The China Mail - L'Afrique du Sud, plaque tournante du financement du jihadisme

USD -
AED 3.672502
AFN 64.497487
ALL 81.118144
AMD 360.743464
ANG 1.789785
AOA 916.999741
ARS 1535.980903
AUD 1.425405
AWG 1.8025
AZN 1.703992
BAM 1.747272
BBD 2.014223
BDT 123.910645
BGN 1.747831
BHD 0.37736
BIF 2992.616283
BMD 1
BND 1.28047
BOB 11.855935
BRL 5.294752
BSD 1.000054
BTN 95.138718
BWP 13.795445
BYN 2.941694
BYR 19600
BZD 2.011337
CAD 1.404645
CDF 2315.999808
CHF 0.827275
CLF 0.0251
CLP 991.069996
CNY 6.678051
CNH 6.668925
COP 3172.18
CRC 455.262182
CUC 1
CUP 24.001537
CVE 98.508503
CZK 21.7763
DJF 178.084701
DKK 6.684396
DOP 61.205437
DZD 135.109199
EGP 56.178695
ERN 15
ETB 163.804155
EUR 0.89426
FJD 2.235702
FKP 0.747708
GBP 0.749485
GEL 2.58939
GGP 0.747708
GHS 11.625445
GIP 0.747708
GMD 73.999859
GNF 8850.751336
GTQ 7.644581
GYD 209.560055
HKD 7.844915
HNL 26.849631
HRK 6.737901
HTG 130.986148
HUF 328.241494
IDR 18153
ILS 3.082345
IMP 0.747708
INR 95.10945
IQD 1515.082481
IRR 1832374.999796
ISK 121.898506
JEP 0.747708
JMD 158.771424
JOD 0.708944
JPY 157.532504
KES 129.850201
KGS 87.449716
KHR 4077.348116
KMF 439.501638
KPW 899.999961
KRW 1327.600285
KWD 0.31077
KYD 0.833426
KZT 450.973998
LAK 22507.604826
LBP 89554.609574
LKR 332.292546
LRD 170.008621
LSL 16.631453
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.412679
MAD 9.823022
MDL 17.971064
MGA 4541.901363
MKD 54.964674
MMK 2099.851486
MNT 3598.994658
MOP 8.08144
MRU 40.21459
MUR 47.130244
MVR 15.460227
MWK 1734.123669
MXN 18.58152
MYR 4.085701
MZN 63.898588
NAD 16.631602
NGN 1345.450391
NIO 36.798306
NOK 9.328385
NPR 152.221592
NZD 1.761045
OMR 0.384484
PAB 1.00004
PEN 3.44761
PGK 4.549069
PHP 63.908041
PKR 276.741666
PLN 3.937988
PYG 5764.978626
QAR 3.655709
RON 4.783021
RSD 105.081011
RUB 80.799621
RWF 1478.619383
SAR 3.744737
SBD 8.07458
SCR 13.787614
SDG 601.497294
SEK 9.95315
SGD 1.280975
SHP 0.7473
SLE 22.949754
SLL 20969.504398
SOS 571.489831
SRD 37.691957
STD 20697.981008
STN 21.887898
SVC 8.750692
SYP 13001.999685
SZL 16.625646
THB 33.782988
TJS 9.225574
TMT 3.51
TND 2.987372
TOP 2.40776
TRY 49.7622
TTD 6.796771
TWD 32.588977
TZS 2645.019851
UAH 45.657837
UGX 4480.338773
UYU 40.103811
UZS 11968.60664
VES 879.788904
VND 25842.5
VUV 118.791596
WST 2.767791
XAF 586.595955
XAG 0.018446
XAU 0.000248546932
XCD 2.70255
XCG 1.802377
XDR 0.707052
XOF 586.595955
XPF 106.5435
YER 236.102833
ZAR 16.635699
ZMK 9001.201541
ZMW 20.135703
ZWL 321.999592
SSP 5745.299755
MXV 2.096381
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

L'Afrique du Sud, plaque tournante du financement du jihadisme
L'Afrique du Sud, plaque tournante du financement du jihadisme / Photo: © AFP/Archives

L'Afrique du Sud, plaque tournante du financement du jihadisme

L'Afrique du Sud n'a jamais été réellement concernée par les attentats jihadistes. Sa démocratie est solide, son économie stable. Elle est pourtant considérée comme une place forte du financement du groupe Etat islamique (EI) et d'autres organisations islamistes.

Taille du texte:

Le pays le plus développé du continent a été pointé du doigt en premier par les Etats-Unis, qui ont sanctionné en 2022 des entreprises et ressortissants sud-africains soupçonnés de faciliter des transferts de fonds au profit de l'EI, dont l'Afrique est devenue le principal espace de conquête depuis la perte de son califat entre Irak et Syrie, en 2019.

"La vigilance n'a pas été suffisante pendant 20 ans parce que l'Afrique du Sud n'a pas été touchée du tout par les problèmes de terrorisme", explique à l'AFP Hans-Jakob Schindler, directeur du centre de réflexion Counter-Extremism Project (CEP).

"Ce sont les Américains qui ont dit: il y a quelque chose qui ne va pas dans votre pays", ajoute l'ancien expert de l'ONU. "Le gouvernement tout entier est maintenant au travail".

En mars, la Groupe d'action financière (Gafi), organisation de lutte contre le blanchiment basée à Paris, a placé l'Afrique du Sud sur une "liste grise" de pays manquant de rigueur dans la lutte contre le financement des activités illicites.

"Il est maintenant internationalement admis que nous sommes une plaque tournante", regrette l'experte de l'antiterrorisme sud-africaine Jasmine Opperman. "L'Afrique du Sud est le terrain de chasse des transferts de fonds (...) aux mains du terrorisme", estime-t-elle, évoquant aussi le rôle d'activistes favorables à Al-Qaïda, au Hamas palestinien ou au Hezbollah proche de l'Iran.

Martin Ewi, coordinateur d'un observatoire du crime pour l'Institut des études de sécurité (ISS) à Pretoria, confirme qu'un "certain nombre d'incidents ont malheureusement donné l'impression que l'Afrique du Sud était une plaque tournante du financement du terrorisme".

- Accroissement des fonds -

Un phénomène notamment lié à la nature démocratique du pays et à un système bancaire à la fois très développé et suffisamment ouvert pour permettre toutes sortes d'activités occultes.

La prise de conscience intervient alors que l'EI, comme Al-Qaïda, a fait de l'Afrique l'axe central de son développement. Des groupes lui ayant prêté allégeance essaiment aujourd'hui en Somalie et au Sahel, autour du lac Tchad et au Mozambique, ainsi qu'en République démocratique du Congo (RDC).

"Depuis cinq ans, l'Afrique est devenue de plus en plus importante" pour le groupe, relève Hans-Jakob Schindler.

Mais le rôle de l'Afrique du Sud dans la prolifération de l'EI date de plus d'une décennie, assure Ryan Cummings, analyste pour la société de conseil privée Signal Risk, installée au Cap.

Il cite des informations de services de renseignement selon lesquels les Shebabs somaliens y ont fait transiter des fonds après les attaques du centre commercial Westgate à Nairobi, en 2013.

"Évidemment, avec la poussée de l'EI et sa présence directe au Mozambique", émerge la thèse d'un "accroissement des fonds (...) venant d'Afrique du sud vers le Mozambique et des groupes du continent africain, en particulier la filiale de l'EI en RDC", souligne Ryan Cummings.

Le cocktail est détonnant: un système financier opérationnel, une communauté musulmane active et importante, une démocratie aux frontières poreuses, une corruption endémique et des organisations criminelles structurées de longue date.

- 57.000 cartes sim -

Dans le viseur, "ce sont des personnalités extrémistes sud-africaines bien connues, actives depuis bon nombre d'années. Elles tirent profit de structures financières ouvertes", résume Tore Hamming, du Centre international pour l'étude de la radicalisation à Londres.

Les fonds proviennent de toute une gamme d'activités, du trafic de drogue aux minerais précieux en passant par les prises d'otages ou l'extorsion de fonds via de faux profils de l'application de rencontres Tinder.

Les statistiques de la police sud-africaine témoignent à cet égard d'un doublement des enlèvements (4.000) entre juillet et septembre 2022, par rapport aux trois mois précédents.

Sont aussi impliquées, selon le Trésor américain, des sociétés-écrans agissant dans les secteurs des pierres précieuses, l'or ou le bâtiment.

L'argent circule via une multitude de transferts de sommes trop faibles pour attirer l'attention. L'équivalent de plus de 315 millions d'euros a ainsi quitté l'Afrique du sud pour le Kenya, la Somalie, le Nigeria et le Bangladesh, via quelque 57.000 cartes Sim non enregistrées, entre 2020 et 2021, selon une enquête de l'hebdomadaire sud-africain Sunday Times.

Un procédé qu'aucun service secret parmi les plus compétents de la planète n'aurait pu déceler. D'autres fonds transitent par le système hawala, une méthode de paiement informelle fondée sur la confiance, encore plus complexe à tracer que les transferts bancaires.

- Réouverture d'anciens dossiers -

L'ampleur des sommes destinées aux jihadistes reste inconnue, comme les logiques qui président à leur répartition au sein des filiales régionales des groupes. Mais l'argent ne manque pas: les groupes jihadistes "gagnent plus que nécessaire", assure Hans-Jakob Schindler.

"On ne peut croire une seconde qu'une entreprise ou activité économique dans une zone qu'ils contrôlent pourrait continuer à opérer sans les payer. Cela n'est jamais arrivé".

Des documents internes à l'EI, consultés par Tore Hamming, montrent ainsi que la moitié des fonds récoltés par ses soins en Somalie est conservée. Un quart est reversée à la centrale de l'organisation, le quart restant étant partagé entre Mozambique et RDC.

L'un des suspects sud-africains pointés du doigt par Washington s'appelle Farhad Hoomer, 47 ans, basé à Durban. En 2022, il a fait l'objet de sanctions du Trésor américain pour "un rôle de plus en plus central dans la facilitation de transferts de fonds depuis le sommet de la hiérarchie jusqu'aux filiales à travers l'Afrique".

Lui nie travailler pour l'EI. Contacté par l'AFP, il a évoqué sa "surprise", affirmant n'avoir "aucune idée" de l'origine des sanctions. "J'attends les preuves depuis un an".

Arrêté en 2018, il était accusé de préparer la pose d'engins incendiaires près de mosquées et magasins avant que toutes les accusations ne soient levées.

Mais l'Afrique du Sud a depuis rouvert certains dossiers et témoigne de sa volonté de nettoyer son système financier. Martin Ewi, qui travaille main dans la main avec le gouvernement, indique à cet égard que plusieurs individus font l'objet d'enquêtes sur des faits remontant désormais jusqu'à 2017-2018.

"Le gouvernement a adopté une approche très volontariste", veut-il croire aujourd'hui.

Plusieurs textes ont été adoptés à la hâte au Parlement, notamment un sur le blanchiment et la lutte contre le financement du terrorisme, promulgué par le président Cyril Ramaphosa juste avant Noël.

Et le 19 mai, le ministre de la Sécurité Khumbudzo Ntshavheni a promis de veiller à ce que "le territoire sud-africain ne soit plus utilisé pour préparer, faciliter ou mener à bien des actes de terrorisme, ou acquérir, déplacer, stocker et utiliser des fonds en soutien du terrorisme".

E.Choi--ThChM