The China Mail - Suicides chez France Télécom: la Cour de cassation consacre le harcèlement moral institutionnel

USD -
AED 3.672499
AFN 65.000286
ALL 81.757752
AMD 363.060451
ANG 1.790365
AOA 918.000102
ARS 1517.748898
AUD 1.431188
AWG 1.8
AZN 1.702749
BAM 1.745081
BBD 2.014187
BDT 123.310283
BGN 1.683441
BHD 0.377783
BIF 2992.192728
BMD 1
BND 1.280571
BOB 11.845639
BRL 4.987899
BSD 1.000045
BTN 96.679902
BWP 13.757752
BYN 3.042248
BYR 19600
BZD 2.011332
CAD 1.42559
CDF 2309.999687
CHF 0.829899
CLF 0.024814
CLP 976.610074
CNY 6.692149
CNH 6.69232
COP 3204.5
CRC 456.301584
CUC 1
CUP 24.001785
CVE 98.38501
CZK 21.757899
DJF 178.086103
DKK 6.668902
DOP 60.611198
DZD 134.724069
EGP 52.403901
ERN 15
ETB 162.480749
EUR 0.89223
FJD 2.24725
FKP 0.755711
GBP 0.75505
GEL 2.590118
GGP 0.755711
GHS 11.755521
GIP 0.755711
GMD 73.497265
GNF 8797.680125
GTQ 7.645773
GYD 209.172429
HKD 7.84765
HNL 26.843631
HRK 6.7248
HTG 130.956948
HUF 325.530503
IDR 17917
ILS 3.06346
IMP 0.755711
INR 96.77555
IQD 1515.056882
IRR 1779470.000144
ISK 122.059881
JEP 0.755711
JMD 158.724069
JOD 0.709001
JPY 158.142965
KES 129.798196
KGS 87.450055
KHR 4060.673656
KMF 439.99992
KPW 900.000318
KRW 1338.090003
KWD 0.31096
KYD 0.833371
KZT 454.436761
LAK 22426.053982
LBP 89555.476244
LKR 330.885568
LRD 171.010484
LSL 16.545706
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.430515
MAD 9.82021
MDL 17.93085
MGA 4459.513718
MKD 54.940888
MMK 2099.813295
MNT 3595.111531
MOP 8.083426
MRU 39.963417
MUR 47.470253
MVR 15.45013
MWK 1734.106625
MXN 18.41655
MYR 4.084599
MZN 63.910293
NAD 16.545706
NGN 1331.000149
NIO 36.80571
NOK 9.555395
NPR 154.687486
NZD 1.78115
OMR 0.384742
PAB 1.000045
PEN 3.429668
PGK 4.534464
PHP 62.806042
PKR 276.931162
PLN 3.91335
PYG 5688.155253
QAR 3.65532
RON 4.760897
RSD 104.733437
RUB 85.158061
RWF 1474.102164
SAR 3.75677
SBD 8.078071
SCR 14.675002
SDG 601.502618
SEK 9.99165
SGD 1.280025
SHP 0.755572
SLE 24.669809
SLL 20969.491881
SOS 571.492304
SRD 37.692505
STD 20697.981008
STN 21.860361
SVC 8.75039
SYP 13002.000254
SZL 16.542494
THB 33.520253
TJS 9.200535
TMT 3.51
TND 2.984609
TOP 2.40776
TRY 49.340899
TTD 6.793665
TWD 31.931044
TZS 2640.301624
UAH 44.916529
UGX 4089.225965
UYU 40.169529
UZS 11900.959179
VES 875.701602
VND 25899.5
VUV 119.371348
WST 2.785507
XAF 585.264638
XAG 0.016379
XAU 0.000238292681
XCD 2.70255
XCG 1.802364
XDR 0.707052
XOF 585.264638
XPF 106.410886
YER 236.198801
ZAR 16.49715
ZMK 9001.202391
ZMW 19.875976
ZWL 321.999592
SSP 5757.531856
MXV 2.080607
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

Suicides chez France Télécom: la Cour de cassation consacre le harcèlement moral institutionnel
Suicides chez France Télécom: la Cour de cassation consacre le harcèlement moral institutionnel / Photo: © AFP/Archives

Suicides chez France Télécom: la Cour de cassation consacre le harcèlement moral institutionnel

C'est l'épilogue judiciaire d'un dossier emblématique de la souffrance au travail. La Cour de cassation a rejeté mardi les pourvois de deux ex-dirigeants dans l'affaire des suicides chez France Télécom, et consacré dans le droit le harcèlement moral institutionnel.

Taille du texte:

La décision de la Cour de cassation rend définitives les condamnations de l'ancien patron de France Télécom Didier Lombard, 82 ans, et son ex-numéro 2 Louis-Pierre Wenès, 75 ans.

Ils avaient été condamnés pour harcèlement moral institutionnel le 30 septembre 2022 par la cour d'appel de Paris à un an de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende, des peines allégées par rapport à celles prononcées en première instance en 2019.

Les deux ex-dirigeants de France Télécom (devenue Orange en 2013) ont fait face à la justice en raison de la mise en place à compter de 2006 de deux plans de restructuration consécutifs à la privatisation de l'entreprise en 2004, et prévoyant le départ de 22.000 employés et la mobilité de 10.000 autres (sur quelque 120.000 employés).

Les dirigeants estimaient qu'ils ne pouvaient être condamnés sur le fondement de la loi définissant le harcèlement moral au travail pour ce qu'ils considéraient être une simple "politique d'entreprise".

"Indépendamment de toute considération sur les choix stratégiques" d'une entreprise qui ne relèvent que d'elle, "les agissements" visant à mettre en oeuvre, "en connaissance de cause, une politique d'entreprise qui a pour objet de dégrader les conditions de travail de tout ou partie des salariés aux fins de parvenir à une réduction des effectifs ou d'atteindre tout autre objectif, qu'il soit managérial, économique ou financier, ou qui a pour effet une telle dégradation", peuvent caractériser une situation de harcèlement moral institutionnel, écrit la Cour de cassation dans son arrêt.

- "Jusqu'au boutiste" -

"Jusqu'au bout ils ont fait des pieds et des mains pour expliquer qu'il ne s'agissait que d'une politique d'entreprise" alors que "c'était du harcèlement voulu comme tel, organisé comme tel", a réagi Me Claire Waquet, avocate de CFE-CGC Orange, partie civile.

"Les anciens dirigeants sont désormais définitivement coupables de harcèlement moral", s'est réjoui le syndicat dans un communiqué. "Nos premières pensées vont aux familles des victimes de la violence sociale de dirigeants inconséquents".

"C'est un grand arrêt", qui "consacre parmi les formes de harcèlement au travail le harcèlement institutionnel" et le "fait entrer de plein pied dans le droit actuel", s'est réjoui auprès de l'AFP Antoine Lyon-Caen, avocat du syndicat SUD-PTT.

"Cela consacre en 2025 une jurisprudence pour des faits survenus 17 ans plus tôt, cela pose quand même question au regard du principe de non rétroactivité", a commenté l'avocat de Didier Lombard, Me Louis Boré - un argument écarté par la Cour dans son arrêt.

En première instance, l'ex-PDG et son ancien numéro 2 avaient été condamnés à un an de prison dont quatre mois ferme pour leur "rôle prééminent" dans la mise en place d'une politique de réduction des effectifs "jusqu'au-boutiste" sur la période 2007-2008 au sein de France Télécom.

M. Lombard, qui a répété au procès en appel qu'il n'avait pas eu connaissance de l'ampleur du climat social dans son entreprise, avait lancé à ses cadres en 2006 que les départs devaient se faire "par la fenêtre ou par la porte". Il avait également déclenché une polémique en parlant d'une "mode du suicide", en 2009, au plus fort de la crise.

Ces départs à "marche forcée" selon la justice avaient entraîné une "dégradation des conditions de travail" de "milliers de salariés", dont certains se sont suicidés.

La crise a éclaté au grand jour après le suicide en juillet 2009 de Michel Deparis, un technicien marseillais ayant mis directement en cause France Télécom dans une lettre.

France Télécom est devenue le symbole de la souffrance au travail. L'entreprise, qui n'avait pas fait appel, avait été sanctionnée de l'amende maximum de 75.000 euros dans un jugement historique, devenant la première société du CAC 40 condamnée pour un harcèlement moral institutionnel.

F.Brown--ThChM