The China Mail - La gestion des déchets en Tunisie, un gâchis économique

USD -
AED 3.673042
AFN 65.000368
ALL 81.910403
AMD 377.703986
ANG 1.79008
AOA 917.000367
ARS 1431.771804
AUD 1.424197
AWG 1.8025
AZN 1.70397
BAM 1.658906
BBD 2.014216
BDT 122.30167
BGN 1.67937
BHD 0.377055
BIF 2960
BMD 1
BND 1.273484
BOB 6.910269
BRL 5.219041
BSD 1.000025
BTN 90.583306
BWP 13.239523
BYN 2.873016
BYR 19600
BZD 2.011247
CAD 1.365315
CDF 2230.000362
CHF 0.775335
CLF 0.021803
CLP 860.890396
CNY 6.93805
CNH 6.93008
COP 3667
CRC 495.76963
CUC 1
CUP 26.5
CVE 93.82504
CZK 20.48504
DJF 177.720393
DKK 6.31696
DOP 62.99504
DZD 129.92804
EGP 46.860504
ERN 15
ETB 155.150392
EUR 0.84581
FJD 2.23475
FKP 0.738005
GBP 0.734215
GEL 2.69504
GGP 0.738005
GHS 10.99039
GIP 0.738005
GMD 73.000355
GNF 8760.503848
GTQ 7.670255
GYD 209.225001
HKD 7.81385
HNL 26.45504
HRK 6.373404
HTG 131.004182
HUF 319.77404
IDR 16855
ILS 3.110675
IMP 0.738005
INR 90.606204
IQD 1310.5
IRR 42125.000158
ISK 122.640386
JEP 0.738005
JMD 156.517978
JOD 0.70904
JPY 157.11404
KES 129.000351
KGS 87.450384
KHR 4033.00035
KMF 419.00035
KPW 900.002243
KRW 1462.780383
KWD 0.30724
KYD 0.833355
KZT 494.785725
LAK 21500.000349
LBP 85550.000349
LKR 309.387392
LRD 186.150382
LSL 16.30377
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.325039
MAD 9.185039
MDL 17.050476
MGA 4440.000347
MKD 52.139015
MMK 2100.00747
MNT 3580.70414
MOP 8.047618
MRU 39.850379
MUR 46.050378
MVR 15.450378
MWK 1737.000345
MXN 17.257265
MYR 3.947504
MZN 63.750377
NAD 16.303727
NGN 1366.980377
NIO 36.703722
NOK 9.66949
NPR 144.932675
NZD 1.660815
OMR 0.384507
PAB 1.000025
PEN 3.367504
PGK 4.266039
PHP 58.517038
PKR 279.703701
PLN 3.567885
PYG 6607.462446
QAR 3.64135
RON 4.306704
RSD 99.279038
RUB 76.98964
RWF 1453
SAR 3.750211
SBD 8.058149
SCR 13.733071
SDG 601.503676
SEK 9.017325
SGD 1.271105
SHP 0.750259
SLE 24.450371
SLL 20969.499267
SOS 571.503662
SRD 37.818038
STD 20697.981008
STN 21.05
SVC 8.750011
SYP 11059.574895
SZL 16.303649
THB 31.514504
TJS 9.370298
TMT 3.505
TND 2.847504
TOP 2.40776
TRY 43.602704
TTD 6.771984
TWD 31.602304
TZS 2575.000335
UAH 42.955257
UGX 3558.190624
UYU 38.652875
UZS 12275.000334
VES 377.985125
VND 25950
VUV 119.988021
WST 2.726314
XAF 556.381418
XAG 0.012939
XAU 0.000202
XCD 2.70255
XCG 1.802328
XDR 0.692248
XOF 554.503593
XPF 101.703591
YER 238.403589
ZAR 16.017904
ZMK 9001.203584
ZMW 18.62558
ZWL 321.999592
  • AEX

    10.2500

    995.35

    +1.04%

  • BEL20

    -7.7400

    5517.52

    -0.14%

  • PX1

    35.4300

    8273.84

    +0.43%

  • ISEQ

    95.0400

    13295.1

    +0.72%

  • OSEBX

    49.1200

    1816.11

    +2.78%

  • PSI20

    111.4900

    8890.3

    +1.27%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -84.1400

    4000.2

    -2.06%

  • N150

    35.3800

    4010.68

    +0.89%

La gestion des déchets en Tunisie, un gâchis économique
La gestion des déchets en Tunisie, un gâchis économique

La gestion des déchets en Tunisie, un gâchis économique

"Quand je vois du plastique, je vois de l'argent", confie Tarek Masmoudi, patron d'une des rares entreprises de recyclage de Tunisie, pays où les déchets sont majoritairement enfouis sans traitement et où les décharges arrivent à saturation.

Taille du texte:

Dans le pays maghrébin, la filière de recyclage est pratiquement inexistante. Les déchets sont envoyés dans des centres d'enfouissement techniques (CET) à 85% et le reste s'accumule dans des décharges sauvages, a indiqué à l'AFP Walim Merdaci, expert en gestion de déchets.

La majorité des 11 CET sont censés fermer en 2022, selon Wassim Chaabane, un autre spécialiste contacté en Allemagne.

A Agareb (centre-est), un homme de 35 ans est mort, asphyxié par les gaz lacrymogènes, mi-novembre, lors d'une manifestation contre la réouverture de la décharge qui dessert le million d'habitants de Sfax.

Dans le grand Tunis, où vivent plus de 2,7 millions de personnes, on risque des protestations similaires. L'immense décharge de Bordj Chakir reçoit plus 3.000 tonnes de déchets par jour et est remplie à ras bord.

Seulement 4 à 7% des déchets ménagers sont recyclés.

"Quand j'ai commencé en 2009, ce n'était pas aussi rentable" de recycler, raconte à l'AFP Tarek Masmoudi, patron de l'entreprise African Recycling, installée à M'Ghira, près de Tunis.

Depuis son ouverture en 2009, l'entreprise n'a cessé de grandir et valorise aujourd'hui 6.000 tonnes de déchets par an, dont 1.000 de plastique, explique l'industriel de 42 ans, la mine réjouie à sa descente d'un 4X4 de luxe.

- "Enterrer ce qui vaut une fortune" -

La tonne de déchets plastiques qu'il achetait il y a deux mois à 200 dinars tunisiens lui est désormais cédée à 300 dinars par ses fournisseurs dont des dizaines de "barbéchas" (chiffonniers tunisiens), cheville ouvrière de ce recyclage informel.

Dans un va et vient incessant, les Tuk Tuk des chiffonniers et des camions apportent des ballots qui sont pesés, triés, broyés puis transformés en copeaux ou granulés pour l'industrie.

"Le recyclage est un secteur où tout est à faire et qui peut être pourvoyeur d'emplois et de richesses en Tunisie", estime l'entrepreneur qui fait travailler une soixantaine de personnes en direct et plus de 200 en indirect.

Ses employés sont majoritairement des femmes qui, pour la plupart, "ont un époux au chômage et font vivre toute la famille", selon la superviseuse Chadlia Guesmi.

"L'Etat paye entre 150 et 200 dinars la tonne pour l'enfouissement. On dépense de l'argent pour enterrer ce qui vaut une fortune", peste Tarek Masmoudi, furieux du "manque de stratégie et de vision" des autorités.

- "On n'a plus le temps" -

"Le système de gestion des déchets en Tunisie est à côté de la plaque à tous les niveaux, particulièrement au niveau de la collecte", abonde M. Chaabane, tout en reconnaissant que mettre en place le tri sélectif prendrait des années.

L'Anged (agence nationale de gestion des déchets) qui constate elle-même un manque de moyens, de gestion et planification, a promis dans son dernier plan stratégique, une réduction des déchets pour les années à venir, ainsi que leur traitement.

Face à la saturation des décharges, la Tunisie a opté pour un traitement mécano-biologique (combinaison d'opérations mécaniques de tri et compactage avec le compostage et la méthanisation), explique M. Merdaci. Mais les premiers projets ne verront le jour que dans deux ans. "On n'a plus le temps", s'inquiète-t-il.

Selon lui, en outre, il y a un problème de financement du retraitement des déchets. "Seuls 25% des citoyens payent la taxe d'habitation incluant une taxe sur les déchets" qui plafonne au niveau dérisoire de 800 millimes (20 centimes EUR) par an, alors que chaque Tunisien produit au moins 365 kg de déchets annuellement.

"Il faut créer une taxe de gestion des déchets et faire payer à chacun la quantité qu'il produit", préconise M. Merdaci. Cela permettrait aux municipalités qui en ont la tutelle exclusive d'avoir des fonds pour la gestion des déchets.

"Le passage de l'enfouissement au traitement coûtera plus cher, mais on gagnera en termes d'environnement", explique-t-il.

Pour son confrère M. Chaabane, "il y a urgence" et "la meilleure solution pour les villes (pour traiter de grandes quantités, ndlr) serait l'incinération, avec des technologies propres".

Même si une telle option aurait, selon lui, un coût élevé: 250 millions d'euros par incinérateur, sans compter les coûts d'exploitation.

"On a eu 10 ans de perturbations politiques, 10 ans de non prise de décisions, on a un problème avec les riverains (pour enfouir des déchets), et on a un problème d'argent. Les indicateurs de réussite sont à zéro", résume désabusé M. Merdaci.

M.Chau--ThChM