 19600
BZD 2.008703
CAD 1.381735
CDF 2299.999419
CHF 0.789425
CLF 0.022641
CLP 891.109795
CNY 6.83185
CNH 6.82896
COP 3654.55
CRC 464.322236
CUC 1
CUP 26.5
CVE 94.490866
CZK 20.81485
DJF 177.719862
DKK 6.382415
DOP 60.374962
DZD 132.246988
EGP 53.090197
ERN 15
ETB 155.954748
EUR 0.85409
FJD 2.2357
FKP 0.744078
GBP 0.743785
GEL 2.685026
GGP 0.744078
GHS 11.015009
GIP 0.744078
GMD 74.000207
GNF 8774.99991
GTQ 7.640832
GYD 208.952669
HKD 7.834025
HNL 26.522788
HRK 6.431198
HTG 130.987476
HUF 321.536028
IDR 17062
ILS 3.067401
IMP 0.744078
INR 92.359501
IQD 1308.425611
IRR 1315999.999617
ISK 122.480094
JEP 0.744078
JMD 157.9096
JOD 0.708954
JPY 158.841501
KES 129.25006
KGS 87.448498
KHR 4012.467862
KMF 420.999863
KPW 899.95413
KRW 1474.519969
KWD 0.30892
KYD 0.832292
KZT 476.261788
LAK 21965.000121
LBP 89549.999612
LKR 315.134608
LRD 184.249921
LSL 16.329952
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.35501
MAD 9.29205
MDL 17.248506
MGA 4172.585531
MKD 52.584206
MMK 2099.780124
MNT 3575.250437
MOP 8.059525
MRU 40.0102
MUR 46.579821
MVR 15.449731
MWK 1736.999652
MXN 17.35925
MYR 3.982984
MZN 63.949926
NAD 16.33017
NGN 1362.150586
NIO 36.754009
NOK 9.491565
NPR 147.983022
NZD 1.705625
OMR 0.384501
PAB 0.998725
PEN 3.372503
PGK 4.323196
PHP 59.672977
PKR 279.02506
PLN 3.628185
PYG 6452.275411
QAR 3.646097
RON 4.349202
RSD 100.242003
RUB 77.624044
RWF 1461.5
SAR 3.752725
SBD 8.04851
SCR 14.441746
SDG 601.000396
SEK 9.267295
SGD 1.272195
SLE 24.60124
SOS 571.495018
SRD 37.575503
STD 20697.981008
STN 20.965616
SVC 8.738811
SYP 110.553826
SZL 16.330189
THB 31.984021
TJS 9.503158
TMT 3.5
TND 2.912484
TRY 44.549202
TTD 6.774889
TWD 31.755099
TZS 2595.000449
UAH 43.381882
UGX 3680.503855
UYU 40.536031
UZS 12184.87395
VES 474.416897
VND 26325
VUV 119.534712
WST 2.769292
XAF 561.328279
XAG 0.013135
XAU 0.000209
XCD 2.70255
XCG 1.800048
XDR 0.698112
XOF 561.328279
XPF 102.054176
YER 238.574959
ZAR 16.36117
ZMK 9001.19971
ZMW 19.051327
ZWL 321.999592
  • AEX

    1.9100

    1005.12

    +0.19%

  • BEL20

    24.8100

    5417.26

    +0.46%

  • PX1

    -18.1800

    8245.8

    -0.22%

  • ISEQ

    -190.1000

    12654.31

    -1.48%

  • OSEBX

    37.6300

    2060.64

    +1.86%

  • PSI20

    34.9600

    9484.93

    +0.37%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    43.9800

    3970.39

    +1.12%

  • N150

    18.2200

    4067.32

    +0.45%

"Ils jetaient les morts dans des bennes": un Turc dans l'horreur des prisons syriennes
"Ils jetaient les morts dans des bennes": un Turc dans l'horreur des prisons syriennes / Photo: © AFP

"Ils jetaient les morts dans des bennes": un Turc dans l'horreur des prisons syriennes

Mehmet Ertürk ne peut plus manger le pain que prépare Hatice, sa femme. Ce Turc aux joues creuses vient d'être libéré d'une geôle syrienne et la moitié de ses dents manquent, tandis que les autres menacent de tomber.

Taille du texte:

"C'était torture sur torture", affirme-t-il à l'AFP en mimant les coups de matraque à la bouche qu'il dit avoir reçus des gardiens de la Branche Palestine, une prison de Damas où il a passé une partie de ses presque vingt-et-une années de détention en Syrie.

Arrêté en 2004 pour contrebande, Mehmet Ertürk a retrouvé lundi soir son village, Magaracik, perché au sommet d'une route en serpent au milieu d'une terre ocre piquée d'oliviers, à 10 minutes de la frontière syrienne à travers champs.

"Ma famille pensait que j'étais mort", lâche l'homme de 53 ans, dont le visage et la démarche lui en font paraître vingt de plus.

La nuit de sa libération, il entend des coups de feu et se met à prier: "Nous ne savions pas ce qu'il se passait à l'extérieur. J'ai cru que j'étais fini".

Puis de grands coups de marteaux se mettent à résonner. Quelques minutes plus tard, les rebelles entrés dans Damas pour faire chuter Bachar al-Assad ouvrent grand les portes de la prison.

- "comme dans un cercueil" -

"Nous ne l'avions plus vu depuis onze ans, nous le croyions mort, nous n'avions plus d'espoir", confesse son épouse, assise dans la cour de la maison familiale avec sa plus jeune fille, âgée d'à peine six mois lors de l'arrestation de son père.

Condamné à quinze années de réclusion, l'administration pénitentiaire syrienne laissera le père de quatre enfants croupir dans un cachot souterrain, à la merci de gardiens zélés, sans se soucier de sa date de fin de peine, prévue en 2019.

"Nos os sortaient de la chair lorsqu'ils nous frappaient les poignets à coups de marteau", raconte-t-il.

"Ils ont aussi versé de l'eau bouillante dans le cou d'un codétenu. La chair de son cou est descendue jusqu'en bas", dit-il en montrant ses hanches.

Il baisse une chaussette pour laisser apparaître sa cheville droite, plus foncée par endroits. La trace des chaînes de forçats.

"La journée, il était strictement interdit de parler (...) Il y avait des cafards dans la nourriture. C'était humide, ça sentait les toilettes", poursuit-il, faisant le récit des jours "sans vêtements, sans eau, sans nourriture: c'était comme dans un cercueil".

"Ils mettaient 115, 120 personnes dans une cellule de 20 personnes. Beaucoup de gens sont morts de faim", assure-t-il, affirmant que les gardiens "jetaient les morts dans des bennes à ordures".

- "corde au plafond" -

L'ex-détenu dit aussi avoir fait les frais de la haine vouée par l'ex-pouvoir syrien au président turc Recep Tayyip Erdogan, qui dès les premiers mois de la guerre en Syrie, en 2011, exhortait Bachar al-Assad à quitter le pouvoir.

"Nous, les Turcs, avons été beaucoup torturés à cause de ça", explique Mehmet Ertürk, qui dit aussi s'être vu refuser des médicaments en raison de sa nationalité.

Pour s'extraire de l'horreur, il en arrivera à espérer être pendu. "Un jour, ils nous ont emmenés dans un nouveau quartier pénitentiaire et j'ai vu une corde accrochée au plafond. J'ai dit +Dieu merci, on est sauvé+".

Il interrompt une énième fois son récit pour remercier le ciel et "notre cher président Erdogan" d'être de retour, vivant, auprès des siens, et de ne pas figurer parmi les innombrables victimes des prisons syriennes, possiblement plus de 105.000 depuis 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une de ses soeurs lui tend une poignée de vieilles photos.

Sur l'une d'elles, il pose avec un ami de toujours, Faruk Karga, qui peu après ce cliché échouera avec lui dans la même prison syrienne.

Faruk Karga n'est jamais rentré chez lui.

"Il est mort de faim en prison, vers 2018", affirme Mehmet Ertürk. "Il faisait 40 kilos".

C.Mak--ThChM