The China Mail - Au procès de Lafarge, les parties civiles dénoncent le cynisme de la société et de ses cadres

USD -
AED 3.67315
AFN 64.999686
ALL 83.065001
AMD 376.619509
ANG 1.790083
AOA 917.000264
ARS 1385.891797
AUD 1.445933
AWG 1.8
AZN 1.69886
BAM 1.695072
BBD 2.009612
BDT 122.428639
BGN 1.709309
BHD 0.379499
BIF 2971
BMD 1
BND 1.2851
BOB 6.894519
BRL 5.1529
BSD 0.997742
BTN 92.939509
BWP 13.688562
BYN 2.956504
BYR 19600
BZD 2.006665
CAD 1.391815
CDF 2299.999565
CHF 0.798205
CLF 0.023186
CLP 915.529722
CNY 6.882602
CNH 6.87773
COP 3683.02
CRC 464.279833
CUC 1
CUP 26.5
CVE 95.875027
CZK 21.23901
DJF 177.719522
DKK 6.473025
DOP 60.625018
DZD 132.829656
EGP 54.229803
ERN 15
ETB 156.149824
EUR 0.866201
FJD 2.259701
FKP 0.75717
GBP 0.755904
GEL 2.684969
GGP 0.75717
GHS 11.010197
GIP 0.75717
GMD 73.495694
GNF 8777.49315
GTQ 7.632939
GYD 208.828972
HKD 7.83705
HNL 26.630084
HRK 6.527903
HTG 130.952897
HUF 329.903504
IDR 17028
ILS 3.14681
IMP 0.75717
INR 92.94095
IQD 1310
IRR 1315800.000568
ISK 125.089827
JEP 0.75717
JMD 157.303566
JOD 0.708989
JPY 159.732503
KES 130.098985
KGS 87.450052
KHR 4012.503625
KMF 426.999958
KPW 899.999766
KRW 1509.030501
KWD 0.30985
KYD 0.831502
KZT 472.805432
LAK 21960.000338
LBP 89549.999685
LKR 314.804623
LRD 184.249832
LSL 16.864995
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.389579
MAD 9.362495
MDL 17.55613
MGA 4165.000206
MKD 53.452029
MMK 2099.768269
MNT 3572.241801
MOP 8.055104
MRU 40.119773
MUR 46.939643
MVR 15.459794
MWK 1736.505683
MXN 17.79213
MYR 4.027501
MZN 63.949993
NAD 16.869881
NGN 1380.350253
NIO 36.714994
NOK 9.70603
NPR 148.701282
NZD 1.75044
OMR 0.384783
PAB 0.997734
PEN 3.452498
PGK 4.309042
PHP 60.178035
PKR 279.098326
PLN 3.698915
PYG 6454.29687
QAR 3.6451
RON 4.416597
RSD 101.818592
RUB 80.16779
RWF 1460
SAR 3.75445
SBD 8.038772
SCR 14.859886
SDG 601.000224
SEK 9.43775
SGD 1.284755
SHP 0.750259
SLE 24.589175
SLL 20969.510825
SOS 571.501784
SRD 37.350996
STD 20697.981008
STN 21.625
SVC 8.730169
SYP 110.564494
SZL 16.869758
THB 32.57018
TJS 9.563492
TMT 3.51
TND 2.919043
TOP 2.40776
TRY 44.58031
TTD 6.768937
TWD 31.940262
TZS 2599.999687
UAH 43.698134
UGX 3743.234401
UYU 40.405091
UZS 12175.000498
VES 473.467199
VND 26336.5
VUV 119.305544
WST 2.766278
XAF 568.506489
XAG 0.013743
XAU 0.000215
XCD 2.702551
XCG 1.798209
XDR 0.7075
XOF 568.497116
XPF 103.849588
YER 238.602673
ZAR 16.87111
ZMK 9001.191881
ZMW 19.281421
ZWL 321.999592
  • AEX

    -0.8800

    975.86

    -0.09%

  • BEL20

    -4.1800

    5216.44

    -0.08%

  • PX1

    -19.1600

    7962.39

    -0.24%

  • ISEQ

    -115.2800

    12148.11

    -0.94%

  • OSEBX

    -14.8900

    2053.05

    -0.72%

  • PSI20

    69.7500

    9369.63

    +0.75%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -5.3900

    3848.16

    -0.14%

  • N150

    3.1500

    3943.17

    +0.08%

Au procès de Lafarge, les parties civiles dénoncent le cynisme de la société et de ses cadres
Au procès de Lafarge, les parties civiles dénoncent le cynisme de la société et de ses cadres / Photo: © AFP/Archives

Au procès de Lafarge, les parties civiles dénoncent le cynisme de la société et de ses cadres

"La perspective des bénéfices était supérieure aux risques": au procès de Lafarge, les parties civiles ont dénoncé vendredi le cynisme de la multinationale et de ses ex-responsables, qui ont choisi de maintenir une usine en Syrie jusqu'en 2014 moyennant des paiements à des groupes jihadistes classés comme "terroristes".

Taille du texte:

Après quatre semaines de débats, la parole est désormais aux avocats des parties civiles pour leurs plaidoiries.

Dans cette affaire, la société et huit anciens responsables sont jugés jusqu'au 19 décembre pour financement du terrorisme et violation d'embargo, soupçonnés d'avoir versé en 2013 et 2014 à des groupes rebelles, dont l'État islamique (EI) et Jabhat al-Nosra, plusieurs millions d'euros afin de maintenir l'activité d'une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.

"Les salariés syriens ont été exposés aux conséquences de ce système pour maintenir l'activité de l'usine coûte que coûte", a dénoncé Me Mathieu Bagard, avocat de plusieurs anciens employés de la cimenterie. "Ce qu'il faut entendre c'est la manière dont la peur s'est infiltrée dans leur vie quotidienne, dans leurs trajets vers l'usine", qui étaient truffés de checkpoints tenus par les groupes rebelles, a relaté sa consœur, Me Elise Le Gall.

"Chaque paiement de sécurité nourrissait le contrôle territorial des groupes terroristes, chaque paiement consolidait les checkpoints", a-t-elle ajouté.

"Le mobile c'était la préservation de l'investissement", a abondé Me Grégoire Rialan, qui défend les ONG Sherpa et ECCHR.

"Des risques ont été pris en conscience car la perspective des bénéfices était supérieure aux risques", a lancé de son côté Me Julie Février, autre conseil de Sherpa. "On s'autorise à financer des factions armées pour continuer à opérer", mais "l'argent n'est pas neutre", a-t-elle observé.

"Si ces groupes sont terroristes, on finance le terrorisme", a-t-elle poursuivi. "Un financement parle, un financement n'est pas une ligne, un chiffre dans un tableau".

Pour l'avocate, "ce financement du terrorisme n'est pas l'œuvre d'une pomme pourrie comme tente à le faire croire (l'entreprise), c'est tout un système qui dysfonctionne".

- "Responsabilités diluées" -

"Les responsabilités sont diluées à divers niveaux de la hiérarchie", a encore pointé Me Février. Et pendant les débats, les prévenus se sont défaussés les uns sur les autres, a-t-elle fustigé. "C'est toujours soit la faute du N+1, soit la faute du N-1 (...) finalement c'est la faute à personne, comme dans la cour de récréation".

Elle a particulièrement critiqué la position adoptée par l'ex-PDG du groupe Bruno Lafont, qui s'est toujours défendu en disant qu'il n'était pas au courant des versements effectués. Un autre prévenu, l'ancien directeur général adjoint de Lafarge Christian Herrault, affirme lui que son supérieur avait bien été informé.

"Lorsqu'on est aux commandes, on est responsable, diriger une grande multinationale ça oblige, on a des milliers de personnes sous sa hiérarchie", a déroulé l'avocate de Sherpa. "On ne peut pas sérieusement croire que quand la guerre éclate (...) on ne surveille pas ce qui se passe près de l'usine" et "qu'on est tenus à l'écart des confidences".

"Une condamnation d'une multinationale aurait un effet dissuasif pour toutes les autres", a-t-elle enfin plaidé.

Au total, 337 parties civiles se sont constituées à ce jour dans cette affaire, dont 12 associations, 193 anciens salariés de l'usine de Lafarge en Syrie, et 132 victimes directes ou indirectes d'attentats liés à l'État islamique, a détaillé Aurélie Valente, une des deux représentantes du parquet national antiterroriste.

Le tribunal correctionnel de Paris dira lors de son jugement s'il les juge recevables et si à ce titre elles peuvent prétendre à des dommages et intérêts.

Mais selon la jurisprudence de la Cour de cassation, les personnes physiques ne peuvent être considérées comme des victimes de l'infraction de financement du terrorisme, a expliqué la procureure, qui a demandé de fait de rejeter leur constitution de partie civile. "Nous ne nions nullement la souffrance des salariés de LCS" et des victimes des attentats, a-t-elle assuré. "Mais notre métier de magistrat c'est uniquement de faire appliquer le droit".

M.Chau--ThChM