The China Mail - Michel Bouquet, le "roi" du théâtre français

USD -
AED 3.672498
AFN 66.000395
ALL 81.749642
AMD 377.657389
ANG 1.79008
AOA 916.502829
ARS 1447.664102
AUD 1.43462
AWG 1.80125
AZN 1.695061
BAM 1.656847
BBD 2.015105
BDT 122.260014
BGN 1.67937
BHD 0.377023
BIF 2953.091775
BMD 1
BND 1.272884
BOB 6.913553
BRL 5.2405
BSD 1.000479
BTN 90.561067
BWP 13.175651
BYN 2.857082
BYR 19600
BZD 2.012224
CAD 1.369335
CDF 2225.00007
CHF 0.77709
CLF 0.021805
CLP 860.999899
CNY 6.94215
CNH 6.939765
COP 3642
CRC 496.003592
CUC 1
CUP 26.5
CVE 93.41048
CZK 20.60965
DJF 178.163135
DKK 6.328285
DOP 63.050147
DZD 129.819031
EGP 46.970583
ERN 15
ETB 154.976835
EUR 0.84748
FJD 2.207103
FKP 0.729917
GBP 0.735599
GEL 2.689981
GGP 0.729917
GHS 10.985781
GIP 0.729917
GMD 73.501203
GNF 8780.996111
GTQ 7.67429
GYD 209.32114
HKD 7.81245
HNL 26.428662
HRK 6.3855
HTG 131.143652
HUF 321.409862
IDR 16841.1
ILS 3.110665
IMP 0.729917
INR 90.258036
IQD 1310.5
IRR 42125.000158
ISK 122.72041
JEP 0.729917
JMD 156.862745
JOD 0.708986
JPY 157.041504
KES 129.000378
KGS 87.45031
KHR 4030.000003
KMF 417.000365
KPW 899.945137
KRW 1463.380227
KWD 0.30734
KYD 0.83376
KZT 497.113352
LAK 21520.880015
LBP 86149.999856
LKR 309.665505
LRD 185.999839
LSL 16.060027
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.323093
MAD 9.174501
MDL 16.928505
MGA 4431.457248
MKD 52.226633
MMK 2099.936125
MNT 3569.846682
MOP 8.051354
MRU 39.72959
MUR 46.070226
MVR 15.460034
MWK 1737.999723
MXN 17.361502
MYR 3.945503
MZN 63.759861
NAD 16.059865
NGN 1369.660119
NIO 36.81834
NOK 9.698055
NPR 144.897432
NZD 1.671025
OMR 0.38449
PAB 1.000479
PEN 3.362498
PGK 4.286719
PHP 58.77501
PKR 279.84277
PLN 3.57638
PYG 6622.13506
QAR 3.641251
RON 4.317199
RSD 99.474028
RUB 76.121173
RWF 1459.958497
SAR 3.750164
SBD 8.064647
SCR 13.681856
SDG 601.504788
SEK 9.001995
SGD 1.273475
SHP 0.750259
SLE 24.549954
SLL 20969.499267
SOS 571.490624
SRD 37.893977
STD 20697.981008
STN 20.755852
SVC 8.7544
SYP 11059.574895
SZL 16.05946
THB 31.785008
TJS 9.349774
TMT 3.505
TND 2.845496
TOP 2.40776
TRY 43.538603
TTD 6.777163
TWD 31.7015
TZS 2585.000123
UAH 43.151654
UGX 3562.246121
UYU 38.562056
UZS 12264.970117
VES 377.98435
VND 25963.5
VUV 119.556789
WST 2.72617
XAF 555.589718
XAG 0.012655
XAU 0.000205
XCD 2.70255
XCG 1.803149
XDR 0.691101
XOF 555.690911
XPF 101.550109
YER 238.324989
ZAR 16.132599
ZMK 9001.197378
ZMW 19.585153
ZWL 321.999592
  • AEX

    1.7800

    992.12

    +0.18%

  • BEL20

    -33.8300

    5511.76

    -0.61%

  • PX1

    28.0900

    8290.11

    +0.34%

  • ISEQ

    -94.6400

    13424.96

    -0.7%

  • OSEBX

    2.3000

    1768.01

    +0.13%

  • PSI20

    -74.6100

    8807.46

    -0.84%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -18.9200

    4094.87

    -0.46%

  • N150

    -0.8000

    3982.99

    -0.02%

Michel Bouquet, le "roi" du théâtre français
Michel Bouquet, le "roi" du théâtre français / Photo: © AFP/Archives

Michel Bouquet, le "roi" du théâtre français

Michel Bouquet, décédé mercredi à l'âge de 96 ans, avait peut-être rêvé de mourir sur scène, comme son personnage fétiche dans "Le roi se meurt" d'Eugène Ionesco, qu'il aura joué pas moins de 800 fois en 20 ans.

Taille du texte:

Après 75 ans de carrière, le monstre sacré du théâtre, tout aussi inoubliable au cinéma chez Chabrol et Truffaut, avait confié à l'AFP en 2019 qu'il ne remonterait plus sur scène, après avoir fait son "bonhomme de chemin".

Un géant de la scène, légendaire dans "L'Avare" et "Le roi se meurt", qui quelques années plus tôt espérait "ne jamais s'arrêter de jouer".

Sur le grand écran, il a été un étonnant Mitterrand au soir de sa vie dans "Le Promeneur du Champs-de-Mars" de Robert Guédiguian (2004), avec un mimétisme qui troublera jusqu'aux proches de l'ancien président, et un magistral Javert dans "Les Misérables" de Robert Hossein (1982).

Il ne se lassait pas de ses rôles, brodant et rebrodant son interprétation, la voix mesurée enflant soudain à la surprise du public, épaté de l'énergie qu'il gardait en dépit de l'âge.

Prolifique, souvent énigmatique et troublant, le comédien avait reçu de très nombreuses récompenses, notamment deux fois le César du meilleur acteur: en 2002 pour le film d'Anne Fontaine "Comment j'ai tué mon père", puis en 2006 pour "Le Promeneur du Champs-de-Mars".

Au théâtre, il avait décroché deux fois le Molière du meilleur comédien dont en 2005 pour "Le roi se meurt", qu'il jouait avec son épouse Juliette Carré, formidable reine Marguerite.

- "Au service" de l'auteur -

Il a marqué le théâtre de l'après-guerre en faisant connaître en France l'oeuvre de Harold Pinter et en se mettant au service de grands textes classiques (Molière, Diderot ou Strindberg) et contemporains (Samuel Beckett, Eugène Ionesco, Albert Camus ou Thomas Bernhard).

Affichant clairement sa préférence pour la scène, Michel Bouquet n'en a pas moins été un brillant acteur de cinéma, endossant avec beaucoup de subtilité des personnages souvent secrets et équivoques.

Sa silhouette plutôt ronde, son style discret et sa voix grave, contredite par une certaine espièglerie du regard, lui offrait une large palette de rôles.

Il a martelé que l'acteur n'était qu'"au service" de l'auteur.

"Le texte, il n'y a que le texte. Tout vient de l'auteur. L'acteur n'est là que pour prendre la main du spectateur et lui faire serrer le coeur de l'auteur", disait-il. Ou encore: "Je suis amoureux de la pensée des autres, il n'est pas utile que l'acteur soit encombré de sa propre pensée".

Né le 6 novembre 1925 à Paris, fils d'un officier qu'il a peu connu car devenu prisonnier de guerre, Michel Bouquet a été envoyé avec ses frères en pension, une expérience qui l'a "terrorisé".

Il doit son goût du spectacle à sa mère qui l'emmenait régulièrement à l'Opéra Comique.

"A chaque fois que le rideau se levait, il n'y avait plus l'horreur de la guerre, il n'y avait plus les Allemands autour (...), le monde irréel dépassait de très loin le monde réel. Ça a été le meilleur enseignement de ma vie", confiait-il à l'AFP en 2019.

- "Une angoisse affreuse" -

Tour à tour apprenti pâtissier, mécanicien dentiste, manutentionnaire durant sa jeunesse, il se rend un jour chez Maurice Escande, sociétaire de la Comédie-Française, qui lui proposa immédiatement de suivre ses cours.

Intégrant le Conservatoire en même temps que Gérard Philipe, il montera sur les planches en 1944, deviendra vite compagnon de Jean Anouilh puis de Jean Vilar au TNP (Théâtre national populaire) et au Festival d'Avignon.

A partir de 1947, on le retrouve aussi au générique de nombreux films mais il devra attendre les années 1960 pour atteindre la notoriété.

Sa voix neutre et posée, son goût pour l’ambiguïté feront merveille dans les films de Claude Chabrol qui l'emploie dans des rôles de notables de province, secrets et dévoyés. Il noue avec ce metteur en scène une complicité durable et jouera dans plusieurs de ses films ("La femme infidèle", "Poulet au vinaigre").

Il joue aussi avec François Truffaut quelques-uns de ses meilleurs films ("La mariée était en noir", en 1967, et "La Sirène du Mississippi" en 1968).

Il triomphe sur scène avec "Le roi se meurt", qu'il joue dès 1994 puis quasiment en continu de 2004 à 2014.

Jouer était une nécessité intime plus qu'un plaisir. "C'est une angoisse affreuse", disait-il. "Mais c'est intéressant. Pour vivre quelque chose que l'on ne vivrait pas autrement. On ne risque rien, rien, sauf de se casser la figure".

R.Lin--ThChM