The China Mail - Aux chantiers navals de Gdansk, les femmes sont les reines des hauteurs

USD -
AED 3.6725
AFN 64.000071
ALL 82.507456
AMD 367.703735
ANG 1.790403
AOA 917.486806
ARS 1481.204487
AUD 1.455583
AWG 1.8
AZN 1.702518
BAM 1.713097
BBD 2.011903
BDT 123.11735
BGN 1.69088
BHD 0.37663
BIF 2971.783429
BMD 1
BND 1.292103
BOB 6.917906
BRL 5.173975
BSD 0.998945
BTN 94.390722
BWP 13.575192
BYN 2.897008
BYR 19600
BZD 2.009013
CAD 1.42389
CDF 2274.999746
CHF 0.809855
CLF 0.023433
CLP 922.240245
CNY 6.79395
CNH 6.794015
COP 3444.75
CRC 453.094276
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.581777
CZK 21.29395
DJF 177.883078
DKK 6.56346
DOP 59.402385
DZD 133.344161
EGP 49.318599
ERN 15
ETB 161.045542
EUR 0.87812
FJD 2.24975
FKP 0.75464
GBP 0.75585
GEL 2.640095
GGP 0.75464
GHS 11.298312
GIP 0.75464
GMD 73.505896
GNF 8757.385047
GTQ 7.621225
GYD 208.956139
HKD 7.842625
HNL 26.733762
HRK 6.615302
HTG 130.560263
HUF 311.496947
IDR 17901.8
ILS 2.983605
IMP 0.75464
INR 94.644501
IQD 1308.597856
IRR 1376000.0002
ISK 126.459561
JEP 0.75464
JMD 157.289691
JOD 0.709016
JPY 162.355504
KES 129.450268
KGS 87.450264
KHR 4016.834619
KMF 431.999871
KPW 900.00035
KRW 1548.204971
KWD 0.30975
KYD 0.832454
KZT 485.019949
LAK 22404.211245
LBP 89452.529331
LKR 335.883613
LRD 181.802256
LSL 16.412646
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.417595
MAD 9.36107
MDL 17.65605
MGA 4250.809125
MKD 54.129403
MMK 2099.487458
MNT 3582.059186
MOP 8.069687
MRU 39.866691
MUR 47.189577
MVR 15.45991
MWK 1732.206908
MXN 17.492503
MYR 4.072201
MZN 63.849923
NAD 16.412646
NGN 1380.330343
NIO 36.762097
NOK 9.958035
NPR 151.021499
NZD 1.770775
OMR 0.384501
PAB 0.998971
PEN 3.411304
PGK 4.385719
PHP 61.271501
PKR 277.769934
PLN 3.766495
PYG 6083.007432
QAR 3.641301
RON 4.604802
RSD 103.084981
RUB 76.98988
RWF 1466.390474
SAR 3.752458
SBD 8.065041
SCR 13.42013
SDG 600.518606
SEK 9.737355
SGD 1.294798
SHP 0.746601
SLE 24.803463
SLL 20969.503664
SOS 570.895539
SRD 37.494501
STD 20697.981008
STN 21.459979
SVC 8.74059
SYP 110.532098
SZL 16.408648
THB 33.282006
TJS 9.260125
TMT 3.51
TND 2.958885
TOP 2.40776
TRY 46.658977
TTD 6.790721
TWD 31.854498
TZS 2628.473028
UAH 44.832941
UGX 3661.287144
UYU 40.195503
UZS 12039.275454
VES 622.24352
VND 26310
VUV 119.95305
WST 2.78094
XAF 574.561715
XAG 0.017427
XAU 0.000251
XCD 2.70255
XCG 1.800321
XDR 0.71457
XOF 574.541585
XPF 104.460551
YER 238.60124
ZAR 16.46094
ZMK 9001.203007
ZMW 18.085232
ZWL 321.999592
  • AEX

    4.5600

    1065.34

    +0.43%

  • BEL20

    -20.6600

    5719.28

    -0.36%

  • PX1

    -17.6100

    8367.33

    -0.21%

  • ISEQ

    -131.0200

    13807.63

    -0.94%

  • OSEBX

    5.8900

    1906.43

    +0.31%

  • PSI20

    23.7500

    9159.49

    +0.26%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    1.7100

    4288.95

    +0.04%

  • N150

    -21.5800

    4127.8

    -0.52%

Aux chantiers navals de Gdansk, les femmes sont les reines des hauteurs
Aux chantiers navals de Gdansk, les femmes sont les reines des hauteurs / Photo: © AFP

Aux chantiers navals de Gdansk, les femmes sont les reines des hauteurs

Chaque matin, depuis près de trente ans, Halina Krauze s'installe dans sa cabine de grue coulissante aux chantiers navals de Gdansk, berceau historique du syndicat Solidarité.

Taille du texte:

Pendant huit heures, elle déplace des tonnes de métal destinées à devenir coques de navires ou éléments d'éoliennes. A 65 ans, elle fait partie des dizaines d'opératrices qui occupent depuis des décennies ce métier largement réservé aux femmes. Et elle n'est pas la plus âgée.

Du haut de sa grue d'une quinzaine de mètres, elle domine l'immense halle de 6.500 mètres carrés, la plus grande de ce type en Europe centrale, où s'affairent des centaines d'ouvriers en habits de travail, casques et lunettes de protection sur la tête.

Autour d'elle, le vacarme est constant, les étincelles fusent de partout, et la fumée des soudures monte aux narines.

" Environ 70% d'opérateurs de grues aux chantiers aujourd'hui sont des femmes", explique-t‑elle, une tradition héritée de l'époque communisme.

Agnieszka Pyrzanowska, une porte-parole du Groupe industriel Baltic, une société d'Etat, qui après de multiples transformations économiques a repris une partie des chantiers, confirme.

Sous l'ancien régime, "il fallait bien employer les femmes quelque part, et comme elles ne pouvaient pas faire des travaux pénibles (…) l'idée était de les intégrer aussi dans un autre type d'activité ", comme la conduite de grues.

"C'était une entreprise où travaillait des familles entières ", ajoute‑t‑elle.

- Une légende -

Mme Krauze en témoigne: elle a rencontré son mari Stanislaw sur les chantiers, et ils travaillent aujourd'hui dans la même brigade.

" Oh, il est là‑bas en haut !" lance‑t‑elle en saluant d'un geste vif la cabine qui passe.

Entrée en 1983 dans les chantiers alors nommés Vladimir Lénine, elle a travaillé d'abord dans une chaufferie à charbon, avant de devenir grutière. Elle a vécu la faillite, toutes les restructurations.

" Au début, c'était des chantiers navals, on construisait une bonne dizaine de navires par an, et maintenant on construit des dizaines de tours d'éoliennes par an, c'est autre chose", dit‑elle.

Elle est fière d'avoir travaillé avec la même grue qu'Anna Walentynowicz, figure fondatrice de Solidarité, dont le licenciement en août 1980 a déclenché la grande grève des chantiers et mené à la création du premier syndicat libre du bloc communiste.

Pour Mme Krauze, Walentynowicz "était une sorte de légende, surtout parmi la vieille génération".

D'une main sûre, suivant les gestes d'un ouvrier au sol, elle déplace une section d'éolienne de cinq mètres de diamètre et la dépose délicatement parmi d'autres fragments.

- Nostalgique -

"J'ai l'impression que les hommes préfèrent travailler avec les femmes, plus calmes et plus précises", estime‑t‑elle.

Lesia Kovaltchouk, Ukrainienne de 48 ans, réfugiée en Pologne depuis l'invasion à grande échelle de son pays par la Russie en 2022 partage ce point de vue.

"Les mecs, eux, c'est vite, vite, et les filles c'est tout en délicatesse", sourit‑elle. Elle rappelle aussi la responsabilité du métier: " En dessous de toi, il y a des gens et tu dois faire attention pour qu'il ne leur arrive rien, qu'il n'y ait pas une tragédie ".

Après une quinzaine d'années passées en Ukraine comme grutière, elle transmet désormais son savoir‑faire aux jeunes apprentis sur les chantiers de Gdansk, parmi lesquels une compatriote installée dans sa cabine dont elle suit les gestes avec attention.

"En Ukraine, c'est tout à fait normal que ce sont les femmes qui travaillent comme opératrice de grues. Personne ne s'étonne", affirme‑t‑elle.

À la veille de la Journée internationale des droits des femmes, Halina Krauze se montre nostalgique.

Elle évoque l'époque communiste où les ouvrières recevaient de petits cadeaux: "les fameux collants, des chocolats, des œillets".

Aujourd'hui, regrette‑t‑elle, "il n’y a plus rien, tous les syndicats oublient les femmes".

M.Chau--ThChM