The China Mail - Cessez-le-feu précaire au Liban, statu quo avec l'Iran

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Cessez-le-feu précaire au Liban, statu quo avec l'Iran
Cessez-le-feu précaire au Liban, statu quo avec l'Iran / Photo: © AFP

Cessez-le-feu précaire au Liban, statu quo avec l'Iran

Prolongé de trois semaines, le cessez-le-feu au Liban reste très fragile vendredi, le Hezbollah pro-iranien accusant de nouveau Israël de ne pas le respecter et se réservant le droit de riposter à ses "agressions".

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Alors que le statu quo demeure avec l'Iran, sans signe de reprise de discussions pour trouver une fin durable à la guerre, Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban, pays précipité dans la guerre déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines sur Téhéran.

Mais le Hezbollah pro-iranien, qui rejette ces pourparlers entre représentants israéliens et libanais à Washington, a annoncé par la voix d'un de ses députés, Ali Fayad, que la prolongation n'avait "pas de sens" au vu des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.

Le mouvement pro-iranien se réserve le droit de riposter aux "agressions" d'Israël, a-t-il ajouté, selon un communiqué diffusé par son parti.

En vigueur depuis le 17 avril, mais régulièrement violée par les belligérants, la trêve devait s'achever dimanche.

Le conflit a déjà fait plus de 2.400 morts et un million de déplacés au Liban depuis le 2 mars, date à laquelle le Hezbollah avait rouvert les hostilités contre Israël.

L'organisation chiite poursuit ses opérations dans le sud du pays, où Israël entend créer une "zone de sécurité" au prix de destructions de villages et de bombardements.

A Tyr, Mohamad Ali Hijazi cherchait toujours dans les décombres d'un immeuble des souvenirs de sa famille, dont cinq membres ont été tués par une frappe israélienne, quelques minutes avant le début de la première trêve.

"Je n'ai toujours pas compris ce qui s'est passé. Ma vie a été détruite. Je n'ai pas dormi depuis cinq jours (...) je sens que mon coeur va s'arrêter", dit ce Franco-Libanais de 48 ans.

Par ailleurs, la Finul, la force de l'Onu, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.

- "Le plus vite possible" -

Résolument optimiste, M. Trump a dit s'attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent "dans les semaines à venir", ce qui serait historique pour ces deux pays techniquement en état de guerre depuis 1948.

Le président libanais, qui a jusqu'à présent écarté la perspective d'une telle rencontre, est attendu vendredi au sommet européen d'Ayia Napa, à Chypre, aux côtés de ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Chareh et du prince héritier de Jordanie, Hussein ben Abdallah.

Les Vingt-Sept veulent s'engager davantage pour la désescalade au Moyen-Orient, ont-ils affirmé vendredi à Chypre.

"Nous avons tous intérêt" à ce que la stabilité revienne "le plus vite possible", a estimé le président français Emmanuel Macron, alors que Donald Trump ne semble pas pressé.

Il a affirmé avoir "tout le temps du monde" pour négocier une paix avec l'Iran, tout en maintenant une pression militaire: un troisième porte-avions américain, le George Bush, navigue à proximité de la région.

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a de son côté dit n'attendre que le feu vert des Etats-Unis pour reprendre les frappes contre l'Iran.

- Diplomatie dans l'impasse -

Les négociations diplomatiques qui devaient reprendre en début de semaine à Islamabad entre les belligérants américain et iranien, après un échec le 11 avril, sont toujours dans les limbes.

Toutefois, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi s'est entretenu vendredi avec son homologue pakistanais Ishaq Dar, ainsi qu'avec le puissant chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir.

Le président américain a avancé des "divisions" au sein du pouvoir à Téhéran pour expliquer l'ajournement sine die des discussions.

En réponse, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei ont donné jeudi un gage d'unité, évoquant sur leurs réseaux sociaux "un Dieu, une nation, un dirigeant, un seul chemin".

Près de deux mois après son déclenchement, la guerre continue de peser sur les marchés de l'énergie et sur l'économie mondiale, malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

Le trafic est à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Bien que les frappes iraniennes ont cessé dans le Golfe, la situation reste instable: deux drones en provenance d'Irak ont visé des postes-frontières dans le nord du Koweït, a déclaré vendredi l'armée koweïtienne, rapportant des dégâts mais pas de victimes.

burx-cf/cgo

T.Wu--ThChM