The China Mail - Trois ans après le retour des talibans, l'Afghanistan englué dans la pauvreté

USD -
AED 3.673007
AFN 64.99933
ALL 81.338497
AMD 361.490065
ANG 1.789785
AOA 916.99986
ARS 1512.990698
AUD 1.445264
AWG 1.80125
AZN 1.703157
BAM 1.743363
BBD 2.013184
BDT 122.946509
BGN 1.747831
BHD 0.377586
BIF 2996
BMD 1
BND 1.281883
BOB 11.71977
BRL 5.073398
BSD 0.999594
BTN 94.961938
BWP 13.742418
BYN 3.017057
BYR 19600
BZD 2.010313
CAD 1.41832
CDF 2312.521651
CHF 0.82692
CLF 0.024962
CLP 982.450274
CNY 6.69275
CNH 6.690097
COP 3178.8
CRC 454.960757
CUC 1
CUP 23.989731
CVE 98.287665
CZK 21.705298
DJF 177.719735
DKK 6.66324
DOP 61.28243
DZD 134.428612
EGP 53.427702
ERN 15
ETB 163.269377
EUR 0.891199
FJD 2.262981
FKP 0.76043
GBP 0.753175
GEL 2.589926
GGP 0.76043
GHS 11.629742
GIP 0.76043
GMD 73.999951
GNF 8793.432336
GTQ 7.636425
GYD 209.06352
HKD 7.84765
HNL 26.837693
HRK 6.716803
HTG 130.889189
HUF 324.139865
IDR 17933
ILS 3.103975
IMP 0.76043
INR 94.743151
IQD 1514.36683
IRR 1790499.999677
ISK 121.410038
JEP 0.76043
JMD 158.941401
JOD 0.709025
JPY 158.071499
KES 129.980171
KGS 87.450077
KHR 4059.311949
KMF 441.999947
KPW 899.999961
KRW 1341.750075
KWD 0.31096
KYD 0.832995
KZT 453.004595
LAK 22483.097342
LBP 89509.87864
LKR 330.880551
LRD 170.423094
LSL 16.517836
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.421479
MAD 9.795696
MDL 17.962214
MGA 4502.324255
MKD 54.950394
MMK 2099.444361
MNT 3596.720368
MOP 8.079529
MRU 40.052235
MUR 47.297406
MVR 15.450063
MWK 1732.925677
MXN 18.38219
MYR 4.0843
MZN 63.909799
NAD 16.51791
NGN 1329.720224
NIO 36.787121
NOK 9.46899
NPR 151.938745
NZD 1.78077
OMR 0.384501
PAB 0.999586
PEN 3.438455
PGK 4.537108
PHP 63.056502
PKR 276.703496
PLN 3.89185
PYG 5692.357747
QAR 3.643608
RON 4.754896
RSD 104.672029
RUB 83.871623
RWF 1474.878661
SAR 3.783194
SBD 8.064647
SCR 14.00197
SDG 601.494334
SEK 9.94988
SGD 1.281985
SHP 0.754745
SLE 24.680145
SLL 20969.504398
SOS 571.283404
SRD 37.641501
STD 20697.981008
STN 21.838829
SVC 8.746189
SYP 13001.999685
SZL 16.511864
THB 33.512002
TJS 9.210912
TMT 3.51
TND 3.001547
TOP 2.40776
TRY 49.417596
TTD 6.784239
TWD 32.348702
TZS 2640.003002
UAH 44.837859
UGX 4022.801521
UYU 40.200736
UZS 11955.039354
VES 878.023598
VND 25873
VUV 119.689611
WST 2.781623
XAF 584.588125
XAG 0.017527
XAU 0.000240744285
XCD 2.70255
XCG 1.801465
XDR 0.707052
XOF 584.588125
XPF 106.304652
YER 236.150558
ZAR 16.50637
ZMK 9001.193742
ZMW 19.915944
ZWL 321.999592
SSP 5773.824733
MXV 2.075654
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

Trois ans après le retour des talibans, l'Afghanistan englué dans la pauvreté
Trois ans après le retour des talibans, l'Afghanistan englué dans la pauvreté / Photo: © AFP/Archives

Trois ans après le retour des talibans, l'Afghanistan englué dans la pauvreté

Trois ans après le retour d'un gouvernement taliban, l'Afghanistan a une économie à la "croissance zéro" et sa population s'enfonce dans la pauvreté avec une crise humanitaire qui s'aggrave, sans espoir d'embellie proche.

Taille du texte:

En 2021, le nouveau pouvoir a hérité d'une administration installée. Les prix ont baissé, la monnaie a résisté, la corruption n'atteint plus des sommets et l'impôt est mieux collecté.

Surtout, la sécurité est revenue, créant un climat propice aux affaires. Après 40 ans de guerres, biens et personnes circulent désormais sans danger de Kaboul à Hérat (ouest), de Mazar-e-Sharif (nord) à Jalalabad (est).

Mais le PIB s'est violemment contracté de 26% en 2021 et 2022, selon la Banque mondiale pour qui "la croissance sera de zéro pour les trois prochaines années et le revenu par tête baissera sous la poussée démographique".

L'aide au développement a quasiment cessé car le gouvernement n'est reconnu par aucun pays. L'aide humanitaire s'est effondrée et un tiers des 45 millions d'Afghans ne survit qu'avec du pain et du thé, alors que le chômage est massif.

L'Afghanistan, riche en minerais, a aussi un gros potentiel agricole mais souffre de la fuite des cerveaux, du manque d'infrastructures, d'expertise étrangère et de financements.

"Le nerf de la guerre est de trouver des partenaires stratégiques", dit à l'AFP Sulaiman Bin Shah, vice-ministre du Commerce le matin où les talibans sont entrés dans Kaboul et aujourd'hui conseiller en investissements.

Kaboul en a trouvé: "avec la Russie, la Chine, le Pakistan, l'Iran (et les républiques d'Asie centrale), nous coopérons beaucoup", s'est félicité Ahmad Zahid, vice-ministre du Commerce et de l'Industrie.

Le projet de Mes Aynak, deuxième gisement de cuivre au monde, enlisé depuis 2008, vient d'être relancé par Kaboul et Pékin.

Mais pour sortir du sous-développement, "il faut rouvrir les canaux bancaires", bloqués par les sanctions occidentales et le gel des avoirs de la Banque centrale, dit M. Bin Shah.

L'AFP a demandé à des Afghans à Kaboul, Hérat et Ghazni (centre), comment ils vivent aujourd'hui.

- L'entrepreneur heureux -

A 54 ans, Azizullah Rehmati est un entrepreneur heureux. Son usine de safran devrait doubler sa production cette année.

"Avant on voulait investir hors du pays, mais avec la sécurité revenue et les exportations facilitées, on a préféré investir en Afghanistan", dit-il.

Jusqu'en 2021, sa "Red Gold Saffron Company" faisait escorter son safran par des gardes jusqu'à l'aéroport de Hérat. "Maintenant il n'y a plus de problème", dit M. Rehmati, qui exporte dans 27 pays.

Dans son usine, des femmes trient à la pince les pistils rouges de la précieuse épice.

Mais seuls 50% des patrons afghans emploient encore des femmes. Les restrictions des talibans à l'activité et l'éducation des femmes pèsent sur l'économie.

"Le transfert d'argent est un vrai problème", ajoute-t-il, "on doit passer par des agents de change à Dubaï pour faire entrer nos fonds en Afghanistan".

Et "si on n'a pas de visa à temps pour aller aux foires internationales, ou si on n'a pas de visa du tout, on perd des positions sur le marché mondial".

- Le musicien désoeuvré -

Wahid Nekzai Logari appartenait à l'Orchestre national et donnait des concerts de "sarenda", un instrument à cordes traditionnel, et d'harmonium, jusqu'en Inde.

"Je faisais vivre toute ma famille. On avait une belle vie", dit l'Afghan de 46 ans, dans sa modeste maison d'un faubourg de Kaboul.

"Avec l'instauration de l'Emirat islamique, la musique a été interdite. Maintenant je suis sans emploi".

Pour nourrir sa famille de sept personnes, il conduit occasionnellement un taxi.

Il ne gagne plus que 5.000 afghanis par mois (65 euros), un cinquième de ce que ses concerts lui rapportaient.

"Les talibans ont fouillé ma maison, comme toutes celles de Kaboul", raconte-t-il. "Ils ont vu mes instruments. Je leur ai dit que je n'en jouais plus et ils ne les ont pas cassés".

"Personne ne nous a dit: tu ne joues plus de la musique mais nous allons te trouver un moyen de nourrir ta famille", déplore-t-il.

- L'esthéticienne qui se cache -

L'ordre de fermer les salons de beauté l'an dernier lui avait "brisé le coeur", mais Sayeda (nom d'emprunt), s'est réinstallée il y a quatre mois ailleurs dans Kaboul.

"On a trouvé cet endroit à louer", dit la gérante de 21 ans, "à condition que les clientes viennent très discrètement et que certaines de nos employées dorment ici pour que les voisins pensent qu'une famille y habite".

"Avant, on avait 30 à 40 clientes par jour, maintenant c'est six ou sept", dit celle qui a malgré tout gardé ses 25 employées pour que "chacune ait un revenu".

Ceux du salon ont été divisés par trois. Le salaire de Sayeda chuté de 25.000 afghanis à une fourchette de 8.000 à 12.000.

"Nous travaillons cachées et nous ne savons pas pour combien de temps encore", s'inquiète Sayeda.

La police "a découvert certains salons (clandestins), ils ont cassé les équipements, maltraité le personnel" et imposé des amendes.

- L'insurgé devenu fonctionnaire -

Quatre ans durant, Abdul Wali Shaheen a voulu "mourir en martyr" dans les rangs talibans. Après la victoire, il a troqué son lance-roquette contre un ordinateur au Département de l'Information et de la Culture de Ghazni.

"Je n'étais pas aussi stressé qu'aujourd'hui", avoue l'ancien moujahid de 31 ans. "J'ai davantage de responsabilités vis-à-vis du public".

"On ne faisait que mener le jihad, maintenant c'est plus difficile", assure-t-il.

Son salaire de 10.000 afghanis suffit à nourir sa famille de cinq personnes.

"Je donne un 10/10 à l'Emirat pour ces trois ans", dit-il, "tout va bien et nous avons espoir en l'avenir".

Il cite le retour de la sécurité, "un grand succès", et les expropriations des terrains et bâtiments publics illégalement occupés.

Il concède toutefois "des lacunes", qui, espère-t-il, "seront comblées".

"Il faut que la paix continue", conclut-il.

T.Luo--ThChM