The China Mail - Hyperloop: dix ans après, toujours rien de bien concret

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Hyperloop: dix ans après, toujours rien de bien concret
Hyperloop: dix ans après, toujours rien de bien concret / Photo: © AFP/Archives

Hyperloop: dix ans après, toujours rien de bien concret

Dix ans après avoir été évoqué par le fantasque milliardaire Elon Musk, Hyperloop n'est pas prêt de faire léviter ses premiers passagers à plus de 1.000 km/h, mais plusieurs entreprises planchent toujours sur le sujet.

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"C'est comme les premiers jours de l'aviation", remarque Rick Geddes, expert à la Cornell University, près de New York. "Il n'y avait pas eu de nouveau mode de transport depuis plus de 100 ans!"

Elon Musk pensait à l'origine relier San Francisco à Los Angeles en une demi-heure. Lassé par les embouteillages, et ne croyant visiblement pas au projet de train à grande vitesse californien.

Reprenant une idée ancienne, il a proposé de faire circuler des capsules ("pods" en anglais) transportant une trentaine de personnes à des vitesses allant de 1.000 à 1.200 km/h. Elles se succéderaient dans des tubes à basse pression, juchés sur des pylônes.

On a parlé de "cinquième mode" de transport, après les avions, les trains, les véhicules routiers et les bateaux.

Au-delà de la faisabilité, l'incertitude demeure sur les coûts. Et de nombreux experts des transports restent franchement perplexes.

Elon Musk ne s'est pas lancé directement dans l'aventure, se contentant d'encourager des start-ups à réaliser son rêve.

Il est récemment revenu dans le débat, proposant de faire léviter les "pods" dans des tunnels creusés par son entreprise The Boring Company. Au risque de renchérir encore le concept.

Hyperloop Transportation Technologies (HyperloopTT) a été très active, multipliant les accords ici et là. Le dernier en date remonte au 21 mars: il vise à ouvrir une ligne entre Venise et Padoue, en Italie, pour les jeux Olympiques d'hiver de 2026.

- D'Edmonton à Calgary -

"HyperloopTT est prêt à construire", a alors assuré son directeur général Andres De Leon. Un discours que la start-up californienne avait déjà tenu à l'AFP il y a cinq ans. Et qui contraste avec les propos plus mesurés du responsable marketing Rob Miller, qui veut désormais "être plus prudent vis-à-vis de ce genre d'annonce".

On attend toujours le premier tronçon qui devait ouvrir pour l'Exposition universelle Dubaï 2020... Un projet toujours d'actualité, selon M. Miller.

L'entreprise a successivement évoqué des études aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, en Chine, au Brésil, en Inde, en Corée du Sud, en Slovaquie et en République tchèque, en Ukraine... Elle devait aussi installer un grand centre d'essai à Toulouse, qui ne verra jamais le jour.

Autre start-up flamboyante, Virgin Hyperloop (ex-Hyperloop One) a fait des essais dans le désert du Nevada, atteignant 387 km/h. En novembre 2020, elle a transporté des passagers pour la première fois, à 172 km/h... avant d'annoncer en février 2022 qu'elle se réorientait vers le transport de fret.

L'entreprise a au passage licencié la moitié de ses employés et embauché pour diriger l'ingénierie le Français Pierre Chambion, venu de chez Safran.

Plus discrète, la société TransPod. Basée au Canada, elle est dirigée par le Français Sébastien Gendron, ingénieur au discours beaucoup plus mesuré que ses concurrents.

Sa première liaison est trouvée: entre Calgary et Edmonton, dans l'Ouest du Canada, distantes de 300 km. La ligne, prévue pour transporter des passagers et du fret léger, coûterait selon lui 18 milliards d'euros.

"La réaction des autorités a été: +on ne mettra pas d'argent public, mais si vous êtes capable de financer le projet en trouvant des capitaux privés, on vous accompagnera+", explique M. Gendron à l'AFP.

La société --qui doit présenter un démonstrateur à l'échelle 1/3 en juillet à Toronto-- a indiqué en mars avoir réussi à lever 550 millions de dollars auprès du fonds britannique Broughton Capital Group, avec une garantie bancaire China-East Resources Import & Export Co. (Cerieco).

"Ça fait effet boule de neige" et doit permettre de "financer la technologie cet été", dit son dirigeant.

Un premier tronçon d'environ 20 km doit relier si tout va bien Edmonton à son aéroport en 2027, la ligne devant être ouverte jusqu'à Calgary "entre 2030 et 2035", selon lui. Il faudrait alors 45 minutes pour relier les deux villes, pour 60 euros l'aller simple.

"En France, pour le moment, les pouvoirs publics ne sont pas intéressés", regrette-t-il. Une piste d'essai de 3 km devrait quand même être ouverte début 2023 dans la Haute-Vienne.

T.Luo--ThChM