The China Mail - Le Soudan a soif: la double peine de la guerre et du changement climatique

USD -
AED 3.672498
AFN 65.504849
ALL 80.577087
AMD 365.860278
ANG 1.789783
AOA 917.000424
ARS 1491.75645
AUD 1.415397
AWG 1.80125
AZN 1.702571
BAM 1.696734
BBD 2.015728
BDT 122.843622
BGN 1.696366
BHD 0.377075
BIF 2998
BMD 1
BND 1.280933
BOB 11.734342
BRL 5.200393
BSD 1.000794
BTN 95.468406
BWP 13.472141
BYN 3.009929
BYR 19600
BZD 2.012779
CAD 1.392425
CDF 2273.00005
CHF 0.814065
CLF 0.023236
CLP 914.499139
CNY 6.743201
CNH 6.74428
COP 3125.59
CRC 449.393362
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.097355
CZK 20.9984
DJF 178.218681
DKK 6.480598
DOP 58.500592
DZD 132.925576
EGP 50.179799
ERN 15
ETB 161.890385
EUR 0.86692
FJD 2.212449
FKP 0.740201
GBP 0.74105
GEL 2.60983
GGP 0.740201
GHS 11.075014
GIP 0.740201
GMD 73.503608
GNF 8774.999769
GTQ 7.628599
GYD 209.38434
HKD 7.84725
HNL 26.830633
HRK 6.532499
HTG 130.904201
HUF 315.099503
IDR 17869
ILS 2.962965
IMP 0.740201
INR 95.40155
IQD 1311.025996
IRR 1374587.502337
ISK 123.279732
JEP 0.740201
JMD 158.336044
JOD 0.708973
JPY 159.484505
KES 129.380111
KGS 87.450258
KHR 4047.501402
KMF 426.999701
KPW 900.000294
KRW 1419.350245
KWD 0.30881
KYD 0.834053
KZT 465.738688
LAK 22565.000186
LBP 89549.999911
LKR 333.612392
LRD 181.649675
LSL 16.20377
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.359924
MAD 9.308499
MDL 17.373275
MGA 4310.91697
MKD 53.362649
MMK 2099.846019
MNT 3597.969266
MOP 8.08894
MRU 40.104973
MUR 47.149409
MVR 15.450173
MWK 1736.000212
MXN 17.03136
MYR 4.0864
MZN 63.910212
NAD 16.201257
NGN 1360.610236
NIO 36.82706
NOK 9.503797
NPR 152.752101
NZD 1.70711
OMR 0.384494
PAB 1.000794
PEN 3.377159
PGK 4.42879
PHP 61.353982
PKR 277.795321
PLN 3.73725
PYG 5973.01084
QAR 3.635016
RON 4.540599
RSD 101.711976
RUB 83.066008
RWF 1474.223003
SAR 3.743113
SBD 8.064941
SCR 13.765481
SDG 600.502424
SEK 9.557505
SGD 1.280275
SHP 0.740866
SLE 24.549828
SLL 20969.499227
SOS 571.973887
SRD 37.722501
STD 20697.981008
STN 21.254723
SVC 8.756946
SYP 13001.999906
SZL 16.149252
THB 33.180338
TJS 9.247366
TMT 3.51
TND 2.934571
TOP 2.40776
TRY 47.869903
TTD 6.786763
TWD 32.139098
TZS 2645.502973
UAH 44.737671
UGX 3715.737009
UYU 40.062929
UZS 11954.697077
VES 765.39797
VND 26075
VUV 118.594628
WST 2.730779
XAF 569.073676
XAG 0.015471
XAU 0.000229
XCD 2.70255
XCG 1.803702
XDR 0.707757
XOF 569.06874
XPF 103.462785
YER 237.149534
ZAR 16.183898
ZMK 9001.195179
ZMW 18.815201
ZWL 321.999592
  • AEX

    7.3400

    1119.59

    +0.66%

  • BEL20

    -14.3100

    5708.72

    -0.25%

  • PX1

    -24.2900

    8650.56

    -0.28%

  • ISEQ

    -67.9300

    14385.15

    -0.47%

  • OSEBX

    4.3300

    2066.32

    +0.21%

  • PSI20

    -19.4800

    9254.47

    -0.21%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -49.4100

    4323.36

    -1.13%

  • N150

    10.4100

    4346.58

    +0.24%

Le Soudan a soif: la double peine de la guerre et du changement climatique
Le Soudan a soif: la double peine de la guerre et du changement climatique / Photo: © AFP/Archives

Le Soudan a soif: la double peine de la guerre et du changement climatique

Rendu plus vulnérable encore par un an de guerre sanglante entre généraux rivaux, le Soudan, touché de plein fouet par le dérèglement climatique, manque d'eau.

Taille du texte:

"Depuis le début (avril 2023) de la guerre, deux de mes enfants marchent 14 kilomètres par jour pour aller chercher de l'eau", affirme à l'AFP Issa, père de famille du camp de déplacés de Sortoni, abritant plus de 65.000 personnes au Darfour-Nord.

L'eau est la dernière des crises qui n'en finissent pas de s'abattre sur le quotidien des Soudanais.

Dans un Soudan aux infrastructures ravagées par des décennies de conflit, le dérèglement climatique se traduit par une succession de pluies diluviennes et de canicules infernales où les températures estivales frôlent les 50 degrés Celsius.

Le 15 avril 2023, quand une nouvelle guerre éclate, cette fois-ci entre l'armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), diplomates et humanitaires quittent le pays en masse. L'aide aux plus vulnérables s'effondre.

C'est le cas à Sortoni: l'organisation humanitaire italienne, chargée des stations d'eau potable du camp, a plié bagage au début du conflit, explique Issa.

Avant la guerre, l'ONU alertait sur le sort d'"environ 26% des habitants marchant plus de 50 minutes pour trouver de l'eau, s'exposant à des risques sécuritaires, en premier lieu les femmes".

- "Disponibilité de l'eau" -

Toujours au Darfour, le village de Shaqra accueille 40.000 déplacés. Face à l'afflux, l'eau manque cruellement, indique Adam Rijal, porte-parole des déplacés du Darfour.

Parfois à l'ombre des acacias, le plus souvent sous un soleil de plomb, des déplacés, femmes et enfants principalement, attendent leur tour pour recevoir de l'eau.

A Shaqra, "les gens font la queue sur 300 mètres pour de l'eau potable", dit-il, notant par ailleurs que "les sources ont diminué après la guerre".

Dans la Corne de l'Afrique, où les sécheresses s'enchaînent, même quand il pleut c'est la catastrophe.

En 2023, de fortes pluies suivies d'inondations ont touché 89.000 personnes, selon l'ONU. Chaque année, des dizaines de morts sont recensés. Faute de solution de stockage des eaux pluviales, elles ne sont pas exploitées.

Les nappes phréatiques surexploitées du pays peinent, elles, à se réapprovisionner. Leur eau, enfouie à des dizaines de mètres sous terre, doit être pompée avec des moteurs, difficiles à entretenir avec la guerre et son lot de pénuries de carburant et de pièces de rechange.

Sans pompes, "même s'il y a de l'eau, impossible d'y accéder", confirme un diplomate européen familier du dossier soudanais, faisant état d'un vrai problème de "disponibilité de l'eau" dans une "grande partie" du pays.

Il cite al-Facher. Depuis début mai, cette ville du Darfour abritant 1,5 million d'habitants, pour moitié des déplacés, connaît des combats meurtriers et un siège étouffant.

"Si les FSR n'autorisent pas l'entrée de carburant, les stations d'eau arrêtent de fonctionner. Alors pour beaucoup, il n'y a pas d'eau."

- "Eau sale" -

A Khartoum, tenue par les FSR du général Mohamed Hamdane Daglo, des quartiers entiers sont privés d'eau potable.

"La station d'eau de Soba, qui approvisionne les très peuplés quartiers sud de Khartoum, est à l'arrêt", confirme à l'AFP un volontaire du "comité de résistance" local, groupe de quartier organisant l'entraide, qui a requis l'anonymat.

Ici, pour pallier à la soif et pour se laver, les habitants achètent une eau non traitée et transportée en charrette.

De l'autre côté du Nil, à Omdourman, banlieue de Khartoum aux mains de l'armée du général Abdel Fattah al-Burhane, "une panne de courant a entraîné l'arrêt des stations d'eau", affirme un habitant, Adam Hassan, à l'AFP.

"Depuis 17 jours, l'eau nous coûte quotidiennement 6.000 livres soudanaises (4,60 euros)", dit-il.

Dans les zones épargnées par les combats, l'eau manque aussi.

Sur la mer Rouge, à Port-Soudan, quartier général des ministères gouvernementaux pro-armée mais aussi de l'ONU, "l'eau est un gros problème", dit à l'AFP Al-Sadek Hussein, un habitant.

"Et l'été arrive", s'inquiète ce père de famille.

Avec la guerre et son lot de déplacés, là aussi les habitants s'approvisionnent en eau potable transportée par des charrettes.

"Il faudrait surveiller la pollution" prévient Taha Taher, expert en santé environnementale. "Mais cela n'est pas fait", assure-t-il, alors qu'avec la surpopulation de la ville "le problème s'est aggravé".

En un an de guerre, entre avril 2023 et mars 2024, le ministère de la Santé a recensé 11.000 cas de choléra dans différentes régions.

"Le système de santé s'est effondré, les gens boivent de l'eau sale", résume le diplomate européen.

O.Yip--ThChM