The China Mail - Ukraine: fuir pour ne pas revivre l'occupation russe

USD -
AED 3.672498
AFN 65.000261
ALL 81.533073
AMD 358.401722
ANG 1.789785
AOA 916.999868
ARS 1541.754401
AUD 1.422809
AWG 1.8
AZN 1.715223
BAM 1.754262
BBD 2.010754
BDT 123.994851
BGN 1.747831
BHD 0.376995
BIF 2999.094065
BMD 1
BND 1.280239
BOB 12.025456
BRL 5.3544
BSD 0.998309
BTN 95.006951
BWP 13.810517
BYN 2.942546
BYR 19600
BZD 2.007794
CAD 1.39826
CDF 2314.497801
CHF 0.828735
CLF 0.025054
CLP 989.301933
CNY 6.66605
CNH 6.65915
COP 3168.57
CRC 453.954273
CUC 1
CUP 23.960319
CVE 98.902577
CZK 21.85315
DJF 177.776183
DKK 6.710525
DOP 61.334505
DZD 135.412508
EGP 56.047103
ERN 15
ETB 163.677738
EUR 0.89788
FJD 2.24275
FKP 0.751792
GBP 0.750805
GEL 2.567503
GGP 0.751792
GHS 11.635281
GIP 0.751792
GMD 73.49797
GNF 8835.888903
GTQ 7.629042
GYD 209.205434
HKD 7.84651
HNL 26.802228
HRK 6.76901
HTG 130.803902
HUF 328.696495
IDR 18183
ILS 3.11695
IMP 0.751792
INR 95.228019
IQD 1513.526119
IRR 1864650.000277
ISK 121.939959
JEP 0.751792
JMD 158.350301
JOD 0.70902
JPY 158.055034
KES 129.920061
KGS 87.448009
KHR 4079.381097
KMF 442.000259
KPW 899.999961
KRW 1338.920003
KWD 0.311201
KYD 0.832018
KZT 454.497345
LAK 22469.582065
LBP 89401.597474
LKR 331.94455
LRD 169.711646
LSL 16.642972
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.423981
MAD 9.821192
MDL 17.970463
MGA 4535.934522
MKD 55.229912
MMK 2099.638249
MNT 3597.631144
MOP 8.067326
MRU 40.444177
MUR 47.470212
MVR 15.459736
MWK 1731.104723
MXN 18.75381
MYR 4.059596
MZN 63.896673
NAD 16.643047
NGN 1345.949727
NIO 36.73971
NOK 9.277865
NPR 152.022209
NZD 1.78277
OMR 0.384501
PAB 0.998309
PEN 3.443763
PGK 4.475938
PHP 63.878503
PKR 276.21656
PLN 3.94746
PYG 5843.547208
QAR 3.639535
RON 4.799198
RSD 105.546025
RUB 80.57679
RWF 1478.109555
SAR 3.750664
SBD 8.064705
SCR 13.854054
SDG 601.499925
SEK 9.88831
SGD 1.28162
SHP 0.750582
SLE 22.950037
SLL 20969.504398
SOS 570.559796
SRD 37.615503
STD 20697.981008
STN 21.976051
SVC 8.735469
SYP 13001.999685
SZL 16.638487
THB 33.763501
TJS 9.194224
TMT 3.51
TND 2.995112
TOP 2.40776
TRY 49.837599
TTD 6.776484
TWD 32.577014
TZS 2647.437993
UAH 45.526629
UGX 4347.533602
UYU 40.163236
UZS 11994.959121
VES 887.00815
VND 25814
VUV 119.133003
WST 2.76699
XAF 588.970444
XAG 0.019042
XAU 0.00024847375
XCD 2.70255
XCG 1.799297
XDR 0.707052
XOF 588.970444
XPF 106.970674
YER 236.174987
ZAR 16.644755
ZMK 9001.201804
ZMW 20.141626
ZWL 321.999592
SSP 5745.303054
MXV 2.114197
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

Ukraine: fuir pour ne pas revivre l'occupation russe
Ukraine: fuir pour ne pas revivre l'occupation russe / Photo: © AFP

Ukraine: fuir pour ne pas revivre l'occupation russe

Chargé de deux gros sacs, Serguiï quitte sa maison en briques grises et ferme la porte tandis que son chien aboie. Puis il monte dans une voiture pour être évacué.

Taille du texte:

Son village, Bogouslavka, dans l'Est de l'Ukraine, paraît paisible avec ses oies sur les étangs et ses vaches au pâturage. Mais Serguiï a finalement décidé d'en partir après des lourdes frappes russes sur la localité.

La région est devenue trop dangereuse alors que les soldats de Moscou tentent de reprendre la ville toute proche de Koupiansk, qu'ils avaient déjà occupée.

Les Russes ont obtenu quelques avancées au prix d'âpres combats, mais l'armée ukrainienne affirme contrôler la situation.

La prise de Koupiansk serait un coup d'éclat pour Moscou et une impression de déjà-vu pour les habitants, après avoir vécu sous occupation russe pendant plus de la moitié de 2022.

Face aux attaques de bombes aériennes guidées, les autorités ont ordonné l'évacuation de certaines parties de la ville et de villages voisins.

La Croix-Rouge conduit les habitants vers la grande ville de Kharkiv, plus proche et plus sûre.

Serguiï a longtemps refusé de partir. Il s'inquiète désormais pour ses animaux et ses volailles, qu'en principe un voisin viendra nourrir.

- "Tellement peur" -

A Kharkiv, il va rejoindre sa femme et verra aussi son petit-fils de 18 ans, qui vient d'entrer à l'université.

Il a les larmes aux yeux en évoquant son foyer. "J'ai tellement envie de rentrer chez moi", dit-il, avant de lâcher : "Je ne veux plus vivre !"

À Koupiansk, deux habitantes attendent Serguiï dans un minibus de la Croix-Rouge.

Tatiana, 72 ans, une bavarde aux cheveux blond platine et au rouge à lèvres rose vif, dit ne plus supporter le bruit de l'artillerie.

"J'ai tellement peur. Je tremble de partout", explique-t-elle, en souhaitant que les Russes "tombent raides morts".

Lyoudmila, 60 ans, affiche un grand sourire. Elle se rend chez une amie dans les environs de Kiev. Elle a déjà fui Koupiansk avant de revenir.

Aujourd'hui, c'est "plutôt effrayant", dit-elle, s'estimant chanceuse que la plupart des fenêtres de son appartement soient intactes.

"Je dis toujours que les gens devraient partir", déclare Klim -- un indicatif militaire --, commandant de l'unité d'intervention rapide de la Croix-Rouge ukrainienne pour la région de Kharkiv, qui dirige l'évacuation.

Les roquettes russes Grad "ne font pas de différence" entre civils et militaires, souligne-t-il.

Lui et un de ses collègues enfilent des gilets pare-balles pour se rendre à Koupiansk.

Dans le centre-ville, des magasins sont éventrés et des immeubles ont les fenêtres explosées.

Sur la porte ouverte d'un magasin, une note manuscrite prévient : "C'est vide: tout a déjà été volé".

Le silence est brisé par les bruits sourds et réguliers de l'artillerie provenant de l'autre côté de la rivière Oskil qui traverse la ville, où sont positionnés les Russes.

- "Soumis au fouet" -

Plus tôt dans la journée, le pont sur la rivière a été touché et les soldats ont érigé une barrière pour arrêter les véhicules.

Depuis les hauteurs de Koupiansk, on peut voir de la fumée s'élever sur la rive opposée.

"La ville est vide, une ville fantôme", dit Marina, 54 ans, accoudée au comptoir de l'épicerie de sa fille.

Elle dit avoir "la chair de poule" au sujet de l'occupation russe et ne pas vouloir la revivre.

"Ici, nous nous sentons libres, alors que (sous l'occupation), nous marchions comme si nous étions soumis à une sorte de fouet", raconte-t-elle.

Les soldats ukrainiens font partie des quelques clients des magasins et du petit marché, où les commerçants plient bagage bien avant le couvre-feu de 18 heures.

Assise là en pull et leggings, Lidia, médecin à la retraite, sourit en se souvenant de l'occupation. Avec une parole rare, elle exprime ouvertement son soutien à la Russie.

"Lorsque les Russes étaient ici, la vie était merveilleuse (...) Il n'y avait pas de pillages et l'ordre régnait", affirme-t-elle.

Discutant avec des amis à l'extérieur d'un magasin, Volodymyr, 55 ans, explique qu'il ne peut pas partir car il est chargé du réseau d'eau de la ville.

Il répare notamment les trous des canalisations dus aux bombardements.

"Ceux qui restent (à Koupiansk) sont les plus inébranlables (...) Ceux qu'ils (les Russes) ne peuvent pas vaincre", dit-il.

O.Tse--ThChM