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L'heure approche: l'Italie ouvre vendredi soir pour la troisième fois les Jeux olympiques d'hiver, de retour en Europe dans un format inédit de sites éparpillés, censé réduire leur impact environnemental face au changement climatique qui menace l'existence même de l'événement.
Organisés en Italie 70 ans après ceux de Cortina d'Ampezzo et 20 ans après ceux de Turin, les JO-2026 vont débuter officiellement à partir de 20 heures locales (GMT+1) lors d'une cérémonie organisée simultanément au stade milanais de San Siro et dans les villages alpins de Cortina d'Ampezzo, Predazzo et Livigno, hôtes des compétitions de neige dans le nord de l'Italie.
Au terme de la cérémonie, l'ancienne star italienne du ski Alberto Tomba devrait être le dernier porteur de la flamme et embraser la vasque olympique sous l'Arc de la Paix à Milan, selon une source ayant connaissance du déroulement des festivités. Selon La Gazetta dello sport, Deborah Compagnoni allumera elle la vasque sur la place Dibona de Cortina d'Ampezzo.
Ces Jeux de Milan Cortina (6-22 février), dont les épreuves seront éclatées sur 22.000 km2 et sept sites dans tout le nord-est de la péninsule, représentent un défi logistique même s'ils se tiennent en "terrain connu" (les Alpes) après quatre éditions plus exotiques de 2010 à 2022 (Vancouver, Sotchi, Pyeongchang et Pékin).
Contrairement aux Russes de Sotchi, hôtes des Jeux les plus chers de l'histoire (24,6 milliards d'euros) ou aux Sud-Coréens de Pyeongchang, les organisateurs italiens ont misé sur des stations habituées à organiser des étapes de Coupe du monde, afin de réduire la facture - annoncée tout de même à 5,2 milliards d'euros - et de minimiser l'empreinte carbone comme l'exhorte désormais le Comité internationale olympique (CIO).
- Trêve olympique -
Ces Jeux, les premiers de la Zimbabwéenne Kirsty Coventry comme patronne de l'instance du sport mondial, se déroulent dans un contexte géopolitique pesant, toujours marqué notamment par la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient.
La double championne olympique de natation a espéré dimanche que "l'esprit des Jeux" permettrait de laisser de côté "tout ce qui détourne l'attention" de la compétition, à commencer par les débats sur le déploiement en Italie de membres de la police américaine de l'immigration ICE.
Quelques heures avant l'ouverture des Jeux, le pape Léon XIV a invité le monde à respecter la trêve olympique, "instrument d'espérance", alors qu'en novembre, les États membres de l'ONU ont adopté une résolution appelant à la suspension des conflits internationaux pendant les Jeux olympiques, un idéal régulièrement ignoré.
La cérémonie d'ouverture de Milan Cortina, conçue par Marco Balich et qui doit être suivie par plusieurs centaines de millions de téléspectateurs, sera placée sous le signe de "l'harmonie".
Les compétitions sportives (curling, hockey sur glace, patinage artistique) ont pour certaines débuté, par anticipation, dès mercredi soir. Quant à la star américaine de la descente Linsday Vonn, gravement blessée à un genou le 30 janvier, elle a bouclé sans problème apparent la première descente d'entraînement dans la matinée, l'articulation maintenue par une atèle, deux jours avant la course programmée dimanche.
- Mariah Carey, Lang Lang -
Des centaines d'étudiants ont manifesté dans l’après-midi à Milan contre la venue de l'ICE, tandis qu’un palais des sports abandonné était occupé non loin du stade de San Siro pour y organiser des contre-olympiades ce week-end.
Mais dans cette enceinte mythique du football italien comptant 75.000 places, la cérémonie veut selon ses organisateurs livrer un message de "paix" tout en exaltant la "fantaisie" et la culture italienne.
Les vedettes attendues ont déjà fuité depuis plusieurs semaines, à commencer par la star américaine Mariah Carey, le chanteur d'opéra Andrea Bocelli, l'acteur et producteur Pierfrancesco Favino, le pianiste chinois Lang Lang et la chanteuse Laura Pausini.
Comme à chaque cérémonie d'ouverture, le spectacle sera aussi en tribune officielle, avec de nombreux dirigeants attendus et une première rencontre entre Kirsty Coventry et l'administration américaine - représentée par le vice-président JD Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio - à deux ans des JO d'été 2028 de Los Angeles.
La première ministre italien Giorgia Meloni profite elle de la présence de nombreux chefs d'État pour s'entretenir notamment avec JD Vance, le président polonais Karol Nawroki et l'émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani.
Le rendez-vous de Milan Cortina aura d'autres spectateurs très attentifs: les organisateurs des JO-2030 prévus dans les Alpes françaises, là aussi en mode dispersé.
I.Ko--ThChM