The China Mail - Dans un marché de l'énergie en berne, EDF en quête d'efficacité

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Dans un marché de l'énergie en berne, EDF en quête d'efficacité
Dans un marché de l'énergie en berne, EDF en quête d'efficacité / Photo: © AFP/Archives

Dans un marché de l'énergie en berne, EDF en quête d'efficacité

Confronté à la baisse des prix de l'électricité, le groupe électricien public EDF mise sur la performance opérationnelle et la simplification pour améliorer sa situation financière et préparer le chantier colossal de la relance du nucléaire.

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Comme anticipé, l'entreprise détenue à 100% par l'Etat a enregistré un bénéfice au 1er semestre en net recul de 22% sur un an, à 5,47 milliards d'euros, pénalisé par la fonte des prix de l'électricité sur les marchés.

"Malgré la hausse de la production nucléaire" de 2,5%, EDF a vu son Ebitda, un indicateur de rentabilité, chuter lourdement de 17,11% à 15,5 milliards d'euros tandis que son chiffre d'affaires a cédé 1,28% pour s'établir à 59,43 milliards d'euros sur la période.

Le nouveau PDG Bernard Fontana a toutefois qualifié ces résultats de "solides", évoquant par exemple la dette du groupe, toujours abyssale mais en baisse de 4,4 milliards d'euros par rapport à fin 2024 et désormais portée à 50 milliards.

Cette présentation financière était la première chez EDF pour Bernard Fontana, profil industriel nommé par l'Elysée début mai notamment pour reprendre en main le vaste chantier de la relance du nucléaire, qui prévoit la construction de six nouveaux réacteurs EPR2.

L'ancien directeur général de Framatome, filiale d'EDF, a succédé à son prédécesseur Luc Rémont, dont les relations avec l'Etat-actionnaire et les industriels s'étaient envenimées sur fond de désaccords, principalement sur le financement du nouveau programme nucléaire et le tarif de l'électricité pour l'industrie.

- Réduire les délais et les coûts -

A son arrivée, Bernard Fontana s'est fixé comme priorités de pacifier les relations d'EDF avec l'Etat et les industriels et de poursuivre l'amélioration de la performance opérationnelle du groupe pour mieux le préparer à la relance du nucléaire.

Dans cette optique, le nouveau patron mise sur la récente réorganisation de la gouvernance et sur le respect du "lead time". Derrière cette formule qu'il répète à l'envi, le PDG vise une réduction du temps de réalisation des opérations ou des processus.

"Les progrès de +lead time+ sont à la source de gains importants en temps mais aussi en coût. Alors il ne s'agit pas de demander à nos collègues des cadences infernales, mais nous sommes souvent arrêtés, nous attendons, nous avons des interfaces complexes", a-t-il illustré lors d'une conférence de presse.

A cette occasion, il a confirmé un plan d'un milliard et demi d'euros par an d'économies sur les frais généraux d'ici 2030, traduisant une volonté de simplifier l'organisation.

Il mise aussi sur "une approche sélective des investissements à l'international", notamment dans les renouvelables au moment où EDF est déjà engagé dans le chantier pharaonique des nouveaux réacteurs.

"Il n'est pas interdit d'imaginer des respirations de portefeuille d'actifs", a déclaré Bernard Fontana, en réaction aux rumeurs de cessions d'actifs renouvelables dans l'éolien et le solaire, notamment aux Etats-Unis et au Brésil, ajoutant que le groupe verrait "ce qui sera nécessaire ou pas d'activer le moment venu".

La faiblesse des prix de l'électricité, qui reflète une demande en berne, quasiment au même niveau qu'il y a 20 ans, pousse le groupe à mettre les bouchées doubles pour conquérir de très gros consommateurs de mégawatts, tels que les industriels et les centres de données.

Cette nouvelle politique commerciale, qui se base notamment sur des contrats de moyen et long terme à destination des entreprises, doit remplacer à partir du 1er janvier 2026 le mécanisme de régulation qui obligeait EDF à vendre une partie de son électricité à prix cassé aux fournisseurs alternatifs et aux industriels les plus consommateurs.

La reprise des négociations avec les industriels, qui avaient tourné au bras de fer ces derniers mois, a permis des avancées: côté contrats de long terme, EDF a annoncé récemment des protocoles d'accord avec les groupes de chimie Arkema et Kem One, et un accord traduit en contrat pour 10 ans avec Aluminium Dunkerque, la plus grosse usine consommatrice du pays.

EDF a par ailleurs annoncé le nom des deux acteurs du numérique sélectionnés pour entrer en négociations finales en vue d'une implantation sur des terrains lui appartenant, respectivement en Seine-et-Marne et en Moselle: Opcore, filiale du groupe Iliad et d'InfraVia, et Eclairion.

V.Fan--ThChM