The China Mail - Dormir dans un cagibi: Kiev s'adapte à la "terreur" nocturne russe

USD -
AED 3.672503
AFN 64.501395
ALL 80.912133
AMD 360.183745
ANG 1.789785
AOA 916.999941
ARS 1520.830897
AUD 1.422516
AWG 1.8025
AZN 1.699955
BAM 1.742819
BBD 2.009348
BDT 123.382092
BGN 1.747831
BHD 0.376489
BIF 2990.43851
BMD 1
BND 1.275162
BOB 11.747408
BRL 4.969861
BSD 0.997679
BTN 94.661849
BWP 13.743478
BYN 2.929296
BYR 19600
BZD 2.006389
CAD 1.400505
CDF 2315.999694
CHF 0.823697
CLF 0.025213
CLP 995.549909
CNY 6.67805
CNH 6.66904
COP 3160.52
CRC 455.262384
CUC 1
CUP 23.943254
CVE 98.257011
CZK 21.70405
DJF 177.650251
DKK 6.66169
DOP 61.191756
DZD 134.113045
EGP 54.993397
ERN 15
ETB 162.270996
EUR 0.891269
FJD 2.237202
FKP 0.747708
GBP 0.74725
GEL 2.58976
GGP 0.747708
GHS 11.567354
GIP 0.747708
GMD 74.000173
GNF 8829.007049
GTQ 7.626058
GYD 208.94485
HKD 7.84435
HNL 26.784115
HRK 6.714099
HTG 130.750929
HUF 326.901026
IDR 18108
ILS 3.10555
IMP 0.747708
INR 94.93815
IQD 1512.372907
IRR 1832375.000062
ISK 121.560114
JEP 0.747708
JMD 158.331143
JOD 0.709054
JPY 156.796972
KES 129.820015
KGS 87.448599
KHR 4075.940456
KMF 439.506315
KPW 899.999961
KRW 1321.950223
KWD 0.31069
KYD 0.831395
KZT 452.963349
LAK 22449.752494
LBP 89337.337319
LKR 331.270412
LRD 170.093699
LSL 16.528856
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.389207
MAD 9.799279
MDL 18.007566
MGA 4511.653397
MKD 54.896387
MMK 2099.851486
MNT 3598.994658
MOP 8.059703
MRU 39.870434
MUR 47.160054
MVR 15.460268
MWK 1729.897835
MXN 18.71225
MYR 4.083969
MZN 63.889513
NAD 16.528635
NGN 1350.280058
NIO 36.713271
NOK 9.319023
NPR 151.460308
NZD 1.75372
OMR 0.382337
PAB 0.99759
PEN 3.426186
PGK 4.467969
PHP 63.865045
PKR 276.070326
PLN 3.92551
PYG 5769.890528
QAR 3.63659
RON 4.765201
RSD 104.702711
RUB 81.498053
RWF 1473.973115
SAR 3.744737
SBD 8.07458
SCR 13.959063
SDG 601.504905
SEK 9.925855
SGD 1.278065
SHP 0.7473
SLE 22.949956
SLL 20969.504398
SOS 570.127561
SRD 37.649502
STD 20697.981008
STN 21.831921
SVC 8.729204
SYP 13001.999685
SZL 16.528174
THB 33.786013
TJS 9.19324
TMT 3.51
TND 2.979046
TOP 2.40776
TRY 49.763018
TTD 6.778679
TWD 32.579897
TZS 2645.037982
UAH 45.16501
UGX 4394.89935
UYU 40.010515
UZS 11938.941909
VES 879.788901
VND 25853
VUV 118.791596
WST 2.767791
XAF 584.634454
XAG 0.018501
XAU 0.000249575098
XCD 2.70255
XCG 1.79797
XDR 0.707052
XOF 584.634454
XPF 106.272445
YER 236.103112
ZAR 16.61885
ZMK 9001.208892
ZMW 20.057833
ZWL 321.999592
SSP 5745.299755
MXV 2.111921
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

Dormir dans un cagibi: Kiev s'adapte à la "terreur" nocturne russe
Dormir dans un cagibi: Kiev s'adapte à la "terreur" nocturne russe / Photo: © AFP

Dormir dans un cagibi: Kiev s'adapte à la "terreur" nocturne russe

Au son de la sirène, deux fillettes déroulent rapidement un matelas au sol, tandis que leur maman porte la troisième, endormie, vers un placard.

Taille du texte:

A Kiev, confrontée à des attaques aériennes russes presque chaque nuit depuis début mai, on s'adapte comme on peut pour se mettre à l'abri et dormir tant que possible.

Mercredi et jeudi, les alertes ont une fois encore duré aux alentours de trois heures, marquant la douzième et la treizième nuit d'attaque ce mois-ci.

Mais quand les attaques nocturnes se sont multipliées, les parents ont acheté des matelas supplémentaires et aménagé des endroits pour dormir loin des fenêtres.

"Chacun se lève, prend son oreiller, sa couverture et va se coucher" dans un lieu déterminé, explique Lioudmyla, 44 ans, qui s'interdit d'avoir peur pour rassurer les enfants.

"Même si ce n'est pas très confortable, au moins les filles dorment assez. Sinon elles ne seraient pas en état d'étudier" le lendemain.

La maman dort dans le cagibi avec Toussia, 4 ans. Son mari partage le vestibule avec Katia, 10 ans et Tonia, 7 ans. Les chiens sont à leurs pieds.

- Comme dans un film -

"L'alarme c'est quand des missiles volent", explique la petite Toussia. "Nous allons dans le cagibi, je prends un jouet avec moi".

Malgré des appels des autorités à descendre dans les abris, beaucoup de Kiéviens restent dans leurs appartements, notamment dans un couloir ou la salle de bain, car bien souvent les immeubles n'ont pas de caves ou alors elles ne sont pas aménagées, et les stations de métro ne sont pas forcément rapidement accessibles.

"Mes enfants dorment dans un cagibi", a même avoué à l'AFP un haut responsable gouvernemental ukrainien sous le couvert de l'anonymat.

A la mi-mai, Serguiï Tchouzavkov, un photographe de presse de 52 ans, a vu depuis son balcon des rafales de la défense anti-aérienne visant des engins russes "comme dans la Guerre des étoiles".

Tous les soirs, il se couche très tard, faisant sentinelle et surfant sur des chaînes Telegram, souvent les premières à annoncer le lancement de missiles ou drones russes. Il réveille sa femme et leur fille Nastia, 14 ans, s'il juge le risque important.

Le 16 mai, quand des missiles hypersoniques Kinjal ont été abattus au-dessus de Kiev, les explosions semblaient si fortes et proches, que Serguiï a mis son casque et gilet pare-balle sur sa fille, réfugiée dans le couloir.

Nastia assure ne pas être intimidée. "La première nuit c'était effrayant mais après je m'y suis habituée et j'éprouve de la colère contre les Russes plutôt que de la peur".

- Plus de 90% des missiles abattus -

Chaque matin après les frappes, les internautes font l'éloge des "dieux" de la défense aérienne.

Ces derniers ont de quoi se vanter, et remercier l'aide militaire occidentale: si pendant les premiers mois de l'invasion, 20% à 30% des missiles russes étaient interceptés, ce chiffre a dépassé 92% en mai, selon les estimations de l'édition ukrainienne du magazine Forbes.

Un succès en grande partie dû aux livraisons de systèmes occidentaux, dont les Patriots américains qui ont permis d'intercepter des Kinjal, une première depuis le début de l'offensive russe en février 2022.

Si les destructions et les pertes ont été minimes en mai à Kiev, ce stress nocturne à répétition n'est pas anodin.

"Plus il y a de sirènes, plus on reçoit d'appels", constate le médecin Serguiï Karas du Centre de médecine d'urgence de Kiev, en charge des ambulances.

Selon lui, la moyenne des appels quotidiens a bondi à 1.300-1.400 en mai contre un millier les mois précédents.

Les jeunes souffrent d'attaques de panique, d'anxiété, les gens plus âgés, d'hypertension et d'arythmie, énumère M. Karas. "Le plus souvent des calmants suffisent, mais parfois il s'agit d'infarctus ou d'attaques cérébrales".

A chaque sirène, Olena Mazour, mère célibataire et son fils Sacha, 5 ans, descendent dans le parking souterrain d'un bâtiment voisin, depuis le jour où tout leur immeuble a tremblé après des explosions en série. Parfois, ils y vont deux fois par nuit.

Le matin, qu'ils aient dormi ou pas, c'est le boulot et la maternelle. "On se débrouille car il faut vivre", confie cette comptable de 42 ans, souhaitant aux Russes de passer "ne serait-ce qu'une semaine de nuits comme les nôtres".

"Il n'est guère possible de les haïr plus que nous les haïssons déjà", lâche-t-elle.

W.Cheng--ThChM