The China Mail - Nigeria: l'interdiction du plastique à usage unique à Lagos éveille craintes et enthousiasme

USD -
AED 3.672504
AFN 64.000368
ALL 81.109773
AMD 359.873322
ANG 1.789785
AOA 918.000367
ARS 1528.316696
AUD 1.422678
AWG 1.8025
AZN 1.70397
BAM 1.74477
BBD 2.011597
BDT 123.993042
BGN 1.747831
BHD 0.377091
BIF 2997.279094
BMD 1
BND 1.275971
BOB 12.110264
BRL 5.440104
BSD 0.998796
BTN 94.782997
BWP 13.79901
BYN 2.942058
BYR 19600
BZD 2.008653
CAD 1.39745
CDF 2315.000362
CHF 0.823841
CLF 0.025228
CLP 992.920396
CNY 6.661104
CNH 6.651304
COP 3164.280298
CRC 454.168339
CUC 1
CUP 23.969847
CVE 98.367456
CZK 21.81604
DJF 177.849146
DKK 6.697404
DOP 60.537937
DZD 135.196931
EGP 55.738436
ERN 15
ETB 161.241358
EUR 0.892404
FJD 2.243704
FKP 0.746726
GBP 0.746436
GEL 2.603861
GGP 0.746726
GHS 11.635666
GIP 0.746726
GMD 74.000355
GNF 8839.823364
GTQ 7.635488
GYD 209.349213
HKD 7.84585
HNL 26.845087
HRK 6.76901
HTG 130.853294
HUF 327.940388
IDR 18127.15
ILS 3.14456
IMP 0.746726
INR 94.912504
IQD 1514.072885
IRR 1868415.000352
ISK 121.830386
JEP 0.746726
JMD 158.713591
JOD 0.70904
JPY 157.562504
KES 129.791695
KGS 87.448704
KHR 4075.114858
KMF 441.00035
KPW 899.999961
KRW 1333.420383
KWD 0.31117
KYD 0.83233
KZT 452.856952
LAK 22487.176056
LBP 89438.155136
LKR 332.209287
LRD 169.784558
LSL 16.644543
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.420447
MAD 9.82042
MDL 17.877693
MGA 4517.596681
MKD 54.931085
MMK 2099.629361
MNT 3599.514763
MOP 8.070654
MRU 40.499576
MUR 47.280378
MVR 15.450378
MWK 1731.477764
MXN 18.78615
MYR 4.058204
MZN 63.910377
NAD 16.644543
NGN 1346.470377
NIO 36.754539
NOK 9.208504
NPR 151.652616
NZD 1.772422
OMR 0.382702
PAB 0.998885
PEN 3.456889
PGK 4.545252
PHP 63.764504
PKR 276.304474
PLN 3.94725
PYG 5851.286855
QAR 3.64084
RON 4.782204
RSD 104.839645
RUB 80.300995
RWF 1474.374415
SAR 3.7544
SBD 8.058206
SCR 14.652482
SDG 601.503676
SEK 9.826204
SGD 1.278804
SHP 0.748335
SLE 22.903667
SLL 20969.504398
SOS 570.765868
SRD 37.619504
STD 20697.981008
STN 21.856461
SVC 8.739016
SYP 13001.999685
SZL 16.639458
THB 33.723038
TJS 9.193541
TMT 3.5
TND 2.986752
TOP 2.40776
TRY 49.933804
TTD 6.771935
TWD 32.621404
TZS 2646.683617
UAH 45.299969
UGX 4244.613944
UYU 40.153441
UZS 11979.124849
VES 887.479804
VND 25803.5
VUV 118.626367
WST 2.776217
XAF 585.378718
XAG 0.020359
XAU 0.000258029557
XCD 2.70255
XCG 1.799991
XDR 0.707052
XOF 585.378718
XPF 106.3919
YER 236.203589
ZAR 16.719695
ZMK 9001.203584
ZMW 20.14006
ZWL 321.999592
SSP 5745.217636
MXV 2.117302
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

Nigeria: l'interdiction du plastique à usage unique à Lagos éveille craintes et enthousiasme
Nigeria: l'interdiction du plastique à usage unique à Lagos éveille craintes et enthousiasme / Photo: © AFP

Nigeria: l'interdiction du plastique à usage unique à Lagos éveille craintes et enthousiasme

Des trottoirs jonchés de déchets aux vendeurs de rue emballant leurs plats dans des contenants en polystyrène, les déchets plastiques font partie intégrante du paysage urbain de Lagos, la capitale économique du Nigeria et la ville la plus peuplée du continent.

Taille du texte:

"Les boîtes en polystyrène sont moins chères que celles en plastique réutilisable", explique à l'AFP Cecilia Mathew, 20 ans, qui vend des plats à base de riz, de viande et de gari, de la farine de manioc, dans les rues du quartier populaire d'Obalende à Lagos.

"On ne va quand même pas mettre la nourriture dans des sacs", abonde Funmilayo Oresanya, 43 ans, elle aussi vendeuse de nourriture de rue, une "Mama Put" comme on les appelle en argot local.

L'annonce de l'interdiction des boîtes en polystyrène et des plastiques à usage unique, "avec effet immédiat", a été faite dimanche soir par Tokunbo Wahab, le commissaire à l'environnement de l'Etat de Lagos, sur son compte X.

Elle a pris par surprise de nombreux Lagotiens qui vivent du secteur informel et suscite des interrogations sur sa mise en oeuvre, y compris parmi les défenseurs de l'environnement.

"C'est trop soudain", explique à l'AFP Kehinde Bakare, 61 ans, vendeuse de boîtes en polystyrène. "Le gouvernement doit nous laisser du temps: comment vont faire les gens qui vivent de ça ?", questionne celle qui demande que leur soit proposés des "substituts".

- Plan d'action -

La chaîne de fast-food nigériane Food Concepts, connue pour ses restaurants populaires Chicken Republic, PieXpress et The Chopbox, a "applaudi" la mesure, déclarant dans un communiqué lundi "commencer sa transition" pour mettre fin aux boîtes en polystyrène et encourageant ses clients "à venir avec leurs propres contenants".

Toujours sur son compte X, Tokunbo Wahab publiait mardi une vidéo montrant des agents sanitaires effectuer des contrôles dans la ville.

Mais si l'urgence environnementale fait l'unanimité, la mise en œuvre concrète de la mesure éveille quelques scepticismes.

Folawemi Umunna, cofondatrice de l'ONG Initiative pour la protection climatique et écologique, juge la décision d'éliminer les matériaux non-biodégradables positive si l'État de Lagos gère correctement son plan d'action.

"Il s'agit d'une excellente nouvelle pour l'environnement à différents niveaux et, si cette mesure est mise en œuvre de manière efficace, elle permettra de réduire considérablement les émissions de tonnes de CO2 dans l'État de Lagos", a-t-elle indiqué à l'AFP lundi.

En 2019, les députés nigérians avaient voté une loi interdisant les sacs plastiques mais elle est restée lettre morte faute d'être allée au terme de son parcours législatif.

Dans la mégapole de plus de 20 millions d'habitants, la question de la gestion des déchets est centrale alors que les détritus bouchent régulièrement les égouts et les conduites d'évacuation, notamment pendant la saison des pluies, causant inondations et favorisant la prolifération des moustiques, vecteurs du paludisme, dans les eaux stagnantes.

Le Nigeria est "le second importateur de plastiques d'Afrique", selon la fondation allemande Heinrich-Böll, soit "17% de la consommation plastique du continent" et "plus de 130.000 tonnes de plastique finissent dans les eaux nigérianes chaque année".

"Si rien n'est fait, les importations et la consommation de plastiques dépasseront 40 millions de tonnes d'ici 2030", s'alarmait-elle dans un rapport de 2020.

- "Conséquences socio-économiques" -

Les microparticules plastiques "sont ingérées par les animaux et peuvent se retrouver chez les êtres humains", explique à l'AFP Temitope Olawunmi Sogbanmu, eco-toxicologue à l'Université de Lagos, qui insiste sur le caractère "non dégradable" de ces matériaux.

Mais si l'interdiction du polystyrène et du plastique à usage unique est une "bonne nouvelle", estime la scientifique, elle craint néanmoins "les conséquences socio-économiques" de cette mesure sur "ceux dont les revenus dépendent de cette chaîne de valeur".

Vendeurs de nourriture mais aussi d'eau en sachets plastique, collecteurs de déchets, nombreux sont ceux qui dépendent de cette économie informelle dans un pays qui subit une profonde crise économique avec un triplement des prix du carburant depuis l'arrivée au pouvoir en mai du président Bola Ahmed Tinubu et une inflation à près de 29% en décembre sur les douze derniers mois.

"De nombreuses personnes vont être appauvries, cela deviendra encore plus difficile de se procurer l'essentiel", estime Mme Sogbanmu qui préconise la mise en place "d'interventions stratégiques surtout pour les gens les plus pauvres afin qu'ils survivent et ne se tournent pas vers des solutions illégales".

"Le gouvernement doit demander aux gens ce qu'ils veulent et comment il peut les soutenir", consent pour sa part Oluwaseyi Moejho, militante écologiste, "enthousiasmée" par la mesure du gouvernement de Lagos.

"Il existait autrefois un Nigeria sans plastique, nous pouvons le faire à nouveau", s'emballe la militante. "Je reconnais que l'utilisation du plastique est pratique mais si c'est au détriment de notre santé et de notre futur, c'est trop cher payé", ajoute-t-elle.

B.Carter--ThChM