The China Mail - Dans le Kenya rural, le difficile combat contre l'excision

USD -
AED 3.67315
AFN 65.000026
ALL 83.065029
AMD 376.98046
ANG 1.790083
AOA 917.000254
ARS 1386.161903
AUD 1.4454
AWG 1.80025
AZN 1.739242
BAM 1.695072
BBD 2.009612
BDT 122.428639
BGN 1.709309
BHD 0.380499
BIF 2970
BMD 1
BND 1.2851
BOB 6.894519
BRL 5.153498
BSD 0.997742
BTN 92.939509
BWP 13.688562
BYN 2.956504
BYR 19600
BZD 2.006665
CAD 1.391961
CDF 2304.999741
CHF 0.798255
CLF 0.02321
CLP 916.470509
CNY 6.88265
CNH 6.876255
COP 3672.02
CRC 464.279833
CUC 1
CUP 26.5
CVE 95.999708
CZK 21.2243
DJF 177.720441
DKK 6.47437
DOP 60.850109
DZD 132.915026
EGP 54.336197
ERN 15
ETB 156.149875
EUR 0.86638
FJD 2.259739
FKP 0.75717
GBP 0.755755
GEL 2.68498
GGP 0.75717
GHS 11.005015
GIP 0.75717
GMD 74.000168
GNF 8779.999763
GTQ 7.632939
GYD 208.828972
HKD 7.836875
HNL 26.630278
HRK 6.5236
HTG 130.952897
HUF 330.395503
IDR 17021
ILS 3.14681
IMP 0.75717
INR 92.89985
IQD 1310
IRR 1319175.000218
ISK 125.120173
JEP 0.75717
JMD 157.303566
JOD 0.70898
JPY 159.7585
KES 130.096888
KGS 87.449983
KHR 4013.000059
KMF 427.000238
KPW 899.999766
KRW 1507.620087
KWD 0.30895
KYD 0.831502
KZT 472.805432
LAK 21950.000256
LBP 89549.999742
LKR 314.804623
LRD 183.8008
LSL 16.950073
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.390357
MAD 9.362495
MDL 17.55613
MGA 4164.999906
MKD 53.452029
MMK 2099.768269
MNT 3572.241801
MOP 8.055104
MRU 40.11971
MUR 46.940083
MVR 15.45977
MWK 1736.508345
MXN 17.788201
MYR 4.027497
MZN 63.950347
NAD 16.950039
NGN 1381.059851
NIO 36.715026
NOK 9.72425
NPR 148.701282
NZD 1.74946
OMR 0.384783
PAB 0.997734
PEN 3.452498
PGK 4.30902
PHP 60.166981
PKR 279.098055
PLN 3.695295
PYG 6454.29687
QAR 3.644984
RON 4.417699
RSD 101.818592
RUB 80.186892
RWF 1460
SAR 3.75425
SBD 8.038772
SCR 14.855005
SDG 601.000197
SEK 9.4223
SGD 1.28454
SHP 0.750259
SLE 24.650168
SLL 20969.510825
SOS 571.49594
SRD 37.35098
STD 20697.981008
STN 21.625
SVC 8.730169
SYP 110.564494
SZL 16.949965
THB 32.519399
TJS 9.563492
TMT 3.51
TND 2.922499
TOP 2.40776
TRY 44.585398
TTD 6.768937
TWD 31.943965
TZS 2600.000111
UAH 43.698134
UGX 3743.234401
UYU 40.405091
UZS 12154.99976
VES 473.3905
VND 26336.5
VUV 119.305544
WST 2.766278
XAF 568.506489
XAG 0.013798
XAU 0.000214
XCD 2.70255
XCG 1.798209
XDR 0.7075
XOF 567.500468
XPF 103.849903
YER 238.64997
ZAR 16.835225
ZMK 9001.196978
ZMW 19.281421
ZWL 321.999592
  • AEX

    -0.8800

    975.86

    -0.09%

  • BEL20

    -4.1800

    5216.44

    -0.08%

  • PX1

    -19.1600

    7962.39

    -0.24%

  • ISEQ

    -115.2800

    12148.11

    -0.94%

  • OSEBX

    -14.8900

    2053.05

    -0.72%

  • PSI20

    69.7500

    9369.63

    +0.75%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -5.3900

    3848.16

    -0.14%

  • N150

    3.1500

    3943.17

    +0.08%

Dans le Kenya rural, le difficile combat contre l'excision
Dans le Kenya rural, le difficile combat contre l'excision / Photo: © AFP

Dans le Kenya rural, le difficile combat contre l'excision

Des femmes massaï éclatent d'un rire amer lorsqu’un ancien de la communauté, drapé d’une couverture traditionnelle rouge, assure que les mutilations génitales féminines ont quasiment cessé au sein de leur communauté dans le sud du Kenya.

Taille du texte:

Elles savent que l’excision des jeunes filles, consistant à enlever le clitoris et les petites lèvres - et présentée comme un rite de passage -, reste une pratique profondément ancrée dans certains villages reculés du comté de Narok, pourtant à quelques heures à peine de la capitale Nairobi.

Dans ces zones sous-développées, très loin de toute route bitumée, environ 80% des filles sont encore concernées, se désole une infirmière. Une loi a pourtant rendu illégale les mutilations génitales en 2011.

"Pourquoi dites-vous aux gens que vous avez arrêté, alors que nous avons des adolescentes qui arrivent à l'hôpital après avoir été excisées ?", crie une femme dans une foule rassemblée au village d'Entasekera pour discuter de la question.

Les femmes acquiescent vigoureusement, face à des hommes impassibles.

"Nous n’excisons plus les filles car la culture a changé", assure à l’AFP Moses Letuati, 50 ans, avant d'admettre que l'une de ses quatre filles a été excisée.

Plusieurs communautés pratiquent encore les mutilations génitales féminines (MGF) au Kenya, malgré des pressions continues pour qu'elles cessent, d'abord des colonisateurs britanniques, puis d'ONG kényanes et internationales.

Outre certains Massaï, pour qui les filles doivent être mutilées afin de pouvoir être mariées, la diaspora somalienne vivant dans le nord-est du pays connaît encore des taux d'excision supérieurs à 90%.

Alors que la proportion d'adolescentes excisées a chuté de 29% à 9% au Kenya entre 1998 et 2022, selon une enquête gouvernementale, la pratique subsiste même en milieu urbain, via des MGF désormais médicalisées.

- Cris et malédictions -

"Je criais et je me débattais", raconte Martha, 18 ans, qui avait 10 ans lorsque deux femmes l'ont excisée chez elle, dans l'est du comté de Narok.

Il lui a fallu un mois pour guérir, dit-elle. Sa mère et sa sœur lui ont expliqué que c’était la décision de son père.

Forcée ensuite à épouserun homme de 25 ans, elle s’est enfuie dans un refuge dirigé par Patrick Ngigi, fondateur de l’organisation Mission with a Vision, qui a secouru quelque 3.000 victimes de MGF depuis 1997.

Le refuge, soutenu par le Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap), est sécurisé par des caméras et ses pensionnaires ont accès à des boîtiers d'alerte pour les protéger de leurs propres communautés.

Patrick Ngigi concède avoir "beaucoup d'ennemis" : il a été visé par des sorts, comme l'ont été des filles ayant refusé d'être excisées. Mais pour lui, la solution passe par le dialogue et l'arrêt de la corruption.

"Quand un policier arrive et surprend (quelqu'un pratiquant ces mutilations), il suffit de lui donner quelque chose pour pouvoir continuer", déplore-t-il.

Une accusation rejetée par Raphael Maroa, un policier local, qui reconnaît toutefois que la lutte contre l'excision est ardue, beaucoup de filles étant désormais emmenées discrètement en Tanzanie voisine pour y être mutilées.

Il pointe le manque d’éducation de la communauté — environ la moitié des habitants de Narok est analphabète, selon des chiffres de 2022 — avant d'admettre lui-même auprès de l’AFP que ses deux filles ont été excisées afin d’éviter "un conflit avec (ses) parents".

- Pratique "monstrueuse" -

Les Massaï comptent toujours parmi les communautés kényanes les plus pauvres. Des décennies durant, ils ont perdu leurs terres, accaparées par les colons puis le tourisme, et certains restent méfiants à l'égard des étrangers qui tentent de changer leur mode de vie.

Si les taux d'excision ont officiellement baissé dans le comté de Narok, de nombreux cas ne sont pas recensés, estime Rhoda Orido, infirmière-cheffe à l'hôpital du comté.

L’infirmière Loise Nashipa, 32 ans, du centre de santé d’Entasekera, décrit les MGF comme "monstrueuses" : "Il y a des saignements, de la douleur et des infections", dénonce-t-elle, la plupart des mutilations étant encore, selon elle, pratiquées par des femmes âgées utilisant des lames non désinfectées.

Les victimes souffrent ensuite souvent de fistules et de complications à l'accouchement.

Au refuge, les filles fêtent la remise de diplôme de psychologie de Cecilia Nairuko, 24 ans, une résidente qui a fui l'excision et un mariage forcé à 15 ans.

Son parcours ravit Patrick Ngigi, qui souligne toutefois que son travail n’est jamais terminé. Lors du rassemblement au village, des femmes l’ont dit-il discrètement abordé pour le supplier de prendre six filles qu’elles estimaient menacées.

Cecilia Nairuko rayonne en dansant dans sa toge de diplômée. Mais à l’instar de nombreuses autres résidentes, son visage s'assombrit lorsqu'elle parle de sa famille: son père et trois de ses quatre frères ne lui ont jamais pardonné de ne pas avoir été excisée.

A.Zhang--ThChM