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Le constructeur automobile Mercedes-Benz a annoncé jeudi un bénéfice net à son plus bas niveau depuis la pandémie et une chute drastique de ses marges en 2025, nouveau signe de la crise traversée par l'industrie automobile allemande coincée entre droits de douane et rude concurrence chinoise.
Le bénéfice net part du groupe a été quasiment divisé par deux à 5,1 milliards d'euros l'année dernière, son niveau le plus bas depuis 2020, année marquée par la pandémie de Covid-19, a-t-il indiqué dans un communiqué.
La marge opérationnelle du secteur voitures particulières, indicateur clé pour l'entreprise qui mise particulièrement sur les modèles de luxe, s'est effondrée à 3,7%, alors que le groupe tablait sur une fourchette comprise entre 4 et 6%.
Cela s'explique en partie par les droits de douane américains, qui ont pesé "environ un milliard d'euros", a indiqué le directeur financier du groupe Harald Wilhelm, lors d'une conférence de presse. Il s'attend à un montant supérieur en 2026, ces droits devant s'appliquer sur l'ensemble de l'année.
La dégradation du taux de marge dans l'automobile date de fait de plusieurs années, en passant de 12,6% en 2023 à 8,1% en 2024.
Pour 2026, Mercedes-Benz vise une fourchette historiquement basse comprise entre 3 et 5%, à des niveaux comparables à ceux enregistrés chez son concurrent Volkswagen, qui vend des voitures beaucoup moins chères.
- Le recul se poursuit en Chine -
Pour l'entreprise de Stuttgart, l'année 2025 a été entachée par une chute de ses livraisons de voitures de 9% à 1.800.000 unités. Les ventes de voitures électriques ont enregistré le même recul.
Le chiffre d'affaires global, qui inclue aussi les ventes de vans et des activités de financement, est en recul de 9,2% sur un an à 132,2 milliards d'euros.
"La réduction des ventes est principalement due à la féroce compétition en Chine", a souligné jeudi le président du directoire de Mercedes-Benz Ola Källenius.
En Chine, les livraisons de voitures ont diminué de 19% l'année dernière, et devraient poursuivre leur déclin en 2026, selon le patron.
Mercedes-Benz doit affronter la concurrence sans précédent de marques locales de mieux en mieux placées telles que BYD, particulièrement dans l'électromobilité. Le géant chinois a vendu 2,26 millions de véhicules électriques en 2025, un nouveau record pour ce secteur.
"L’écart de prix entre les marques chinoises haut de gamme et les constructeurs allemands premium doit se réduire sensiblement pour réussir la reprise en Chine", a estimé l'expert allemand de l'automobile Ferdinand Dudenhöffer, pour qui l'année 2025 est une année "à oublier" pour Mercedes-Benz, comme pour "presque tous les constructeurs automobiles".
Pour tenter de renouer avec la croissance, le président du directoire de Mercedes a annoncé la "plus grand offensive de lancements de produits de l'histoire de l'entreprise" dans les prochaines années.
Au total, le groupe prévoit de proposer 40 nouveaux modèles à partir de cette année - SUV électriques, grandes berlines, compactes électriques, sportives AMG ... - sur une période de trois ans.
Il a présenté fin janvier la dernière version de son modèle le plus haut de gamme, la Classe S, sans toutefois proposer une motorisation 100% électrique.
Vers 12H10 GMT, le cours de l'action du groupe, coté à Francfort, cédait 2,38% à 56,51 euros.
K.Leung--ThChM