The China Mail - Réfugiés au Portugal, de jeunes musiciens afghans brisent le silence imposé par les talibans

USD -
AED 3.672503
AFN 63.506512
ALL 83.065121
AMD 368.260153
ANG 1.790403
AOA 917.50389
ARS 1476.989196
AUD 1.446644
AWG 1.80125
AZN 1.702522
BAM 1.724631
BBD 2.015008
BDT 123.052911
BGN 1.69088
BHD 0.377235
BIF 2981.376318
BMD 1
BND 1.298014
BOB 6.913275
BRL 5.201904
BSD 1.000494
BTN 94.394378
BWP 13.651955
BYN 2.847191
BYR 19600
BZD 2.012169
CAD 1.41997
CDF 2268.999801
CHF 0.809785
CLF 0.023318
CLP 917.759708
CNY 6.790502
CNH 6.80142
COP 3456.61
CRC 455.363127
CUC 1
CUP 26.5
CVE 97.231163
CZK 21.323603
DJF 178.15793
DKK 6.56918
DOP 58.957356
DZD 133.389934
EGP 49.520797
ERN 15
ETB 157.79172
EUR 0.87882
FJD 2.244198
FKP 0.75995
GBP 0.757295
GEL 2.639869
GGP 0.75995
GHS 11.25259
GIP 0.75995
GMD 72.451962
GNF 8766.88653
GTQ 7.632888
GYD 209.329395
HKD 7.84074
HNL 26.770661
HRK 6.616978
HTG 130.762583
HUF 311.570133
IDR 17948
ILS 2.982925
IMP 0.75995
INR 94.35245
IQD 1310.623964
IRR 1375050.000406
ISK 126.550147
JEP 0.75995
JMD 157.684032
JOD 0.709024
JPY 161.677502
KES 129.530023
KGS 87.449633
KHR 4028.922887
KMF 434.000127
KPW 900.00035
KRW 1540.429676
KWD 0.30958
KYD 0.833737
KZT 484.885895
LAK 22235.351175
LBP 89595.167762
LKR 337.175056
LRD 182.081919
LSL 16.568199
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.424817
MAD 9.418715
MDL 17.758476
MGA 4265.244037
MKD 54.26186
MMK 2099.534862
MNT 3583.823146
MOP 8.07945
MRU 39.739339
MUR 48.189896
MVR 15.449974
MWK 1734.844143
MXN 17.562905
MYR 4.117299
MZN 63.909856
NAD 16.568199
NGN 1379.102453
NIO 36.814468
NOK 9.849815
NPR 151.027498
NZD 1.769205
OMR 0.384497
PAB 1.000485
PEN 3.423701
PGK 4.390498
PHP 61.227026
PKR 278.431272
PLN 3.76368
PYG 6113.48706
QAR 3.646841
RON 4.5987
RSD 103.153048
RUB 75.698002
RWF 1470.217363
SAR 3.75631
SBD 8.051953
SCR 14.057348
SDG 599.999925
SEK 9.71055
SGD 1.295601
SHP 0.746601
SLE 24.797209
SLL 20969.503664
SOS 571.756095
SRD 37.320206
STD 20697.981008
STN 21.604176
SVC 8.754541
SYP 110.532098
SZL 16.56607
THB 33.356021
TJS 9.249239
TMT 3.5
TND 2.970618
TOP 2.40776
TRY 46.514945
TTD 6.795175
TWD 31.802961
TZS 2618.936043
UAH 44.986949
UGX 3701.80946
UYU 40.139678
UZS 12018.0946
VES 620.752985
VND 26320
VUV 119.820737
WST 2.777776
XAF 578.419823
XAG 0.01725
XAU 0.000249
XCD 2.70255
XCG 1.803071
XDR 0.718004
XOF 578.424923
XPF 105.161521
YER 238.624985
ZAR 16.487375
ZMK 9001.220298
ZMW 18.058287
ZWL 321.999592
  • AEX

    2.3400

    1067.71

    +0.22%

  • BEL20

    60.1200

    5732.05

    +1.06%

  • PX1

    46.9500

    8431.61

    +0.56%

  • ISEQ

    105.9200

    14042.55

    +0.76%

  • OSEBX

    -10.6000

    1916.16

    -0.55%

  • PSI20

    102.3200

    9157.33

    +1.13%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    128.0200

    4244.51

    +3.11%

  • N150

    -5.4400

    4177.95

    -0.13%

Réfugiés au Portugal, de jeunes musiciens afghans brisent le silence imposé par les talibans
Réfugiés au Portugal, de jeunes musiciens afghans brisent le silence imposé par les talibans / Photo: © AFP/Archives

Réfugiés au Portugal, de jeunes musiciens afghans brisent le silence imposé par les talibans

"Ici, nous pouvons sauver notre musique", se réjouit Ramiz, un jeune musicien afghan accueilli dans le nord du Portugal avec plusieurs de ses camarades de l'école nationale de musique qui ont fui leur pays en 2021, après la prise du pouvoir par les talibans.

Taille du texte:

"Notre espoir est de pouvoir rentrer un jour en Afghanistan et montrer que notre musique n'est pas morte", confie à l'AFP cet homme de 19 ans en tenant sur ses genoux son rubab, un instrument traditionnel à cordes, sorte de luth incrusté de nacre.

Ramiz est l'un des 58 étudiants de l'Institut national de musique d'Afghanistan (Anim), âgés de 13 à 21 ans, installés dans les villes portugaises de Braga et de Guimaraes.

Avec ses camarades, plusieurs professeurs et une partie de leurs familles, ils étaient 273 réfugiés à être arrivés en avion à Lisbonne le 13 décembre 2021, après avoir quitté l'Afghanistan de crainte de représailles de la part des talibans qui ont banni la musique non religieuse.

"Lorsque les talibans sont arrivés aux portes de Kaboul, il était clair que nous devions partir", se souvient Ahmad Sarmast, le directeur de l'Anim, qui a tout fait pour faire évacuer dans l'urgence les élèves et le personnel de son institut.

"Le peuple afghan est privé de tout accès à la musique : le droit d'écouter de la musique, d'apprendre la musique, de jouer de la musique", déplore cet homme de 61 ans qui a perdu partie de son audition dans un attentat commis par les talibans en 2014.

- Un acte de résistance -

"Aujourd'hui, l'Afghanistan est une nation réduite au silence", victime d'"un génocide culturel et musical", ajoute ce spécialiste de la musique afghane qui s'est donné pour mission de sauvegarder le patrimoine musical de son pays et de faire revivre au Portugal l'école qu'il a fondée en 2010.

En attendant de trouver un local où elle pourra renaître, ses élèves sont accueillis au conservatoire de musique de Braga, où ils continuent de jouer de la musique, comme s'ils accomplissaient un acte de résistance.

"Chaque spectacle de notre école est une manière de protester contre ce qui se passe en Afghanistan", observe le "Dr Sarmast", ainsi que l'appellent ses étudiants, qui se sont produits début mars à l'occasion d'un concert avec la célèbre violoniste américaine d'origine japonaise Midori Goto.

"C'est très bien d'être ici car nous sommes tous ensemble", témoigne Shogufa, une percussionniste de 19 ans qui partage depuis le début de l'année un trois-pièces avec une autre étudiante dans le quartier du conservatoire.

A des milliers de kilomètres de Kaboul, Shogufa tente de profiter de la liberté que lui offre cette nouvelle vie au Portugal. Pendant son temps libre, cette admiratrice de Beethoven aime composer de la musique, cuisiner, sortir manger un hamburger ou faire du sport avec ses camarades dans un club de gym du quartier.

- "Poursuivre nos études" -

Alors que les femmes ne sont pas autorisées à étudier en Afghanistan, au Portugal "nous avons de la chance d'aller à l'école tous les jours" pour "poursuivre nos études", souligne la jeune femme aux cheveux bruns tirés en arrière, encore traumatisée par les images des instruments de musique détruits et brûlés par les talibans dans son école de musique à Kaboul.

Ramiz, le joueur de rubab, est lui aussi reconnaissant de pouvoir continuer à s'adonner à sa passion mais son regard s'assombrit lorsqu'il évoque sa famille restée au pays.

"Je parle à ma mère tous les jours ! Elle a besoin d'entendre ma voix chaque soir avant de s'endormir", témoigne le jeune homme dont le père et les deux frères sont également musiciens.

Il espère qu'ils pourront prochainement le rejoindre au Portugal car leur vie en Afghanistan est devenue "trop dangereuse".

Shogufa se dit elle aussi "très inquiète" pour ses parents ainsi que ses six frères et sœurs vivant dans un petit village et dont le quotidien se résume à "rester à la maison... sans projets pour l'avenir".

Pourtant, "être réfugiée à l'étranger, c'est très difficile", poursuit la percussionniste arrivée à Braga après avoir passé plus de sept mois dans un ancien hôpital militaire de Lisbonne, un séjour sous le signe de la précarité.

"Mon grand rêve est de rentrer un jour en Afghanistan, affirme-t-elle. Je suis sûre que les choses vont s'arranger... et que les talibans ne resteront pas au pouvoir pour toujours."

F.Jackson--ThChM