The China Mail - Quatre ans après la débâcle à l'aéroport de Kaboul, des familles meurtries à jamais

USD -
AED 3.672496
AFN 63.999914
ALL 81.482729
AMD 362.820235
ANG 1.790365
AOA 916.999747
ARS 1524.950103
AUD 1.444043
AWG 1.8025
AZN 1.695524
BAM 1.733158
BBD 2.015756
BDT 123.052656
BGN 1.683441
BHD 0.377328
BIF 3004.44854
BMD 1
BND 1.281424
BOB 12.054428
BRL 5.218202
BSD 1.000833
BTN 96.45446
BWP 14.158233
BYN 3.014683
BYR 19600
BZD 2.012832
CAD 1.424875
CDF 2312.497529
CHF 0.83099
CLF 0.024865
CLP 981.699414
CNY 6.70475
CNH 6.718055
COP 3320.6
CRC 457.240078
CUC 1
CUP 24.018396
CVE 97.712812
CZK 21.75105
DJF 178.215541
DKK 6.640303
DOP 59.79566
DZD 133.979954
EGP 52.346802
ERN 15
ETB 163.475001
EUR 0.88829
FJD 2.252295
FKP 0.753812
GBP 0.757375
GEL 2.594975
GGP 0.753812
GHS 11.724777
GIP 0.753812
GMD 73.999558
GNF 8804.033816
GTQ 7.645479
GYD 209.346324
HKD 7.846505
HNL 26.865513
HRK 6.667402
HTG 130.978015
HUF 327.740502
IDR 18005
ILS 3.086101
IMP 0.753812
INR 96.26955
IQD 1311.020726
IRR 1693850.00017
ISK 121.689811
JEP 0.753812
JMD 157.630753
JOD 0.708975
JPY 157.860499
KES 129.669462
KGS 87.44697
KHR 4053.132006
KMF 435.000205
KPW 900.000318
KRW 1363.360117
KWD 0.30877
KYD 0.834057
KZT 443.471634
LAK 22442.975382
LBP 89622.18589
LKR 330.728128
LRD 171.587828
LSL 16.576308
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.411393
MAD 9.760381
MDL 17.819861
MGA 4419.297095
MKD 54.561083
MMK 2099.783199
MNT 3598.053803
MOP 8.089432
MRU 40.068766
MUR 47.819887
MVR 15.459976
MWK 1735.373872
MXN 18.28782
MYR 4.085973
MZN 63.907668
NAD 16.575573
NGN 1328.34018
NIO 36.828953
NOK 9.61827
NPR 154.325085
NZD 1.78379
OMR 0.384498
PAB 1.000833
PEN 3.453202
PGK 4.464491
PHP 62.796984
PKR 277.237331
PLN 3.88995
PYG 5831.841625
QAR 3.648069
RON 4.746903
RSD 104.419636
RUB 83.290388
RWF 1476.791379
SAR 3.756193
SBD 8.065041
SCR 13.834797
SDG 601.502246
SEK 10.05364
SGD 1.281445
SHP 0.754575
SLE 24.612179
SLL 20969.491881
SOS 571.929887
SRD 37.672504
STD 20697.981008
STN 21.711004
SVC 8.757067
SYP 13002.000254
SZL 16.569484
THB 33.679499
TJS 9.217388
TMT 3.5
TND 2.975471
TOP 2.40776
TRY 49.033696
TTD 6.789784
TWD 31.954801
TZS 2635.002984
UAH 44.939475
UGX 3973.556883
UYU 40.28499
UZS 11829.395814
VES 859.10005
VND 25982
VUV 119.747847
WST 2.7762
XAF 582.68008
XAG 0.016501
XAU 0.000240606714
XCD 2.70255
XCG 1.803617
XDR 0.707052
XOF 582.68008
XPF 105.684789
YER 236.425003
ZAR 16.692759
ZMK 9001.203144
ZMW 19.680804
ZWL 321.999592
SSP 5712.591897
MXV 2.069688
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

Quatre ans après la débâcle à l'aéroport de Kaboul, des familles meurtries à jamais
Quatre ans après la débâcle à l'aéroport de Kaboul, des familles meurtries à jamais / Photo: © AFP/Archives

Quatre ans après la débâcle à l'aéroport de Kaboul, des familles meurtries à jamais

Kaboul, 16 août 2021. Pétrifiés à l'idée de voir les talibans reprendre le pouvoir, des Afghans s'accrochent au fuselage d'un avion américain au décollage, et en chutent. Quatre ans plus tard, leurs familles ressassent un acte insensé et des plaies incicatrisables.

Taille du texte:

Les images ont fait le tour du monde: des centaines de personnes courent à côté d'un avion militaire sur le point de décoller et certaines s'y accrochent. D'autres vidéos montrent des silhouettes se détachant du C-17, avant de sombrer dans les airs.

L'une était celle de Shafiullah Hotak.

A 18 ans, il rêvait de devenir médecin mais, faute d'argent pour ses études, était contraint à des travaux journaliers.

Le 16 août 2021, au lendemain de la prise de Kaboul par les talibans, il se laisse emporter par les rumeurs: les Américains, après 20 ans de guerre, embarquent avec eux des Afghans pressés de déguerpir.

"Je pars aux Etats-Unis!", dit-il à ses parents à l'aube, un simple billet de 50 afghanis (moins d'un euro) en poche.

L'aéroport est pris d'assaut par des familles venues avec le moindre bout de papier pouvant, rêvent-elles, leur permettre de partir.

"Shafiullah avait de l'espoir. Il disait que s'il arrivait aux Etats-Unis, je pourrais arrêter de travailler, qu'il nous rendrait ce que nous avions fait pour lui", relate sa mère, Zar Bibi Hotak.

"Je lui ai donné sa carte d'identité et il est parti. Puis on a appris qu'il était mort".

- Tombés sur un toit -

Plus de 120.000 personnes ont été évacuées en août 2021 par les pays de l'OTAN, dont 2.000 avaient directement travaillé contre les talibans. Des milliers d'autres ont quitté le pays les mois suivants.

"On nous racontait les histoires du précédent régime taliban (1996-2001), que même la farine était difficile à trouver. Avec ces récits en tête, on s'inquiétait. On pensait qu'il n'y aurait plus de travail", explique à l'AFP Intizar Hotak, 29 ans, frère de Shafiullah.

Dans leur quartier de l'est de Kaboul, les seuls qui s'en sortent ont de la famille à l'étranger.

"Shafiullah disait que la situation ne pourrait pas s'améliorer, qu'il valait mieux partir", se rappelle sa mère, serrant contre elle un portrait du jeune homme.

Son corps est tombé sur le toit d'une maison dans le nord de la capitale, à quelques kilomètres de l'aéroport, comme celui de Fida Mohammed Amir, 24 ans.

Lui, de l'aveu de son père Payanda Mohammed Ibrahimi, haïssait les talibans.

Ce matin-là, il prétexte un rendez-vous dans sa clinique et quitte la maison familiale de Paghman, village proche de Kaboul.

En début d'après-midi, ils reçoivent un appel d'un inconnu qui dit être à l'aéroport: "Vous connaissez Fida? Il est tombé d'un avion".

Le jeune dentiste avait glissé dans sa poche le numéro de son père.

- "Je ne comprenais rien" -

Zar Bibi Hotak a été avertie par des proches qui ont vu la photo de Shafiullah partagée sur Facebook par des témoins à l'aéroport.

"J'ai hurlé, j'ai couru comme une folle. Certains voisins étaient gênés, se demandaient comment réagir. Un autre m'a attrapée et ramenée chez moi", raconte-t-elle.

"Je ne comprenais rien, je ne savais même pas qu'il était allé à l'aéroport", se remémore Intizar Hotak.

C'est lui qui est allé chercher la dépouille de son frère, méconnaissable.

"J'espère que Dieu n'imposera jamais à personne de voir une chose pareille", murmure-t-il, le regard fuyant.

A ce jour, le nombre de victimes de l'évacuation demeure inconnu.

L'armée américaine a blanchi en 2022 l'équipage de l'avion, qui a "décidé de quitter l'aérodrome aussi vite que possible" au vu de la dégradation de la situation sécuritaire et des "centaines de civils encerclant l'appareil", avait rapporté une porte-parole.

Insuffisant, jugent toutes les familles interrogées par l'AFP, qui disent leur chagrin aggravé par l'absence d'excuses.

"Personne ne nous a appelés: ni le précédent gouvernement, ni les talibans, ni les Américains", s'indigne Zar Bibi Hotak.

"Les avions sont équipés de caméras (...), le pilote savait ce qu'il faisait, que c'était dangereux, il aurait pû s'arrêter", accuse Zakir Anwari, dont le frère Zaki a été écrasé par l'avion, sur le tarmac.

- Cauchemars -

Jeune espoir du football de 17 ans, Zaki s'était rendu à l'aéroport par curiosité, avec un de ses autres frères. Il aurait ensuite décidé de tenter sa chance, croit Zakir Anwari.

"Peut-être qu'il craignait que les talibans interdisent le football", suggère-t-il.

Sous leur premier régime, les talibans avaient interdit presque toutes forme de divertissement, et instillé un climat de terreur. a partir de 2021, ils ont progressivement instauré des lois liberticides, visant surtout les femmes.

"Tout le monde s'est demandé comment Zaki, aussi intelligent, a pris un tel risque. Mais il n'était pas le seul: j'ai rencontré à l'aéroport un père de six enfants qui disait fièrement qu'il avait essayé par trois fois de s'accrocher à un avion", poursuit Zakir Anwari.

De l'aéroport où il s'est rué pour tenter de retrouver son frère, il se rappelle des corps entassés dans un pick-up, du sang au sol et d'être frappé par un taliban.

"J'ai eu des cauchemars pendant un an. Impossible d'oublier", confesse-t-il.

Payanda Ibrahimi hésite, lui, à reparler de son fils, n'y voyant qu'une façon de "rouvrir la blessure".

"Personne ne s'en soucie et personne ne peut comprendre", dit-il, le regard brisé par la douleur.

"Fida ne voulait pas mal faire. Comme lui, il y avait des milliers de familles à l'aéroport", argue-t-il.

"Elles n'y sont pas allées pour mourir, mais pour fuir. Et survivre".

B.Carter--ThChM