The China Mail - En Irak, la jeunesse branchée accro aux fripes

USD -
AED 3.672502
AFN 62.000555
ALL 81.606681
AMD 368.629997
ANG 1.79046
AOA 918.000091
ARS 1391.994102
AUD 1.378873
AWG 1.80125
AZN 1.69346
BAM 1.669747
BBD 2.014096
BDT 122.750925
BGN 1.66992
BHD 0.37725
BIF 2975.5
BMD 1
BND 1.272576
BOB 6.910389
BRL 5.011403
BSD 1.000004
BTN 95.654067
BWP 13.471587
BYN 2.786502
BYR 19600
BZD 2.011227
CAD 1.37045
CDF 2241.000273
CHF 0.78187
CLF 0.02254
CLP 887.119996
CNY 6.79095
CNH 6.78489
COP 3792.77
CRC 455.222638
CUC 1
CUP 26.5
CVE 94.450451
CZK 20.765297
DJF 177.719776
DKK 6.380285
DOP 59.250129
DZD 132.50079
EGP 52.869685
ERN 15
ETB 157.374979
EUR 0.853801
FJD 2.18585
FKP 0.739209
GBP 0.739695
GEL 2.680069
GGP 0.739209
GHS 11.299033
GIP 0.739209
GMD 73.000244
GNF 8777.500643
GTQ 7.629032
GYD 209.214666
HKD 7.83285
HNL 26.609988
HRK 6.435099
HTG 130.601268
HUF 305.721498
IDR 17522.65
ILS 2.907703
IMP 0.739209
INR 95.717902
IQD 1310
IRR 1313000.000197
ISK 122.610046
JEP 0.739209
JMD 158.150852
JOD 0.708971
JPY 157.908501
KES 129.29594
KGS 87.449871
KHR 4010.999789
KMF 421.000019
KPW 900.016801
KRW 1490.696037
KWD 0.30819
KYD 0.833362
KZT 469.348814
LAK 21949.999503
LBP 89750.815528
LKR 324.546762
LRD 183.149855
LSL 16.409467
LTL 2.95274
LVL 0.604891
LYD 6.32502
MAD 9.17375
MDL 17.150468
MGA 4175.00024
MKD 52.636972
MMK 2099.28391
MNT 3579.674299
MOP 8.066645
MRU 39.99976
MUR 46.902386
MVR 15.41023
MWK 1741.480379
MXN 17.188897
MYR 3.930346
MZN 63.898647
NAD 16.409815
NGN 1369.890043
NIO 36.705005
NOK 9.192801
NPR 153.052216
NZD 1.68357
OMR 0.384499
PAB 1.000021
PEN 3.428501
PGK 4.35995
PHP 61.61401
PKR 278.597017
PLN 3.620465
PYG 6115.348988
QAR 3.643498
RON 4.444696
RSD 100.225995
RUB 73.223414
RWF 1460
SAR 3.758072
SBD 8.032258
SCR 13.749909
SDG 600.503963
SEK 9.318535
SGD 1.272955
SHP 0.746601
SLE 24.597814
SLL 20969.502105
SOS 571.497463
SRD 37.19397
STD 20697.981008
STN 21.25
SVC 8.749995
SYP 110.578962
SZL 16.485024
THB 32.329501
TJS 9.365014
TMT 3.51
TND 2.880505
TOP 2.40776
TRY 45.434978
TTD 6.784798
TWD 31.510503
TZS 2601.398801
UAH 43.974218
UGX 3749.695849
UYU 39.725261
UZS 12078.00005
VES 508.06467
VND 26346
VUV 117.978874
WST 2.702738
XAF 560.031931
XAG 0.011476
XAU 0.000213
XCD 2.70255
XCG 1.802233
XDR 0.694969
XOF 558.499644
XPF 102.303264
YER 238.625028
ZAR 16.40639
ZMK 9001.200062
ZMW 18.875077
ZWL 321.999592
  • AEX

    7.6800

    1017.78

    +0.76%

  • BEL20

    13.7700

    5522.37

    +0.25%

  • PX1

    58.4600

    8066.11

    +0.73%

  • ISEQ

    26.3200

    12557.57

    +0.21%

  • OSEBX

    1.5900

    1985.91

    +0.08%

  • PSI20

    39.0100

    9111.28

    +0.43%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -21.8500

    4101.58

    -0.53%

  • N150

    21.4300

    4223.84

    +0.51%

En Irak, la jeunesse branchée accro aux fripes
En Irak, la jeunesse branchée accro aux fripes / Photo: © AFP

En Irak, la jeunesse branchée accro aux fripes

Dans une palmeraie au nord de Bagdad, des mannequins amateurs défilent, l'air blasé. Ici, pas de haute couture, mais des tenues vintage semblant sortir de films des années 1970. Pour ces jeunes Irakiens, la fripe c'est chic... et c'est un moyen d'éveiller à la protection de l'environnement.

Taille du texte:

Car le défilé est d'abord organisé pour sensibiliser aux effets du changement climatique subis de plein fouet par l'Irak. Il illustre aussi l'engouement récent pour les vêtements de seconde main chez les jeunes.

"Nous ne voulons pas une surproduction de vêtements. Il faut réutiliser", plaide Mohamed Qassem, 25 ans, coiffeur et organisateur du défilé dans les palmeraies du village d'Al-Hussainiya.

Exhibant une doudoune vert fluo, un long manteau noir en cuir usé, d'amples blazers croisés, à carreaux ou à rayures, les mannequins se succèdent sous les yeux médusés de bergers.

Dans un pays qui renoue avec une certaine normalité après des décennies de conflits et s'ouvre chaque jour un peu plus, les fripes permettent aux amateurs de cultiver leur différence à petits prix. Loin des enseignes de mode internationale et de "fast-fashion" qui font timidement leur apparition à Bagdad.

Parmi les tenues arborées au défilé, le vert domine comme un clin d'oeil, car l'initiative entend encourager le reboisement pour contrer la désertification galopante en mettant en valeur la palmeraie, vulnérable au changement climatique.

"L'objectif (est non seulement de) se concentrer sur les vêtements, mais aussi (sur) les vergers délaissés, les palmiers qui disparaissent chaque jour. Tout cela amplifie la pollution", souligne Mohamed Qassem.

- "Fripes de luxe" -

Veste rose, moustache à la Clark Gable et cheveux gominés, le jeune homme égrène les consignes, aidant un mannequin à rectifier sa démarche, suggérant des pauses à un autre.

Les vêtements présentés ne seront pas mis en vente. Mohamed Qassem a uniquement organisé le défilé pour la beauté du geste et pour éveiller à la protection de l'environnement.

"Les fripes, ce sont des vêtements d'excellente qualité. Quand tu les portes, tu as l'impression de revêtir des vêtements de luxe, c'est différent de ce que tu trouves dans le commerce", explique Ahmed Taher, styliste de 22 ans qui a fourni les ensembles.

Etudiant en commerce, il compte 47.000 abonnés sur son compte Instagram "Modern Outfit". Il y propose aux hipsters de Bagdad des vêtements d'occasion, parfois de grandes marques. Il vend des ensembles pantalon/chemise ou des tee-shirts à 20 dollars.

"On veut porter des vêtements uniques et ne pas tous ressembler les uns aux autres", ajoute M. Taher, vêtu d'une veste grise classique qui lui donne un air d'Al Pacino dans "Le Parrain".

Mannequin d'un jour, Safaa Haidar appelle à "planter un arbre chez soi". L'étudiante de 22 ans "s'intéresse à la mode en général" et confirme son attrait pour les fripes, assurant choisir ses vêtements "en fonction de (sa) personnalité".

Mais la sape d'occasion est aussi un choix économique.

Dans un pays où près d'un tiers des 42 millions d'Irakiens sont pauvres, les allées tortueuses du grand marché aux fripes de Bagdad ne désemplissent pas le vendredi.

Devant les étals croulant sous les chemises, chaussures et jeans, des hommes essayent des vêtements. Ici, une chemise coûte parfois à peine deux dollars. D'autres pièces peuvent se vendre jusqu'à 200 dollars.

- "Durer toute une vie" -

Mohamed Ali, étudiant en ingénierie de 20 ans, est venu acheter des chaussures. A l'époque de l'embargo occidental contre l'Irak dans les années 1990, il raconte comment ses parents "portaient le même pantalon à l'endroit et à l'envers, jusqu'à l'usure, car ils n'avaient pas les moyens d'acheter de vêtements".

Des décennies plus tard, la démarche a changé. "La plupart de mes amis achètent des fripes", confirme-t-il. "Ce n'est pas qu'on n'a pas les moyens d'acheter neuf. Mais on trouve des pièces de meilleure qualité et uniques."

Hassan Refaat propose des vêtements achetés puis abandonnés par des consommateurs en Europe et qui retrouvent une seconde vie dans les penderies irakiennes. Sa marchandise est aussi importée du Kurdistan, région autonome du nord de l'Irak à la frontière avec un géant de la production textile, la Turquie.

"Les fripes sont de meilleure qualité que les vêtements neufs disponibles sur le marché. Bien souvent, il s'agit de pièces de marques", résume M. Refaat, 22 ans. "Et les marques durent toute une vie".

Z.Ma--ThChM