The China Mail - Le sexe, un travail comme les autres ? La Belgique veut se distinguer en Europe

USD -
AED 3.672997
AFN 64.000164
ALL 81.403383
AMD 360.301714
ANG 1.789785
AOA 916.999952
ARS 1539.589701
AUD 1.421838
AWG 1.8025
AZN 1.703834
BAM 1.755348
BBD 2.014118
BDT 124.150744
BGN 1.747831
BHD 0.37735
BIF 3000
BMD 1
BND 1.281553
BOB 11.995315
BRL 5.417004
BSD 1.000013
BTN 95.207367
BWP 13.822349
BYN 2.947868
BYR 19600
BZD 2.01121
CAD 1.397803
CDF 2315.000008
CHF 0.82609
CLF 0.025058
CLP 989.409745
CNY 6.6611
CNH 6.656465
COP 3177.45
CRC 454.76167
CUC 1
CUP 24.000287
CVE 99.195576
CZK 21.806196
DJF 177.720164
DKK 6.693635
DOP 60.650084
DZD 135.330075
EGP 56.024304
ERN 15
ETB 161.250258
EUR 0.89554
FJD 2.243198
FKP 0.751792
GBP 0.74805
GEL 2.595036
GGP 0.751792
GHS 11.650329
GIP 0.751792
GMD 74.000007
GNF 8799.999856
GTQ 7.645879
GYD 209.614159
HKD 7.84615
HNL 27.000355
HRK 6.76901
HTG 131.054259
HUF 327.282498
IDR 18158
ILS 3.109045
IMP 0.751792
INR 95.152601
IQD 1515
IRR 1868415.000516
ISK 121.719613
JEP 0.751792
JMD 158.760361
JOD 0.709007
JPY 157.875031
KES 129.949529
KGS 87.447976
KHR 4075.505048
KMF 442.00014
KPW 899.999961
KRW 1339.225041
KWD 0.31094
KYD 0.833326
KZT 453.3167
LAK 22524.999961
LBP 89550.000213
LKR 332.450795
LRD 170.239896
LSL 16.67011
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.429733
MAD 9.853019
MDL 18.045072
MGA 4589.999848
MKD 55.267858
MMK 2099.638249
MNT 3597.631144
MOP 8.082337
MRU 40.205896
MUR 47.480053
MVR 15.46008
MWK 1736.999688
MXN 18.84011
MYR 4.059703
MZN 63.898681
NAD 16.669951
NGN 1345.804821
NIO 36.798275
NOK 9.26212
NPR 152.332146
NZD 1.77622
OMR 0.384504
PAB 1.000013
PEN 3.452006
PGK 4.489903
PHP 63.737009
PKR 276.6498
PLN 3.93055
PYG 5858.938516
QAR 3.64525
RON 4.782897
RSD 105.236998
RUB 81.251808
RWF 1477.5
SAR 3.7541
SBD 8.064705
SCR 13.826939
SDG 601.508796
SEK 9.85623
SGD 1.280325
SHP 0.750582
SLE 22.950016
SLL 20969.504398
SOS 571.50203
SRD 37.644503
STD 20697.981008
STN 22.35
SVC 8.749697
SYP 13001.999685
SZL 16.620279
THB 33.721987
TJS 9.190174
TMT 3.51
TND 3.00825
TOP 2.40776
TRY 49.837005
TTD 6.779691
TWD 32.559103
TZS 2643.77306
UAH 45.55389
UGX 4360.137679
UYU 40.22581
UZS 11990.000202
VES 887.00815
VND 25814
VUV 119.133003
WST 2.76699
XAF 587.435889
XAG 0.019185
XAU 0.000249381223
XCD 2.70255
XCG 1.802288
XDR 0.707052
XOF 587.435889
XPF 107.374973
YER 236.174996
ZAR 16.625009
ZMK 9001.201938
ZMW 20.200416
ZWL 321.999592
SSP 5745.303054
MXV 2.123926
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

Le sexe, un travail comme les autres ? La Belgique veut se distinguer en Europe
Le sexe, un travail comme les autres ? La Belgique veut se distinguer en Europe / Photo: © AFP

Le sexe, un travail comme les autres ? La Belgique veut se distinguer en Europe

A Anvers, dans le quartier historique des marins, en bordure du port, un poste de police a été installé au cœur de la villa Tinto, un complexe immobilier abritant des vitrines aux néons rouges.

Taille du texte:

Ce site symbolise le côté à la fois sécurisé et assumé du "travail du sexe" en Belgique, un pays qui revendique une législation parmi les plus progressistes en Europe, même si les cas d'abus et d'exploitation demeurent.

"Je ne suis pas une victime, j'ai choisi d'être là et j'aime ce que je fais", raconte Kiana, 32 ans, en accueillant une équipe de l'AFP derrière sa vitrine pour montrer son cadre de travail : un lit double éclairé d'une lumière rouge tamisée, surmonté par quantité de chaînes et autres accessoires sado-maso.

Partie à 18 ans de sa Roumanie natale, Kiana (qui préfère taire son nom) a d'abord travaillé en Allemagne avant d'arriver en Belgique. Elle loue une des 51 vitrines de la villa Tinto pour y exercer cinq jours sur sept.

"Aujourd'hui ma mère sait ce que je fais", poursuit la jeune femme, mini-short en cuir noir et hauts talons. "Pour les autres membres de ma famille, je travaille dans les ongles et les tatouages".

Pour "Mel", une autre travailleuse du sexe, devenue une vedette sur le réseau TikTok où elle répond aux questions sur son métier, tout a changé en Belgique en 2022 quand une loi a autorisé son activité à sortir de l'ombre.

"J'en avais marre de mentir, de me prétendre coiffeuse ou masseuse. Cette loi a permis de changer le regard des gens", fait valoir l'Anversoise, connue sous le pseudo de Meliciousss.

En mars 2022, le Parlement belge a voté une réforme du code pénal sexuel incluant des assouplissements sur la publicité de la prostitution pour les plus de 18 ans.

- Une loi "historique" -

Il est désormais autorisé à une personne majeure de vanter "ses propres services sexuels" à condition d'exercer dans "un lieu spécifiquement dédié", comme l'arrière d'une vitrine, stipule le texte.

Autre évolution saluée par les associations : les professions ayant un lien commercial avec les prostituées, un banquier, un créateur de site web ou un propriétaire immobilier, ne sont désormais plus passibles de poursuites. Le proxénétisme reste toutefois illégal, tout comme la prostitution des mineurs.

Cette loi, qualifiée d'"historique" par la Ligue des droits humains, a fait entrer la Belgique dans le camp des pays dits "réglementaristes" -avec l'Allemagne et les Pays-Bas-, par opposition aux "abolitionnistes" (France, Suède, etc.).

"Même si la stigmatisation existe encore, on est d'une certaine façon sortis de la honte", résume Marianne Chargois, une travailleuse du sexe (TDS) et militante d'Utsopi, l'association fer de lance dans la défense des droits de ces personnes.

En Belgique, les évaluations du nombre des "TDS" vont de 9.000 à 26.000, selon Utsopi, des femmes dans neuf cas sur dix. Il n'y a pas chiffre officiel.

Malgré les évolutions législatives, plusieurs associations, dont celles luttant contre la traite des êtres humains, continuent d'alerter sur la grande partie "invisible" de la prostitution.

Et le fait que pour une forte majorité de femmes exerçant cette activité, ce serait sous la contrainte, financière, liée à des addictions ou pour le bénéfice de trafiquants.

En mars, la police a démantelé un réseau criminel soupçonné d'avoir exploité sexuellement une trentaine de femmes chinoises en Belgique. Sept suspects, des Chinois également, ont été arrêtés.

- "Flexibilité du travail" -

Selon Charles-Eric Clesse, un magistrat belge expert de ces questions, beaucoup de femmes sont envoyées de l'étranger sans titre de séjour pour exercer clandestinement et parfois sous emprise.

"Pour les prostituées d'origine africaine, dans plus de 90% des cas cela relève de la traite des êtres humains", dit-il à l'AFP.

Le débat de société a été relancé le 1er décembre 2024, avec l'entrée en vigueur d'une nouvelle légalisation offrant la possibilité aux TDS de signer un contrat de travail avec un employeur "agréé".

Le texte a été présenté par les autorités comme offrant davantage de droits, notamment une protection sociale renforcée, par rapport au statut de travailleur indépendant, le plus prisé.

Mais la mesure fait flop pour l'instant : en cinq mois, le ministère de l'Emploi n'a reçu que trois demandes d'agrément, selon une porte-parole. Ces trois dossiers sont actuellement étudiés par la justice qui doit vérifier le CV des employeurs et leurs éventuels antécédents judiciaires.

Dans le camp des partisans de l'abolition, l'association Isala a exigé en début d'année l'annulation de la loi de 2024, accusée d’encourager le proxénétisme.

La législation donnerait davantage de pouvoir aux exploitants de maisons closes pour contraindre des femmes en situation précaire, estime Isala, rejointe par d'autres détracteurs. Un débat aura lieu devant la Cour constitutionnelle belge.

La propriétaire de la Villa Tinto, pour sa part, écarte le recours au contrat de travail. "Je ne me vois pas dans le rôle de celle qui présenterait des clients aux travailleuses, d'un point de vue éthique, c'est un pas trop loin", lâche Karin Vander Elst.

"Et le principe avec les vitrines, ce qui est le plus important, c'est la flexibilité du travail et le choix des horaires".

F.Jackson--ThChM