The China Mail - Après la surtaxe américaine, inquiétudes dans la capitale indienne du textile

USD -
AED 3.672497
AFN 62.999908
ALL 82.732897
AMD 367.370222
ANG 1.790403
AOA 916.999726
ARS 1479.022976
AUD 1.451126
AWG 1.80125
AZN 1.700068
BAM 1.716442
BBD 2.015885
BDT 123.112028
BGN 1.69088
BHD 0.377375
BIF 2972.662249
BMD 1
BND 1.295099
BOB 6.916495
BRL 5.171902
BSD 1.000921
BTN 93.946202
BWP 13.602176
BYN 2.902892
BYR 19600
BZD 2.012989
CAD 1.41942
CDF 2267.499569
CHF 0.809845
CLF 0.023439
CLP 922.489761
CNY 6.79815
CNH 6.80298
COP 3439.65
CRC 454.429769
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.770372
CZK 21.276996
DJF 178.235113
DKK 6.56418
DOP 58.809075
DZD 133.424898
EGP 49.561298
ERN 15
ETB 161.36601
EUR 0.87818
FJD 2.266102
FKP 0.757679
GBP 0.757625
GEL 2.645016
GGP 0.757679
GHS 11.285269
GIP 0.757679
GMD 72.999567
GNF 8770.020624
GTQ 7.63614
GYD 209.469481
HKD 7.84203
HNL 26.780464
HRK 6.615899
HTG 130.8175
HUF 310.931025
IDR 17837
ILS 3.00205
IMP 0.757679
INR 94.36055
IQD 1311.158892
IRR 1375249.999747
ISK 126.459585
JEP 0.757679
JMD 157.637457
JOD 0.708966
JPY 161.749814
KES 129.469659
KGS 87.449866
KHR 4017.727851
KMF 434.000183
KPW 900.00035
KRW 1537.784438
KWD 0.30961
KYD 0.834087
KZT 485.637808
LAK 21969.371188
LBP 89630.523498
LKR 336.443021
LRD 182.31603
LSL 16.452675
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.42503
MAD 9.385493
MDL 17.746281
MGA 4233.621484
MKD 54.091886
MMK 2099.260826
MNT 3579.633879
MOP 8.085217
MRU 39.945588
MUR 47.719936
MVR 15.449437
MWK 1735.574181
MXN 17.511385
MYR 4.087987
MZN 63.894249
NAD 16.452675
NGN 1378.739811
NIO 36.83356
NOK 9.945915
NPR 150.313748
NZD 1.773185
OMR 0.384502
PAB 1.000921
PEN 3.41305
PGK 4.39247
PHP 61.296007
PKR 278.550353
PLN 3.76523
PYG 6109.087718
QAR 3.648427
RON 4.602603
RSD 103.014612
RUB 78.961553
RWF 1465.794901
SAR 3.758743
SBD 8.051953
SCR 14.057835
SDG 600.000277
SEK 9.73693
SGD 1.294515
SHP 0.746601
SLE 24.818945
SLL 20969.503664
SOS 572.030366
SRD 37.482991
STD 20697.981008
STN 21.501602
SVC 8.757734
SYP 110.532098
SZL 16.443021
THB 33.421313
TJS 9.263329
TMT 3.5
TND 2.966607
TOP 2.40776
TRY 46.623199
TTD 6.802405
TWD 31.862031
TZS 2629.994966
UAH 44.926675
UGX 3673.702225
UYU 40.177279
UZS 12022.46698
VES 620.752985
VND 26300
VUV 119.209429
WST 2.780882
XAF 575.678617
XAG 0.017063
XAU 0.000246
XCD 2.70255
XCG 1.803853
XDR 0.715959
XOF 575.678617
XPF 104.664531
YER 238.625049
ZAR 16.470505
ZMK 9001.226049
ZMW 18.029751
ZWL 321.999592
  • AEX

    -6.9400

    1060.73

    -0.65%

  • BEL20

    7.4500

    5739.78

    +0.13%

  • PX1

    -46.3700

    8384.87

    -0.55%

  • ISEQ

    -103.9100

    13938.48

    -0.74%

  • OSEBX

    -15.5200

    1900.57

    -0.81%

  • PSI20

    -21.0600

    9136.18

    -0.23%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    42.8700

    4287.2

    +1.01%

  • N150

    -28.4100

    4149.42

    -0.68%

Après la surtaxe américaine, inquiétudes dans la capitale indienne du textile
Après la surtaxe américaine, inquiétudes dans la capitale indienne du textile / Photo: © AFP

Après la surtaxe américaine, inquiétudes dans la capitale indienne du textile

Le vacarme des machines à coudre a laissé place à un calme inhabituel dans les usines textiles de Tiruppur, dans le sud-est de l'Inde. Depuis la surtaxe sur les exportations indiennes imposée fin août par Donald Trump, la plupart tournent au ralenti.

Taille du texte:

"Les commandes américaines sont presque au point mort", constate avec dépit Ramesh Jebaraj. L'activité de son entreprise, Trinity Tex, avec les Etats-Unis, a chuté d'environ 80%.

En représailles aux achats indiens de pétrole russe qui, dit-il, financent la guerre de Moscou en Ukraine, le locataire de la Maison Blanche a décrété une hausse de 50% des droits de douane sur les produits venus d'Inde entrant sur le sol américain.

Sa décision, à la fin de l'été, a fait l'effet d'une bombe dans les rangs de l'industrie textile indienne, qui exporte chaque année pour 11 milliards de dollars (près de 9,5 milliards euros) de produits en tous genre.

Particulièrement dans la ville de Tiruppur, surnommée "Dollar City" tant son sort est lié aux Etats-Unis.

Lors du dernier exercice fiscal, "l'usine à tricot de l'Inde" a fabriqué pour 5 milliards de dollars de vêtements, destinés à 40% aux Etats-Unis.

Sitôt la surtaxe en place, les entreprises locales ont lourdement accusé le coup.

"Toutes les entreprises de Tiruppur sont touchées", constate Ramesh Jebaraj, et "certaines grosses usines s'apprêtent à fermer des unités".

"C'est pire que lors de la pandémie de Covid", renchérit Alexander John, de NC John, qui produit pour le géant du divertissement Walt Disney. "Rien ne peut remplacer les Etats-Unis et le pouvoir d'achat de ses 350 millions d'habitants".

- "Plus de travail" -

Le dirigeant s'est déjà séparé d'une partie de ses salariés et se bat pour trouver de nouveaux marchés au Royaume-Uni et dans le reste de l'Europe.

Dans tout le secteur, la fin du "rêve américain" coûte cher. Très cher même pour R.K. Sivasubramaniam, directeur général de Raft Garments, qui a investi massivement après l'élection de Donald Trump, en misant sur une hausse du commerce bilatéral.

Les clients demandent des remises de 16 à 20% "mais nous ne pouvons pas leur accorder autant", regrette-t-il aujourd'hui devant les cartons d'invendus qui s'empilent dans ses hangars.

"Si cela dure un mois de plus, nous n'aurons plus de travail à leur offrir", s'inquiète M. Sivasubramaniam en désignant ses ouvriers.

Le chef de l'exécutif du Tamil Nadu, M.K. Stalin, a estimé que jusqu'à 3 millions d'emplois sont menacés dans l'industrie textile de cet Etat.

Les associations professionnelles du secteur affirment avoir, jusqu'à présent, réussi à éviter des licenciements massifs en consentant à des rabais importants sur leurs exportations.

"Nous offrons aux clients des réductions allant de 20 à 25%," explique N. Thirukumaran, secrétaire général de l'Association des exportateurs de Tiruppur.

"Certains fabricants ont même choisi de vendre à perte pour maintenir leurs relations avec les acheteurs américains dans l'attente d'un éventuel accord commercial bilatéral", ajoute-t-il.

Mais faute d'un soutien financier et rapide du gouvernement, ils ne tiendront pas.

Dans les immenses ateliers à peine éclairés de RRK Cotton à Palladam, à 17 kilomètres de Tiruppur, les machines à coudre sont déjà à l'arrêt.

- "Abandonnés..." -

R. Rajkumar, un ancien tailleur qui a créé son entreprise il y a 30 ans, a temporairement fermé deux de ses trois usines et placé une partie du personnel en congé temporaire.

"C'est une situation que personne ne pouvait anticiper", affirme R. Rajkumar.

Pour payer ses fournisseurs, lui aussi a fait le choix des rabais et continue à livrer ses clients américains. Mais il redoute qu'ils ne se tournent vite vers des concurrents au Vietnam ou au Bangladesh.

Le chef d'entreprise a, comme les autres, commencé à explorer les marchés européens, mais sans trop d'illusions. "Aucun de ces marchés ne peut remplacer les Etats-Unis", reconnaît-il.

Alors, partout dans les ateliers de Tiruppur, chefs d'entreprises et ouvriers sont en colère, otages d'une situation géopolitique qui les dépasse.

"Mon tailleur n'a aucune idée de ce qu'est une guerre commerciale", rouspète Kumar Duraiswamy, le PDG d'Eastern Global Clothing. "Il ne sait pas pourquoi l'Inde achète du pétrole à la Russie, ni en quoi cela peut bouleverser nos vies".

"Nous sommes impuissants, perdus", poursuit le patron, "nous ne savons pas si le gouvernement nous soutiendra ou s'il attend un éventuel accord commercial".

Dans son atelier de broderie contraint de tourner au ralenti, N. Karthick Raja est tout aussi désemparée.

"On nous impose des congés forcés d'un ou deux jours. Si je perds mon travail, je ne sais pas ce que je ferai", s'inquiète la trentenaire, "on dirait que l'Amérique nous a abandonnés..."

F.Jackson--ThChM