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Le nouveau Parlement hongrois sera convoqué début mai, une séance au cours de laquelle le conservateur Peter Magyar, qui a remporté une victoire écrasante aux législatives hongroises dimanche, doit être nommé Premier ministre, a-t-il annoncé mercredi.
Après un tête-à-tête dans la matinée avec le président Tamas Sulyok, le tombeur du nationaliste Viktor Orban a déclaré aux médias avoir été informé que la convocation de l'assemblée aurait lieu "au plus tôt le 4 mai" ou "les 6 ou 7 mai", précisant avoir insisté que le plus tôt serait le mieux.
Lors de cette séance inaugurale, "je proposerai officiellement (Peter Magyar, ndlr) au poste de Premier ministre", a annoncé de son côté M. Sulyok sur Facebook, ajoutant que des consultations allaient démarrer entre les dirigeants des partis élus au parlement à partir de vendredi.
Lors de leur rencontre, le futur Premier ministre, qui a promis une "nouvelle ère" et un "changement de régime" aux Hongrois, a affirmé avoir demandé à M. Sulyok, un proche de Viktor Orban, de démissionner dès que le nouveau gouvernement aurait pris ses fonctions, "pour préserver ce qui reste encore de l'Etat de droit et de la démocratie".
"Je lui ai répété que, à mes yeux et aux yeux du peuple hongrois, il est indigne d'incarner l'unité de la nation hongroise, incapable de veiller au respect de la loi (...)", a ajouté celui qui a mis fin au règne de 16 ans de Viktor Orban.
Dans le cas contraire, il a promis de modifier la Loi fondamentale hongroise pour le démettre, "lui comme toutes les marionnettes nommées par le système Orban à des postes‑clés, qu'il s'agisse du Procureur général ou du président de la Cour constitutionnelle."
Selon Peter Magyar, le président a répondu de "manière énigmatique" à cette demande, affirmant souhaiter "naturellement préserver l'Etat de droit et la réputation internationale de la Hongrie" et vouloir examiner ses "arguments en faveur de son départ".
- Changements -
Grâce à la supermajorité des deux tiers obtenue par son parti Tisza aux législatives, avec 138 sièges sur 199 selon un décompte encore non définitif, Peter Magyar est en position de modifier les règles constitutionnelles du pays, afin de rétablir une société plus démocratique et par la même occasion récupérer les milliards d'euros de fonds destinés à la Hongrie mais gelés par l'Union européenne en raison des atteintes à l'Etat de droit.
Parmi les changements rapides qu'il prévoit, et dont il dit s'être entretenu avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, il a évoqué les mesures anticorruption et l'adhésion de la Hongrie au Parquet européen, l'indépendance de la justice et du parquet, la liberté des médias et la liberté académique.
Tandis que Viktor Orban, dont le gouvernement sortant est encore en charge des affaires courantes, était à son tour reçu par le président Sulyak, Peter Magyar lui a reproché de ne lui avait fourni aucune information jusqu'ici sur les dossiers importants.
Il s'est par ailleurs réjoui "que le président des Etats‑Unis se soit exprimé" à son sujet "en des termes très amicaux".
Donald Trump, qui a affiché un soutien appuyé à Viktor Orban, son principal allié au sein de l'UE, a affirmé que Peter Magyar fera "du bon travail", dans un entretien à la chaîne américaine ABC News, ajoutant qu'il partageait ses vues contre l'immigration.
Le futur Premier ministre hongrois, qui a dit s'être entretenu avec plus d'une vingtaine de dirigeants d'Europe et du reste du monde, a par ailleurs annoncé les avoir invités "à Budapest le 23 octobre pour célébrer le 70e anniversaire de la révolution de 1956".
O.Tse--ThChM