The China Mail - A Marseille, une foule compacte pour faire bloc face au narcobanditisme malgré la peur

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A Marseille, une foule compacte pour faire bloc face au narcobanditisme malgré la peur

A Marseille, une foule compacte pour faire bloc face au narcobanditisme malgré la peur

Dans un silence poignant seulement interrompu par les cris des mouettes, une foule compacte de Marseillais, soutenus par une kyrielle de politiques, ont rendu hommage samedi à Mehdi Kessaci, mobilisés pour "faire bloc" contre le narcobanditisme, malgré la peur.

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Sa famille est arrivée peu avant 15H30 sous les applaudissements: son frère Amine Kessaci, militant anti-drogue et écologiste, et sa mère, portant un tee-shirt à l'effigie de Mehdi, bouleversée par cet hommage populaire, étaient accompagnés par des responsables locaux, dont le maire de Marseille Benoît Payan, visiblement ému, ou encore la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet.

"Justice pour Mehdi" ont scandé les milliers de manifestants déjà rassemblés, avant une minute de silence.

"La peur ne peut pas nous gagner": "n'ayez pas peur, relevez la tête. Nous n'avons pas à avoir peur, nous devons leur résister et les combattre, mener une guerre face à ceux qui tuent pour de l'argent", avait martelé Benoît Payan, juste avant l'hommage.

"On a peur mais on vient il le faut, c'est pour nous cette mobilisation", lance Aïcha, 20 ans, qui vit à Frais-Vallon, la cité où a grandi la famille Kessaci avec ses six enfants.

Vers 15H30 déjà 4.000 personnes étaient présentes, selon la police mais beaucoup continuaient à affluer sous le soleil d'hiver, malgré le froid.

- "Sécurité" pour tous -

Une impressionnante foule d'élus, souvent vêtus de blanc et portant, comme l'a demandé la famille, leur écharpe tricolore a fait le déplacement. Beaucoup se sont recueillis devant les fleurs déposées à l'endroit même où ce jeune homme de 20 ans, qui voulait devenir policier, a été assassiné par deux hommes à moto toujours en fuite le 13 novembre.

Marine Tondelier, cheffe des Ecologistes, le parti d'Amine Kessaci, le patron du parti socialiste, Olivier Faure, les députés François Ruffin (Debout!), Boris Vallaud (PS), Manuel Bompard (LFI), le sénateur Yannick Jadot (Ecologistes) étaient présents, comme beaucoup d'autres de tous bords politiques.

La porte-parole du gouvernement Maud Brégeon, comme d'autres représentants, n'a elle pas pu se rendre sur place, après l'annulation de son vol depuis Paris, selon son entourage.

Alors que souvent les narchomicides s'affichent à la Une des journaux dans une sorte d'indifférence à Marseille, cet assassinat a tétanisé la 2e ville de France tant ici la violence a franchi un nouveau cap.

Les enquêteurs travaillent la piste du crime d'avertissement pour dissuader son frère Amine qui s'est lancé dans le combat contre le trafic de drogue, depuis la mort d'un premier frère en 2020 dans un narchomicide.

"Si quelqu'un tue ton fils de 20 ans pour rien, c'est un drame", a confié à la presse le père de Mehdi et Amine, Ahmed Kessaci, espérant "la solidarité" et "la sécurité pour tout le monde".

Signe du symbole qu'il est en train de devenir, l'ex-sénateur socialiste Jérôme Durain, un des initiateurs de la loi contre le narcotrafic, a demandé à Emmanuel Macron de décorer Amine Kessaci de la Légion d'honneur.

- Marseille "mérite mieux" -

"Marseille c'est pas ça. C'est une ville qui mérite mieux", explique Anis Chelbi, 50 ans.

"On a des enfants et c'est pour eux aussi qu'on est là", renchérit-il. Il réclame "de vraies solutions à ce fléau" du narcotrafic, exhibant un dessin qu'il a préparé pour l'occasion accompagné d'une légende: "consommer tue".

Son épouse Imane, "comme toutes les mamans de Marseille", est là pour exprimer son "ras-le-bol." "Chaque jour il y a un jeune qui se fait tuer", regrette la femme de 48 ans, qui travaille dans une école. "Il faut que ça s'arrête, il faut qu'on trouve une solution".

"La France n'a pas d'avenir si l'on tue nos enfants", "Justice pour Mehdi", pouvait-on lire sur certains tee-shirt ou sur une banderole cette inscription: "Pour la vie, pour Mehdi, pour la République, pour Marseille".

D'autres initiatives sont annoncées dans quelque 25 villes comme à Rennes où environ 250 personnes se sont rassemblées sous la pluie, à Clermont-Ferrand, plusieurs dizaines de personnes seulement.

"Nous sommes ici en signe de solidarité avec Marseille, pour Medhi Kessaci et contre le narcotrafic", glisse Maryme Biffaud, 68 ans. "C'est important mais je m'étonne qu'il y ait si peu de monde. Il faut montrer qu'on n'a pas peur, plus on est nombreux plus on est forts".

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D.Peng--ThChM