The China Mail - Dans les milongas de Buenos Aires, la crise se danse, comme toujours

USD -
AED 3.672496
AFN 63.496241
ALL 83.099858
AMD 378.311305
ANG 1.790083
AOA 917.000041
ARS 1376.756002
AUD 1.441234
AWG 1.80225
AZN 1.697509
BAM 1.69121
BBD 2.021203
BDT 123.152752
BGN 1.709309
BHD 0.37752
BIF 2980.6865
BMD 1
BND 1.282811
BOB 6.934122
BRL 5.238799
BSD 1.003511
BTN 94.391913
BWP 13.675591
BYN 2.974214
BYR 19600
BZD 2.018349
CAD 1.38255
CDF 2279.999515
CHF 0.79217
CLF 0.023243
CLP 917.759769
CNY 6.901498
CNH 6.908155
COP 3701.35
CRC 466.602389
CUC 1
CUP 26.5
CVE 95.347419
CZK 21.166899
DJF 178.70438
DKK 6.464445
DOP 60.504391
DZD 132.666646
EGP 52.534201
ERN 15
ETB 156.694439
EUR 0.86509
FJD 2.229198
FKP 0.747226
GBP 0.748955
GEL 2.694999
GGP 0.747226
GHS 10.97146
GIP 0.747226
GMD 73.490979
GNF 8795.921985
GTQ 7.680368
GYD 209.951965
HKD 7.81829
HNL 26.573681
HRK 6.517801
HTG 131.592942
HUF 335.204021
IDR 16895.6
ILS 3.11585
IMP 0.747226
INR 94.13795
IQD 1314.718815
IRR 1313149.999836
ISK 123.879954
JEP 0.747226
JMD 158.070639
JOD 0.708995
JPY 159.514497
KES 130.060166
KGS 87.449202
KHR 4024.402371
KMF 426.999903
KPW 900.014346
KRW 1508.355018
KWD 0.30662
KYD 0.83627
KZT 484.190774
LAK 21636.228425
LBP 89732.015462
LKR 315.615164
LRD 184.148973
LSL 16.90412
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.398976
MAD 9.352461
MDL 17.546954
MGA 4182.664038
MKD 53.319088
MMK 2100.167588
MNT 3569.46809
MOP 8.081059
MRU 39.984608
MUR 46.459658
MVR 15.450154
MWK 1740.168102
MXN 17.7907
MYR 3.991974
MZN 63.906428
NAD 16.904046
NGN 1384.389835
NIO 36.93215
NOK 9.69898
NPR 151.028367
NZD 1.724545
OMR 0.38451
PAB 1.003502
PEN 3.470204
PGK 4.335701
PHP 60.228502
PKR 280.088894
PLN 3.70078
PYG 6529.521635
QAR 3.659719
RON 4.407596
RSD 101.589033
RUB 80.999702
RWF 1465.35287
SAR 3.751413
SBD 8.042037
SCR 13.818642
SDG 601.000238
SEK 9.357815
SGD 1.282497
SHP 0.750259
SLE 24.550436
SLL 20969.510825
SOS 573.481661
SRD 37.3405
STD 20697.981008
STN 21.185616
SVC 8.781222
SYP 110.948257
SZL 16.913113
THB 32.779503
TJS 9.608761
TMT 3.5
TND 2.944775
TOP 2.40776
TRY 44.369497
TTD 6.823498
TWD 31.925981
TZS 2570.059039
UAH 44.060825
UGX 3713.071412
UYU 40.624149
UZS 12239.233167
VES 462.09036
VND 26335
VUV 119.508072
WST 2.738201
XAF 567.218502
XAG 0.01402
XAU 0.000222
XCD 2.70255
XCG 1.808646
XDR 0.705441
XOF 567.223406
XPF 103.126392
YER 238.64992
ZAR 17.01155
ZMK 9001.199936
ZMW 18.791291
ZWL 321.999592
  • AEX

    8.8700

    983.13

    +0.91%

  • BEL20

    108.2900

    5052.97

    +2.19%

  • PX1

    102.9900

    7846.55

    +1.33%

  • ISEQ

    267.3000

    12362.55

    +2.21%

  • OSEBX

    23.8700

    1980.05

    +1.22%

  • PSI20

    132.3400

    9014.42

    +1.49%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    80.4500

    3624.57

    +2.27%

  • N150

    55.6000

    3837.98

    +1.47%

Dans les milongas de Buenos Aires, la crise se danse, comme toujours
Dans les milongas de Buenos Aires, la crise se danse, comme toujours / Photo: © AFP

Dans les milongas de Buenos Aires, la crise se danse, comme toujours

Comme un pas (de tango) "latéral", ou de "salida" (sortie), une façon d'esquiver le présent... Dans les milongas (bar ou local dansant) de Buenos Aires, on danse malgré, ou à cause, de l'inflation qui désespère les Porteños. Une crise dont le tango, somme toute, s'est toujours nourri.

Taille du texte:

Beaucoup ont fermé, mais elle, défiante, s'est ouverte l'an dernier alors que l'inflation atteignait les 95%, dans le quartier classe moyenne de Parque Chacabuco: la petite milonga, 20-25 m2, ses tables faites de portes sur deux tréteaux, son sol en carreaux fatigués, accueille deux ou trois soirs par semaine une dizaine de couples pour 400 pesos l'entrée (près d'1 dollar au taux officiel), pour danser au son d'un accordéon et d'un piano.

De la musique live : presque un luxe, quand nombre de milongas ont dû renoncer à contracter des musiciens ou danseurs. "Organiser des milongas n'est pas rentable, un grand nombre ont fermé à cause de la crise", explique à l'AFP Ana Bocutti, vice-présidente de l'Association des organisateurs de milongas.

"Le milonguero, s'il peut, il sort (danser) tous les soirs, mais quand le pouvoir d'achat se resserre, c'est plus facile de remplir les petites milongas" abordables, explique-t-elle. "S'il veut continuer à venir, le milonguero fait attention à ses sous".

- Une "connexion", un "besoin" -

D'ailleurs au "Nuevo Gricel", local où Ana Bocutti organise de temps à autre une milonga, la piste accueille jusqu'à 200 couples, mais tous loin s'en faut, ne payent pas les 2.000 pesos (5 dollars au taux officiel) l'entrée. Beaucoup, au titre d'habitués, payent la moitié, d'autres entrent gratis "pour garder une ambiance vivante".

Moyennant quoi la capitale argentine continue de proposer une trentaine de milongas en moyenne tous les soirs de la semaine, des luxueuses aux informelles, des traditionnelles aux queers, pour tous les styles, toutes les bourses.

Et pour les plus petites bourses encore, il y a la milonga "open", telle "La otra" (l'autre) sous les platanes et gommiers de la place du Parlement. Une milonga "à la gorra" (au chapeau), où quiconque peut venir danser, encadré par un ou deux danseurs confirmés. Sous les yeux de SDF, qui campent à deux pas.

"On est là pour offrir un espace libre, inclusif, où danser le tango sans que ce soit une dépense. On fait passer un chapeau, les gens mettent ce qu'ils veulent, ce qu'ils peuvent", explique Valentin Rivetti, tanguero de 24 ans, "taxi-dancer" (loué à l'heure en milonga) à ses heures, et qui arrondit ici ses fins de mois. Avec, parfois un joli pourboire laissé par un touriste étranger.

"Les milongas survivent parce que c'est un besoin. Des crises, il y en a eu et il y en aura toujours", médite Nicolas di Lorenzo, pianiste du duo qui gère et anime "La tierra".

"On vient ressentir une étreinte, une connexion avec soi et les autres. La milonga, "c'est un investissement pour le coeur et l'esprit", s'enthousiasme Andrea Censabella, trentenaire habituée du lieu.

- De toujours, le tango "social" -

Et puis, la crise, le désespoir des déçus de l'Eldorado argentin n'ont-ils pas formé le terreau initial du tango au tournant des 19e-20e siècle, avant que Carlos Gardel ne lui donne un lustre international et que la danse n'entre "dans les salons" ?

"Quand tu n'as plus la foi / Ni même l'herbe (à infusion de maté) d'hier, recyclée au soleil / Quand tes chaussures se déchirent / A force de chercher ce sou / Qui te fera bouffer / L'indifférence du monde / Qui est sourd et muet...", chante "Yira, yira" ("Erre, erre", en argot porteño) célèbre tango de 1929 de Enrique Santos Discépolo (1901-1951), auteur majeur d'une veine de "tangos sociaux". Et auquel on doit une définition du tango : "une pensée triste qui se danse".

Dans ses paroles "le tango a toujours reflété les crises et la souffrance de la classe ouvrière", opine l'historien spécialiste de l'histoire argentine, Felipe Pigna. Même si évidemment le genre fait aussi une large part aux thèmes du coeur, aux amours brisées.

"A chaque crise, les tangos sociaux de Discepolo se voient actualisés. On écoute des tangos vieux de quasiment 100 ans, et malheureusement ils sont toujours d'actualité", remarque l'historien.

J.Thompson--ThChM