The China Mail - Sur les bords du lac Tanganyika, des Burundais impuissants face à la montée des eaux

USD -
AED 3.672498
AFN 66.106128
ALL 82.462283
AMD 381.646874
ANG 1.790403
AOA 916.99985
ARS 1449.623506
AUD 1.49294
AWG 1.8025
AZN 1.707189
BAM 1.666106
BBD 2.015555
BDT 122.381003
BGN 1.666701
BHD 0.376507
BIF 2960.464106
BMD 1
BND 1.286514
BOB 6.930128
BRL 5.5209
BSD 1.000707
BTN 90.075562
BWP 13.139445
BYN 2.939776
BYR 19600
BZD 2.012659
CAD 1.37085
CDF 2164.999785
CHF 0.791055
CLF 0.022938
CLP 899.849928
CNY 6.9964
CNH 6.97704
COP 3770.75
CRC 497.073782
CUC 1
CUP 26.5
CVE 93.933689
CZK 20.533899
DJF 177.720097
DKK 6.350325
DOP 63.090461
DZD 129.401111
EGP 47.637389
ERN 15
ETB 155.306806
EUR 0.85024
FJD 2.273299
FKP 0.743772
GBP 0.741365
GEL 2.694986
GGP 0.743772
GHS 10.508067
GIP 0.743772
GMD 73.999963
GNF 8754.802491
GTQ 7.675532
GYD 209.36909
HKD 7.79065
HNL 26.382819
HRK 6.406503
HTG 130.968506
HUF 326.870972
IDR 16721.9
ILS 3.186885
IMP 0.743772
INR 89.95715
IQD 1310.962883
IRR 42125.000219
ISK 125.160094
JEP 0.743772
JMD 159.029535
JOD 0.709021
JPY 156.694049
KES 129.089806
KGS 87.4435
KHR 4009.813693
KMF 420.000308
KPW 899.994146
KRW 1442.549486
KWD 0.30765
KYD 0.833994
KZT 507.398605
LAK 21633.571009
LBP 89616.523195
LKR 309.880992
LRD 178.128754
LSL 16.565363
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 5.41968
MAD 9.125364
MDL 16.842652
MGA 4593.353608
MKD 52.331959
MMK 2101.528199
MNT 3558.945081
MOP 8.023887
MRU 39.738642
MUR 46.249904
MVR 15.449811
MWK 1735.285849
MXN 17.96746
MYR 4.057008
MZN 63.9098
NAD 16.565293
NGN 1446.620293
NIO 36.826906
NOK 10.0578
NPR 144.120729
NZD 1.734135
OMR 0.384023
PAB 1.000716
PEN 3.366031
PGK 4.262823
PHP 58.874004
PKR 280.231968
PLN 3.58545
PYG 6569.722371
QAR 3.640127
RON 4.334199
RSD 99.733438
RUB 78.921148
RWF 1458.083093
SAR 3.7504
SBD 8.136831
SCR 15.219859
SDG 601.500395
SEK 9.200902
SGD 1.283835
SHP 0.750259
SLE 24.050201
SLL 20969.503664
SOS 570.932045
SRD 38.126497
STD 20697.981008
STN 20.871136
SVC 8.756506
SYP 11056.904457
SZL 16.560607
THB 31.437506
TJS 9.241824
TMT 3.51
TND 2.91815
TOP 2.40776
TRY 43.018297
TTD 6.802286
TWD 31.454501
TZS 2459.999982
UAH 42.338589
UGX 3623.089636
UYU 39.186789
UZS 12013.255301
VES 297.770445
VND 26300
VUV 120.790512
WST 2.775488
XAF 558.798674
XAG 0.013939
XAU 0.000231
XCD 2.70255
XCG 1.803607
XDR 0.693651
XOF 558.798674
XPF 101.595577
YER 238.449735
ZAR 16.542155
ZMK 9001.193849
ZMW 22.191554
ZWL 321.999592
  • AEX

    0.0000

    951.29

    0%

  • BEL20

    0.5100

    5078.43

    +0.01%

  • PX1

    -18.7900

    8149.5

    -0.23%

  • ISEQ

    -26.2500

    13099.35

    -0.2%

  • OSEBX

    11.5700

    1687.77

    +0.69%

  • PSI20

    0.0000

    8263.65

    0%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    44.9900

    4210.67

    +1.08%

  • N150

    -0.7600

    3794.14

    -0.02%

Sur les bords du lac Tanganyika, des Burundais impuissants face à la montée des eaux
Sur les bords du lac Tanganyika, des Burundais impuissants face à la montée des eaux / Photo: © AFP

Sur les bords du lac Tanganyika, des Burundais impuissants face à la montée des eaux

D'élégants vestiges de Gatumba rappellent des jours prospères mais pour beaucoup de Burundais, les lieux évoquent surtout des souvenirs douloureux : un bébé sauvé des eaux in extremis, une maison qui s'écroule, la vie qui s'arrête et reste suspendue aux crues du lac Tanganyika.

Taille du texte:

"Nous sommes sous l'eau depuis des années", résume auprès de l'AFP Asha, une mère de quatre enfants de 32 ans chaussée de bottes de caoutchouc, dans son salon à nouveau immergé.

Le réchauffement climatique a aggravé les crues du deuxième lac africain, au-dessus de son niveau normal depuis 2018, empêchant souvent la rivière Ruzizi de s'y jeter, selon des experts. En conséquence, le cours d'eau et son embouchure débordent, inlassablement.

En 2023, de lourdes pluies ont provoqué des inondations qui ont poussé des milliers de personnes, dont la famille d'Asha, à chercher refuge sur des sites temporaires à proximité. Mais ces sites ont eux-mêmes été inondés un an plus tard.

Certains ont été déplacés dans des camps plus loin. Asha et sa famille ont alors choisi de rentrer à Gatumba.

Cette ville à la périphérie de Bujumbura, la capitale burundaise, se développait tous azimuts il y a quelques années encore, grâce à ses terres fertiles et à son dynamisme économique lié à sa proximité avec la frontière congolaise.

Mais les eaux ont depuis avalé de nombreux quartiers, devenus fantomatiques. Des enfants naviguent au milieu de nombreuses maisons désaffectées sur des radeaux faits de bouteilles en plastique.

Les crues qui arrivaient "jusqu'à la taille" ont également détruit les cultures et les écoles, raconte Asha, qui vivait autrefois de ses récoltes. Aujourd'hui, sa famille a souvent faim, soupire-t-elle, et ses enfants sont coincés à la maison.

"Ce n'est pas que nous ne voulons pas déménager. Nous ne pouvons pas nous le permettre à cause du manque d'emplois", explique-t-elle.

- "Tout perdu" -

Le Burundi est l'un des pays les plus pauvres du monde, classé 187e sur 193 par l'ONU pour son indice de développement humain. Il est aussi particulièrement fragilisé par les effets du réchauffement climatique, avec de lourdes conséquences pour sa population.

Environ 16.000 Burundais sont actuellement déplacés en raison de catastrophes naturelles, estime le chef de mission de l'ONG Save the Children dans le pays, Geoffrey Kirenga, interrogé par l'AFP, soulignant que le chiffre varie régulièrement.

En 2024, des pluies diluviennes, aggravées par le phénomène climatique El Niño, avaient fait près de 100.000 déplacés et emporté des vies humaines, bien qu'aucun bilan n'avait été donné.

Ariella, mère de sept enfants, fait partie de ces sinistrés climatiques. Sa famille et elle vivent dans le camp de Gateri, situé sur une zone vallonnée dans le nord du pays.

Egalement originaire de Gatumba, elle raconte avoir "tout perdu" en 2020. Sa maison s'est écroulée, l'un de ses bébés - heureusement rattrapé de justesse - a manqué d'être emporté par les flots. Sa famille a ensuite été déplacée dans deux camps successifs. Où "l'eau est revenue", souffle-t-elle.

Elle vit désormais plus loin de la Ruzizi, et à l'abri des crues, mais les terres sont plus pauvres et l'argent manque, tandis que des coupes drastiques dans l'aide humanitaire commencent à se faire sentir, notamment dans les rations alimentaires.

"Nous nous demandons souvent à quoi ressemblera notre avenir", raconte Ariella, qui se refuse à retourner à Gatumba, car, dit-elle, l'eau y cache hippopotames et crocodiles. "Ce sera sans aucun doute très difficile."

- Choléra -

L'augmentation du niveau du lac est cyclique, souligne le professeur burundais Bernard Sindayihebura, mais le réchauffement climatique l'a aggravée, tandis que la construction "anarchique" dès l'époque coloniale dans le pays l'a rendu particulièrement vulnérable.

A Bujumbura même, sur la rive nord du lac Tanganyika, des parties de routes et bâtiments sont immergés.

M. Sindayihebura croit encore à l'avenir de ces quartiers, à condition de construire des digues. Mais il faut pour cela que le niveau du lac "extrêmement déréglé" retourne à la normale. Ce qui prendra "10 ans au minimum", estime-t-il.

Face à ce problème insoluble, Save the Children demande des fonds pour continuer à aider les plus vulnérables, alors que l'administration Trump a suspendu 83% des projets humanitaires américains, quand les Etats-Unis fournissaient jusqu'ici 40% du total de l'aide mondiale.

A Gatumba, certains, comme Asha, tentent de vivre avec les crues. Son mari Claude, 30 ans, raconte que des résidents ont construit l'année dernière une digue artisanale - à l'efficacité limitée. D'autres ont installé des tentes sur leurs toits pour échapper aux eaux et aux herbes hautes ayant pris possession de nombreux bâtiments.

Les habitants restant font ce qu'ils peuvent, remarque Jean-Marie Niyonkuru, chef du quartier de 42 ans.

Mais la vie dans les crues n'est pas sans conséquences : "les enfants souffrent de diarrhée car l'eau s'est mélangée aux eaux des toilettes, inondant ainsi les rues. Il y a beaucoup de choléra".

Q.Yam--ThChM