The China Mail - Le Pen et l' "Establishment" politique: 30 ans de relations tumultueuses

USD -
AED 3.672502
AFN 63.999692
ALL 81.442168
AMD 361.356205
ANG 1.789785
AOA 918.000238
ARS 1531.580988
AUD 1.424299
AWG 1.8025
AZN 1.719283
BAM 1.751936
BBD 2.019841
BDT 124.502291
BGN 1.747831
BHD 0.378636
BIF 3009.562199
BMD 1
BND 1.2812
BOB 12.160165
BRL 5.437703
BSD 1.002889
BTN 95.171425
BWP 13.855559
BYN 2.954181
BYR 19600
BZD 2.016885
CAD 1.39796
CDF 2315.000088
CHF 0.82319
CLF 0.025248
CLP 993.709674
CNY 6.661101
CNH 6.64394
COP 3218.67
CRC 456.02956
CUC 1
CUP 24.068509
CVE 98.772786
CZK 21.781998
DJF 178.577987
DKK 6.681965
DOP 60.786026
DZD 135.75098
EGP 55.859529
ERN 15
ETB 161.902139
EUR 0.89406
FJD 2.243701
FKP 0.746765
GBP 0.746245
GEL 2.600526
GGP 0.746765
GHS 11.683612
GIP 0.746765
GMD 74.000185
GNF 8876.049714
GTQ 7.66695
GYD 210.211851
HKD 7.845765
HNL 26.9551
HRK 6.76901
HTG 131.391307
HUF 327.051007
IDR 18160
ILS 3.13695
IMP 0.746765
INR 94.83495
IQD 1520.31173
IRR 1868415.000232
ISK 121.589852
JEP 0.746765
JMD 159.364013
JOD 0.708976
JPY 157.774983
KES 129.939796
KGS 87.448701
KHR 4091.870006
KMF 440.999742
KPW 899.999961
KRW 1340.915017
KWD 0.31117
KYD 0.835759
KZT 454.722981
LAK 22579.734941
LBP 89806.69145
LKR 333.576685
LRD 170.480349
LSL 16.713128
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.446758
MAD 9.860886
MDL 17.951359
MGA 4536.110178
MKD 55.157433
MMK 2099.693878
MNT 3599.326016
MOP 8.10391
MRU 40.665547
MUR 47.289736
MVR 15.449853
MWK 1738.573508
MXN 18.768035
MYR 4.067403
MZN 63.909996
NAD 16.713053
NGN 1344.520036
NIO 36.905162
NOK 9.212103
NPR 152.274101
NZD 1.78001
OMR 0.384271
PAB 1.003001
PEN 3.471087
PGK 4.563879
PHP 63.603969
PKR 277.436793
PLN 3.94685
PYG 5875.265928
QAR 3.655843
RON 4.7733
RSD 105.271644
RUB 80.624757
RWF 1480.416527
SAR 3.764539
SBD 8.058206
SCR 14.712529
SDG 601.505413
SEK 9.799205
SGD 1.278509
SHP 0.748335
SLE 22.864817
SLL 20969.504398
SOS 573.104915
SRD 37.619501
STD 20697.981008
STN 21.946031
SVC 8.775026
SYP 13001.999685
SZL 16.707648
THB 33.777496
TJS 9.231424
TMT 3.5
TND 2.999059
TOP 2.40776
TRY 49.970498
TTD 6.799808
TWD 32.585
TZS 2642.997972
UAH 45.485612
UGX 4262.104179
UYU 40.318896
UZS 12028.32407
VES 887.479801
VND 25791
VUV 118.915185
WST 2.776217
XAF 586.465001
XAG 0.019887
XAU 0.000255428494
XCD 2.70255
XCG 1.807408
XDR 0.707052
XOF 586.465001
XPF 106.82886
YER 236.195061
ZAR 16.68449
ZMK 9001.199662
ZMW 20.222595
ZWL 321.999592
SSP 5745.217636
MXV 2.113638
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

Le Pen et l' "Establishment" politique: 30 ans de relations tumultueuses
Le Pen et l' "Establishment" politique: 30 ans de relations tumultueuses / Photo: © AFP/Archives

Le Pen et l' "Establishment" politique: 30 ans de relations tumultueuses

L'irruption de Jean-Marie Le Pen à partir des années 80 a longtemps déboussolé la classe politique française, partagée à droite entre tentation de l'alliance et cordon sanitaire, alors que le président socialiste François Mitterrand y a vu l'occasion de fracturer le camp de ses adversaires.

Taille du texte:

"Avoir quatre pèlerins du FN (au conseil municipal de) Dreux"? "Cela n'a aucune espèce d'importance". En septembre 1983, Jacques Chirac, patron du RPR, n'a rien à redire quant à l'alliance de la liste de son parti gaulliste avec celle du Front national dans l'entre-deux-tours d'une municipale partielle dans cette sous-préfecture d'Eure-et-Loire, où le petit parti d'extrême droite a créé la surprise quelques jours plus tôt en recueillant 16,72% des suffrages.

A peine Simone Veil et Jacques Toubon avaient-ils été entendus en protestant contre un accord avec ces défenseurs de Pétain, et dont le chef, Jean-Marie Le Pen, qui ambitionne de réunir toutes les chapelles de l'extrême droite, n'est même pas parvenu à réunir les 500 signatures nécessaires pour se présenter à la présidentielle deux ans plus tôt.

Mais ce qui apparaît pour beaucoup comme un épiphénomène provincial se révèle rapidement l'acte fondateur d'une épopée nationale.

A l'Elysée, le socialiste François Mitterrand, qui accuse une inquiétante érosion de sa popularité depuis le "tournant de la rigueur" décidé six mois plus tôt, y voit immédiatement l'opportunité de diviser la droite.

Car l'ancien député et ministre de la Quatrième République se rappelle de l'éloquence tribunitienne du benjamin de l'Assemblée nationale élu en 1956. Il lui offre, sur ordre passé aux dirigeants de la télévision publique, une invitation à la plus grande émission politique de l'époque: L'Heure de vérité, sur Antenne 2, promesse de plus de 10 millions de téléspectateurs.

En février 1984, devant les caméras, l'interview se transforme en show: Jean-Marie Le Pen se lève et décrète une "minute de silence" en mémoire des victimes des goulags communistes, manière d'esquiver les questions quant à son rapport avec la Collaboration.

Quatre mois plus tard, la liste Front national qu'il dirige pour les élections européennes recueille 10,95% des voix. A peine 50.000 suffrages de moins que le PCF.

- Antiracisme -

En 1986, afin d'atténuer la défaite annoncée du PS et de ses alliés aux élections législatives, François Mitterrand décide de faire élire les députés à la proportionnelle départementalisée. Encore une aubaine, pour le FN, que le système majoritaire à deux tours privait de tout espoir de victoire: au soir du 16 mars, Jean-Marie Le Pen et trente-quatre des siens entrent dans l'hémicycle.

L'ascension du "diable de la République" accompagne en miroir la mue du PS, défait de ses idéaux de contestation de l'économie de marché, et dont le programme s'articule désormais principalement autour de l'antiracisme.

Le nouveau Premier ministre, Jacques Chirac, regarde pour sa part avec méfiance ces trublions aussi radicaux que provocateurs, d'autant que, fort d'une majorité RPR-UDF absolue, il n'a pas besoin de leur soutien pour gouverner.

Ce qui n'empêchera pas le maire de Paris de se faire immortaliser à l'été 1987 sur un cliché en train de serrer la main à Jean-Marie Le Pen, opportunément rencontré en maillot de bain sur une plage du Cap-d'Antibes (Alpes-Maritimes).

La rencontre doit en appeler une autre, l'année suivante, lors de l'entre-deux-tours de la présidentielle qui oppose le sortant Mitterrand au chef du gouvernement Chirac. Au premier tour Jean-Marie Le Pen a recueilli 14,39%, autant de voix nécessaires pour laisser espérer le gaulliste de renverser le match.

Le rendez-vous n'a finalement débouché sur aucun accord, ni consigne de vote.

- Un adversaire nommé Tapie -

Mitterrand réélu, la droite se fixe alors une nouvelle ligne: le "cordon sanitaire" avec l'extrême droite, devenue d'autant plus infréquentable que Le Pen a commencé une série de saillies racistes et antisémites, comparant la Shoah à un "détail de l'Histoire" ou osant un jeu de mots avec le ministre Michel Durafour... "crématoire!".

Reste que le "système", l'"Establishment" ou "la bande des quatre" (PS, PCF, RPR, UDF), tel qu'aime à les qualifier Jean-Marie Le Pen, semble désemparé face à l'irrésistible ascension électorale du Front national.

Bernard Tapie, étiqueté mitterrandiste, surprend en apparaissant vainqueur d'un fameux débat télévisé consacré à l'immigration face au "menhir" en 1989.

Aux régionales de 1992, le patron de l'OM, candidat en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, tente la diabolisation ultime: "Arrêtons de dire que Le Pen est un salaud mais que ses électeurs doivent être compris, qu'ils ont des problèmes difficiles. Si l'on juge que Le Pen est un salaud, alors ceux qui votent pour lui sont aussi des salauds."

Suffisant pour sauver l'honneur de la gauche (22,41%), mais pas pour dépasser la liste Le Pen, qui recueille 20.000 voix de plus.

- Privé de débat en 2002 -

Ce sont d'autres élections régionales, six ans plus tard, qui provoquent un séisme politique, alors que dans une dizaine de collectivités, les majorités à l'issue du scrutin ne sont que relatives.

Si, en Franche-Comté et en Midi-Pyrénées, les candidats de droite élus à la tête de leur région malgré eux grâce aux voix des conseillers régionaux FN démissionnent dans la foulée, il en va autrement dans quatre autres régions.

L'alliance de fait, condamnée par Jacques Chirac, fracture d'autant plus la droite que les sondages montrent une volonté croissante de ses électeurs de nouer des accords avec le parti de Jean-Marie Le Pen.

Ce dernier tient son ultime revanche en 2002. Il se qualifie au second tour de la présidentielle. Jacques Chirac, piqué au vif, se veut intraitable: "J'appelle les Françaises et les Français à choisir massivement l'idéal républicain contre l'extrême droite" qui "divise, trie et rejette", lance-t-il lors d'un meeting à quelques jours de l'échéance.

Et le président sortant refuse à Jean-Marie Le Pen ce dont il a toujours rêvé: un débat d'entre-deux-tours télévisé, manière de nouer définitivement le cordon sanitaire contre l'extrême droite. Vingt ans plus tard, le lepénisme entend plus que jamais en finir avec cette diabolisation.

W.Tam--ThChM