The China Mail - Au Chili, "les zones de sacrifice" à l'épreuve de la transition énergétique

USD -
AED 3.672501
AFN 65.000167
ALL 81.974632
AMD 362.194494
ANG 1.78986
AOA 918.000043
ARS 1516.747503
AUD 1.437004
AWG 1.8
AZN 1.707273
BAM 1.75258
BBD 2.017823
BDT 123.329346
BGN 1.750039
BHD 0.378148
BIF 2997.58505
BMD 1
BND 1.283015
BOB 11.866753
BRL 4.987404
BSD 1.001833
BTN 95.896413
BWP 13.782814
BYN 3.021538
BYR 19600
BZD 2.014956
CAD 1.42672
CDF 2310.000519
CHF 0.833085
CLF 0.024821
CLP 976.869978
CNY 6.69215
CNH 6.696681
COP 3196.38
CRC 456.286712
CUC 1
CUP 24.044876
CVE 98.805977
CZK 21.813796
DJF 178.403251
DKK 6.688735
DOP 60.835241
DZD 134.612975
EGP 52.648598
ERN 15
ETB 163.645992
EUR 0.89481
FJD 2.251797
FKP 0.755381
GBP 0.75635
GEL 2.590059
GGP 0.755381
GHS 11.781626
GIP 0.755381
GMD 73.499053
GNF 8813.896493
GTQ 7.658774
GYD 209.502901
HKD 7.84768
HNL 26.89242
HRK 6.741303
HTG 131.195871
HUF 326.467501
IDR 17950
ILS 3.07312
IMP 0.755381
INR 95.50745
IQD 1518.761621
IRR 1779470.000313
ISK 121.859439
JEP 0.755381
JMD 159.656975
JOD 0.708999
JPY 158.268498
KES 129.73033
KGS 87.449788
KHR 4067.477653
KMF 440.000474
KPW 899.999867
KRW 1344.490114
KWD 0.31134
KYD 0.83489
KZT 451.335403
LAK 22526.894006
LBP 89717.148093
LKR 331.617314
LRD 170.8223
LSL 16.573966
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.437536
MAD 9.692869
MDL 17.943376
MGA 4518.999422
MKD 55.167316
MMK 2100.025299
MNT 3596.153429
MOP 8.09821
MRU 40.27008
MUR 47.530274
MVR 15.449931
MWK 1737.256431
MXN 18.254599
MYR 4.086003
MZN 63.909424
NAD 16.573966
NGN 1329.440063
NIO 36.864955
NOK 9.568055
NPR 153.435816
NZD 1.78825
OMR 0.38451
PAB 1.001815
PEN 3.449512
PGK 4.477699
PHP 62.842497
PKR 277.391651
PLN 3.92519
PYG 5699.154536
QAR 3.662179
RON 4.774803
RSD 105.014517
RUB 83.926462
RWF 1477.210103
SAR 3.75667
SBD 8.078071
SCR 14.020427
SDG 601.509337
SEK 10.02325
SGD 1.280597
SHP 0.755572
SLE 24.670491
SLL 20969.500838
SOS 572.603734
SRD 37.666975
STD 20697.981008
STN 21.953897
SVC 8.766325
SYP 13001.999922
SZL 16.568768
THB 33.595501
TJS 9.232182
TMT 3.51
TND 2.996931
TOP 2.40776
TRY 49.3681
TTD 6.812999
TWD 32.094997
TZS 2640.003012
UAH 45.09922
UGX 4138.085531
UYU 40.296963
UZS 11922.310088
VES 875.701596
VND 25914
VUV 119.754657
WST 2.785507
XAF 586.956854
XAG 0.016606
XAU 0.000239220428
XCD 2.70255
XCG 1.805596
XDR 0.707052
XOF 586.956854
XPF 106.866193
YER 236.196211
ZAR 16.539102
ZMK 9001.195554
ZMW 19.887003
ZWL 321.999592
SSP 5757.531856
MXV 2.061614
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

Au Chili, "les zones de sacrifice" à l'épreuve de la transition énergétique
Au Chili, "les zones de sacrifice" à l'épreuve de la transition énergétique / Photo: © AFP

Au Chili, "les zones de sacrifice" à l'épreuve de la transition énergétique

Avec ses eaux vert émeraude, sa plage de sable fin et ses jolis parasols, la petite ville de Mejillones, dans le nord du Chili, a tout d'une station balnéaire classique. Elle fait cependant partie des cinq zones du pays dites "de sacrifice".

Taille du texte:

Le concept, qui décrit une zone dont la qualité de vie et l'environnement ont été durablement affectés par l'activité industrielle, a été repris dans une note du Parlement chilien de juillet 2022.

Si le pays, fort de ses importantes ressources solaires et éoliennes, a lancé en 2019 un ambitieux plan destiné à fermer d'ici 2040 ses 28 unités au charbon --dont les huit de Mejillones--, il se doit aussi de parvenir à la restauration des zones affectées pendant des années.

"La dette du Chili et les impacts de la production d'électricité à partir du charbon sont considérables dans le contexte de la crise climatique, mais aussi en raison des impacts qu'elle a sur les zones de sacrifice", note Estefania Gonzalez, directrice adjointe des campagnes de Greenpeace Andino (Argentine, Chili et Colombie).

Les habitants ne doivent pas "être laissés sans aucune protection parce qu'une entreprise arrive, exploite un certain territoire, puis s'en va", estime-t-elle, plaidant pour une "transition juste" qui permette non seulement d'abandonner les combustibles fossiles, mais aussi de "reconvertir ces territoires, les réparer et permettre aux activités qui ont été affectées de se rétablir".

- Cancer stade 4 -

Sur la jetée du port de pêche de la ville de 13.000 habitants située en plein désert d'Atacama, à 1.400 km de la capitale Santiago, José Gonzalez, 58 ans, raconte son cancer stade 4, une casquette noire sur la tête pour se protéger de l'écrasant soleil.

En contre-bas, un groupe de lions de mer attend les restes de poisson qu'un pécheur local s'apprête à leur jeter, attirant quelques badauds.

"La pollution est immense", assure cet agent portuaire actuellement en arrêt maladie, pointant du doigt l'enfilade d'entreprises liées à l'industrie chimique et autres centrales électriques au charbon qui ont fleuri le long de la vaste baie du Pacifique.

Pas facile cependant de démontrer dans la pratique pour les personnes vivant dans des zones contaminées un éventuel lien avec le cancer dont ils souffrent.

"Il peut se passer des années avant qu'on se rende compte" d'un lien, souligne auprès de l'AFP Michel Marin, président du Collège médical d'Antofagasta, qui plaide pour que les entreprises réalisent des études approfondies démontrant l'absence de danger pour la santé de leurs activités avant de les lancer.

"L'histoire se répète" autrement, souligne le chirurgien, énumérant les contaminations au plomb ou l'amiante. "Ce serait quand même plus logique", juge-t-il.

La combustion du charbon propage dans l'air de nombreux produits chimiques nocifs. Mais si depuis quelque temps l'installation de filtres permet de les réduire, il y a tout de même "de la pollution parce que les parcs de charbon sont ouverts", note le conseiller municipal Manuel Monardes Rojas.

Il souligne cependant l'éloignement entre la zone industrielle et la ville et sa plage, une "zone propre", assure-t-il. "Mejillones se concentre désormais sur le tourisme", fait-il valoir.

- "Plus aucune vie" -

En cet été austral au Chili, seule une poignée de baigneurs brave les eaux froides de la baie, tandis que quelques rares estivants se prélassent sous des parasols en paille.

Pour José Sanchez, secrétaire du syndicat des pêcheurs artisanaux de Mejillones, le secteur est bien sinistré.

"Les fonds marins sont pollués, il y a moins d'espèces, moins de mollusques", dit-il, assurant que sur les 300 pêcheurs d'autrefois, il n'en reste plus que la moitié aujourd'hui.

"La baie est morte", peste-t-il, un bob posé sur ses cheveux mi-longs grisonnants.

Une étude réalisée en 2019 et financée par la région d'Antofagasta a montré la présence importante de métaux lourds et de matières organiques dans la baie en raison des rejets de déchets industriels, mais aussi d'eaux usées.

Si déterminer la cause des cancers parmi la population risque de prendre des années, contraindre les entreprises à réparer les dégâts sur l'environnement de leurs installations ne s'annonce pas facile non plus.

Les unités au charbon les plus anciennes "n'ont pas d'obligation juridiquement contraignante à prendre en charge les conséquences environnementales" de leurs activités, note le ministre de l’Energie chilien Diego Pardow lors d'une récente rencontre avec la presse française à Santiago.

"Cela fait partie du défi que nous devons relever aujourd'hui. Il ne s'agit pas simplement d'éteindre un interrupteur, mais de prendre en charge tout ce que cela implique", ajoute-t-il.

U.Feng--ThChM