The China Mail - Niger: haro sur les bandits à la frontière avec le Nigeria

USD -
AED 3.673042
AFN 66.000368
ALL 82.000368
AMD 362.466517
ANG 1.790365
AOA 917.000367
ARS 1521.867204
AUD 1.44321
AWG 1.8025
AZN 1.70397
BAM 1.740516
BBD 2.01375
BDT 122.920986
BGN 1.683441
BHD 0.37704
BIF 2997.5
BMD 1
BND 1.279623
BOB 12.012672
BRL 5.210804
BSD 0.999844
BTN 96.860456
BWP 13.821826
BYN 3.011507
BYR 19600
BZD 2.010786
CAD 1.42485
CDF 2310.000362
CHF 0.828362
CLF 0.025096
CLP 990.920396
CNY 6.70455
CNH 6.707804
COP 3272.06
CRC 458.133471
CUC 1
CUP 23.995372
CVE 98.350394
CZK 21.719304
DJF 177.720393
DKK 6.642604
DOP 60.050393
DZD 134.000358
EGP 52.20214
ERN 15
ETB 161.02504
EUR 0.88815
FJD 2.26404
FKP 0.755904
GBP 0.755116
GEL 2.60504
GGP 0.755904
GHS 11.74504
GIP 0.755904
GMD 73.503851
GNF 8750.000355
GTQ 7.640625
GYD 209.141311
HKD 7.84745
HNL 26.820388
HRK 6.696704
HTG 130.925789
HUF 327.440388
IDR 17888.5
ILS 3.05233
IMP 0.755904
INR 96.14625
IQD 1310
IRR 1746539.503816
ISK 121.930386
JEP 0.755904
JMD 158.282088
JOD 0.70904
JPY 157.82504
KES 128.280385
KGS 87.450384
KHR 4056.00035
KMF 438.00035
KPW 900.000318
KRW 1343.975039
KWD 0.30883
KYD 0.833148
KZT 449.216421
LAK 22457.503779
LBP 89550.000349
LKR 330.631023
LRD 171.350382
LSL 16.650381
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.405039
MAD 9.941504
MDL 17.867027
MGA 4430.000347
MKD 54.802323
MMK 2099.554486
MNT 3597.321137
MOP 8.081321
MRU 40.085039
MUR 48.150378
MVR 15.460378
MWK 1736.000345
MXN 18.161204
MYR 4.084904
MZN 63.903729
NAD 16.650377
NGN 1330.790377
NIO 36.655039
NOK 9.618604
NPR 154.976729
NZD 1.780469
OMR 0.383882
PAB 0.999831
PEN 3.447504
PGK 4.484039
PHP 62.583504
PKR 276.650374
PLN 3.89575
PYG 5849.556144
QAR 3.643504
RON 4.741904
RSD 104.529038
RUB 83.633376
RWF 1475
SAR 3.737074
SBD 8.078071
SCR 13.774934
SDG 601.503676
SEK 10.040104
SGD 1.278804
SHP 0.75503
SLE 24.603667
SLL 20969.491881
SOS 571.503662
SRD 37.811504
STD 20697.981008
STN 22.225
SVC 8.748081
SYP 13002.000254
SZL 16.650369
THB 33.520369
TJS 9.20325
TMT 3.5
TND 2.994504
TOP 2.40776
TRY 49.129904
TTD 6.77945
TWD 31.821804
TZS 2635.003038
UAH 44.988787
UGX 3989.587737
UYU 40.296887
UZS 11787.503617
VES 865.47815
VND 25985.5
VUV 119.833605
WST 2.788681
XAF 582.588484
XAG 0.016565
XAU 0.000241497186
XCD 2.70255
XCG 1.80192
XDR 0.707052
XOF 582.588484
XPF 106.450363
YER 236.303589
ZAR 16.655104
ZMK 9001.203584
ZMW 19.645988
ZWL 321.999592
SSP 5712.591584
MXV 2.054907
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

Niger: haro sur les bandits à la frontière avec le Nigeria
Niger: haro sur les bandits à la frontière avec le Nigeria / Photo: © AFP

Niger: haro sur les bandits à la frontière avec le Nigeria

Messaouda n'a pas trente ans mais peut déjà témoigner de ce que la vie peut offrir de plus terrible. Durant dix-neuf jours l'an passé, elle a été séquestrée et violée par des bandits dans une forêt entre Niger et Nigeria.

Taille du texte:

Elle a été enlevée dans la région de Maradi, dans le sud du Niger, "au petit soir à un moment où une tornade de pluie tombait", raconte-elle début novembre à l'AFP à Madarounfa.

Avec ses deux co-épouses et ses enfants en bas âge, Messaouda a été emmenée par ses ravisseurs au Nigeria voisin. Les geôliers "montaient sur nous" quand ils le souhaitaient, raconte-elle. Elles ont été libérées contre deux millions de francs CFA (environ 3.000 euros).

Son récit fait écho à des milliers d'autres au Nigeria où des hommes armés, appelés bandits, font régner la terreur dans les brousses du nord.

Dans le sud du Niger, la situation reste contenue mais se dégrade et inquiète.

Quelque 94.000 Nigérians ont fui à Maradi depuis 2019 et 19.000 Nigériens y ont abandonné leur foyer. Les rapts et les attaques se multiplient, l'armement devient plus sophistiqué: trois policiers ont encore été tués début novembre à Madarounfa.

Cela devient "vraiment préoccupant", assure le gouverneur Chaibou Aboubacar.

Coincé entre le lac Tchad en proie à l'hydre de Boko Haram et le Sahel central pris dans la tourmente jihadiste depuis dix ans, le sud du Niger capte moins l'attention.

Tous les signaux y sont pourtant au rouge, préviennent tous les interlocuteurs de l'AFP:

Une démographie galopante, une double crise alimentaire et climatique, une population pauvre et très jeune en manque d'emplois, une frange de celle-ci qui cherche à s'armer en réponse aux bandits.

La situation est largement minimisée à Maradi, regrette l'enseignant de l'Université locale Nouhou Salifou Jangorzo, du double fait d'un voisinage davantage en crise et de l'ancienneté du bantidisme dans la région.

Elle a été théâtre au XIXe siècle de luttes entre les fantassins du prêcheur peul Ousmane Dan Fodio cherchant à y implanter son califat, et les autochtones majoritairement haousa.

Maradi a résisté. Le colon anglais a mis fin au califat, mais la frontière poreuse qu'il a créée dans une région culturellement homogène a lié à jamais le nord du Nigeria et le sud du Niger.

- 51 millions de francs en 2021 -

Dans son petit bureau, Mahaman Kaougé, rédacteur en chef du Souffle de Maradi, journal local, note chaque attaque, chaque enlèvement, chaque rançon.

En 2021, il a décompté 91 personnes kidnappées - soit une tous les quatre jours - et 51 millions de francs CFA (80.000 euros) de rançons payées. Le nombre d'enlèvements pour 2022 n'est pas encore établi.

Hamissou, cinquante ans, est de ceux-là. Il a passé dix-sept jours dans la forêt nigériane en mars après avoir été kidnappé par six jeunes hommes armés "parlant peul".

Sa famille, deux femmes et onze enfants, a rassemblé la rançon en vendant ses trois hectares de terres. De bonnes âmes ont aidé et il s'en est finalement sorti. Mais il n'en démord pas: il faut faire quelque chose contre ces bandits, sinon "bientôt on n'aura plus rien".

Un "comité de vigilance" de dix jeunes a été créé au village. Les armes sont artisanales et les munitions... des bougies de moto. Hamissou va sans doute les rejoindre, dit-il.

Certains disent anonymement que l'auto-défense est soutenue par l'Etat. Le gouverneur Chaibou dément, mais dit ne "négliger aucune proposition de l'ensemble ou d'une partie de la population" qui pourrait aider.

- Chasse au hérisson -

Le principal pilier de la politique gouvernementale, explique-t-il, reste l'action militaire. Des soldats, formés par les Belges, ont été déployés le long de la frontière. Une opération militaire, Faraoutar Bushiya - Chasse au hérisson en haousa - a été lancée.

Des caravanes de sensibilisation sont également organisées. "Maintenir une cohésion sociale est le principal défi", explique Hassan Baka, de l'Association pour la redynamisation de l'élevage au Niger (Aren), un des principaux regroupements d'éleveurs.

Avec des élus locaux, des sédentaires et des éleveurs, Hassan Baka organise des débats dans les villages pour que "toutes les communautés comprennent qu'on est liés par le même destin".

Y compris celles du Nigeria voisin. Avec les autorités des Etats de Zamfara, de Sokoto et de Katsina, les rencontres sont fréquentes, la dernière début octobre, souligne Hassan Baka qui y était.

Un cadre de coopération a été lancé en 2017 entre Maradi et Katsina, qui sera bientôt étendu à toutes les régions du sud du Niger - Zinder, Dosso, Tahoua, Maradi - et les Etats du nord du Nigéria.

Reste que pour l'heure, disent de concert MM. Baka et Jangorzo, la coopération a du plomb dans l'aile.

Le grand risque, craint l'enseignant, est que ce terreau fertile profite à une implantation de groupes jihadistes: "Le jour où ce banditisme va devenir du terrorisme, ça va être la grande catastrophe".

Z.Huang--ThChM