The China Mail - Dans le sud de l'Irak, les déplacés climatiques condamnés à la misère des villes

USD -
AED 3.672501
AFN 65.531123
ALL 80.999962
AMD 376.846763
ANG 1.79008
AOA 916.999974
ARS 1404.005901
AUD 1.413637
AWG 1.8025
AZN 1.703533
BAM 1.64226
BBD 2.013225
BDT 122.275216
BGN 1.67937
BHD 0.377059
BIF 2962.558673
BMD 1
BND 1.265482
BOB 6.907178
BRL 5.195996
BSD 0.999559
BTN 90.496883
BWP 13.113061
BYN 2.871549
BYR 19600
BZD 2.010286
CAD 1.35567
CDF 2210.000224
CHF 0.768099
CLF 0.021671
CLP 855.679953
CNY 6.91085
CNH 6.913725
COP 3667.24
CRC 494.655437
CUC 1
CUP 26.5
CVE 92.586917
CZK 20.39485
DJF 177.720182
DKK 6.28192
DOP 62.648518
DZD 129.420666
EGP 46.797803
ERN 15
ETB 155.350069
EUR 0.84082
FJD 2.191603
FKP 0.731721
GBP 0.733095
GEL 2.689711
GGP 0.731721
GHS 10.999761
GIP 0.731721
GMD 73.498647
GNF 8774.581423
GTQ 7.665406
GYD 209.121405
HKD 7.81805
HNL 26.497632
HRK 6.332802
HTG 131.114918
HUF 317.915974
IDR 16777
ILS 3.08274
IMP 0.731721
INR 90.56735
IQD 1310.5
IRR 42125.000158
ISK 121.909919
JEP 0.731721
JMD 156.391041
JOD 0.709038
JPY 154.345039
KES 128.840329
KGS 87.449559
KHR 4030.000058
KMF 414.389175
KPW 900.003053
KRW 1457.130202
KWD 0.30697
KYD 0.832959
KZT 491.773271
LAK 21474.99963
LBP 89702.217085
LKR 309.286401
LRD 186.624975
LSL 15.960149
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.298512
MAD 9.116974
MDL 16.91696
MGA 4435.999876
MKD 51.795206
MMK 2100.147418
MNT 3570.525201
MOP 8.048802
MRU 39.885566
MUR 45.679669
MVR 15.449733
MWK 1736.000289
MXN 17.200801
MYR 3.922502
MZN 63.899323
NAD 15.960346
NGN 1353.529704
NIO 36.719638
NOK 9.520396
NPR 144.79562
NZD 1.654855
OMR 0.384499
PAB 0.999551
PEN 3.3575
PGK 4.285004
PHP 58.495017
PKR 279.74993
PLN 3.54816
PYG 6578.947368
QAR 3.64125
RON 4.281302
RSD 98.699311
RUB 77.424712
RWF 1454
SAR 3.750872
SBD 8.058149
SCR 13.754362
SDG 601.493309
SEK 8.891498
SGD 1.265095
SHP 0.750259
SLE 24.349696
SLL 20969.499267
SOS 571.496532
SRD 37.890135
STD 20697.981008
STN 20.9
SVC 8.746069
SYP 11059.574895
SZL 15.960239
THB 31.257499
TJS 9.380697
TMT 3.51
TND 2.846059
TOP 2.40776
TRY 43.627007
TTD 6.779547
TWD 31.508009
TZS 2575.000223
UAH 43.048987
UGX 3553.510477
UYU 38.331227
UZS 12305.00001
VES 384.79041
VND 25885
VUV 119.800563
WST 2.713692
XAF 550.798542
XAG 0.012354
XAU 0.000199
XCD 2.70255
XCG 1.801442
XDR 0.685017
XOF 550.52774
XPF 100.675
YER 238.325029
ZAR 15.96209
ZMK 9001.207273
ZMW 19.016311
ZWL 321.999592
  • AEX

    5.1000

    1004.14

    +0.51%

  • BEL20

    6.1300

    5582.64

    +0.11%

  • PX1

    4.9900

    8327.88

    +0.06%

  • ISEQ

    -228.4600

    13210.21

    -1.7%

  • OSEBX

    2.3700

    1825.59

    +0.13%

  • PSI20

    -37.7600

    8953.35

    -0.42%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    60.6900

    4106.75

    +1.5%

  • N150

    18.2400

    4072.12

    +0.45%

Dans le sud de l'Irak, les déplacés climatiques condamnés à la misère des villes
Dans le sud de l'Irak, les déplacés climatiques condamnés à la misère des villes / Photo: © AFP

Dans le sud de l'Irak, les déplacés climatiques condamnés à la misère des villes

Dans le sud de l'Irak, un bidonville aux maisons borgnes en parpaing gris accueille depuis dix ans Nasser Jabbar et ses dix enfants. Ancien éleveur et agriculteur, la sécheresse l'a chassé de sa campagne, avec pour seul horizon la misère des villes.

Taille du texte:

"On a perdu la terre et on a perdu l'eau", résume le quadragénaire en jellabah blanche, installé dans la périphérie de Nassiriya, chef-lieu de la province de Dhi Qar.

Son quartier illustre l'extrême pauvreté qui attend le plus souvent les déplacés climatiques du centre et du sud de l'Irak, quand ils abandonnent leurs villages après une vie consacrée à l'agriculture.

Des routes cahoteuses, bordées de gravats et d'ordures, serpentent parmi des habitations érigées par les familles. Sur un terrain vague entouré de maisons, les égouts se déversent à l'air libre. Tout près, des vaches se reposent à l'ombre d'un muret.

Autrefois à Geteïa, son village de Dhi Qar, M. Jabbar cultivait avec ses frères cinq hectares de terres. L'hiver c'était de l'orge, l'été des légumes.

Avant de quitter les champs, il a résisté, quatre années durant: il a creusé un puits mais "petit à petit l'eau a baissé". L'une après l'autre, il a dû vendre ses 50 chèvres.

Arrivé en ville, il s'employait sur les chantiers, transportant des briques ou mélangeant le béton. Des problèmes de dos l'ont immobilisé. "Ca fait trois ans que je ne travaille pas", lâche-t-il.

Aujourd'hui ses deux adolescents, 17 et 18 ans, font vivre la famille en portant des marchandises sur les marchés, pour gagner un peu moins de 4 dollars la journée.

- "Chômage important" -

Une histoire de la misère ordinaire dans un Irak pourtant riche en pétrole.

Avec des précipitations en baisse, le pays vient de traverser quatre années de sécheresse. Et les autorités fustigent les barrages construits en amont par les grands voisins, la Turquie et l'Iran, qui ont drastiquement réduit le débit du Tigre et de l'Euphrate, les deux fleuves irriguant depuis des millénaires les terres irakiennes.

Jusqu'à la mi-septembre, "21.798 familles (130.788 individus) étaient toujours déplacées à cause des conditions de sécheresse dans 12 gouvernorats" du centre et du sud de l'Irak, indique une note de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

D'après l'agence onusienne, 74% de ces déplacés climatiques rejoignent des zones urbaines.

Adjoint du gouverneur de Dhi Qar chargé de la planification, Ghassan al-Khafaji acte une "migration interne importante" dans sa province, provoquée par "les pénuries d'eau".

En cinq ans, "3.200 logements ont été construits en périphérie de la ville" de Nassiriya, dit-il, conséquence d'un exode venant des mythiques marais mésopotamiens, qui souffrent de la sécheresse.

Cela représente "entre 20.000 et 25.000 personnes", ajoute le responsable. "Cette migration interne vient ajouter une pression supplémentaire sur les emplois, alors que nos jeunes souffrent déjà d'un chômage important".

- "Marginalisation, exclusion" -

De fait, dans un pays ravagé par des décennies de guerres, où la corruption gangrène la gouvernance publique, les centres urbains ne sont pas mieux lotis que les campagnes.

Les villes "ont déjà une capacité limitée à fournir des services de base aux habitants, en raison d'infrastructures vieillissantes et sous-financées", indique à l'AFP Thomas Wilson, spécialiste eau et climat au Conseil norvégien pour les réfugiés, une ONG.

"L'exode rural vers les villes est un fardeau supplémentaire", résume-t-il.

Il préconise "des plans de gestion des ressources, une gouvernance efficace et des investissements" en faveur des régions d'où partent les déplacés, dans le cadre "d'une politique visant à atténuer les migrations forcées".

Dans un pays de 43 millions d'habitants, près d'un Irakien sur cinq vit déjà en zone souffrant de pénuries d'eau. En avril, un rapport onusien évoquait le risque de "troubles sociaux" émanant des facteurs climatiques.

"Les opportunités économiques limitées à destination des jeunes des zones urbaines surpeuplées risquent de renforcer davantage les sentiments de marginalisation et d'exclusion", soulignait le rapport.

"Cela pourrait alimenter les tensions entre différents groupes ethnoreligieux et accroître les griefs à l'égard de l'Etat".

Qassem Jabbar, le frère de Nasser, a rejoint son frère il y a trois ans.

"Depuis qu'on est parti, je ne travaille pas", lâche Qassem, 47 ans, barbe poivre et sel, son torse fluet enserré dans un corset: il a bénéficié d'une opération chirurgicale au thorax qui n'aurait pas été possible sans des donateurs.

Sur ses dix enfants, deux seulement vont à l'école. Car, dit-il, comment couvrir les frais pour les autres?

Z.Huang--ThChM