The China Mail - L’Allemagne moins optimiste sur la croissance en 2026

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L’Allemagne moins optimiste sur la croissance en 2026
L’Allemagne moins optimiste sur la croissance en 2026 / Photo: © AFP

L’Allemagne moins optimiste sur la croissance en 2026

Les espoirs d'une reprise rapide en Allemagne se dissipent: Berlin a abaissé mercredi sa prévision de croissance pour 2026, la relance budgétaire peinant à produire ses effets, tandis que les tensions commerciales et la crise industrielle persistent.

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Le Produit Intérieur Brut (PIB) de l'Allemagne devrait croître de 1% selon le rapport annuel du ministère de l'économie, qui tablait à l'automne sur un rebond de 1,3%.

Le constat est amer pour la coalition du chancelier Friedrich Merz, qui promettait, depuis son intronisation en mai, une embellie en 2026 grâce aux centaines de milliards d'euros d'investissements publics adoptés pour moderniser la défense et les infrastructures.

Neuf mois plus tard, sa ministre de l'Economie Katherina Reiche se voit confrontée au mécontentement croissant de la population et du patronat, qui réclame d'autres réformes pour relancer la première économie européenne.

- "Légère trajectoire de reprise" -

"Les impulsions attendues [de la relance budgétaire] ne se sont pas concrétisées aussi rapidement et dans la mesure que nous l'avions prévu", a reconnu la ministre conservatrice lors d'une conférence de presse.

Certes, ce "bazooka" d'investissements devrait représenter deux tiers de la croissance engrangée cette année, et redresser la consommation des ménages et des administrations publiques.

De quoi engager le PIB sur une "légère trajectoire de reprise" selon la ministre, après une mini-croissance de 0,2% en 2025 et deux années consécutives de récession.

Mais "les perspectives de croissance structurelle restent sensiblement affaiblies", note le rapport.

Pour 2027, le gouvernement a aussi revu à la baisse sa prévision, de 1,4% à 1,3% du PIB.

Comme l'an dernier, les exportations allemandes, ancien moteur de la croissance, vont souffrir en 2026 d'un environnement mondial "très difficile" selon Mme Reiche, entre avalanche de droits de douane américains et concurrence chinoise.

Les exportations vers les Etats-Unis, son ancien premier partenaire commercial, se sont effondrées de 9,4% entre janvier et novembre 2025, par rapport à 2024.

"Les menaces de relèvement des droits de douane, comme récemment aux États-Unis, créent en outre des incertitudes", a ajouté Katherina Reiche.

Elle note toutefois "une nette reprise" dans le secteur industriel en crise, avec une embellie de la production et des commandes, notamment dans les biens d'équipements.

Mais les défis restent colossaux pour redresser une industrie allemande à la dérive, qui réclame une nette baisse des prix de l'énergie et un allègement de la bureaucratie.

- Début d'année "poussif" -

Cette révision à la baisse du gouvernement "n'est pas surprenante", affirme à l'AFP l'économiste Felix Schmidt, chez Berenberg.

Il pointe en particulier "un début d'année poussif, comme suggéré par l'indice du climat des affaires de l'institut Ifo pour janvier", publié lundi.

"Cela laisse présager une croissance très faible au premier trimestre et cela abaisse la base de référence pour les prévisions 2026", affirme à l'AFP Jörg Krämer, chef économiste chez Commerzbank.

Afin que les dépenses supplémentaires de l'Etat "ne se transforment pas en coûteux feu de paille, des réformes d'accompagnement seront également nécessaires", prévient M.Schmidt.

Mme Reiche a défendu l'action du gouvernement pour aider les entreprises et ménages, notamment via des allègements fiscaux, un premier pas selon les fédérations professionnelles du pays.

Cette année, le camp de Friedrich Merz promet une réforme d'ampleur du système de prestations sociales, jugé trop coûteux, et le chancelier répète sa volonté d'augmenter le temps de travail pour accroître la productivité.

Reste que neuf mois après son entrée en fonction, Katherina Reiche ne recueille que 18% d'avis favorable dans la population, selon un sondage de l'institut Forsa. C'est pire que son prédécesseur écologiste Robert Habeck qui est resté 3 ans en fonction.

K.Leung--ThChM