The China Mail - Les polluants éternels vont coûter très cher à l'Europe

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Les polluants éternels vont coûter très cher à l'Europe
Les polluants éternels vont coûter très cher à l'Europe / Photo: © AFP/Archives

Les polluants éternels vont coûter très cher à l'Europe

Coûts pour la santé, dépollution des sols et de l'eau... Les polluants éternels (PFAS), ces substances chimiques persistantes omniprésentes dans notre quotidien, pourraient coûter à l'Union européenne jusqu'à 1.700 milliards d'euros d'ici à 2050, selon un rapport publié jeudi.

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"Cette étude souligne l'urgence d'agir", a réagi la commissaire européenne Jessika Roswall, en charge de l'environnement. "Les consommateurs sont inquiets, et à juste titre".

Commandé par la Commission européenne, ce rapport établit quatre scénarios selon l'ampleur des mesures décidées par Bruxelles contre les PFAS, avec des coûts pouvant aller de 330 milliards d'euros jusqu'à 1.700 milliards d'ici 2050.

Le scénario le plus coûteux comprend une large dépollution des sols et le traitement des eaux usées pour garantir que l'Union européenne respecte des normes environnementales élevées dans l'eau, pour une vingtaine de PFAS.

Le scénario à 330 milliards d'euros correspond quant à lui à l'arrêt total de la production et de l'utilisation des PFAS, mais sans traitement supplémentaire de l'eau potable ni traitement spécifique des eaux usées.

L'étude table enfin sur un coût de 440 milliards d'euros si l'Union européenne ne fait rien de plus qu'aujourd'hui. Ce seraient cette fois les coûts pour la santé qui s'envoleraient, en particulier pour les populations à risque: enfants, personnes installées à proximité de sites contaminés par ces "polluants éternels" et travailleurs exposés dans l'industrie.

Les auteurs de l'étude reconnaissent au passage qu'ils ont probablement largement sous-estimé les coûts sanitaires, en limitant l'analyse à quatre PFAS seulement (PFOA, PFOS, PFHxS et PFNA).

Cosmétiques, ustensiles de cuisine, emballages... Les PFAS sont partout, utilisés pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou leur résistance à la chaleur.

Ces substances chimiques per- et polyfluoroalkylées mettent énormément de temps à se décomposer, d'où leurs surnoms de "polluants éternels".

Elles peuvent avoir des effets délétères sur la santé, avec l'augmentation du taux de cholestérol et de cancers, des effets sur la fertilité et le développement des fœtus...

- Pas de loi avant fin 2026 -

Réalisé par des cabinets de consultants, le rapport publié jeudi doit aider l'Union européenne à préparer une future loi sur les PFAS.

Des boîtes de pizzas aux vêtements, la Commission européenne voudrait interdire les polluants éternels dans les produits de consommation courante, avec des exceptions pour des secteurs stratégiques, dans le domaine médical par exemple.

Mais sa proposition de loi n'est pas attendue avant fin 2026 au plus tôt, avec de nombreuses incertitudes quant aux dérogations dont pourraient bénéficier certaines industries.

Pour légiférer, Bruxelles a besoin au préalable de deux avis décisifs de l'Agence européenne des produits chimiques (l'ECHA), en mars sur l'évaluation des risques des PFAS et fin 2026 sur l'impact socio-économique d'une interdiction dans l'UE.

Les organisations environnementales reprochent à l'UE de tarder à légiférer, sous la pression des lobbies industriels.

La commissaire européenne Jessika Roswall reconnaît quant à elle des "discussions difficiles" pour les produits qui ne sont pas destinés directement aux consommateurs.

Dans l'attente de la future loi, l'Union européenne a déjà agi contre certains PFAS de façon sectorielle.

Dans l'eau potable, une directive impose depuis janvier un seuil maximum de 0,1 microgramme par litre pour la concentration additionnée de 20 PFAS (dont PFOA, PFOS, PFHxS) considérés comme "préoccupants pour les eaux destinées à la consommation humaine".

Les eurodéputés ont aussi légiféré sur les emballages alimentaires avec des concentrations maximales de PFAS à partir du mois d'août, ou sur les jouets, dans lesquels polluants éternels et perturbateurs endocriniens seront interdits à l'horizon 2030.

La France a de son côté pris les devants pour les produits du quotidien. Depuis le 1er janvier, une loi interdit l'usage de certains PFAS dans les vêtements, chaussures, cosmétiques et farts pour les skis, avec quelques dérogations.

Z.Huang--ThChM