The China Mail - "Cachés, mais toujours là": dans l'ancien fief d'un gang au Salvador, la peur reste palpable

USD -
AED 3.6725
AFN 66.061994
ALL 82.470886
AMD 381.225294
ANG 1.790403
AOA 917.000203
ARS 1466.750373
AUD 1.493284
AWG 1.8025
AZN 1.696617
BAM 1.66801
BBD 2.013927
BDT 122.256478
BGN 1.666695
BHD 0.377029
BIF 2957.694227
BMD 1
BND 1.286358
BOB 6.909559
BRL 5.443198
BSD 0.999714
BTN 90.094539
BWP 13.969732
BYN 2.936714
BYR 19600
BZD 2.010601
CAD 1.37345
CDF 2164.999737
CHF 0.79147
CLF 0.023016
CLP 903.049796
CNY 6.996404
CNH 6.96691
COP 3783.03
CRC 497.383873
CUC 1
CUP 26.5
CVE 94.039837
CZK 20.6043
DJF 178.024537
DKK 6.364175
DOP 63.06848
DZD 129.718001
EGP 47.699303
ERN 15
ETB 155.375575
EUR 0.85207
FJD 2.280102
FKP 0.742037
GBP 0.742096
GEL 2.694955
GGP 0.742037
GHS 10.472182
GIP 0.742037
GMD 74.000014
GNF 8746.007582
GTQ 7.669195
GYD 209.153671
HKD 7.792595
HNL 26.361686
HRK 6.419504
HTG 130.853237
HUF 326.73024
IDR 16708.1
ILS 3.173875
IMP 0.742037
INR 90.098985
IQD 1309.828704
IRR 42125.00009
ISK 125.598408
JEP 0.742037
JMD 158.86093
JOD 0.708986
JPY 156.693036
KES 129.049977
KGS 87.4435
KHR 4008.750272
KMF 420.00017
KPW 900.018728
KRW 1444.155008
KWD 0.30735
KYD 0.833067
KZT 507.225797
LAK 21613.853744
LBP 89527.647362
LKR 309.722098
LRD 177.973365
LSL 16.506117
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 5.413911
MAD 9.142499
MDL 16.82679
MGA 4588.349175
MKD 52.491077
MMK 2099.849502
MNT 3560.529231
MOP 8.024579
MRU 39.836764
MUR 46.249685
MVR 15.450194
MWK 1733.91839
MXN 17.921975
MYR 4.053984
MZN 63.909709
NAD 16.506117
NGN 1437.090145
NIO 36.797196
NOK 10.054525
NPR 144.150921
NZD 1.731105
OMR 0.384498
PAB 0.999714
PEN 3.359644
PGK 4.3197
PHP 58.795496
PKR 280.025756
PLN 3.58768
PYG 6562.703885
QAR 3.645264
RON 4.337096
RSD 99.945975
RUB 80.301717
RWF 1456.161223
SAR 3.750426
SBD 8.136831
SCR 14.017027
SDG 601.499853
SEK 9.206195
SGD 1.285835
SHP 0.750259
SLE 24.050277
SLL 20969.503664
SOS 570.302805
SRD 38.126498
STD 20697.981008
STN 20.894899
SVC 8.747713
SYP 11057.202013
SZL 16.508676
THB 31.383496
TJS 9.232304
TMT 3.51
TND 2.914625
TOP 2.40776
TRY 43.0386
TTD 6.796386
TWD 31.39803
TZS 2469.999828
UAH 42.325645
UGX 3622.066719
UYU 39.043611
UZS 12000.494655
VES 297.770445
VND 26300
VUV 121.184452
WST 2.775493
XAF 559.4349
XAG 0.013631
XAU 0.00023
XCD 2.70255
XCG 1.802078
XDR 0.693651
XOF 559.4349
XPF 101.71125
YER 238.449864
ZAR 16.4923
ZMK 9001.19428
ZMW 22.068424
ZWL 321.999592
  • AEX

    16.2700

    967.59

    +1.71%

  • BEL20

    34.0300

    5112.5

    +0.67%

  • PX1

    46.4500

    8195.21

    +0.57%

  • ISEQ

    45.8500

    13145.49

    +0.35%

  • OSEBX

    9.1100

    1696.95

    +0.54%

  • PSI20

    137.1700

    8400.46

    +1.66%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    44.9900

    4210.67

    +1.08%

  • N150

    31.4900

    3825.64

    +0.83%

"Cachés, mais toujours là": dans l'ancien fief d'un gang au Salvador, la peur reste palpable
"Cachés, mais toujours là": dans l'ancien fief d'un gang au Salvador, la peur reste palpable / Photo: © AFP Photo

"Cachés, mais toujours là": dans l'ancien fief d'un gang au Salvador, la peur reste palpable

Esperanza Martinez a vu trois membres de sa famille assassinés et de nombreux cadavres dans son quartier, un ancien bastion de la Mara Salvatrucha (MS-13) près de San Salvador. Si depuis quelque temps, elle vit plus sereinement, elle reste en alerte: les membres de gangs sont "cachés, mais toujours là", murmure-t-elle.

Taille du texte:

Au pied d'une colline à quelques kilomètres au sud de la capitale salvadorienne, le quartier 10 de Octubre, dans la ville de San Marcos, s'est transformé depuis le lancement il y a trois ans par le président Nayib Bukele de sa "guerre" contre les gangs qui semaient la terreur dans le pays depuis trois décennies, en faisant l'un des plus violents au monde.

A l'heure du déjeuner, l'agitation règne devant les stands de légumes, un motard livre des repas et une femme assise à l'arrière d'un pick-up délabré vend des granités.

Une scène banale mais impensable il y a encore quelques années, quand aucun intrus n'était toléré dans les vastes territoires contrôlés au Salvador par la mara MS-13 et son rival, le Barrio 18.

"Beaucoup sont entrés ici et n'en sont jamais ressortis. J'ai vu des morts allongés là, abattus ou poignardés. Il y a un cimetière clandestin sur la colline", raconte Esperanza Martinez, qui a passé 34 de ses 65 ans dans ce quartier, en pointant du doigt une butte.

Il fallait s'enfermer chez soi et ne pas sortir la nuit, se souvient-elle. Peu importe à quoi on assistait, "l'ordre était (...) de se taire", raconte-t-elle en refusant d'apparaître devant la caméra.

Sa nièce de 12 ans a été assassinée pour avoir refusé d'entrer dans le gang, la mère de celle-ci a connu le même sort pour avoir tenté de la défendre, et le mari de sa sœur a été tué parce qu'il refusait l'extorsion.

L'une de ses trois filles a émigré aux États-Unis à 17 ans pour échapper aux menaces de mort.

- "Jusqu'au dernier" -

Le quartier 10 de Octubre a vécu sous le joug d'Élmer Canales Rivera, surnommé "le Crook d'Hollywood", l'un des chefs du MS-13, désormais aux États-Unis en attente de son procès.

Sur les murs, les graffitis "MS" ou "Hollywood" ont été remplacés par des fresques de ballons, de papillons et de fleurs multicolores. Un "N" géant sur fond bleu ciel fait référence à la fois à Nayib Bukele et à son parti Nuevas Ideas.

Le 10 de Octubre est l'une des 11 zones mises sous protection militaire par le président Bukele après l'instauration, en mars 2022, d'un état d'urgence qui a conduit à l'arrestation de 87.000 personnes sans mandat judiciaire.

"Nous allons débusquer jusqu'au dernier terroriste caché", a récemment promis le président en encerclant Ilopango, dans la périphérie est de San Salvador, avec 2.000 soldats et policiers, là où des membres de gangs tentent de "se réorganiser".

Même si les gangs, actuellement "contenus", pourraient "se réactiver", cette démonstration de force répond aussi à l'envie du président de continuer à jouer "un rôle public important", estime José Miguel Cruz, professeur salvadorien à l'Université internationale de Floride et spécialiste du phénomène des maras.

M. Bukele a entamé en juin 2024 son deuxième mandat présidentiel, porté par sa "guerre" sans merci contre les groupes criminels qui a conduit à une baisse drastique du taux d'homicides. Il rejette les accusations d'autoritarisme et affirme avoir fait du Salvador "le pays le plus sûr au monde".

Les organisations de défense des droits humains critiquent durement son régime d'exception. Amnesty International et les ONG locales telles que Cristosal et Socorro Juridico dénoncent des arrestations arbitraires, des actes de torture, la mort d'environ 400 prisonniers et l'incarcération de milliers d'innocents.

Un sujet dont personne ne souhaite parler dans le quartier 10 de Octubre.

- "Ne pas baisser la garde" -

Sur un rond-point d'où partent les bus, Carlos Sanchez, un laveur de véhicules âgé de 48 ans, prévient : "Il ne faut pas baisser la garde".

"Aujourd'hui on a un peu de paix, mais il reste des résidus (de gangs) cachés dans les collines", assure-t-il.

Le MS-13, déclaré organisation terroriste par les États-Unis, et le Barrio 18 contrôlaient 85% du territoire national, vivaient de l'extorsion et du trafic de drogue et ont tué quelque 200.000 personnes en trois décennies, selon M. Bukele.

"Un jour, ils ont tué un jeune à coups de couteau dans un minibus. Mes deux filles, ils ont voulu les tuer aussi parce qu'elles refusaient de collaborer. Beaucoup obtempéraient par peur de représailles. Ils utilisaient des enfants comme guetteurs", énumère M. Sanchez.

Sous la menace d'une arme, ils expulsaient aussi les familles de leurs maisons. "Ils ont voulu me prendre la mienne, mais j'ai réussi à les convaincre de ne pas le faire. Certains rôdent encore par ici, mais je n'ai nulle part où aller", confie Antonia Alfaro, 67 ans, depuis son petit logement.

Le Salvador a connu une guerre civile sanglante dans les années 1980.

W.Cheng--ThChM