AEX
-5.6100
Les Bourses européennes ont ouvert en repli vendredi face au regain d'incertitudes et de tensions au Moyen-Orient, qui a freiné la baisse des prix du pétrole.
Après une demi-heure d'échanges, Paris et Francfort reculaient au même rythme (-0,90%), Londres perdait 0,79% et Milan suivait la même tendance (-0,49%).
Le volume des échanges devrait être limité en raison du jour férié du 8 mai en France. A Londres, le marché commençait aussi à digérer la défaite du parti travailliste au pouvoir aux élections locales.
Ces deux derniers jours, les investisseurs vivaient dans l'attente d'une réponse de l'Iran aux dernières propositions des Etats-Unis pour rouvrir le détroit d'Ormuz.
Depuis quelques heures, les algorithmes des donneurs d'ordre réagissent à des informations plus contrastées.
"Clash entre l'Iran et les Etats-Unis près d'Ormuz dans l'attente d'un accord", résume l'agence Bloomberg, référence dans les salles de marché.
Le président américain Donald Trump a maintenu jeudi que le cessez-le-feu tenait toujours. Téhéran accuse Washington de l'avoir violé. Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit.
"Les investisseurs ont brusquement réduit leur prise de risque après le retour des doutes autour d’un accord rapide entre Washington et Téhéran concernant la réouverture du détroit d’Ormuz", résume l'analyste John Plassard de Cité Gestion.
"Les principaux indices américains ont terminé en baisse hier soir, mettant fin à une partie de l’euphorie observée après les nouveaux records historiques du S&P 500 et du Nasdaq enregistrés la veille", ajoute-t-il.
"Du côté des valeurs, Amazon a reculé de plus de 1%, tandis que plusieurs grandes capitalisations du secteur des semiconducteurs ont consolidé après leur récente envolée, avec Micron en baisse de 3% et Broadcom de près de 3%", détaille M. Plassard.
En ce jour férié en Europe, les investisseurs auront les yeux tournés vers les chiffres de l'emploi américain en avril.
En Asie, l'indice Kospi progressait très faiblement (+0,11%) alors qu'il est l'un des plus dynamiques au monde grâce à son portefeuille de valeurs technologiques. Le Nikkei reculait à Tokyo (-0,19%), tout comme Taiwan (-0,78%), "dans un contexte marqué surtout par des prises de bénéfices dans le secteur technologique", remarque l'analyste Andreas Lipkow chez CMC Markets.
Le Brent repasse le seuil des 100 dollars
Les dernières tensions ont enrayé la chute des prix du pétrole, qui avait perdu jusqu'à 5% de sa valeur marchande jeudi.
A 07H20 GMT, le Brent de la mer du nord, référence du brut en Europe, repassait le seuil des 100 dollars le baril (100,44, +0,38%). Le WTI américain s'échangeait à 94,93 dollars (+0,13%).
"Les investisseurs comprennent désormais que le marché pétrolier restera extrêmement sensible à chaque titre de presse tant qu’aucun accord officiel ne sera signé entre les deux pays", poursuit John Plassard.
Et maintenant? "Nous n’avons aucune idée de la façon dont la situation va évoluer, mais le bilan des deux derniers mois n’est pas vraiment encourageant", souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste des marchés senior chez Swissquote.
"La clôture du vendredi est toujours un moment critique, car les États-Unis ont tendance à prendre des décisions majeures en dehors des heures de marché pour laisser aux investisseurs le temps de digérer l’information", rappelle-t-elle.
Donald Trump a en effet lancé l'attaque contre le Venezuela début janvier, puis celle contre l'Iran fin février, dans la nuit de vendredi à samedi.
Cette façon de faire a pour objectif de "repousser la volatilité à lundi et noyer finalement les mauvaises nouvelles sous des annonces rassurantes — souvent infondées", décrypte l'analyste.
Fin de la détente sur les taux
Les nouvelles incertitudes ont également freiné la légère détente sur le marché obligataire (taux d'intérêt attachés aux emprunts pour financer la dette des Etats et des entreprises).
Référence en Europe, le taux d'intérêt des emprunts allemands sur dix ans affichait 3,01%, contre 3% la veille. Le rendement des emprunts français frémissait également à la hausse (3,64%, contre 3,62% la veille).
Le marché obligataire capte les risques d'inflation, qui réduit la valeur réel des titres de créance. Pour se protéger, les créanciers exigent des taux d'intérêt plus élevés.
M.Zhou--ThChM