The China Mail - Kamel Daoud, chroniqueur de l'Algérie, exilé par "la force des choses"

USD -
AED 3.673023
AFN 64.999735
ALL 81.550473
AMD 361.73014
ANG 1.789785
AOA 917.000274
ARS 1513.392039
AUD 1.43287
AWG 1.8025
AZN 1.700435
BAM 1.748185
BBD 2.013658
BDT 123.127391
BGN 1.747831
BHD 0.37775
BIF 2996
BMD 1
BND 1.279882
BOB 11.762182
BRL 5.026973
BSD 0.999768
BTN 95.208981
BWP 13.734665
BYN 3.010793
BYR 19600
BZD 2.010753
CAD 1.421801
CDF 2312.502308
CHF 0.832802
CLF 0.024962
CLP 982.440459
CNY 6.69215
CNH 6.69192
COP 3190.15
CRC 455.140667
CUC 1
CUP 23.995316
CVE 98.910118
CZK 21.74325
DJF 177.719754
DKK 6.673503
DOP 61.32985
DZD 134.484016
EGP 52.789798
ERN 15
ETB 161.129799
EUR 0.89286
FJD 2.24975
FKP 0.757299
GBP 0.75445
GEL 2.594996
GGP 0.757299
GHS 11.685009
GIP 0.757299
GMD 73.999658
GNF 8800.000074
GTQ 7.643284
GYD 209.16908
HKD 7.848245
HNL 26.949711
HRK 6.728203
HTG 130.776966
HUF 324.884498
IDR 17897.25
ILS 3.075575
IMP 0.757299
INR 95.08945
IQD 1310.5
IRR 1779859.9998
ISK 121.609872
JEP 0.757299
JMD 158.774
JOD 0.708961
JPY 158.368022
KES 129.740251
KGS 87.450123
KHR 4070.999815
KMF 440.00024
KPW 899.999961
KRW 1339.229771
KWD 0.31182
KYD 0.833143
KZT 448.425042
LAK 22500.00005
LBP 89550.000115
LKR 330.776932
LRD 170.749846
LSL 16.49006
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.430127
MAD 9.746993
MDL 17.966079
MGA 4499.999782
MKD 55.034145
MMK 2100.154921
MNT 3596.159888
MOP 8.082073
MRU 40.22021
MUR 47.597174
MVR 15.459791
MWK 1741.999478
MXN 18.363903
MYR 4.08598
MZN 63.902639
NAD 16.490227
NGN 1330.360007
NIO 36.849639
NOK 9.53532
NPR 152.334728
NZD 1.78398
OMR 0.384507
PAB 0.999745
PEN 3.430498
PGK 4.45175
PHP 62.893986
PKR 277.034968
PLN 3.90478
PYG 5716.150023
QAR 3.639841
RON 4.765099
RSD 104.83133
RUB 84.328561
RWF 1475
SAR 3.75707
SBD 8.078071
SCR 13.860997
SDG 601.501218
SEK 9.96878
SGD 1.27984
SHP 0.754518
SLE 24.669853
SLL 20969.504398
SOS 571.496211
SRD 37.647496
STD 20697.981008
STN 21.975
SVC 8.748078
SYP 13001.999685
SZL 16.489802
THB 33.550171
TJS 9.228074
TMT 3.5
TND 3.007498
TOP 2.40776
TRY 49.374755
TTD 6.799401
TWD 32.175302
TZS 2630.003022
UAH 45.101809
UGX 4139.404341
UYU 40.18735
UZS 11895.000158
VES 875.701597
VND 25914
VUV 119.051984
WST 2.777036
XAF 585.677495
XAG 0.016901
XAU 0.000240317026
XCD 2.70255
XCG 1.801906
XDR 0.707052
XOF 585.677495
XPF 106.875011
YER 236.199294
ZAR 16.500305
ZMK 9001.199139
ZMW 19.904269
ZWL 321.999592
SSP 5758.266415
MXV 2.073835
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

Kamel Daoud, chroniqueur de l'Algérie, exilé par "la force des choses"
Kamel Daoud, chroniqueur de l'Algérie, exilé par "la force des choses" / Photo: © AFP/Archives

Kamel Daoud, chroniqueur de l'Algérie, exilé par "la force des choses"

L'écrivain franco-algérien Kamel Daoud, lauréat du prix Goncourt lundi, à 54 ans, est un chroniqueur critique de l'Algérie dont la liberté de ton a fini par le contraindre à quitter sa ville d'Oran pour Paris, à contre-coeur.

Taille du texte:

"Houris" (éditions Gallimard), le roman primé par le Goncourt, n'a pas pu être exporté vers l'Algérie, encore moins traduit en arabe.

Comme l'écrit l'auteur dans son roman, la loi algérienne interdit toute évocation dans un livre des événements sanglants de la "décennie noire", la guerre civile entre pouvoir et islamistes entre 1992 et 2002.

En Algérie, "on m'attaque car je ne suis ni communiste, ni décolonial encarté, ni antifrançais", disait cet "exilé par la force des choses" au Point, le magazine français où il est chroniqueur, en août.

- Étiquette de traître -

Il a pris la nationalité française. Jusqu'à dire, en référence au poète Guillaume Apollinaire, né Polonais et naturalisé en pleine Première Guerre mondiale: "J'ai le syndrome d'Apollinaire, je suis plus français que les Français".

Auprès d'une bonne partie de l'opinion et de l'intelligentsia algériennes, il ne peut se défaire de l'étiquette du traître à son pays.

Beaucoup d'Algériens, au contraire, admirent sa plume, sa connaissance de l'histoire du pays et son entêtement à poser les questions qui fâchent. À commencer par l'éditeur Sofiane Hadjadj, des éditions Barzakh, qui publiait en 2013 "Meursault, contre-enquête".

"Il a inventé sa propre manière d'écrire", commentait-il au moment du succès fulgurant de ce roman, repéré par Actes Sud.

Sortie en France à 3.000 exemplaires en mai 2014, cette relecture de l'intrigue de "L'Étranger" d'Albert Camus va être l'une des sensations littéraires de l'année, avec plus de 100.000 exemplaires écoulés. Finaliste du prix Goncourt, l'oeuvre remportera le Goncourt des lycéens, entre autres.

Des propos tenus à la télévision française vaudront alors à Kamel Daoud une diatribe d'un imam salafiste, qui aurait été une fatwa si son auteur en avait eu la légitimité. Un tribunal condamnera cet imam en 2016 pour "menaces de mort", avant qu'une cour d'appel n'enterre le dossier.

- Intégrité -

Fils de gendarme, Kamel Daoud est né à Mostaganem (nord-ouest) en juin 1970, l'aîné de six enfants. Il a été élevé par ses grands-parents dans un village dont il est devenu l'imam à l'adolescence, frayant avec les islamistes, avant de s'éloigner de la religion.

Seul de sa fratrie à faire des études, de lettres, il s'oriente vers le journalisme, d'abord à Détective, version algérienne du magazine de faits divers, puis dans un grand journal francophone, Le Quotidien d'Oran.

Comme il l'expliquait lors de la promotion de "Houris", des places de journaliste s'étaient libérées après des assassinats. Le métier était dangereux et très délicat: il fallait donner des bilans de massacres que les uns et les autres voulaient dissimuler, minorer ou exagérer.

Sa réputation d'intégrité vient de cette période, puis d'articles et de chroniques où il a dénoncé crûment tout ce qui ronge la société algérienne: corruption, hypocrisie religieuse, incurie du pouvoir, violences, archaïsmes, inégalités.

Père de deux enfants, il a arrêté le journalisme en 2016, au profit de la littérature.

C'était après une vive polémique, en France et au-delà, sur sa dénonciation dans Le Monde de "la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir". Certains l'avaient accusé d'entretenir un cliché raciste.

"J'ai le droit de penser et de défendre mes idées", répondait-il, dans un entretien avec l'AFP en 2017. "Chaque Algérien n'a pas besoin d'être sur la même longueur d'onde".

J.Liv--ThChM