The China Mail - Moyen-Orient: le marché pétrolier en ébullition, les Bourses toujours dans le rouge

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Moyen-Orient: le marché pétrolier en ébullition, les Bourses toujours dans le rouge

Moyen-Orient: le marché pétrolier en ébullition, les Bourses toujours dans le rouge

Les investisseurs sont toujours mis à cran par la guerre au Moyen-Orient: les cours du pétrole ont encore bondi jeudi, à des niveaux plus vus depuis 2022 en clôture, faisant grimper dans leur sillage les taux d'intérêt et fléchir les Bourses mondiales.

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Le prix du baril de Brent, référence mondiale pour le brut, a pris 9,22% à 100,46 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), a gagné 9,72% à 95,73 dollars.

Il faut remonter à l'été 2022, quelques mois après l'invasion russe en Ukraine, pour retrouver de tels niveaux.

Les marchés n'ont pas été calmés par la décision des membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) de prélever un volume historiquement élevé de pétrole dans les réserves stratégiques afin d'atténuer la perte de millions de barils chaque jour en provenance du Golfe.

Ces 400 millions de barils, puisés dans les stocks de 32 pays, constituent "un tampon temporaire mais probablement insuffisant pour compenser la réduction des flux passant par le détroit d'Ormuz", juge auprès de l'AFP Angelo Kourkafas, d'Edward Jones.

Depuis le déclenchement du conflit le 28 février, le trafic est pratiquement paralysé dans cette artère essentielle pour le commerce mondial de pétrole.

"Dans le langage des salles de marché, la libération de réserves par l'AIE équivaut à pointer un tuyau d'arrosage vers un incendie de raffinerie", image Stephen Innes, gérant chez SPI AM.

- Situation "pas sous contrôle"-

Peu de signes d'apaisement semblent se dégager sur le terrain.

Le géant français TotalEnergies a annoncé jeudi suspendre ou être sur le point de suspendre l'équivalent de 15% de sa production mondiale de pétrole et de gaz dans plusieurs Etats du Golfe.

Les producteurs de la région réduisent actuellement leur production pétrolière d'au moins 10 millions de barils par jour, soit "la plus importante perturbation" de l'approvisionnement en or noir de l'histoire, selon l'AIE.

Le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, dans sa première intervention publique, a appelé à maintenir fermé le détroit d'Ormuz. Le vice-ministre des Affaires étrangères a toutefois assuré à l'AFP que "des pays" avaient demandé à l'emprunter et que "nous avons coopéré avec eux".

Le président américain Donald Trump a de son côté estimé que la hausse des prix du pétrole passait après la nécessité de stopper l'Iran.

En résumé, "les marchés voient bien que la situation n'est absolument pas sous contrôle", selon Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marchés chez IG France.

Les Bourses mondiales ont par conséquent encore terminé dans le rouge.

A Wall Street, le Dow Jones a reculé de 1,56%, le Nasdaq a cédé 1,78% et l'indice élargi S&P 500 a perdu 1,52%.

En Europe, Paris et Milan ont perdu 0,71%. Londres a cédé 0,47% et Francfort 0,21%.

- L'inflation plane, les taux grimpent -

Signe de ces tensions toujours importantes, les taux d'intérêt de la dette ont continué de grimper.

"Le marché voit la situation actuelle comme un potentiel choc d'offre: on aura moins d'approvisionnements pour une demande élevée, ce qui risque de provoquer de l'inflation", explique à l'AFP Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac.

Une inflation plus élevée réduit la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour que l'investissement reste rentable.

Le taux de l'emprunt allemand à 10 ans, référence européenne, a grimpé à 2,95% au cours de la séance, son plus haut depuis 2023. Son équivalent français a grimpé à 3,61%, du jamais vu depuis 2011.

Le taux d'intérêt britannique à échéance dix ans a fini autour de 4,76%, contre 4,69% mercredi.

Le Vieux Continent est "la zone où l'on importe le plus d'énergie" et reste donc "très sensible à une augmentation du coût" des hydrocarbures, rappelle Guy Stear, responsable de la stratégie pour les marchés développés de l'Amundi Investment Institute.

Le dollar, monnaie internationale du marché pétrolier, est toujours le grand gagnant du conflit. Le billet vert, délaissé ces derniers mois en raison des incertitudes liées à la politique de Donald Trump, a pris plus de 2% par rapport à l'euro depuis le début de l'année.

Il gagnait 0,48% vers 20H55 GMT à 1,1511 dollar pour un euro.

Le taux des emprunts de l'Etat américain grimpait à 4,26%, contre 4,23% à la clôture la veille.

H.Au--ThChM