The China Mail - "Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan

USD -
AED 3.672504
AFN 64.503991
ALL 81.624824
AMD 375.516815
AOA 917.000367
ARS 1371.22092
AUD 1.41603
AWG 1.8
AZN 1.70397
BAM 1.667278
BBD 2.011082
BDT 122.671668
BHD 0.377307
BIF 2967.989429
BMD 1
BND 1.272324
BOB 6.899962
BRL 5.009204
BSD 0.998508
BTN 92.62947
BWP 13.405226
BYN 2.865862
BYR 19600
BZD 2.008184
CAD 1.38415
CDF 2300.000362
CHF 0.789223
CLF 0.02274
CLP 892.843442
CNY 6.828041
CNH 6.824955
COP 3636.503133
CRC 462.128639
CUC 1
CUP 26.5
CVE 93.998551
CZK 20.788404
DJF 177.809983
DKK 6.372904
DOP 60.125314
DZD 132.246707
EGP 53.108563
ERN 15
ETB 156.679852
EUR 0.852704
FJD 2.211504
FKP 0.743031
GBP 0.743218
GEL 2.690391
GGP 0.743031
GHS 10.988449
GIP 0.743031
GMD 73.503851
GNF 8760.922382
GTQ 7.638208
GYD 208.899876
HKD 7.83195
HNL 26.518904
HRK 6.425904
HTG 130.923661
HUF 320.203831
IDR 17089.3
ILS 3.03421
IMP 0.743031
INR 93.090504
IQD 1308.043135
IRR 1316125.000352
ISK 122.190386
JEP 0.743031
JMD 157.870509
JOD 0.70904
JPY 159.27504
KES 129.210179
KGS 87.450384
KHR 3997.272069
KMF 420.00035
KPW 899.981018
KRW 1484.910383
KWD 0.30869
KYD 0.832104
KZT 471.85542
LAK 22019.52176
LBP 89419.71783
LKR 315.118708
LRD 183.726184
LSL 16.382337
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.347556
MAD 9.280849
MDL 17.20387
MGA 4143.898385
MKD 52.54678
MMK 2100.296476
MNT 3579.27255
MOP 8.05507
MRU 39.91049
MUR 46.520378
MVR 15.460378
MWK 1731.383999
MXN 17.301404
MYR 3.965039
MZN 63.960377
NAD 16.382337
NGN 1359.503725
NIO 36.741827
NOK 9.524904
NPR 148.206811
NZD 1.713797
OMR 0.384504
PAB 0.998508
PEN 3.369933
PGK 4.322066
PHP 59.876504
PKR 278.505946
PLN 3.627503
PYG 6457.525255
QAR 3.640254
RON 4.342304
RSD 100.055411
RUB 77.104556
RWF 1458.164614
SAR 3.753582
SBD 8.058149
SCR 15.185201
SDG 601.000339
SEK 9.27195
SGD 1.273804
SLE 24.625038
SOS 570.649162
SRD 37.449038
STD 20697.981008
STN 20.885725
SVC 8.737053
SYP 110.53314
SZL 16.386343
THB 32.208038
TJS 9.490729
TMT 3.505
TND 2.917693
TRY 44.665038
TTD 6.776352
TWD 31.741804
TZS 2591.108648
UAH 43.382209
UGX 3694.642172
UYU 40.288138
UZS 12141.852436
VES 475.837804
VND 26336
VUV 119.536694
WST 2.734496
XAF 559.189293
XAG 0.01312
XAU 0.00021
XCD 2.70255
XCG 1.799582
XDR 0.695452
XOF 559.189293
XPF 101.666596
YER 237.150363
ZAR 16.41806
ZMK 9001.203584
ZMW 18.996633
ZWL 321.999592
  • AEX

    5.1300

    1010.25

    +0.51%

  • BEL20

    38.4600

    5455.59

    +0.71%

  • PX1

    14.0200

    8259.6

    +0.17%

  • ISEQ

    103.7600

    12757.71

    +0.82%

  • OSEBX

    -17.1000

    2043.61

    -0.83%

  • PSI20

    -26.5600

    9458.2

    -0.28%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    39.3100

    4009.64

    +0.99%

  • N150

    6.1000

    4073.1

    +0.15%

"Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan
"Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan / Photo: © AFP

"Erreur 404" : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan

Banques paralysées, avions cloués au sol, hôpitaux dépassés : pendant deux jours, la vie s'est arrêtée en Afghanistan quand les autorités talibanes ont coupé internet et le téléphone, prenant 48 millions d'Afghans de court.

Taille du texte:

Si depuis des semaines, elles s'attelaient à restreindre, sur ordre du chef suprême des talibans, l'émir Hibatullah Akhundzada, les connexions par fibre optique de plusieurs provinces pour empêcher la "diffusion du vice", personne à Kaboul n'imaginait, lundi, une coupure nationale.

Sur les hauteurs de la capitale, une cuvette entourée de montagnes, les bras tendus vers le ciel, des Kaboulis ont d'abord tenté de capter un peu de réseau, ou acheté des cartes SIM de différents opérateurs, avant de se résigner.

Ils ont alors réalisé qu'ils ne pouvaient plus donner de nouvelles à la famille éloignée ou en exil ni, surtout, recevoir les précieux transferts de fonds de la diaspora pour payer leurs factures.

Les habitants d'Herat, dans l'Ouest, et de Kandahar, bastion taliban du Sud, avaient, eux, un avantage : en se rendant à la frontière, ils pouvaient capter les signaux des pays voisins, l'Iran et le Pakistan.

Mais à Kaboul, où des hélicoptères volaient, ajoutant à la psychose d'un pays coupé du monde, la rumeur enflait.

Certains imaginaient que les Américains avaient débarqué pour "reprendre l'ancienne base américaine de Bagram", abandonnée à leur retrait en 2021 et récemment réclamée par leur président Donald Trump.

D'autres murmuraient, à tort, que le chef suprême avait limogé le ministre de l'Intérieur Sirajuddin Haqqani, qui passe pour être sur une ligne dissidente au sein du mouvement selon les experts, et que la lutte intestine était lancée.

-"Bientôt la bougie?"-

Dans le pays, déjà l'un des plus pauvres au monde, le système bancaire a cessé de fonctionner.

"Le retrait de liquide, les paiements par carte, les transferts de fonds : tout repose sur internet, on ne peut rien faire sans", explique à l'AFP le directeur d'une banque privée.

Pour les Afghans, pas d'autre choix que vivre avec le cash qu'ils avaient sur eux au moment de la coupure.

Dans les rues à moitié désertes, les forces de sécurité talibanes, elles, communiquaient encore via talkie-walkie.

"En 14 ans de métier, je n'ai jamais rien vu de tel. Après, ce sera quoi ? Couper l'électricité pour revenir à la bougie?", pestait, sous couvert d'anonymat, l'un d'eux.

Les vols nationaux et internationaux étaient aussi cloués au sol. Mais sans moyen d'être prévenus, les passagers continuaient d'affluer, accueillis par des écrans d'affichage obstinément vides.

"Je reste à la maison car que se passerait-il s'il m'arrivait quelque chose? Je ne peux prévenir ni la police, ni ma famille", s'inquiétait une Afghane.

Du jour au lendemain, selon l'association MalalaFund, 2 millions d'Afghanes ont perdu les cours en ligne qui leur permettaient de contourner l'interdiction d'aller à l'école au-delà du primaire.

"J'ai eu très peur que ça dure et que je rate ma licence... les cours en ligne, c'est tout ce qui me reste", racontait mercredi une étudiante de 20 ans à l'AFP.

Pour les autorités, comme pour les entreprises privées, sans services numériques ni livraison, les conséquences économiques ont été importantes, soulignent les experts.

"Dix ans ne suffiraient pas à compenser les pertes de ces deux derniers jours", se désole Khanzada Afghan, gérant d'une épicerie de Jalalabad (est) qui a renvoyé ses employés chez eux.

"Je supplie nos dirigeants de nous dire la raison de cette coupure, de ne pas nous laisser dans l'ignorance, l'ennemi pourrait profiter de la situation", s'inquiète cet homme de 45 ans.

- "S'envoyer des pigeons voyageurs"-

Les urgences des hôpitaux, elles, étaient très peu remplies, a constaté l'AFP. Pour les consultations quotidiennes, Dr Sultan Aamad Atef, seul neurologue d'Afghanistan, a noté une baisse de 30% de sa patientèle.

"Sans rendez-vous en ligne, les malades doivent se présenter spontanément et espérer que je puisse les prendre, ou attendre, parfois pour rien", pointe-t-il.

S'il peut quand même accéder à leurs dossiers médicaux, via un système hors-connection, il souligne les difficultés pour ses patients de régler ses honoraires.

"Mardi j'ai diagnostiqué un cancer à l'un de mes patients et il devait se faire opérer en urgence. Pour rassembler l'argent liquide auprès de sa famille, un de ses proches a dû faire plus d'un jour de route".

La responsable d'une maternité qui tourne au ralenti, au deuxième jour de coupure, était elle aussi désemparée : "avant, je suivais le cas de mes patientes enceintes par WhatsApp et leur disait de venir au besoin".

"Je travaille du matin au soir et quand je quitte l'hôpital, je n'ai plus aucun moyen d'être d'astreinte et de revenir en cas d'urgence", a-t-elle raconté à l'AFP.

Ses collègues racontent avoir cessé les dons de sang, alors que jusque-là les demandes se faisaient aux proches par WhatsApp.

"Les mères qui accouchent ne peuvent parfois pas joindre leur mari, ou leur mahram [le chaperon mâle que les autorités talibanes imposent aux Afghanes] pour les emmener à l'hôpital et il n'y a plus d'ambulances. Leurs proches ignorent même qu'elles ont accouché", poursuit-elle.

"Toute la vie est paralysée, il n'y a aucune solution. Que ferons-nous si c'est définitif ? Il faudra s'envoyer des pigeons voyageurs?", ironise-t-elle.

Mais mercredi soir, le réseau téléphonique et internet ont progressivement été rétablis. Immédiatement, les rues se sont remplies, amis et familles investissant les restaurants après avoir pu se parler. Les automobilistes ont klaxonné et l'agitation avait, selon Shorab Ahmadi, un livreur de 26 ans, "des allures de célébrations de l'Aïd"!

"La ville est à nouveau vivante", s'est réjouit auprès de l'AFP Mohammad Tawab Farooqi, gérant d'un restaurant de Kaboul, tout en consultant son téléphone.

Mais pour combien de temps? Les autorités talibanes n'ont fait aucun commentaire sur la coupure des télécommunications pour le moment, prévenant simplement "qu'elles communiqueraient toute nouvelle décision".

P.Ho--ThChM