The China Mail - Les mesures pour le pouvoir d'achat à l'Assemblée, au risque de la "surenchère"

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Les mesures pour le pouvoir d'achat à l'Assemblée, au risque de la "surenchère"
Les mesures pour le pouvoir d'achat à l'Assemblée, au risque de la "surenchère" / Photo: © AFP/Archives

Les mesures pour le pouvoir d'achat à l'Assemblée, au risque de la "surenchère"

Oui aux compromis, non à la "surenchère": le gouvernement a donné lundi le coup d'envoi des débats à l'Assemblée sur son paquet de mesures en faveur du pouvoir d'achat, face à une opposition faisant assaut de propositions d'aides nouvelles.

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"Je souhaite que nous puissions avancer de la manière la plus constructive possible", mais "nous n'entrerons pas dans une logique de surenchère", a averti le ministre de l’Économie Bruno Le Maire à la tribune, alors que 20 milliards d'aides sont déjà sur la table.

"Le compromis ne s'achète pas à coup de milliards", a encore lancé M. Le Maire dans un hémicycle bien fourni à l'extrême droite comme à gauche.

Promesse de campagne, le projet de loi de 20 articles "portant mesures d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat" est soumis en première lecture jusqu'à jeudi, avec plus d'un millier d'amendements à la clé. Les députés enchaîneront avec l'examen du projet de budget rectificatif pour 2022 qui doit permettre de financer et compléter ces mesures.

Parmi les principales figurent la revalorisation anticipée de 4% des pensions de retraite et des prestations sociales, l'augmentation de 3,5% du traitement des agents publics, un chèque alimentaire sous conditions de ressources de 100 euros, auquel s'ajouteront 50 euros par enfant.

On y trouve également la prolongation de la remise carburant de 18 centimes et du bouclier tarifaire sur l'énergie, la suppression de la redevance audiovisuelle ou encore le triplement de la prime Macron (défiscalisée et exonérée de cotisations sociales).

L'adoption définitive, à l'issue d'une navette avec le Sénat, est programmée au 7 août, si le plan du gouvernement se déroule comme prévu. Car faute de majorité absolue, la partie s'annonce ardue pour les macronistes s'ils veulent conserver les "équilibres" financiers.

- "les téléphones ont chauffé" -

"Tout le week-end, les téléphones ont chauffé tous azimuts, on a consulté à gauche, on a consulté à droite (...), je suis convaincu qu'on va trouver un bon accord pour les Français", a assuré le porte-parole du gouvernement Olivier Véran.

Alors que l'inflation s'établit à 5,8% sur un an en juin, "le plus dur, nous y sommes pour quelques mois encore", a admis M. Le Maire.

"Aucun groupe, aucun parti politique, aucun député n'a intérêt à dire à la fin de la semaine que ce texte n'est pas adopté", sinon "ça veut dire que le pouvoir d'achat des Français ne sera pas protégé", a mis en garde la présidente des députés LREM Aurore Bergé.

Durant la semaine écoulée, le gouvernement a subi un premier revers avec le projet de loi sanitaire, amputé d'un article-clé sur le possible retour d'un passe sanitaire anti-Covid pour les entrées dans l'Hexagone.

Les députés LR poussent notamment pour une "baisse du prix du carburant à 1,5 euro par litre", les élus RN pour une baisse de la TVA sur les prix de l'énergie. L'alliance de gauche Nupes va décliner en amendements son propre texte "d'urgence sociale" avec hausse du Smic à 1.500 euros ou taxation des "superprofits" des grands groupes.

La présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale Mathilde Panot a jugé lundi le texte "dangereux", car, selon elle, il "acte le refus d'augmenter les salaires, (…) le refus de piocher dans le trésor privé, et préfère piocher dans le trésor public pour gaver le trésor privé".

"J'aimerais savoir quels sont les compromis auxquels est prêt le pouvoir", s'est interrogé le premier secrétaire du PS Olivier Faure, qui ne se contentera pas "d'approuver la copie" du gouvernement.

Pas de "démagogie" mais du "sérieux budgétaire", avait mis en garde le chef de l’État dans son interview du 14-Juillet, voulant croire "à l'esprit de responsabilité des forces politiques à l'Assemblée".

Le groupe RN mené par Marine Le Pen a déjà prévu de soutenir ce texte "urgent", certains Nupes considèrent que "c'est mieux que rien" et la droite promet d'être "exigeante" sur le financement.

M. Le Maire a tendu la main aux LR en se disant ouvert à une défiscalisation des heures supplémentaires plus poussée - comme voté en commission - et à élargir l'indemnisation de ceux qui utilisent leur véhicule pour aller travailler.

Espoir pour la nouvelle "méthode" prônée par l'exécutif: un consensus se dessine sur la déconjugalisation de l'allocation aux adultes handicapés (AAH), c'est-à-dire sans tenir compte des revenus du conjoint.

I.Ko--ThChM