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Le médecin-explorateur français Jean-Louis Étienne lance une nouvelle expédition scientifique en Antarctique pour alimenter les connaissances sur ce continent méconnu et gravement menacé par les activités humaines, et défendre la création d'une nouvelle aire marine protégée (AMP) dans cette zone.
"Les pôles sont le témoin du changement climatique" et les aires marines protégées "on en a besoin, sinon on va vers une disparition progressive" de ces écosystèmes "précieux pour la planète", a déclaré M. Étienne jeudi lors d'une conférence de presse.
L'expédition "Persévérance en Antarctique" partira le 20 janvier de Christchurch (Nouvelle-Zélande), à destination de la Mer de Ross puis de la mer Dumont d'Urville, au sud de l'Antarctique. Elle durera jusqu'au 15 mars.
À bord du navire, une série d'appareils de mesures perfectionnés pour étudier les données météorologiques, dresser un panorama de la faune marine, étudier les polluants atmosphériques ou encore l'état du phytoplancton ou la hauteur des vagues.
"Le continent Antarctique c'est 28 fois la surface de la France" et "c'est 70 à 80% de la glace de la planète", souligne Jean-Louis Etienne.
L'explorateur de 79 ans, le premier à avoir atteint le pôle nord géographique en solitaire en 1986, avait déjà effectué une traversée intégrale de l'Antarctique en 1989/1990. "On ne pourrait plus refaire la même expédition aujourd'hui" car une partie de l'Antarctique a déjà disparu sous l'effet du réchauffement de la température à la surface des mers et de l'élévation du niveau des océans, a déploré M. Étienne.
L'autre menace qui pèse sur la biodiversité du continent est la pêche industrielle, et "c'est la raison pour laquelle il faut de nouvelles AMP sur ce secteur car de plus en plus de bateaux-usines viennent y pêcher", notamment le krill, petit crustacé qui est "la clé de voute" du réseau alimentaire des espèces de la région, souligne l'explorateur.
L'expédition Persévérance aura aussi pour mission d'apporter une meilleure compréhension de l'impact de l'aire marine protégée de la mer de Ross, dix ans après sa mise en place, alors qu'un nouveau projet d'aire est défendue par la France et l'Australie, avec le soutien de l'Union européenne, dans l'Antarctique Est.
Quatre autres projets d'aires sont actuellement en négociation au sein de la Convention pour la Conservation de la Faune et de la Flore Marines de l'Antarctique (CCAMLR).
La stratégie nationale française pour les aires protégées prévoit d'ici 2030 que 30% du territoire (terrestre et marin) soit couvert par des espaces protégés, dont 10% en protection forte.
I.Ko--ThChM