The China Mail - Les derniers chasseurs-cueilleurs de Thaïlande revendiquent leur droit aux terres

USD -
AED 3.672499
AFN 63.99981
ALL 82.022626
AMD 376.060295
AOA 916.99976
ARS 1381.970509
AUD 1.411702
AWG 1.80125
AZN 1.694813
BAM 1.673634
BBD 2.011587
BDT 122.694347
BHD 0.37727
BIF 2970
BMD 1
BND 1.273934
BOB 6.90148
BRL 5.098399
BSD 0.998734
BTN 92.490362
BWP 13.45308
BYN 2.900908
BYR 19600
BZD 2.008703
CAD 1.381735
CDF 2299.999419
CHF 0.789425
CLF 0.022641
CLP 891.109795
CNY 6.83185
CNH 6.82896
COP 3654.55
CRC 464.322236
CUC 1
CUP 26.5
CVE 94.490866
CZK 20.81485
DJF 177.719862
DKK 6.382415
DOP 60.374962
DZD 132.246988
EGP 53.090197
ERN 15
ETB 155.954748
EUR 0.85409
FJD 2.2357
FKP 0.744078
GBP 0.743785
GEL 2.685026
GGP 0.744078
GHS 11.015009
GIP 0.744078
GMD 74.000207
GNF 8774.99991
GTQ 7.640832
GYD 208.952669
HKD 7.834025
HNL 26.522788
HRK 6.431198
HTG 130.987476
HUF 321.536028
IDR 17062
ILS 3.067401
IMP 0.744078
INR 92.359501
IQD 1308.425611
IRR 1315999.999617
ISK 122.480094
JEP 0.744078
JMD 157.9096
JOD 0.708954
JPY 158.841501
KES 129.25006
KGS 87.448498
KHR 4012.467862
KMF 420.999863
KPW 899.95413
KRW 1474.519969
KWD 0.30892
KYD 0.832292
KZT 476.261788
LAK 21965.000121
LBP 89549.999612
LKR 315.134608
LRD 184.249921
LSL 16.329952
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.35501
MAD 9.29205
MDL 17.248506
MGA 4172.585531
MKD 52.584206
MMK 2099.780124
MNT 3575.250437
MOP 8.059525
MRU 40.0102
MUR 46.579821
MVR 15.449731
MWK 1736.999652
MXN 17.35925
MYR 3.982984
MZN 63.949926
NAD 16.33017
NGN 1362.150586
NIO 36.754009
NOK 9.491565
NPR 147.983022
NZD 1.705625
OMR 0.384501
PAB 0.998725
PEN 3.372503
PGK 4.323196
PHP 59.672977
PKR 279.02506
PLN 3.628185
PYG 6452.275411
QAR 3.646097
RON 4.349202
RSD 100.242003
RUB 77.624044
RWF 1461.5
SAR 3.752725
SBD 8.04851
SCR 14.441746
SDG 601.000396
SEK 9.267295
SGD 1.272195
SLE 24.60124
SOS 571.495018
SRD 37.575503
STD 20697.981008
STN 20.965616
SVC 8.738811
SYP 110.553826
SZL 16.330189
THB 31.984021
TJS 9.503158
TMT 3.5
TND 2.912484
TRY 44.549202
TTD 6.774889
TWD 31.755099
TZS 2595.000449
UAH 43.381882
UGX 3680.503855
UYU 40.536031
UZS 12184.87395
VES 474.416897
VND 26325
VUV 119.534712
WST 2.769292
XAF 561.328279
XAG 0.013135
XAU 0.000209
XCD 2.70255
XCG 1.800048
XDR 0.698112
XOF 561.328279
XPF 102.054176
YER 238.574959
ZAR 16.36117
ZMK 9001.19971
ZMW 19.051327
ZWL 321.999592
  • AEX

    1.9100

    1005.12

    +0.19%

  • BEL20

    24.8100

    5417.26

    +0.46%

  • PX1

    -18.1800

    8245.8

    -0.22%

  • ISEQ

    -190.1000

    12654.31

    -1.48%

  • OSEBX

    37.6300

    2060.64

    +1.86%

  • PSI20

    34.9600

    9484.93

    +0.37%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    43.9800

    3970.39

    +1.12%

  • N150

    18.2200

    4067.32

    +0.45%

Les derniers chasseurs-cueilleurs de Thaïlande revendiquent leur droit aux terres
Les derniers chasseurs-cueilleurs de Thaïlande revendiquent leur droit aux terres / Photo: © Courtesy of Luke Duggleby/AFP

Les derniers chasseurs-cueilleurs de Thaïlande revendiquent leur droit aux terres

Au coeur d'une forêt du sud de la Thaïlande, un jeune homme court, sarbacane en main, avant de décocher une flèche empoisonnée sur un singe.

Taille du texte:

Le groupe qui l'accompagne s'approche en criant avant que l'animal ne tombe au sol.

Cette chasse traditionnelle est toujours pratiquée par les Maniqs, l'un des plus petits groupes ethniques de Thaïlande et les derniers chasseurs-cueilleurs du pays.

En voie de sédentarisation, les Maniqs réclament que leur droit de propriété soit reconnu sur les territoires qu'ils occupent depuis des générations mais qui sont à présent régis par les lois de protection de la nature.

A 18 ans, Dan Rakpabon est le plus jeune chasseur des Maniqs. Il rapporte son trophée au thap, un abri de bambou au toit de feuilles, dans une clairière de Pa Bon.

Il dépèce l'animal au dessus d'un feu pour brûler sa fourrure, puis le découpe avec soin pour répartir la viande en fonction de la taille de chaque famille.

"Je suis très heureux à chaque fois que je pars en chasse. C'est notre nourriture", dit-il.

Pourtant, dans cette zone protégée de la forêt thaïlandaise, la chasse est illégale. Un défi que rencontrent de nombreux peuples autochtones dans le monde, sommés d'abandonner leur mode de vie traditionnel et qui doivent se battre pour des terres qu'ils ont toujours occupées.

Ils se retrouvent fréquemment victimes des politiques de protection de la nature, même si plusieurs études montrent que leur usage limité des ressources contribue à la préservation de la biodiversité.

"Le mode de vie traditionnel des Maniqs n'est pas une inquiétude", reconnaît Chutiphong Phonwat, qui dirige le centre de protection de la faune sauvage de Banthat. "Ils ne détruisent pas la forêt".

- "Je peux écrire mon nom" -

Pendant des siècles, les Maniqs, qui font partie de la branche de population plus large désignée sous le nom de Negritos, ont vécu comme des chasseurs-cueilleurs dans les forêts tropicales de la péninsule malaise, se déplaçant au gré des saisons pour se fournir en nourriture.

Ils ne sont plus que 415, dispersés dans les montagnes du sud de la Thaïlande, selon les données de la Fondation pour l'éducation et l'environnement des peuples autochtones.

La plupart sont sédentarisés en bordure de forêt, attirés par l'accès aux soins et à l'éducation pour leurs enfants, comme à Pa Bon, dans la province de Phattalung.

Mais la vie moderne requiert de l'argent, contraignant les hommes à travailler sur des plantations d'hévéa pour trois à huit dollars par jour, tandis que les femmes confectionnent des sacs avec des feuilles de pandan pour les vendre.

Certains ont des smartphones et les enfants vivent dans un village à 10 kilomètres de l'école.

"Un jour mon enfant est venu me voir et m'a dit +Aujourd'hui je peux écrire mon nom+. Entendre cela m'a rendue fière", indique sa mère, Jeab Rakpabon, qui gagne sa vie en tissant.

Pour ces communautés, la chasse est devenue une activité occasionnelle plus qu'un moyen de subsistance.

"J'ai grandi en suivant mon père dans la forêt pour chasser et chercher de la nourriture", indique Tom Rakpabon, chef de la communauté de 40 personnes dont tous les membres se sont vu attribuer le même nom de famille par les autorités.

"A présent nous devons acheter du riz, de la viande, des légumes au marché".

Tiraillés entre leurs traditions et le mode de vie moderne, les Maniqs revendiquent des droits de propriété à demeure sur les forêts protégées.

"Nous voulons de vraies maisons, des terres pour cultiver les légumes", dit Jeab Rakpabon. "Les abris de feuilles comme ceux-ci ne sont que temporaires".

- Situation précaire -

La forêt est désormais classée comme une zone protégée où la loi thaïlandaise interdit la propriété privée des terres et restreint l'utilisation des ressources.

"Les Maniqs, comme tout le monde, doivent respecter la loi de manière égale", déclare Chalerm Phummai, directeur de l'Office de protection de la Faune de Thaïlande.

Selon la réglementation, les communautés autochtones peuvent demander des permis d'utilisation des terres de 20 ans, et plusieurs ont été délivrés.

Mais ce processus réduit les groupes autochtones à des occupants temporaires de leurs forêts ancestrales, soulignent les détracteurs.

Une communauté Maniq vit depuis plus de 30 ans à Plai Khlong Tong, dans la province de Trang, où elle a établi ses propres plantations d'hévéas et des maisons en bois et en béton sommaires au milieu des arbres imposants.

"C'est frustrant de vivre ainsi", note cependant Thawatchai Paksi, dont la mère a épousé un planteur d'hévéa, impulsant le changement de mode de vie. "Nous avons besoin de permission pour presque tout, même pour couper un arbre ou construire une maison.

Vivre sans titre de propriété place les habitants dans une situation précaire, explique le chef du village Sakda Paksi.

"Si les Maniq possédaient des terres, on pourrait marcher sur nos deux pieds".

- "Plus rien dans la forêt" –

Un groupe de la province de Satun a été réduit à mendier en bord de route, faute de trouver du travail.

"Si personne ne nous donne à manger, c'est difficile", dit leur cheffe, Jin Sri Thung Wa.

"Il ne reste plus rien dans la forêt ici, et il n'y a aucun travail", dit-elle.

Les Maniqs se heurtent aussi à des discriminations de la part des Thaïlandais, notamment dans la façon dont ils sont désignés.

"Les Maniqs ne sont pas des sauvages," souligne Tao Khai, un autre chef communautaire. "Nous sommes un peuple de la forêt".

Les propriétaires d'une plantation de caoutchouc et site touristique permettent à son groupe de vivre sur leur territoire, mais ils n'ont pas de champs à cultiver et subsistent grâce à des travaux journaliers dans la région, complétés par la chasse.

Chaque matin, un employé de la plantation conduit Duan Srimanang, 13 ans, et des dizaines d'autres enfants à l'école.

En raison de ses faibles connaissances, elle étudie avec des enfants de sept ans, mais elle peut maintenant écrire son nom et apprend à lire.

"Quand je serai grande, je veux avoir un travail et gagner de l'argent pour pouvoir m'occuper de ma mère et lui rendre la vie confortable et heureuse", dit-elle.

- Droits permanents -

En septembre, une nouvelle loi thaïlandaise a créé des "zones ethniques protégées" pour les populations autochtones avec un régime plus flexible.

"Les Maniqs n'obtiendront pas la propriété foncière, mais ils auront des droits d'utilisation des terres conformément à leur mode de vie traditionnel", assure l'anthropologue Apinan Thammasena.

"La sécurité foncière ne passe pas forcément par un droit de propriété. Elle peut prendre la forme de droits d'utilisation garantis et permanents des terres", ajoute-t-il.

Mais pour le député Laufang Bandittheodsakul, un membre des tribus Hmong, qui a participé à l'élaboration de la réglementation, les règles environnementales restent en place, ce qui peut potentiellement saper l'impact de ces mesures.

"La législation foncière reste largement inchangée", dit-il, soulignant que le service des forêts devait toujours autoriser l'accès à l'eau, l'électricité et la construction des routes.

Tao Khai rentre de la chasse à la plantation d'hévéa, où Duan et ses amis font leurs devoirs éclairés par une lampe torche.

"Cette terre nous a été donnée temporairement", dit-il. "Les Maniqs veulent une maison où ils peuvent vivre pour toujours".

str/sah/slb/ane/lgo/gmo/pt

Ce reportage est une collaboration entre l'AFP et HaRDstories, avec le soutien du Centre Pulitzer.

S.Wilson--ThChM