The China Mail - Changement climatique: l'avenir incertain des chasseurs de "miel fou" au Népal

USD -
AED 3.672504
AFN 65.503991
ALL 81.893517
AMD 377.703986
ANG 1.79008
AOA 917.000367
ARS 1431.463704
AUD 1.424075
AWG 1.8
AZN 1.70397
BAM 1.658906
BBD 2.014216
BDT 122.30167
BGN 1.67937
BHD 0.377004
BIF 2963.603824
BMD 1
BND 1.273484
BOB 6.910269
BRL 5.23885
BSD 1.000025
BTN 90.583306
BWP 13.239523
BYN 2.873016
BYR 19600
BZD 2.011247
CAD 1.36432
CDF 2230.000362
CHF 0.775404
CLF 0.021785
CLP 860.180396
CNY 6.93805
CNH 6.93014
COP 3691.11
CRC 495.76963
CUC 1
CUP 26.5
CVE 93.526553
CZK 20.49104
DJF 177.720393
DKK 6.318604
DOP 63.114413
DZD 129.915817
EGP 46.860804
ERN 15
ETB 155.46494
EUR 0.84612
FJD 2.209504
FKP 0.738005
GBP 0.734505
GEL 2.69504
GGP 0.738005
GHS 10.990102
GIP 0.738005
GMD 73.000355
GNF 8778.001137
GTQ 7.670255
GYD 209.225001
HKD 7.81355
HNL 26.416279
HRK 6.375104
HTG 131.004182
HUF 319.673504
IDR 16847.65
ILS 3.110675
IMP 0.738005
INR 90.60355
IQD 1310.041816
IRR 42125.000158
ISK 122.690386
JEP 0.738005
JMD 156.517978
JOD 0.70904
JPY 157.06304
KES 129.004623
KGS 87.450384
KHR 4035.7261
KMF 419.00035
KPW 900.002243
KRW 1462.730383
KWD 0.30717
KYD 0.833355
KZT 494.785725
LAK 21489.944613
LBP 89557.410282
LKR 309.387392
LRD 188.003087
LSL 16.133574
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.332646
MAD 9.180641
MDL 17.050476
MGA 4439.468349
MKD 52.169828
MMK 2100.00747
MNT 3580.70414
MOP 8.047618
MRU 39.542143
MUR 46.060378
MVR 15.450378
MWK 1734.055998
MXN 17.260975
MYR 3.947504
MZN 63.750377
NAD 16.133574
NGN 1367.390377
NIO 36.803155
NOK 9.658735
NPR 144.932675
NZD 1.659792
OMR 0.384466
PAB 1.000025
PEN 3.364787
PGK 4.288489
PHP 58.458038
PKR 279.633919
PLN 3.568365
PYG 6607.462446
QAR 3.645108
RON 4.308404
RSD 99.305038
RUB 77.002259
RWF 1459.579124
SAR 3.750159
SBD 8.058149
SCR 13.731545
SDG 601.503676
SEK 9.004245
SGD 1.271104
SHP 0.750259
SLE 24.450371
SLL 20969.499267
SOS 570.497977
SRD 37.818038
STD 20697.981008
STN 20.780851
SVC 8.750011
SYP 11059.574895
SZL 16.130113
THB 31.539504
TJS 9.370298
TMT 3.505
TND 2.900328
TOP 2.40776
TRY 43.592904
TTD 6.771984
TWD 31.613038
TZS 2575.000335
UAH 42.955257
UGX 3558.190624
UYU 38.652875
UZS 12280.366935
VES 377.985125
VND 25950
VUV 119.988021
WST 2.726314
XAF 556.381418
XAG 0.012857
XAU 0.000201
XCD 2.70255
XCG 1.802328
XDR 0.692248
XOF 556.381418
XPF 101.156094
YER 238.403589
ZAR 16.024104
ZMK 9001.203584
ZMW 18.62558
ZWL 321.999592
  • AEX

    10.2500

    995.35

    +1.04%

  • BEL20

    -7.7400

    5517.52

    -0.14%

  • PX1

    35.4300

    8273.84

    +0.43%

  • ISEQ

    95.0400

    13295.1

    +0.72%

  • OSEBX

    49.1200

    1816.11

    +2.78%

  • PSI20

    111.4900

    8890.3

    +1.27%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -84.1400

    4000.2

    -2.06%

  • N150

    35.3800

    4010.68

    +0.89%

Changement climatique: l'avenir incertain des chasseurs de "miel fou" au Népal
Changement climatique: l'avenir incertain des chasseurs de "miel fou" au Népal / Photo: © AFP/Archives

Changement climatique: l'avenir incertain des chasseurs de "miel fou" au Népal

Suspendus à une corde et à une échelle de bambou pour dénicher du miel aux vertus hallucinogènes sur une falaise de l'Himalaya, des grimpeurs népalais perpétuent une pratique ancienne, menacée aujourd'hui par le changement climatique.

Taille du texte:

S'enveloppant de fumée pour se protéger des attaques d'un nuage d'abeilles géantes, Som Ram Gurung, 26 ans, se balance à 100 mètres du sol, pour découper des rayons dégoulinants de ruches sauvages.

Le "miel fou" avec une saveur piquante a, selon les amateurs, un léger effet hallucinogène issu du nectar de rhododendron, dont les abeilles raffolent.

Ce miel de haute altitude n'a jamais été facile à récolter, dans le district de Lamjung (centre). Il provient de l'espèce Apis laboriosa, l'abeille la plus grande au monde (jusqu'à 3 centimètres de long), qui affectionne les falaises inaccessibles.

Mais les chasseurs de miel sont aujourd'hui confrontés à des défis supplémentaires, dont certains liés aux effets du réchauffement climatique sur ces vallées forestières isolées, à 100 kilomètres au nord-ouest de Katmandou.

Selon Doodh Bahadur Gurung, 65 ans, qui a transmis sa technique à son fils Som Ram, les chasseurs ont constaté une chute rapide du nombre de ruches et des quantités de miel récoltées.

"Lorsque nous étions jeunes, il y avait des ruches sur presque toutes les falaises grâce à l'abondance des fleurs sauvages et des sources d'eau", explique-t-il. "Mais d'année en année, il est de plus en plus difficile de trouver des ruches.

- Barrages, pesticides et incendies -

Le déclin des abeilles s'explique par des causes multiples: "Les cours d'eau s'assèchent en raison des projets hydroélectriques et de l'irrégularité des précipitations", dit-il, alors que les abeilles sauvages préfèrent nicher près de l'eau.

"Les abeilles qui volent vers les fermes sont également confrontées au problème des pesticides, qui les tuent".

Avec des pluies irrégulières, des hivers plus secs et une chaleur accablante, les feux de brousse sont aussi devenus plus fréquents.

Le Népal a combattu plus de 4.500 incendies de forêt cette année, près du double de l'année précédente, selon les chiffres du gouvernement.

"Les feux de brousse sont plus fréquents aujourd'hui", explique Doodh Bahadur. Et "il n'y a pas assez de jeunes pour les éteindre à temps".

Il y a dix ans, son village de Taap pouvait récolter 1.000 litres de miel par saison. Aujourd'hui, les chasseurs s'estiment chanceux de récolter 250 litres.

Les scientifiques confirment ces observations, notant que le changement climatique est un facteur déterminant.

"Les abeilles sont très sensibles aux changements de température", explique Susma Giri, spécialiste des abeilles à l'Institut des sciences appliquées de Katmandou.

"Ce sont des créatures sauvages qui ne peuvent pas s'adapter aux activités ou au bruit des humains".

- "Conséquences économiques alarmantes" -

Le Centre international de développement intégré des montagnes (ICIMOD), basé au Népal, qui a observé une fonte plus rapide que jamais des glaciers de l'Himalaya, constate un "déclin brutal de la population d'abeilles".

Il a tiré la sonnette d'alarme le mois dernier, rappelant qu'au moins 75% des cultures du Népal dépendent de pollinisateurs tels que les abeilles.

"Le changement climatique et la perte d'habitat comptent parmi les principaux facteurs de leur déclin", selon le centre. "La réduction de la pollinisation qui en résulte a déjà eu des conséquences économiques alarmantes".

Selon une étude de 2022, publiée dans la revue Environmental Health Perspectives, les pertes annuelles dues à la réduction de la pollinisation au Népal s'élevaient à 250 dollars par habitant, une somme énorme dans un pays où le revenu annuel moyen s'élève à 1.400 dollars.

La diminution des réserves a poussé les prix de ce miel rare à la hausse. Si un litre valait 3,5 dollars il y a vingt ans, il se vend aujourd'hui 15 dollars.

Les négociants voient la demande augmenter aux États-Unis, en Europe et au Japon, en raison de bienfaits présumés pour la santé vantés sur les réseaux sociaux.

Les négociants en miel de Katmandou estiment à environ 10.000 litres les exportations annuelles.

Un pot de 250 grammes de "miel fou" peut atteindre 70 dollars en ligne. La demande "augmente chaque année, mais la production de qualité a diminué", observe Rashmi Kandel, un exportateur de miel de Katmandou.

- "Nous perdons tout" -

Les jeunes sont de moins en moins nombreux à vouloir participer à la traditionnelle chasse au miel en montagne qui dure un mois.

Comme partout au Népal, les jeunes quittent la vie rurale pour des emplois mieux rémunérés à l'étranger.

Suk Bahadur Gurung, 56 ans, homme politique local et membre de l'équipe de chasseurs de miel, craint pour la survie de son métier difficile.

"Il faut des compétences et de la force", explique-t-il. Or "il n'y a pas beaucoup de jeunes qui veulent faire ce métier".

Som Ram Gurung tend ses bras et ses jambes enflés à sa descente de la falaise. "Les piqûres couvrent mon corps", dit-il.

Il dit être prêt à aller travailler dans une usine à Dubaï pour un salaire mensuel d'environ 320 dollars.

Son père, Doodh Bahadur, regrette à la fois la disparition des abeilles et le départ des jeunes. "Nous perdons tout", dit-il. "L'avenir est incertain pour tout le monde.

V.Liu--ThChM