The China Mail - 2024-2025, un long hiver irrespirable au Pakistan

USD -
AED 3.673042
AFN 66.000368
ALL 81.8702
AMD 362.466517
ANG 1.790365
AOA 918.000367
ARS 1524.854704
AUD 1.43887
AWG 1.8025
AZN 1.70397
BAM 1.740516
BBD 2.01375
BDT 122.920986
BGN 1.683441
BHD 0.37704
BIF 2997.5
BMD 1
BND 1.279623
BOB 12.012672
BRL 5.220304
BSD 0.999844
BTN 96.860456
BWP 13.821826
BYN 3.011507
BYR 19600
BZD 2.010786
CAD 1.42555
CDF 2310.000362
CHF 0.828895
CLF 0.025103
CLP 991.170396
CNY 6.70455
CNH 6.706675
COP 3273.04
CRC 458.133471
CUC 1
CUP 23.995372
CVE 98.350394
CZK 21.725804
DJF 177.720393
DKK 6.641815
DOP 59.696976
DZD 133.637273
EGP 52.306104
ERN 15
ETB 163.30358
EUR 0.888604
FJD 2.24725
FKP 0.757935
GBP 0.755425
GEL 2.59504
GGP 0.757935
GHS 11.742144
GIP 0.757935
GMD 73.503851
GNF 8794.81726
GTQ 7.640625
GYD 209.141311
HKD 7.847245
HNL 26.843171
HRK 6.694504
HTG 130.925789
HUF 327.630388
IDR 17927
ILS 3.05233
IMP 0.757935
INR 96.15875
IQD 1309.809331
IRR 1746539.000352
ISK 121.920386
JEP 0.757935
JMD 158.282088
JOD 0.70904
JPY 157.816504
KES 129.750385
KGS 87.450384
KHR 4055.388942
KMF 438.00035
KPW 900.000318
KRW 1345.940383
KWD 0.30883
KYD 0.833148
KZT 449.216421
LAK 22458.151269
LBP 89529.691296
LKR 330.631023
LRD 170.963522
LSL 16.71656
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.403012
MAD 9.93361
MDL 17.867027
MGA 4417.588481
MKD 54.802323
MMK 2099.878546
MNT 3598.367683
MOP 8.081321
MRU 39.951768
MUR 48.150378
MVR 15.450378
MWK 1733.663199
MXN 18.20318
MYR 4.085204
MZN 63.910377
NAD 16.717378
NGN 1328.660377
NIO 36.788196
NOK 9.62126
NPR 154.976729
NZD 1.78236
OMR 0.384501
PAB 0.999831
PEN 3.464622
PGK 4.52806
PHP 62.647504
PKR 276.912159
PLN 3.89605
PYG 5849.556144
QAR 3.64447
RON 4.747038
RSD 104.369038
RUB 83.801869
RWF 1480.746469
SAR 3.756424
SBD 8.064852
SCR 13.763408
SDG 601.503676
SEK 10.035475
SGD 1.27945
SHP 0.757461
SLE 24.603667
SLL 20969.491881
SOS 571.400603
SRD 37.811504
STD 20697.981008
STN 21.803457
SVC 8.748081
SYP 13002.000254
SZL 16.713089
THB 33.589038
TJS 9.20325
TMT 3.51
TND 2.979331
TOP 2.40776
TRY 49.139804
TTD 6.77945
TWD 31.844038
TZS 2635.003038
UAH 44.988787
UGX 3989.587737
UYU 40.296887
UZS 11792.713098
VES 865.478038
VND 25985.5
VUV 120.084308
WST 2.780871
XAF 582.886081
XAG 0.016603
XAU 0.000241644828
XCD 2.70255
XCG 1.80192
XDR 0.707052
XOF 582.886081
XPF 106.128696
YER 236.375037
ZAR 16.667455
ZMK 9001.203584
ZMW 19.645988
ZWL 321.999592
SSP 5712.591904
MXV 2.059657
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

2024-2025, un long hiver irrespirable au Pakistan
2024-2025, un long hiver irrespirable au Pakistan / Photo: © AFP/Archives

2024-2025, un long hiver irrespirable au Pakistan

Pendant au moins 120 jours d'affilée, des dizaines de millions de Pakistanais ont dû survivre dans un air irrespirable, selon des données analysées par l'AFP qui révèlent les détails du pire hiver traversé par le pays, l'un des plus pollués au monde.

Taille du texte:

Pendant six mois sans discontinuer à Lahore et quatre mois à Islamabad et dans la capitale économique Karachi, la concentration moyenne de particules fines a été au moins 20 fois supérieure à celle tolérée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Depuis leur installation en 2018, les capteurs de l'ambassade américaine s'affolent chaque hiver quand le "smog", ce brouillard de pollution piégée dans de l'air froid, enveloppe Lahore (est) et ses 14 millions d'habitants.

Cette année, ils sont passés dans le rouge dès octobre, un mois plus tôt qu'auparavant et dans des villes où le smog était autrefois plus clément.

En novembre, 80% des 240 millions de Pakistanais assuraient à l'institut de sondage Ipsos avoir été touchés par cet épais nuage que la NASA voit désormais depuis l'espace et qui brûle la gorge, pique les yeux et peut provoquer angine ou asthme.

Un tiers en avaient subi des conséquences directes, sur leur santé, ou indirectes: écoles fermées, chômage technique, interdiction de circuler...

Au nom de ses concitoyens, Risha Rashid, militante du climat de 21 ans, a décidé de poursuivre les autorités pour faire valoir le "droit à respirer un air pur" qu'elles ont inscrit en 2023 dans la Constitution.

Asthmatique, l'étudiante a dû se confiner une grande partie de l'hiver ratant jusqu'à ses examens. Elle dit porter plainte à Islamabad parce que la capitale "est en train de devenir un deuxième Lahore" et que "rien n'est fait pour y remédier".

- "En guerre" -

Le Pendjab, la province de Lahore, a lancé en 2024 la "guerre contre le smog". Son gouvernement a multiplié par dix le nombre de capteurs d'air, passés de trois à une trentaine, fixes et mobiles.

Il a aussi répertorié, pour la première fois de son propre aveu, les usines pour envoyer régulièrement des fonctionnaires contrôler leurs émissions.

Les briqueteries ont par exemple été forcées de changer leur méthode de fabrication.

Le gouvernement a promis de louer à prix coûtant un millier de "super semoirs" pour en finir avec les brûlis agricoles et assure vouloir gérer les déchets pour éviter leur incinération.

Mais il contrôle dans le même temps étroitement les capteurs privés, accusés de donner "des résultats erronés qui sèment la panique". Une hérésie pour les chercheurs qui ont besoin de ces capteurs pour compléter des données gouvernementales, trop parcellaires.

Quant à ses machines anti-smog, elles ne sont que des pansements sur des jambes de bois, estiment les experts.

Les brumisateurs censés faire retomber la poussière en suspension sur les chantiers?

"Les particules fines PM2.5, premier polluant, sont trop petites pour être arrêtées", répond Ahmad Ali Gul, universitaire spécialisé dans la gestion de crise et des risques.

La "tour anti-pollution" censée purifier l'air, inaugurée en décembre et retirée deux mois plus tard, officiellement pour "raisons techniques"?

"C'est comme si vous mettiez un climatiseur en plein air pour lutter contre le changement climatique", rétorque un expert sous couvert d'anonymat. "C'est aussi inefficace que les pluies artificielles déclenchées chaque année par avion".

- "La baignoire déborde" -

"Quand une baignoire déborde, est-ce que vous prenez d'abord une serviette pour éponger ou est-ce que vous fermez le robinet?", lance M. Gul.

Pour lui, "il faut commencer par réduire les émissions avant de parler du meilleur moyen de se protéger du smog".

"Le gouvernement répète: 'l'Inde est responsable', 'les agriculteurs sont des ennemis de la nation', 'les briqueteries sont la principale source de pollution', mais il ne dit jamais un mot sur le transport", poursuit-t-il.

Et cela alors que la feuille de route gouvernementale estime le transport responsable de 83% des émissions à Lahore.

La directrice de la cellule anti-smog, Sabah Ashgar, renvoie la balle dans le camp des constructeurs automobiles.

Elle dit ne pas pouvoir "contraindre" les automobilistes, mais Islamabad promet que 30% des véhicules vendus au Pakistan en 2030 seront électriques, transport en commun inclus.

Pour le moment, les premières voitures électriques chinoises mises sur le marché peinent à s'écouler dans un pays où 40% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.

Et les autorités évacuent deux questions: comment vont-elles financer une telle révolution? Et pourquoi ne pas d'abord se débarrasser des carburants de mauvaise qualité utilisés massivement car moins chers?

"Passer à un carburant plus propre aurait un effet immédiat", assure pourtant Frank Hammes, PDG mondial de IQAir, société de surveillance de la qualité de l'air.

D'ailleurs le Pakistan a déjà eu un avant-goût d'air pur: en 2020, lors du confinement anti-Covid quand usines et transports se sont arrêtés.

"La qualité de l'air s'est tellement améliorée que pour la première fois depuis des années, nous pouvions même voir les étoiles à Lahore la nuit", se souvient Umar Masood, directeur du centre Urban Unit, qui analyse les données sur la pollution pour le compte du gouvernement.

Abdul Sattar Babar, directeur d'Ipsos Pakistan, plaide de son côté pour une prise de conscience collective.

Aujourd'hui, 28% des Pakistanais rejettent le changement climatique ou ne se sentent pas personnellement responsables --bien au-dessus de la moyenne mondiale de 19%.

"Lorsque vous arrivez à peine à vivre, les enjeux climatiques ne sont évidemment pas votre préoccupation première", assure-t-il à l'AFP.

G.Tsang--ThChM